mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101662 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 mai 2021, 9 décembre 2022, 9 février 2023, 5 septembre 2023 et 13 octobre 2023, la fédération départementale des chasseurs du Gard, représentée par la SELARL Blanc - Tardivel - Bocognano, demande au tribunal :
1°) de condamner le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres à lui verser la somme de 21 653, 46 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la réclamation préalable en date du 26 janvier 2021 ;
2°) de mettre à la charge du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître du présent litige ;
- en application de l'article L. 426-4 du code de l'environnement, elle est fondée à engager une action récursoire contre le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres au titre des dégâts causés par des sangliers sur la parcelle exploitée par la société gazonnière Saint Sauveur, dès lors que le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres n'a pas respecté ses obligations en matière de régulation des sangliers, la propriété du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres constituant une zone favorable au stationnement et à la reproduction des gibiers, et que le lien de causalité entre cette faute et les dégâts causés est incontestable ;
- elle est fondée à réclamer au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres la somme de 21 653,46 euros correspondant à l'évaluation des dégâts et aux frais d'expertise, d'évaluation, d'huissier et d'avocat qu'elle a exposés ;
- la fin de non-recevoir opposée en défense est infondée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 novembre 2021, 6 janvier 2023 et 22 septembre 2023, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, représenté par la SELAS EY Société d'avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnisation due à la fédération départementale des chasseurs du Gard soit ramenée à de plus justes proportions en tenant compte du quantum de responsabilité et de la totalité des propriétaires concernés et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la présente requête est irrecevable dès lors que le représentant de l'association n'a pas qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aymard,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault représentant la Fédération départementale des chasseurs du Gard et celles de Me Garreau substituant Me Leconte représentant le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 septembre 2019, la société gazonnière Saint Sauveur a déposé auprès de la Fédération départementale des chasseurs du Gard une déclaration de dégâts à la suite du sinistre causé par des sangliers sur son exploitation située à Saint Laurent d'Aigouze (Gard). La Fédération départementale des chasseurs du Gard, qui a notamment pour mission d'assurer l'indemnisation des dégâts de grand gibier en application des dispositions des articles L. 426-1 et L. 426-5 du code de l'environnement, a diligenté des expertises, à la suite desquelles elle a indemnisé le 7 février 2020 la société gazonnière Saint Sauveur à hauteur de 18 819,14 euros. Dans le cadre de l'action récursoire dont dispose la Fédération départementale des chasseurs du Gard en vertu de l'article L. 426-4 du code de l'environnement, elle a adressé au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, propriétaire de la parcelle 1929 appartenant au domaine public, une demande de paiement portant sur la somme totale de 21 653,46 euros. Dès lors que le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres n'a pas fait droit à cette demande, la Fédération départementale des chasseurs du Gard demande au tribunal de condamner le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres à lui verser la somme précitée de 21 653,46 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable.
Sur la fin de non-recevoir en défense :
2. Aux termes de l'article 7 des statuts de la Fédération départementale des chasseurs du Gard : " Le Conseil d'Administration décide de tout action à entreprendre tant en demande qu'en défense devant les différentes juridictions. Il peut en la matière donner délégation au Président. / () / Les procès-verbaux [du conseil d'administration] sont signés par le Président et le Secrétaire. Ils sont établis sans blancs ni taures, sur des feuillets numérotés dans un registre spécial conservé au siège de la Fédération départementale des chasseurs. ".
3. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 28 mai 2019, le conseil d'administration de la Fédération départementale des chasseurs du Gard a donné un mandat à M. B A, en sa qualité de président, pour agir en justice, tant en demande qu'en défense, devant toutes les juridictions compétentes afin de défendre les intérêts de la fédération. Cette délibération, qui est signée par le président et le secrétaire, précise que le présent mandat deviendra échu le 30 juin 2022. Il résulte de ce qui précède que le président de la Fédération départementale des chasseurs du Gard a été dument habilité à ester en justice dans le cadre de la présente instance notamment. Ainsi, la fin de non-recevoir tirée de ce que le président de la Fédération départementale des chasseurs du Gard n'aurait pas qualité à agir au nom de la requérante doit être rejetée.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article L. 426-1 du code de l'environnement : " En cas de dégâts causés aux cultures, aux inter-bandes des cultures pérennes, aux filets de récoltes agricoles ou aux récoltes agricoles soit par les sangliers, soit par les autres espèces de grand gibier soumises à plan de chasse, l'exploitant qui a subi un dommage nécessitant une remise en état, une remise en place des filets de récolte ou entraînant un préjudice de perte de récolte peut réclamer une indemnisation sur la base de barèmes départementaux à la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs. ". Aux termes de l'article L. 426-4 du même code : " La possibilité d'une indemnisation par la fédération départementale des chasseurs laisse subsister le droit d'exercer contre le responsable des dommages une action fondée sur l'article 1240 du code civil. / Celui qui obtient en justice la condamnation du responsable à des dommages-intérêts doit, dans la limite de leur montant, reverser à la fédération départementale des chasseurs l'indemnité déjà versée par celle-ci. / Celui qui obtient du responsable du dommage un règlement amiable, sans l'accord de la fédération départementale des chasseurs, perd le droit de réclamer à celle-ci une indemnité et doit lui rembourser l'intégralité de celle qui lui aurait déjà été versée. / La fédération départementale des chasseurs a toujours la possibilité de demander elle-même au responsable, par voie judiciaire ou à l'amiable, de lui verser le montant de l'indemnité qu'elle a elle-même accordée. ".
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 426-12 du code de l'environnement : " I. - Les exploitants agricoles qui ont subi des dégâts mentionnés à l'article L. 426-1 doivent adresser sans délai au président de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, par courrier ou télédéclaration, une déclaration indiquant : / 1° Sous peine d'irrecevabilité de la demande, la date d'observation des premières manifestations des dégâts, la nature, l'étendue et la localisation des dégâts ainsi que l'évaluation des quantités détruites et le montant de l'indemnité sollicitée, compte tenu du dernier barème départemental publié au recueil des actes administratifs du département ; / () ".
6. Il résulte de l'instruction que la déclaration de dégâts présentée le 16 septembre 2019 par la société gazonnière Saint Sauveur désigne les parcelles 1689 et 1002 comme étant sinistrées et mentionne une surface détruite de 0,5 hectare.
7. Le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres soutient que la Fédération départementale des chasseurs du Gard n'était pas tenue d'indemniser la société gazonnière Saint Sauveur dès lors que, d'une part, aucune déclaration régulière de dégâts n'a été effectuée pour la parcelle 1002 et que, d'autre part, la surface endommagée de 5000 m2 de dégâts n'est pas établie.
8. D'une part, si le rapport d'expertise établi le 29 janvier 2020 par M. D indique que les dégâts subis par la société gazonnière Saint Sauveur sont localisés dans la parcelle 1002, il résulte toutefois des constatations mentionnées tant dans le procès-verbal de constat établi le 27 septembre 2019 par l'huissier de justice mandaté par la Fédération départementale des chasseurs du Gard que dans le rapport d'expertise définitif établi le 12 novembre 2019 par M. C, expert national de la fédération nationale des chasseurs et le formulaire d'expertise définitive signé le 27 septembre 2019 tant par M. C que par MM. Kaszewki et Salmeron, estimateurs de la Fédération départementale des chasseurs du Gard, que les dommages à l'origine du présent litige ont eu lieu sur les parcelles 1659 et 1280. Dans ces conditions, et compte tenu de l'objet principal de l'expertise confiée à M. D, consistant à déterminer l'origine des dégâts, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres n'est pas fondé à soutenir que les parcelles mentionnées dans la déclaration de dégâts seraient erronées.
9. D'autre part, en ce qui concerne la superficie endommagée, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres ne conteste pas sérieusement les indications de superficie détruite de 5000 m2 et 0,5 hectare qui figurent dans le rapport d'expertise définitif établi le 12 novembre 2019 par M. C, expert national de la fédération nationale des chasseurs, et sur le formulaire d'expertise définitive signé le 27 septembre 2019 par M. C et MM. Kaszewki et Salmeron, estimateurs de la Fédération départementale des chasseurs du Gard. Par suite, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres n'est pas fondé à soutenir que la superficie endommagée telle que mentionnée dans la déclaration de dégâts serait erronée.
10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la déclaration de dégâts établie par la société gazonnière Saint Sauveur doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-4 du code de l'environnement : " L'équilibre agro-sylvo-cynégétique consiste à rendre compatibles, d'une part, la présence durable d'une faune sauvage riche et variée et, d'autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités agricoles et sylvicoles. / Il est assuré, conformément aux principes définis à l'article L. 420-1, par la gestion concertée et raisonnée des espèces de faune sauvage et de leurs habitats agricoles et forestiers. / L'équilibre agro-sylvo-cynégétique est recherché par la combinaison des moyens suivants : la chasse, la régulation, la prévention des dégâts de gibier par la mise en place de dispositifs de protection et de dispositifs de dissuasion ainsi que, le cas échéant, par des procédés de destruction autorisés. La recherche de pratiques et de systèmes de gestion prenant en compte à la fois les objectifs de production des gestionnaires des habitats agricoles et forestiers et la présence de la faune sauvage y contribue. L'indemnisation mentionnée à l'article L. 426-1 peut contribuer à cet équilibre. / L'équilibre sylvo-cynégétique tend à permettre la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes pour le propriétaire, dans le territoire forestier concerné. Il prend en compte les principes définis aux articles L112-1, L121-1 à L121-5 du nouveau code forestier ainsi que les dispositions des programmes régionaux de la forêt et du bois mentionnés à l'article L. 122-1 du même code. ".
12. Contestant sa responsabilité dans le dommage subi par la société gazonnière Saint Sauveur, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres met en cause, d'une part, la régularité de l'expertise réalisée par M. D, ainsi que le bien-fondé des éléments retenus par cet expert, et, d'autre part, la faute que lui impute la Fédération départementale des chasseurs du Gard.
13. D'une part, le rapport d'expertise établi le 29 janvier 2021 par M. D, mandaté par la Fédération départementale des chasseurs du Gard conclut, tout d'abord, à ce que le seul point d'accès à l'exploitation de la société gazonnière Saint Sauveur est situé dans l'angle sud-est de la parcelle 1002. Ensuite, cet expert indique que les sangliers pénétrant à cet endroit proviennent des parcelles 995, 996, 997, 999 et 1000, sur lesquelles ont été relevées de nombreuses traces de leur passage et précise que le biotope de ces parcelles n'est pas suffisamment favorable à une remise permanente de sangliers. Enfin, M. D considère que la zone préférentielle de stationnement et de reproduction des sangliers se situe indistinctement dans les parcelles 1927 et 1929, propriétés respectives de la société agricole du Canaverier et du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, ces parcelles présentant un biotope favorable sur une surface excédant 2 km2, l'expert soulignant que ces parcelles sont situées à une distance comprise entre 500 et 800 mètres de la gazonnière endommagée et que cette distance est parcourue sans difficulté en une nuit par des sangliers.
14. Dès lors que le rapport d'expertise établi par M. D a été soumis au débat contradictoire dans le cadre de la présente instance, que les éléments d'information que le rapport d'expertise comporte sont corroborés par le procès-verbal de constat établi le 27 septembre 2019 par Me Quenin, huissier de justice, et que le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres ne conteste pas sérieusement ces éléments, la présence d'un canal n'étant pas de nature à faire obstacle au passage de sangliers, il y a lieu de considérer que la zone de stationnement permanent et de reproduction des sangliers à l'origine du dommage subi par la société gazonnière Saint Sauveur était constituée des parcelles 1927 et 1929, appartenant respectivement à la société agricole du Canaverier et au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.
15. D'autre part, estimant ne pas avoir commis de faute dans la gestion de la parcelle 1929, le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres se prévaut des conventions de partenariat qu'il a conclues avec l'office national de la chasse et de la faune sauvage, la fédération régionale des chasseurs du Languedoc-Roussillon et le syndicat mixte pour la protection et la gestion de la Camargue gardoise, respectivement les 21 novembre 2012, 22 octobre 2015 et 24 janvier 2018. Le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres fait valoir, en outre, que des battues ont été régulièrement organisées sur le domaine du Canaverier, lesquelles ont permis de prélever 65 et 60 sangliers au titre respectivement des années 2018-2019 et 2019-2020. Toutefois, en dépit des actions engagées par le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, celui-ci ne démontre pas avoir satisfait à l'ensemble des obligations qui lui incombaient au titre du schéma départemental de gestion cynégétique du Gard, ni qu'il a mis en œuvre la totalité des moyens, notamment en matière de prévention, prévus par les dispositions précitées de l'article L. 425-4 du code de l'environnement. A ce dernier égard, la circonstance que le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres soit tenu de laisser son domaine ouvert au public en vertu de l'article L. 322-9 du code précité ne fait pas obstacle à la mise en œuvre de mesures de prévention. Il résulte de ce qui précède que la Fédération départementale des chasseurs du Gard est fondée à soutenir que le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres a commis une faute dans la gestion de sa parcelle en matière d'équilibre agro-sylvo-cynégétique et à engager à ce titre la responsabilité du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.
16. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la Fédération départementale des chasseurs du Gard a versé à la société gazonnière Saint Sauveur une indemnité de 18 819,14 euros au titre des dégâts causés par les sangliers sur son exploitation. En application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article L. 426-4 du code de l'environnement et compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, la Fédération départementale des chasseurs du Gard est, par conséquent, fondée à réclamer au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres la somme de 17 389,14 euros eu égard au prorata des surfaces des parcelles 1927 et 1929, lesquelles s'établissent respectivement à 55 et 646 hectares selon les indications chiffrées non contestées qui ont été retenues par le tribunal judiciaire de Nîmes dans le jugement rendu le 3 août 2023 produit à l'instance.
17. En revanche, s'agissant des frais d'expertise, d'évaluation, d'huissier et d'avocat exposés par la Fédération départementale des chasseurs du Gard, cette dernière n'est pas fondée à en réclamer l'indemnisation au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres au titre de l'article L. 426-4 du code de l'environnement, dès lors que l'objet de l'action récursoire prévue par les dispositions du dernier alinéa de cet article est limité à l'indemnité accordée à la victime des dégâts.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la Fédération départementale des chasseurs du Gard est fondée à réclamer au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres la somme de 17 389,14 euros. Ainsi que le demande la requérante, cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable du 26 janvier 2021.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres la somme de 1 200 euros à verser à la Fédération départementale des chasseurs du Gard au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la Fédération départementale des chasseurs du Gard, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres est condamné à verser à la Fédération départementale des chasseurs du Gard la somme de 17 389,14 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable du 26 janvier 2021.
Article 2 : Le conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres versera à la Fédération départementale des chasseurs du Gard une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Fédération départementale des chasseurs du Gard et au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026