mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101535 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | FLAUTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2021, et un mémoire complémentaire enregistré le 7 décembre 2022, l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc, représentée par Me Flauto, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Nîmes au titre des années 2018 et 2019, à l'exception de la quote-part correspondant à l'imposition des locaux à usage de bureaux ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques de procéder à un nouveau calcul des cotisations de taxe d'habitation dues au titre des années 2018 et 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- pour définir l'assiette de l'imposition et n'accueillir que partiellement sa réclamation préalable, le directeur départemental des finances publiques du Gard s'est fondé sur des éléments contradictoires issus de la documentation administrative ;
- les locaux techniques et ceux à usage de vestiaires ne sont pas imposables au titre de la taxe d'habitation ;
- les locaux à usage de courts de tennis ne font pas l'objet d'une occupation à titre privatif, ils ne sont donc pas imposables au titre de la taxe d'habitation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Flauto, représentant l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc.
Considérant ce qui suit :
1.L'association sportive du Bas-Rhône Languedoc exploite un club de tennis dans des locaux sis avenue Pierre Mendès-France à Nîmes, mis à sa disposition par la commune. Elle a été assujettie à la taxe d'habitation à raison de ces locaux pour les années 2018 et 2019. Par courrier du 24 décembre 2019, elle a formé, par le biais de son conseil, une réclamation tendant à la décharge de la totalité des cotisations de taxe d'habitation pour les années litigieuses, à l'exception de la quote-part correspondant aux locaux à usage de bureaux. Par courrier du 12 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard a partiellement fait droit à sa demande en prononçant la décharge des cotisations dues au titre des piscines et des courts de tennis non-couverts, et a rejeté le surplus, qui fait l'objet de la présente requête.
Sur les conclusions à fin de décharge :
Sur l'application de la loi fiscale :
2.Aux termes du I de l'article 1407 du code général des impôts : " La taxe d'habitation est due : () 2° Pour les locaux meublés conformément à leur destination et occupés à titre privatif par les sociétés, associations et organismes privés et qui ne sont pas retenus pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises ; (). " Il résulte de ces dispositions, d'une part, que les locaux couverts où s'exercent des activités sportives ont le caractère de locaux meublés conformément à leur destination, dès lors que des équipements mobiliers y sont installés pour les rendre aptes à leur objet, et d'autre part, que de tels locaux doivent être regardés comme étant occupés à titre privatif s'ils ne sont pas librement accessibles au public.
3.Il n'est pas contesté que les locaux exploités par la requérante sont meublés pour les rendre aptes à leur objet. Si elle cherche à se prévaloir de la possibilité pour les non-adhérents d'y accéder, après réservation et moyennant paiement, via les cours et stages, ou à l'occasion de compétitions, l'occupation à titre privatif de ces locaux est néanmoins caractérisée, dès lors que l'accès du public est réglementé. Dans ces circonstances, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les locaux qu'elle occupe ne sont pas soumis aux dispositions de l'article 1407 précité du code général des impôts.
Sur l'interprétation de la loi fiscale :
4.Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. ".
5. L'association sportive du Bas-Rhône Languedoc se prévaut de la réponse ministérielle faite à M. A, parue au journal officiel de l'Assemblée nationale du 27 juin 1983, selon laquelle " les salles de compétition, vestiaires et locaux d'hygiène des groupements sportifs ne sont pas imposables " à la taxe d'habitation sur le fondement du 2° du I de l'article 1407 précité, et reprise dans les commentaires administratifs publiés le 12 septembre 2012 au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-IF-TH-10-10-20. Si l'administration fait valoir que la documentation administrative susmentionnée n'a jamais reçu d'application, cette prise de position constitue bien une interprétation formelle de la loi fiscale au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales et lui est par conséquent opposable.
6. En premier lieu, il est constant que l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc disposait au 1er janvier 2018 et 1er janvier 2019, de 12 courts de tennis, qui accueillent, comme en attestent notamment les procès-verbaux d'assemblée générale de l'association ainsi que l'attestation sur l'honneur faite par le comité départemental du Gard de la ligue Occitanie de tennis, fournis par l'association requérante, des compétitions régulières. Dès lors que les énonciations précitées, issues de la réponse ministérielle faite à M. A, n'exonèrent pas de taxe d'habitation les locaux sportifs à la condition qu'ils soient exclusivement affectés aux compétitions, l'association est fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a assujetti à la taxe d'habitation ses courts de tennis à surface couverte.
7. En deuxième lieu, il résulte également des énonciations citées au point 5 qu'il y a lieu de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc a été assujettie pour les années 2018 et 2019, pour la quote-part correspondant aux locaux à usage de vestiaires et de sanitaires.
8. En dernier lieu, s'agissant des locaux techniques, ces derniers n'entrent pas dans les prévisions de la doctrine précitée. Il n'y a donc pas lieu de prononcer la décharge de la taxe d'habitation à raison de ces locaux.
Sur les conclusions contestant le calcul de l'imposition :
9. Si la requérante soutient que le calcul des cotisations de taxe d'habitation pour les années litigieuses serait erroné, et demande à ce qu'il soit enjoint au directeur départemental des finances publiques du Gard d'y procéder de nouveau, elle n'apporte aucun élément de nature à fonder ces allégations. Dans ces conditions, les conclusions tendant à contester le calcul de l'imposition et à ce qu'il y soit enjoint à l'administration fiscale d'y procéder de nouveau doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'association sportive du Bas-Rhône Languedoc est déchargée des cotisations de taxe d'habitation au titre des années 2018 et 2019, à raison de ses locaux comprenant des courts de tennis couverts et de ses locaux à usage de vestiaires et de sanitaires.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association sportive du Bas-Rhône Languedoc et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
P. BLe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et commerciale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026