jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101410 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 mai 2021 et le 7 novembre 2022, M. C B, représenté par la SELARL Cabinet Giudicelli, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Laudun-L'Ardoise à lui verser la somme de 424 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Laudun-L'Ardoise, la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en raison du refus de renouvellement du bail commercial qu'elle lui avait consenti sur un terrain nu en vue de la création d'un camping et de la conclusion d'un bail d'exploitation avec la société SARL Le César sans avoir, au préalable, organisé, avec cette dernière, la reprise des éléments de fonds de commerce lui appartenant ;
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant la réalisation des travaux sur le camping alors que le bail qu'elle avait conclu était destiné à la création d'un camping classé deux étoiles au minimum ;
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en résiliant le bail pour faute grave alors qu'il n'avait que mis en œuvre les installations du camping, objet même du contrat ;
- les fautes de la commune lui ont causé un préjudice, correspondant aux éléments corporels du fonds et à la clientèle, qui doit être évalué à la somme de 424 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, la commune de Laudun-L'Ardoise, représentée par le SCP Lemoine Clabeaut, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le litige a déjà été tranché par le juge judicaire ;
- la créance est prescrite.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de M. B tendant à la condamnation de la commune de Laudun-L'Ardoise à lui verser la somme de 424 000 euros au titre d'un bail commercial, soumis au décret n°53-960 du 30 septembre 1953 réglant les rapports entre bailleurs et locataires en ce qui concerne le renouvellement des baux à loyer d'immeubles ou de locaux commerciaux, industriel et artisanal, relevant de la compétence du juge judicaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des marché publics ;
- le code de commerce ;
- le décret n°53-960 du 30 septembre 1953 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un bail commercial sous seing privé signé le 3 octobre 2000 avec M. et Mme B, la commune de Laudun-L'Ardoise a loué à ces derniers une parcelle de terrain nu, cadastrée BS n°14, d'une surface de deux hectares, quinze ares et quarante-huit centiares, destinée à la création d'un camping classé minimum deux étoiles, pour une durée qui ne pouvait être inférieure à neuf ans. Par des décisions de 2001, 2003 et 2004, la commune a autorisé M. B à aménager un camping au lieudit " La Cazelle ". Le 6 avril 2009, M. B a demandé le renouvellement du bail, qui a été refusé le 6 juillet 2009 pour motif grave. Par un acte sous seing privé du 7 juillet 2015, les consorts A, ayant constitué la société Le César, ont pris à bail le terrain. Par un arrêt du 19 novembre 2019, la cour d'appel de Nîmes a ordonné l'expulsion des époux B de ce dernier. Par une demande du 26 janvier 2021, M. B a demandé à la commune la réparation de ses préjudices. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner la commune à réparer ces mêmes préjudices.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R.211-4 du code de l'organisation judiciaire, le tribunal judiciaire est compétent pour connaître " des actions relatives aux baux commerciaux fondées sur les articles L. 145-1 à L. 145-60 du code de commerce ", ainsi qu'en vertu du 11° de l'article R.211-3-26 du même pour connaître des " baux commerciaux à l'exception des contestations relatives à la fixation du prix du bail révisé ou renouvelé, baux professionnels et conventions d'occupation précaire en matière commerciale ". Aux termes de l'article L. 145-1 : " I. - Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux baux des immeubles ou locaux dans lesquels un fonds est exploité, que ce fonds appartienne, soit à un commerçant ou à un industriel immatriculé au registre du commerce et des sociétés, soit à un chef d'une entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat immatriculée au registre national des entreprises, accomplissant ou non des actes de commerce, et en outre : () 2° Aux baux des terrains nus sur lesquels ont été édifiées - soit avant, soit après le bail - des constructions à usage commercial, industriel ou artisanal, à condition que ces constructions aient été élevées ou exploitées avec le consentement exprès du propriétaire. ".
3. Indépendamment de la qualification donnée par les parties à une convention par laquelle une personne publique confère à une personne privée le droit d'occuper un bien dont elle est propriétaire, l'appartenance au domaine public d'un tel bien était, avant la date d'entrée en vigueur du code général de la propriété des personnes publiques, sauf si ce bien était directement affecté à l'usage du public, subordonnée à la double condition que le bien ait été affecté au service public et spécialement aménagé en vue du service public auquel il était destiné. Le juge administratif est toutefois compétent lorsque la convention d'occupation litigieuse comporte une ou plusieurs clauses exorbitantes du droit commun.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que par un bail commercial sous seing privé signé le 3 octobre 2000 avec M. et Mme B, la commune de Laudun-L'Ardoise a loué à ces derniers une parcelle de terrain nu, cadastrée BS n°14, d'une surface de deux hectares, quinze ares et quarante-huit centiares destinée à la création d'un camping classé minimum deux étoiles, pour une durée qui ne pouvait être inférieure à neuf ans. A supposer même que la gestion du camping ait participé du service public du tourisme local, le contrat porte uniquement sur un terrain nu qui ne comportait aucun aménagement à la date de sa signature le 3 octobre 2000, dès lors que ceux-ci ont été réalisés ultérieurement conformément à l'autorisation conférée par arrêté du 21 juin 2001, et ne peut être regardé comme portant sur une dépendance du domaine public. D'autre part, le contrat en litige ne comporte aucune clause exorbitante de droit commun. Ainsi, dès lors que les relations contractuelles liant le requérant et la commune étaient uniquement constituées d'un bail commercial dont l'interprétation incombe exclusivement au juge judicaire, les conclusions du requérant tendant à la condamnation de la commune de Laudun-L'Ardoise sont portées devant un juge incompétent pour en connaître et doivent être rejetées comme telles.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Laudun-L'Ardoise la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux prétentions présentées par la commune de Laudun-L'Ardoise sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune Laudun-L'Ardoise au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune Laudun-L'Ardoise.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
I. LOSA
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101410
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026