mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101983 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ALLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2021, Mme C B représentée par la SELARL d'avocats Ellaw, demande au tribunal :
- d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle l'administration a rejeté partiellement sa réclamation,
- d'annuler la procédure à l'origine des impositions et les rectifications contestées,
- de prononcer la décharge totale en droits, majorations, et intérêts de retard, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de cotisations sociales mises à sa charge au titre de l'année 2014 et 2015,
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les revenus distribués en provenance de la société KARIST d'un montant en base de 300 010 euros au titre de l'année 2015 ont été intégralement remboursés en 2017, avant la mise en recouvrement de l'impôt ;
- les revenus distribués provenant de la société Pierrefeu d'un montant en base de 40 625 euros au titre de l'année 2014 et de 36 708 euros au titre de l'année 2015 n'ont pas été prélevés, eu égard à l'insuffisance de trésorerie de la société ;
- les prélèvements sociaux doivent être déchargés d'une part comme accessoires de l'impôt sur le revenu en principal y afférent, et d'une part compte tenu du fait que leur assiette excède le seuil de 10 % prévu à l'article L.131-6 du code de sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2021, le directeur du contrôle fiscal Sud Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Philippe Parisien ;
- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
- les observations de Me Alle pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Les époux B ont fait l'objet, en 2017, d'un examen de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2014 et 2015. Les rectifications auxquelles a procédé le service ont été réintégrées dans leurs revenus imposables au titre des années 2014 et 2015 et assorties de l'intérêt de retard et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré. Suite à l'admission partielle de la réclamation du 2 novembre 2020 présentée par M. et Mme B, cette dernière demande la décharge en droits et pénalités des impositions restant à sa charge au titre des années 2014 et 2015.
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. / Nonobstant toutes dispositions contraires, lorsque ces sommes sont remboursées () à la personne morale qui les avait versées, la fraction des impositions auxquelles leur attribution avait donné lieu est restituée aux bénéficiaires ou à leurs ayants cause dans des conditions et suivant des modalités fixées par décret ; / () ". En application de ces dispositions, doivent être regardés comme des revenus distribués, sauf preuve contraire, les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d'une société au nom des associés, actionnaires ou porteurs de parts au 31 décembre de l'année en cause.
Sur les revenus distribués par la société Karist :
3. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de l'examen de la situation fiscale personnelle de M. et Mme B, l'administration a constaté, au vu de la copie du compte courant d'associé détenu en 2014 et 2015 par M. A B dans la comptabilité de la SAS Karist, que le solde de ce compte courant d'associé était débiteur au 31 décembre 2015, les prélèvements opérés au débit de 758 989 euros étant supérieurs aux apports effectués au crédit à hauteur de 428 979 euros, la somme de 330 010 euros avait été mise à disposition de M. B. Cette somme a été regardée comme un revenu distribué au profit de M. A B au sens du a de l'article 111 précité, et réintégrée par le service dans leur revenu imposable de l'année 2015.
4. Mme B soutient que cette somme a fait l'objet de remboursements, en 2017, avant la mise en recouvrement de l'impôt. Toutefois, dès lors que ces remboursements ont été effectués les 5, 6, 9, 11, 12 et 13 octobre 2017, soit postérieurement à la date de réception de l'avis de vérification, adressé le 5 janvier 2017 et de la proposition de rectification, reçue le 4 octobre 2017, ils sont sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige. La doctrine invoquée par les requérants, reprise aux paragraphes 1 et 10 et 180 des instructions référencées BOI-RPPM-RCM-10-20-20-20, ne contient aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle qui vient d'être énoncée. Au surplus, le service observe sans être contredit que le document comptable produit au titre de l'exercice 2017 ne permet pas de faire le lien avec les sommes imposées en 2015 à hauteur de 330 010 euros.
L'administration relève également qu'en tout état de cause, la restitution prévue au 2ème alinéa du a de l'article 111 du code général des impôts est subordonnée à des conditions prévues aux articles 49 bis et 49 quinquies de l'annexe III au code général des impôts, notamment que le contribuable ait procédé au préalable au paiement effectif des impositions procédant de la taxation de ces sommes, lesquelles conditions sont en l'espèce non remplies. C'est donc à bon droit que l'administration a, en application des dispositions précitées du a. de l'article 111 du code général des impôts, considéré la somme de 330 010 euros comme un revenu distribué imposable, entre les mains de M. et Mme B, au titre de l'année 2015.
Sur les revenus distribués par la société Pierrefeu :
5. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de l'examen de la situation fiscale personnelle de M. et Mme B, l'administration a constaté, au vu de la copie du compte courant d'associé détenu en 2014 et 2015 par M. A B dans la comptabilité de l'EURL Pierrefeu passible de l'impôt sur les sociétés, la variation positive au cours d'une année du solde débiteur du compte courant d'associé de M. B ouvert dans la comptabilité de la société Pierrefeu et par suite la mise à disposition de sommes, à hauteur respectivement de sommes ramenées à 40 625 euros au titre de 2014 dans le cadre de la décision d'admission partielle du 20 avril 2021 et de 36 708 euros au titre de 2015. En application du a de l'article 111 du code général des impôts, ces sommes ont été regardées comme un revenu distribué, et réintégrée dans les revenus imposables des années 2014 et 2015 de M. et Mme B.
6. Mme B ne conteste pas les chiffres retenus en définitive par le service. Par suite, ces sommes sont présumées, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, constituer un revenu distribué sur le fondement du a. de l'article 111 du code général des impôts et présentent le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Si la requérante fait valoir que la trésorerie ne permettait pas le remboursement de pareils montants et par conséquent leur appréhension effective, elle n'établit pas, comme il lui incombe, par les pièces produites à l'instance, que la société aurait eu des difficultés de trésorerie telles qu'il lui aurait été impossible de disposer des sommes en litige en 2014 et 2015. Le moyen doit être écarté.
Sur les prélèvements sociaux
7. Il résulte des dispositions de l'article 131-6 du CSS que les revenus distribués aux travailleurs indépendants non agricoles exerçant dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés doivent être regardés, pour leur assujettissement aux prélèvements sociaux, comme des revenus d'activité pour leur fraction excédant 10 % du capital social. Ils ne peuvent dès lors pas être soumis aux contributions sur les revenus du patrimoine, même dans l'hypothèse de revenus réputés distribués à la suite d'un contrôle fiscal et n'ayant pas été effectivement soumis à une contribution sur les revenus d'activité
8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
9. La requérante soutient que l'assiette des prélèvements sociaux serait irrégulière en ce qu'elle excède le seuil de 10% prévu par l'article L 131-6 du Code de la sécurité sociale. Toutefois, à supposer que la requérante puisse se prévaloir du statut d'employeur ou de travailleur indépendant au sens de l'article L. 242-11 du code de la sécurité sociale et du seuil de 10% prévu à l'article 131-6 du même code, applicable aux revenus d'activité des travailleurs salariés non agricoles, et en l'absence de production de toute pièce à l'appui , il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de toute précision permettant au tribunal d'apprécier la portée du moyen soulevé, que le montant de l'assiette des contributions sociales sur les revenus du patrimoine auxquelles M. et Mme B ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 aurait excédé le seuil de 10 % visé par les dispositions de l'article L. 131-6 du code de la sécurité sociale.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B tendant à la décharge totale en droits, majorations, et intérêts de retard, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de cotisations sociales mises à sa charge au titre de l'année 2014 et 2015 et à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au directeur du contrôle fiscal Sud Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le rapporteur,
P. PARISIEN Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2101983
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026