lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101676 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEMAIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2021, M. F E et Mme A B, représentés par Me Lemaire, demandent au tribunal :
- de condamner l'Etat à leur verser la somme de 231 000 euros en réparation des préjudices subis du fait des agissements de l'administration fiscale,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a mené à son terme la vente sur licitation de leur bien immobilier intervenue lors de l'audience d'adjudication du 21 juin 2018, alors qu'ils avaient effectué, le 20 juin 2018, deux ordres de virement sur le compte de la CARPA du barreau d'Avignon afin de désintéresser le Trésor public ;
- ils demandent la condamnation de l'État au versement d'une indemnité globale de 231 500 euros composée : de la différence entre la valeur vénale du bien immobilier (500 000 euros) et le prix de l'adjudication (341 000 euros), soit 159 000 euros ; des indemnités d'occupation mensuelle de 1 500 euros dues depuis le 21 juin 2018, soit 52 500 euros, d'un préjudice moral de 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable comme portée devant une juridiction incompétente et pour le surplus, infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts (CGI) et le livre des procédures fiscales (LPF) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D C ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Au titre de la taxe foncière de 2010 à 2017, et de l'impôt sur le revenu 2010 et 2011, ils étaient débiteurs du Trésor Public à hauteur de 25 686 euros, majorations comprises. Le service des impôts des particuliers d'Avignon a saisi le Tribunal de grande instance d'Avignon qui, par jugement rendu le 19 avril 2016, confirmé par la Cour d'Appel de Nîmes selon arrêt rendu le 7 septembre 2017, a prononcé l'ouverture des opérations de comptes, liquidation et partage de l'indivision existant entre Mme A B et M. F E et ordonné qu'il soit procédé à la vente de l'immeuble susmentionné. Par la suite, l'immeuble a été vendu et adjugé à la SARL 3M Immobilier, aux termes d'un jugement d'adjudication sur licitation rendu le 21 juin 2018 et rectifié le 27 août 2018 au prix de 341 000 euros, frais en sus. Par lettre adressée le 17 mars 2021 au responsable du service des impôts des particuliers d'Avignon, M. E et Mme B ont présenté une demande tendant à l'indemnisation des préjudices qu'ils auraient subis du fait de l'exécution irrégulière de la procédure de vente sur licitation de leur bien immobilier. Ils reprochent à l'administration fiscale d'avoir mené à son terme la vente sur licitation de leur bien immobilier intervenue lors de l'audience d'adjudication du 21 juin 2018, alors qu'ils avaient effectué, le 20 juin 2018, deux ordres de virement sur le compte de la CARPA du barreau d'Avignon afin de désintéresser le Trésor public. Leur contestation ayant été rejetée, Mme B et M. E demandent au tribunal de condamner l'Etat à leur verser la somme de 231 000 euros en réparation des préjudices subis du fait des agissements de l'administration fiscale.
Sur les conclusions indemnitaires
2. Aux termes de l'article L. 281 du LPF : "Les contestations relatives au recouvrement des impôts () dont la perception incombe aux comptables publics compétents () doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations ne peuvent porter que : / 1º Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2º Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199".
3. L'ordre de juridiction compétent, en application de ces dispositions, pour connaître d'une action en décharge de l'obligation de payer procédant d'un acte de recouvrement l'est également pour connaître de l'action en responsabilité résultant du caractère éventuellement fautif de cet acte. La responsabilité résultant de fautes commises dans l'engagement du recouvrement forcé d'un impôt relève, ainsi, de la compétence du juge administratif lorsque celui-ci est le juge de l'impôt en cause. En revanche, les contestations portant sur l'exécution des mesures de poursuites engagées par le comptable public en vue du recouvrement d'une créance fiscale doivent être portées devant le juge judiciaire.
4. Par un jugement du 19 avril 2016, le Tribunal de grande instance d'Avignon a ordonné l'ouverture des opérations de comptes, liquidation et partage de l'indivision existant entre Mme B et M. E et, au préalable, la vente sur licitation aux enchères publiques du bien immobilier indivis à la barre de ce même tribunal, sur une mise à prix de 50 000 euros. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la Cour d'appel de Nîmes en date du 7 septembre 2017. La vente sur licitation aux enchères publiques du bien immobilier a été fixée au 21 juin 2018 à 14 h 00 et a été menée à son terme.
5. M. E et Mme B invoquent la faute commise par l'administration fiscale en refusant de se désister de la vente sur licitation de leur bien immobilier intervenue lors de l'audience d'adjudication du 21 juin 2018 à 14h00, alors qu'ils avaient effectué, le 20 juin 2018, deux ordres de virement sur le compte de la CARPA du barreau d'Avignon afin de désintéresser le Trésor public. Ils doivent ainsi être regardés comme contestant non pas le déroulement de la procédure d'adjudication en cause, mais la décision de poursuivre cette procédure de recouvrement, malgré le paiement allégué de la dette des requérants avant l'audience du 21 juin. Cette décision de poursuivre la vente sur licitation aux enchères publiques du bien immobilier est détachable de la procédure d'exécution des poursuites. Par conséquent, l'exception d'incompétence de la juridiction administrative invoquée en défense doit être écartée.
6. Il résulte de l'instruction que les requérants ont émis le 20 juin 2018 un ordre de virement d'un montant de 2 000 euros, lequel a été inscrit au crédit du compte de la CARPA du barreau d'Avignon le 21 juin 2018 à 13 h 03. Cette somme était insuffisante pour désintéresser l'administration, dont la créance était établie à hauteur de la somme de 25 686 euros. Un second ordre de virement d'un montant de 35 000 euros, également émis la veille de l'audience, n'a été inscrit au crédit du compte de la CARPA du barreau d'Avignon que le 21 juin 2018 à 21 h 04, soit postérieurement à l'audience d'adjudication fixée le même jour à 14 h 00. La circonstance que les ordres de virement aient été donnés la veille de l'audience est sans incidence sur la date à laquelle les fonds ont effectivement été inscrits au crédit du compte intéressé. Par conséquent, dès lors que le paiement effectif de la dette est intervenu postérieurement à l'ouverture des enchères publiques, et en l'absence de délai anormalement long d'exécution des virements en cause, alors que les requérants étaient en mesure d'effectuer ces virements dès le 11 juin 2018, au terme de leur entretien avant le comptable public, l'administration était fondée à poursuivre la procédure d'adjudication. Par suite, le comptable public ne peut pas être regardé comme ayant commis une faute en poursuivant le recouvrement de la dette fiscale des requérants. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête tendant à la réparation du préjudice causé par les fautes qui auraient été commises du fait de la poursuite de la procédure d'adjudication doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. E et de Mme A B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Une copie du présent jugement sera adressée au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Chamot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.
Le rapporteur,
P. C
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2101676
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026