lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101278 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GIUDICELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2021 et un mémoire enregistré le 25 février 2022, M. et Mme B et C A, représentés par Me Guidicelli, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner solidairement le syndicat d'énergie vauclusien et le conseil départemental de Vaucluse à leur verser la somme de 9 257,33 euros ;
2°) de condamner solidairement le syndicat d'énergie vauclusien et le conseil départemental de Vaucluse à procéder aux travaux de réparation de l'infrastructure de génie civil (ligne de la fibre optique) située sur la RD1 dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de la somme de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge solidaire du syndicat d'énergie vauclusien et du conseil départemental de Vaucluse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le contentieux est lié à l'égard des deux défendeurs ;
- ils ont autorisé, par convention de servitudes signée les 23 juillet 2015 et 8 janvier 2016, des travaux d'enfouissement du réseau électrique basse tension aux abords de leur propriété située 72 Route du Thor à Caumont-sur-Durance qui ont été réalisés courant 2016 par le département de Vaucluse et le syndicat d'énergie vauclusien ; à la suite de ces travaux d'importantes fissures sont apparues sur le mur de leur propriété, dont la réparation doit être mise à la charge du syndicat d'énergie vauclusien en application de l'article 4 de ladite convention ;
- leur préjudice, évalué par un devis de réparation à la somme de de 9 257,33 euros, doit être indemnisé sur le fondement de la responsabilité sans faute pour dommages de travaux publics à l'égard desquels ils ont la qualité de tiers puisque le lien de causalité entre ces travaux et leur dommage est établi par le rapport d'expertise établi par leur compagnie d'assurances le 1er décembre 2020 ;
- les travaux du syndicat d'énergie vauclusien ont également endommagé les lignes téléphoniques et de fibre optique de la société Orange ; il devra donc être enjoint au conseil départemental de Vaucluse et au syndicat d'énergie vauclusien de réparer ces infrastructures de génie civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, le syndicat d'énergie vauclusien, représenté par Me Hequet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés les 18 février et 7 avril 2022, le conseil départemental de Vaucluse, représenté par la SCP BCEP avocats associés, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que les sommes mises à la charge du conseil départemental de Vaucluse soient limitées et que le syndicat d'énergie vauclusien soit condamné à le garantir de ces sommes et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête irrecevable faute pour les requérants d'avoir lié le contentieux à leur égard par une réclamation préalable et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- les observations de Me Callens, représentant le département de Vaucluse.
Considérant ce qui suit :
1. Des travaux d'enfouissement du réseau électrique basse tension ont été réalisés au cours de l'année 2016 par le Syndicat d'énergie vauclusien, sur la commune de Caumont-sur-Durance, en bordure de la propriété de M. et Mme A et de la route départementale n°1. Puis des travaux de cheminement doux et de canalisation du fossé de ruissellement des eaux pluviales ont été réalisés par le département de Vaucluse. Les requérants ont ensuite constaté une fissuration de leur mur de propriété. Suite au rejet de leurs réclamations préalables, ils demandent au tribunal de condamner le syndicat d'énergie vauclusien et le département de Vaucluse à leur verser la somme de 9 257,33 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi en conséquence de ces travaux.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. Contrairement à ce que soutient le département de Vaucluse, M. et Mme A ont bien lié le contentieux à l'égard de cette collectivité territoriale en lui adressant une réclamation préalable, qu'elle a reçue le 23 avril 2021. La fin de non-recevoir soulevée en défense par le département de Vaucluse doit être rejetée.
Sur la responsabilité :
4. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
5. M. et Mme A font valoir que, dans l'année qui a suivi les travaux d'enfouissement du réseau électrique basse tension réalisés au courant de l'année 2016, au droit de leur propriété, le mur de clôture de celle-ci s'est fissuré verticalement. L'existence de ce dommage a été constaté par l'experte mandatée par leur société d'assurances, dont le rapport a été déposé le 1er décembre 2020. Celle-ci relève que les travaux ont consisté en la réalisation par des engins de tranchées d'excavation en pied de mur de clôture, jusqu' à 1,5 mètre de profondeur sous le niveau de la fondation du mur, outre le retrait d'un poteau soutenant les lignes aériennes d'électricité et de téléphone à l'angle du mur de clôture côté entrée. Elle ajoute que ce mur était bordé par un talus en terre et un fossé de ruissellement, que ce talus a été décaissé et qu'une voie piétonne a été aménagée le long du mur, avec un busage enterré pour la conduite des eaux pluviales. Elle estime que les travaux ainsi diligentés ont pu avoir une incidence manifeste sur les dommages, le remblai ayant dû être insuffisant et mal recompacté. Elle affirme que ni la sécheresse, ni l'absence de chainage en tête de mur ne sont à l'origine des désordres. Elle ajoute que leur réparation nécessite la destruction partielle du mur entre deux poteaux et la reprise de ses fondations.
6. Il résulte de l'instruction que, le long de la propriété des requérants, les travaux d'enfouissement du réseau électrique basse tension ont été réalisés sous maitrise d'ouvrage du syndicat d'énergie vauclusien tandis que les travaux de cheminement doux et de canalisation du fossé de ruissellement des eaux pluviales ont ensuite été réalisés sous maitrise d'ouvrage du département de Vaucluse. Il en résulte également que suite à ces travaux, le mur de clôture de la propriété des requérants s'est fissuré verticalement. Les requérants soutiennent également que l'infrastructure du génie civil d'Orange a été endommagée, empêchant leur raccordement à la fibre sans la réalisation de travaux de réparation que cet opérateur entend mettre à leur charge. L'expertise non contradictoire déposée le 1er décembre 2020, ne permet pas d'établir si la fissure résulte des travaux réalisés par le syndicat d'énergie vauclusien ou des travaux réalisés par le département de Vaucluse ou de ces deux causes, et dans une telle hypothèse, pour quelles parts. Elle ne permet pas davantage d'établir si les désordres allégués sur leur desserte par la fibre d'Orange résulte desdits travaux. Par suite, il y a lieu d'ordonner, avant dire droit, une nouvelle expertise dont les opérations seront réalisées au contradictoire de M. et Mme A, du syndicat d'énergie vauclusien, du département de Vaucluse et de la société Orange, qu'il y a lieu d'appeler à la cause.
D E C I D E :
Article 1 er : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. et Mme A, procédé, par un expert désigné par le président du tribunal administratif à une expertise contradictoire en présence des requérants, du syndicat d'énergie vauclusien, du département du Vaucluse et de la société Orange avec pour mission de :
- de se rendre sur place, d'y faire ses constatations, d'interroger les parties, de se faire remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du code de justice administrative, tous documents utiles, même détenus par un tiers, et de recueillir tout renseignement utile à l'expertise ;
- de décrire précisément la configuration des lieux ;
- de décrire et de situer sur un plan les dommages causés à M. et Mme A, s'agissant tant de la fissuration du mur de clôture de leur propriété que de la desserte de cette dernière par la fibre d'Orange ;
- de déterminer et de décrire précisément quels travaux ont été réalisés au droit de la propriété de M. et Mme A, par quels maîtres d'ouvrage, et le cas échéant quelles entreprises, et à quelles dates ;
- de se prononcer sur l'origine des dommages et de dire en particulier s'ils résultent des travaux ainsi réalisés et ou d'autres causes identifiées ;
- de préciser en pourcentage la part respective de ces différentes causes dans la survenue des dommages ;
- de décrire et de chiffrer précisément les travaux à mettre en œuvre en réparation des préjudices de M. et Mme A, s'agissant de la réparation tant de leur mur de clôture que de la desserte de leur propriété par la fibre d'Orange ;
- d'une façon générale, de faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant ;
Article 3 : L'expert pourra faire appel à un sapiteur de son choix près avoir sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 4 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal. Il en notifiera des copies aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert n'établira un pré-rapport que s'il l'estime indispensable.
Article 5 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A, à Mme A, au le syndicat d'énergie vauclusien, au département de Vaucluse et à la société Orange.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
La magistrate désignée,
B. D
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026