jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101788 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 juin 2021 et le 7 février 2023, la société Noz Orange, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2020 par laquelle l'agence de service et de paiement a rejeté sa demande d'aide à l'embauche des jeunes (A) concernant M. C B, ensemble la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre à l'Agence de services et de paiement de lui verser l'aide sollicitée, ou à défaut de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'agence de service et de paiement la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée, signée par voie dématérialisée ne mentionne pas le nom, le prénom et la qualité de son signataire ;
- la décision est entachée d'incompétence à défaut d'identification de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le salarié était éligible à l'aide, il était âgé de moins de vingt-six ans et percevait une rémunération inférieure à deux fois le montant horaire du salaire minimum interprofessionnel de croissance à la date de la conclusion du contrat ; il a bénéficié d'un contrat à durée déterminée postérieurement au 1er août 2020 pour une durée supérieure à trois mois ;
- le critère de la durée du contrat ne s'apprécie pas à la date de sa conclusion ; le contrat conclu a été prorogé par voie avenant portant son terme au 31 janvier 2021, soit une durée supérieure à trois mois ;
- la position de la direction régionale de Provence-Alpes-Côte d'Azur de l'agence de service et de paiement est contraire à celle des autres directions régionales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2021, l'agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête qui n'identifie pas la personne physique représentant la SELARL Cabinet Coudray est irrecevable ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés
La requête a été communiqué au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion qui n'a pas produit d'observation à l'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-982 du 5 août 2020 instituant une aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Noz Orange a sollicité, auprès de l'Agence de services et de paiement (ASP), le bénéfice d'une aide à l'embauche des jeunes de moins de vingt-six ans, pour la conclusion le 29 août 2020 d'un contrat à durée déterminée avec un salarié né le 6 novembre 1995. Par une décision notifiée le 14 décembre 2020, l'ASP a rejeté cette demande. La société Noz Orange a formé un recours hiérarchique contre cette décision le 8 février 2021, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, la société Noz Orange demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né d'un contrat () ". Aux termes de l'article R. 414-1-1 du même code : " Les caractéristiques techniques de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 garantissent la fiabilité de l'identification des parties ou de leur mandataire, l'intégrité des documents adressés ainsi que la sécurité et la confidentialité des échanges entre les parties et la juridiction. Elles permettent également d'établir de manière certaine la date et l'heure de la mise à disposition d'un document ainsi que celles de sa première consultation par son destinataire. Un arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, définit ces caractéristiques, les exigences techniques qui doivent être respectées par les utilisateurs de l'application et les modalités d'inscription dans l'application des personnes mentionnées à l'article R. 414-1 ". Aux termes de l'article R. 414-2 du même code : " L'identification de l'auteur de la requête, selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-1, vaut signature pour l'application des dispositions du présent code. / Toutefois, lorsque la requête n'a pas fait l'objet d'une signature électronique au sens du second alinéa de l'article 1367 du code civil, le requérant ou son mandataire peut, en cas de nécessité, être tenu de produire un exemplaire de sa requête revêtu de sa signature manuscrite ". Aux termes de l'article 9 de l'arrêté susvisé du 2 mai 2018 : " La définition des droits d'accès à l'application Télérecours des personnes exerçant leurs fonctions au sein d'un cabinet d'avocats ou d'une administration relève exclusivement de la responsabilité des autorités compétentes au sein du cabinet ou de l'administration. L'application Télérecours permet de paramétrer les droits d'accès des personnes habilitées à s'y connecter selon, d'une part, les fonctionnalités qu'elles sont autorisées à utiliser et, d'autre part, les dossiers auxquels elles sont autorisées à accéder. Les fonctionnalités que les personnes sont autorisées à utiliser en tout ou partie comprennent la consultation de l'application, la préparation de la transmission de documents, la validation de la transmission de documents ainsi que la gestion des profils des différents utilisateurs et le paramétrage des subdivisions permettant l'accès aux dossiers ".
3. La requête présentée par la SELARL Cabinet Coudray a été adressée au greffe du tribunal administratif de Nîmes conformément aux dispositions précitées de l'article R. 414-1 du code de justice administrative, au moyen de l'application informatique Télérecours qui garantit la fiabilité de l'identification du mandataire des parties. D'une part, l'identification de l'auteur de la requête vaut signature pour l'application des dispositions des articles R. 414-1-1 et suivants du code de justice administrative. Aucune signature manuscrite du mandataire n'est requise. D'autre part, il appartient au seul mandataire et sous sa seule responsabilité de s'assurer des habilitations des personnes exerçant des fonctions au sein du cabinet d'avocats de signer électroniquement des documents et d'adresser des requêtes en son nom à la juridiction. L'authentification du mandataire qui introduit une requête n'impose pas l'identification de l'avocat. Dès lors que le mandataire, qui peut être une personne physique ou une personne morale, en l'espèce une SELARL qui est exclusivement composée d'avocats, et que la requête est présentée par Télérecours, l'ASP n'est pas fondée à soutenir que cette requête devait être signée par un membre identifiable de la SELARL Cabinet Coudray. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par l'ASP ne peut être accueillie.
Sur la légalité de la décision du 14 décembre 2020 :
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 5 août 2020 instituant une aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans, dans sa rédaction applicable au litige : " Les employeurs peuvent demander le bénéfice d'une aide pour l'embauche d'un salarié de moins de 26 ans dont la rémunération telle que prévue au contrat de travail est inférieure ou égale à deux fois le montant horaire du salaire minimum de croissance. Ces conditions s'apprécient à la date de conclusion du contrat. () Cette aide est attribuée sous réserve que les conditions cumulatives suivantes soient remplies : 1° Le salarié est embauché en contrat de travail à durée indéterminée ou en contrat à durée déterminée d'une durée d'au moins trois mois ; 2° La date de conclusion du contrat est comprise entre le 1er août 2020 et le 31 janvier 2021 ; () "
5. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que seules les conditions d'âge et de montant de la rémunération du salarié s'apprécient à la date de la signature du contrat de travail. Dès lors, les autres conditions s'apprécient à la date de la décision attaquée.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. C B a été recruté par la société Noz Orange en vertu d'un contrat initialement signé le 29 août 2020 pour une durée de neuf jours. Il en ressort également que l'intéressé a, le 30 septembre 2020, signé un nouveau contrat avec la même société jusqu'au 1er janvier 2021. Or il est constant qu'à la date de la décision attaquée, soit le 14 décembre 2020, le salarié était embauché en contrat de travail à durée déterminée d'une durée d'au moins trois mois. Dès lors, la société requérante est fondée à soutenir qu'à la date de la décision, elle remplissait la condition tenant à la durée prévue au 1° du 3ème alinéa de l'article 1er précité du décret n° 2020-982 du 5 août 2020.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 14 décembre 2020 et de la décision la confirmant sur recours hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation des décisions attaquées, il y a lieu d'enjoindre au président-directeur général de l'ASP de réexaminer la situation de la société Noz Orange dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'ASP le versement à la société Noz Orange de la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 décembre 2020 de l'Agence de services et de paiement et la décision implicite de rejet du recours hiérarchique présenté le 8 février 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à l'Agence de services et de paiement de réexaminer la demande de la société Noz Orange dans le délai de deux mois à compter du présent jugement.
Article 3 : L'agence de services et de paiement versera à la société Noz Orange la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la Société Noz Orange, à l'Agence de services et de paiement et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026