mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101449 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2021 et un mémoire enregistré le 24 juillet 2022, M. C A et Mme B A, représentés par Me Gonzalez, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2021 par laquelle le directeur départemental des territoires et de la mer a rejeté leur recours gracieux visant à contester la part communale de la taxe d'aménagement exigée au titre de l'exécution d'un permis de construire délivré le 1er mars 2017 ;
2°) d'ordonner la décharge de la somme mise à leur charge par les titre de perception du 21 mars 2018 et du 20 mars 2019 en tant que son montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1 % ;
3°) d'ordonner la restitution de la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à leur charge et celui résultant de l'application d'un taux de 1% pour la part communale de cette taxe ;
4°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 2 000 euros au titre des préjudices subis ;
5°) de mettre à la charge du directeur départemental des territoires et de la mer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que leur réclamation a été introduite avant le 31 décembre de la deuxième année suivant l'émission du premier titre de perception, dans les délais prévus aux articles L.331-31 et R.331-14 du code de l'urbanisme, en effet, ils ont reçu un premier titre de perception le 21 mars 2018 et introduit une première réclamation le 9 janvier 2021 ;
- la part communale de la taxe d'aménagement mise à leur charge est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la délibération en date du 20 novembre 2014 du conseil municipal de Beauvoisin :
o elle est, en effet, insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme ;
o la commune ne justifie pas quels aménagement publics, effectivement réalisés, auraient rendu nécessaires la majoration à 11% de la part communale de la taxe d'aménagement dans le secteur C ;
- ils ne pouvaient être assujettis à la participation au financement de l'assainissement collectif dès lors que le permis de construire du 1er mars 2017 a été assujetti à la taxe d'aménagement majorée en vue de financer la réalisation des réseaux d'assainissement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, la préfète du Gard, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable puisque la réclamation préalable est tardive, n'ayant pas été formée dans les délais prévus par l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- la requête est irrecevable dès lors que la réclamation préalable aurait dû être adressée à la direction départementale des finances publiques du Tarn, comme indiqué sur les titres de perception ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 30 mars et 29 avril 2022, la commune de Beauvoisin, représentée par Me Allegret-Dimanche, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M et Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable puisque les requérants n'ont pas adressé de contestation des titres de perception du 21 mars 2018 et 20 février 2019 au comptable chargé du recouvrement dans un délai de deux mois à compter de sa notification ainsi que le prévoit l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonzalez, représentant M et Mme A, et de Me Allegret-Dimanche, représentant la commune de Beauvoisin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er mars 2017, le maire de la commune Beauvoisin a délivré à M. et Mme A un permis de construire une maison individuelle d'habitation avec garage sur un terrain situé lotissement " Le Guiranne " à Beauvoisin. Deux titres de perception d'un montant de 3 022 euros, correspondant chacun à la moitié de la taxe d'aménagement due au titre de cette opération de construction ont été émis le 21 mars 2018 et le 20 mars 2019 par le directeur départemental des finances publiques du Tarn. Par un courrier en date du 9 janvier 2021, M et Mme A ont adressé une réclamation à la commune de Beauvoisin à l'encontre de la part communale de cette taxe, laquelle a été rejetée le 4 mars 2021. Par un courrier en date du 14 janvier 2021, M et Mme A ont adressé une réclamation au directeur départemental des territoires et de la mer du Gard, laquelle a été rejetée le 17 mars 2021. M et Mme A demandent au tribunal la décharge de la part communale de cette taxe d'aménagement, en tant qu'elle excède le montant résultant de l'application du taux de 1%.
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme relatif à la taxe d'aménagement, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fait générateur de la taxe est, selon le cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle de délivrance du permis modificatif () ". Aux termes de l'article L. 331-20 du même code, alors en vigueur : " La taxe d'aménagement est liquidée selon la valeur et les taux en vigueur à la date soit de la délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager ou du permis modificatif () " Aux termes de l'article L. 331-24 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " La taxe d'aménagement et la pénalité dont elle peut être assortie en vertu de l'article L. 331-23 sont recouvrées par les comptables publics compétents comme des créances étrangères à l'impôt et au domaine. / Le recouvrement de la taxe fait l'objet de l'émission de deux titres de perception correspondant à deux fractions égales à la moitié de la somme totale à acquitter, ou de l'émission d'un titre unique lorsque le montant n'excède pas 1 500 €. / Le titre unique ou le premier titre est émis à compter de quatre-vingt-dix jours après la date d'exigibilité de la taxe. Le second titre est émis six mois après la date d'émission du premier titre. () ". En application de l'article L. 331-30 de ce code, dans sa version alors en vigueur : " Le redevable de la taxe peut en obtenir la décharge, la réduction ou la restitution totale ou partielle : () 6° Si une erreur a été commise dans l'assiette ou le calcul de la taxe ". Selon l'article L. 331-31 du même code alors en vigueur : " En matière d'assiette, les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception ou du titre unique. () / Les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière d'impôts directs locaux ". Aux termes de l'article R. 331-14 du même code, dans ses dispositions alors applicables : " () Ils peuvent également prononcer l'annulation totale ou partielle des créances qui n'étaient pas dues, jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle le délai de réclamation a pris fin, ou, en cas d'instance devant les tribunaux, celle au cours de laquelle la décision intervenue a été notifiée ". Enfin, aux termes de l'article L. 255 A du livre des procédures fiscales : " Les parts communale, départementale et régionale de la taxe d'aménagement prévues par les articles L. 331-1 à L. 331-4 du code de l'urbanisme () sont assis, liquidés et recouvrés en vertu d'un titre de recettes individuel ou collectif délivré par le responsable chargé de l'urbanisme dans le département. Ce responsable peut déléguer sa signature aux agents placés sous son autorité ".
3. M. et Mme A ont formé le 9 janvier 2021, soit après le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception le 21 mars 2018, une réclamation préalable à l'encontre de la part communale de la taxe d'aménagement mise à leur charge. Si les requérants invoquent, pour soutenir que leur requête est recevable, l'article R. 331-14 du code de l'urbanisme, ces dispositions n'ont ni pour objet, ni pour effet de déroger aux règles posées par l'article L. 331-31 du même code. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par la préfète du Gard et la commune de Beauvoisin, et titrée de la tardiveté de la réclamation préalable doit être accueillie. Ainsi, les conclusions de M. et Mme A tendant à la décharge des sommes mises à leur charge par les titres de perception des 21 mars 2018 et 20 mars 2019 en tant que leur montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1 % sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions dirigées contre les décisions implicites de rejet de leurs réclamations préalables doivent également être rejetées ainsi que leurs conclusions à fin d'injonction et d'indemnisation.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à M. et Mme A la somme que ces derniers réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A la somme demandée par la commune de Beauvoisin au même titre.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Beauvoisin, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Mme B A, à la commune de Beauvoisin et à la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires chargée des collectivités territoriales.
Copie pour information en sera transmise à la préfète du Gard et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
P. DLe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires chargée des collectivités territoriales en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101449
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026