jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101706 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2021, la SAS Askata, représentée par la SCP Anslaw, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune d'Uchaux à lui verser la somme de 216 138 euros, assortie des intérêts au taux légal, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi du fait du retrait illégal d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Uchaux une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le retrait, pris par le maire de la commune d'Uchaux, de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont elle était titulaire depuis le 7 mars 2019 a été jugé illégal par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 7 février 2021 ; En conséquence, la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- elle a été contrainte d'engager des démarches administratives et contentieuses pour faire valoir ses droits, ce qui lui a causé un trouble dans les conditions d'existence et un préjudice moral qu'il convient d'indemniser à hauteur de 10 000 euros ;
- elle a subi un préjudice financier, correspondant au coût d'immobilisation des capitaux, évalué à 193 988 euros ;
- elle a dû s'acquitter de frais contentieux et de justice aux cours des différentes procédures engagées ; ce préjudice s'évalue à 12 150 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2022, la commune d'Uchaux, représentée par la SCP Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SAS Askata une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SAS Askata ne sont pas fondés.
Vu :
- le jugement n° 1901688 rendu le 2 février 2021 par le tribunal administratif de Nîmes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Antolini,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rose-Dulcina, représentant la société Askata, et celles de Me Teles, pour la commune d'Uchaux.
Une note en délibéré présentée la société Askata a été enregistrée le 25 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 février 2019, la SAS Askata a déposé à la mairie de la commune d'Uchaux une déclaration préalable de division foncière en vue de détacher un lot à bâtir d'un terrain situé route d'Orange, cadastré section BK, parcelle numéro 72, sur le territoire de la commune. Par arrêté du 7 mars 2019, le maire de la commune d'Uchaux s'est opposé à cette déclaration préalable. Par jugement définitif n° 1901688 du 2 février 2021, le tribunal administratif de Nîmes a, d'une part, retenu que cet arrêté devait être regardé comme une décision de retrait d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable qui bénéficiait à la SAS Askata à compter du 7 mars 2019 et, d'autre part, annulé cette décision au motif qu'elle n'avait pas été précédée d'une procédure contradictoire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. La SAS Askata demande réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision de retrait.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne responsabilité de la commune d'Uchaux :
2. La décision par laquelle l'autorité administrative retire illégalement une autorisation de construire constitue une faute de nature à engager sa responsabilité. Ainsi qu'il a été dit au point 1, l'arrêté du 7 mars 2019 doit s'analyser comme procédant au retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont était devenue titulaire la société Askata. Cet acte de retrait, annulé par une décision de justice devenue définitive, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune d'Uchaux.
En ce qui concerne les préjudices :
3. La responsabilité d'une personne publique n'est susceptible d'être engagée que s'il existe un lien suffisamment direct entre les fautes commises par cette personne et le préjudice subi par la victime. Dans le cas où l'autorité administrative pouvait, sans méconnaître l'autorité absolue de la chose jugée s'attachant au jugement d'annulation de cette décision, légalement refuser ou retirer l'autorisation, l'illégalité commise ne présente pas de lien de causalité direct avec les préjudices résultant du retard dans la mise en œuvre du projet de construction.
4. La SAS Askata demande réparation à hauteur de 193 988 euros du préjudice financier, correspondant au coût d'immobilisation de ses capitaux. Il résulte de l'instruction que le retrait de l'arrêté du 7 mars 2019 était fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 7.1.1 du règlement de la zone B1 du PPRIF du massif d'Uchaux aux termes desquelles les bâtiments doivent être situés à moins de 30 mètres d'une voie ouverte à la circulation publique et accessible à partir de celle-ci. Il est constant que la demande préalable présentée par la société requérante le 7 février 2019, prévoyait une longueur de la voie d'accès au lot A de 48,61 mètres. Dans ces conditions, la décision de retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable aurait pu être légalement prise dans le cadre d'une procédure régulière en se fondant sur la méconnaissance des dispositions du règlement de la zone B1 du PPRIF du massif d'Uchaux. Par suite, le préjudice financier qu'aurait subi la société requérante du fait de l'illégalité de l'arrêté du 7 mars 2019 ne peut être regardé comme la conséquence du vice dont cet arrêté est entaché alors qu'elle a bénéficié illégalement d'une autorisation d'urbanisme.
5. La SAS Askata invoque également un trouble dans ses conditions d'existence, résultant des démarches administratives et contentieuses nécessaires pour faire valoir ses droits, et un préjudice moral qu'elle chiffre à 10 000 euros. Toutefois, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité de son préjudice alors que la décision de retrait en litige a été prise dans les délais prescrits et n'a été notifiée qu'avec seulement 4 jours de retard.
6. La SAS Askata sollicite, enfin, une indemnisation de 12 150 euros au titre des frais contentieux et de justice dont a dû s'acquitter au cours des différentes procédures engagées. Les frais de justice, s'ils ont été exposés en conséquence directe d'une faute de l'administration, sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de l'illégalité fautive imputable à l'administration. Toutefois, lorsque l'intéressé a fait valoir devant le juge une demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le préjudice est intégralement réparé par la décision que prend le juge sur ce fondement. Il n'en va autrement que dans le cas où le demandeur ne pouvait légalement bénéficier de ces dispositions. En l'espèce, la SAS Askata a bénéficié de ces dispositions dans le cadre de l'instance devant le tribunal administratif de Nîmes engagée à l'encontre de l'arrêté du 7 mars 2019, puisqu'il a été mis à la charge de la commune d'Uchaux une somme de 1 200 euros à verser sur ce fondement à la société requérante, ce qui exclut toute demande indemnitaire de ce chef sur un autre fondement juridique. En outre, il n'est pas allégué par la société requérante qu'elle aurait exposé des frais de justice au titre d'une autre instance que celle portée devant le tribunal administratif de Nîmes.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Askata doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Uchaux, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la société Askata au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société Askata à verser à la commune d'Uchaux la somme qu'elle demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Askata est rejetée.
Article 2 : Les conclusions que la commune d'Uchaux présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Askata et à la commune d'Uchaux.
Délibéré après l'audience du 13 juin à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le président,
J. ANTOLINI
Le conseiller le plus ancien,
F. LAGARDE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026