vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP PHILIPPE GRILLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 juillet 2021 et le 30 mars 2022, Mme I A, représentée par Me Racaud, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) Alès Cévennes et le docteur C à lui verser une somme totale de 10 529,50 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) de mettre à la charge du CH Alès Cévennes et du Dr C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'une infection nosocomiale et la responsabilité de l'établissement est engagée à ce titre sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;
- la responsabilité de l'établissement est engagée sur le même fondement à raison des fautes commises dans sa prise en charge à partir de l'intervention du 14 décembre 2017 ;
- ses préjudices doivent être réparés à la hauteur de 1 529,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire et de 9 000 euros au titre des souffrances endurées.
Par des mémoires enregistrés le 19 août 2021 et le 19 juillet 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Hérault pôle inter-caisses, représentée par Me Barnouin, conclut dans le dernier état de ses écritures à ce que le CH d'Alès Cévennes, et éventuellement tout médecin déclaré responsable, soient condamnés à lui verser une somme totale de 38 064,40 euros en remboursement de ses débours, une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et une somme de 900 euros au titre des frais de procès.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 novembre 2021 et le 14 avril 2023, le Dr E C, représenté par Me Pilliard, conclut au rejet des conclusions présentées par Mme A et par la CPAM de l'Hérault, subsidiairement à ce que sa responsabilité ne soit pas engagée au-delà du taux de 25 %, et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de tout succombant.
Elle soutient que :
- la CPAM ne peut justifier de ses débours par une preuve constituée à elle-même ;
- il appartenait au CH d'Alès de prévenir les risques infectieux ; il appartenait par ailleurs au Dr F, neurochirurgien qui a reçu la patiente sept fois en consultation, d'interroger celle-ci sur les traitements dont elle bénéficiait et d'en tirer les conséquences nécessaires ; il lui incombait également de poser l'indication d'une reprise chirurgicale et de la proposer à la patiente en l'informant des conséquences en cas de refus de s'y soumettre ; il en résulte qu'aucune faute du Dr C n'est en lien direct et certain avec les préjudices allégués ;
- il n'est question que d'une perte de chance en sorte que Mme A ne saurait demander la réparation de son entier préjudice ;
- subsidiairement la réparation des préjudices doit être ramenée à de plus justes proportions : il y a lieu de tenir compte, dans la réparation du déficit fonctionnel temporaire, du déficit de 3 mois qui aurait été constaté même en l'absence de complication ; le demande présentée au titre des souffrances endurées présente un caractère excessif ;
- la solidarité ne se présumant pas, la requérante n'est pas fondée à demander sa condamnation solidaire avec l'établissement ; seule la responsabilité de ce dernier est engagée ; il doit être condamné à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;
- l'établissement de santé ne saurait remettre en cause la part de responsabilité de 75 % qu'il a acceptée dans son dire du 9 juillet 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 avril 2022 et le 26 mai 2023, le CH d'Alès Cévennes, représenté par Me Grillon, conclut à ce que le Dr F, praticien hospitalier, soit mis hors de cause, à ce que la responsabilité de l'établissement ne soit engagée qu'à raison des fautes commises dans la prise en charge de l'infection dans la limite de 75 % , à ce que la réparation des préjudices soit limitée à une somme totale de 5 871 euros avant application de ce taux, et au rejet des prétentions de la CPAM, ainsi que des demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le Dr F, praticien hospitalier, ne peut voir sa responsabilité personnelle engagée ; seule la responsabilité de son employeur le CH d'Alès Cévennes peut être recherchée ;
- les experts n'ont pas reconnu le caractère nosocomial de l'infection qu'ils datent du 22 janvier 2018 et qui a ensuite évolué à bas bruit ;
- la responsabilité de l'établissement doit être partagée avec celle du médecin traitant, comme les experts l'ont clairement admis ;
- ceux-ci ont insuffisamment pris en compte les circonstances que les prescriptions du médecin traitant ont favorisé l'évolution de l'infection à bas bruit, et que Mme A s'est opposée à une nouvelle intervention ;
- ainsi la part de responsabilité de l'établissement ne peut être qu'inférieure ou égale à 75 % ;
- les réparations ne doivent pas excéder 871 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, et 5 000 euros au titre des souffrances endurées ;
- les prétentions de la CPAM, qui sont seulement appuyées par une attestation d'imputabilité mais pas par un relevé des débours, doivent être rejetées car le lien avec la prise en charge n'est pas établi compte tenu notamment de l'état antérieur de la patiente.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2021.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par une lettre du 30 janvier 2024, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître des demandes indemnitaires présentées par Mme A et par la CPAM de l'Hérault à l'encontre du Dr C, médecin généraliste exerçant son activité professionnelle à titre libéral.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances de taxation d'expertise du 12 août 2020.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- les observations de Me Racaud, représentant Mme A,
- et les observations de Me Taulelle, représentant le pôle inter-caisses de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, alors âgée de 57 ans, souffrant depuis plusieurs années du dos et plusieurs fois opérée du rachis, a subi le 14 décembre 2017 une nouvelle intervention chirurgicale pour arthrodèse, en présence d'un spondylolisthésis dégénératif. Les suites de cette intervention ont été marquées par une infection du site opératoire à staphylocoque doré méticilline sensible. Par une ordonnance n° 1902400 du 3 décembre 2019, prise sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a ordonné une expertise aux fins de déterminer la nature et l'origine des préjudices et de l'infection contractée par Mme I A lors de ses prises en charge par le centre hospitalier d'Alès Cévennes à compter du 14 décembre 2017. Cette décision a été réformée par une ordonnance n° 19MA05632 de la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille, qui a étendu l'expertise au contradictoire du médecin traitant de la requérante, le Dr C. Les experts ont déposé leur rapport au greffe du tribunal le 16 juillet 2020. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner l'établissement solidairement avec le Dr C à lui verser une somme totale de 10'529,50 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les conclusions dirigées contre le Dr C :
2. Il résulte de l'instruction que le docteur C, qui était le médecin généraliste de Mme A, exerce son activité professionnelle à titre libéral. Dès lors, il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître des demandes présentées à l'encontre de ce médecin par Mme A et par la CPAM de l'Hérault. Par suite, de telles conclusions doivent être rejetées comme étant portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur la responsabilité du CH d'Alès Cévennes :
3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise, qu'à la suite de l'intervention litigieuse du 14 décembre 2017 Mme A a présenté une infection, localisée sur le site opératoire et qualifiée de " latente " dès la date du 22 janvier 2018 à laquelle le médecin traitant a prescrit une antibiothérapie. Cette infection a ensuite connu une évolution à bas bruit, favorisée par cette antibiothérapie, pour ne se révéler qu'à l'occasion d'une bactériémie au mois de juin 2018. Il ne résulte pas de l'instruction et n'est d'ailleurs pas soutenu par le centre hospitalier que Mme A aurait présenté une infection en cours ou en incubation lors de sa prise en charge par du 14 décembre 2017, quand bien même le germe impliqué, un staphylocoque doré comme il a été dit, était présent sur la peau de la patiente. Le centre hospitalier n'établit pas davantage que l'infection aurait une autre origine que la prise en charge, l'antibiothérapie prescrite par le Dr C ne pouvant être regardée comme une telle cause étrangère. Il s'en déduit que l'infection dont Mme A a été victime présente un caractère nosocomial.
5. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner l'engagement de la responsabilité pour faute du centre hospitalier, qui d'ailleurs ne présenterait pas un caractère plus favorable à la requérante, la responsabilité du CH Alès Cévennes est engagée sur le fondement des dispositions citées au point 3.
Sur les préjudices :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, que l'état de santé de Mme A était consolidé à la date du 28 novembre 2019.
7. Le pôle inter-caisses de l'Hérault justifie suffisamment, par un relevé de ses débours et par une attestation d'imputabilité de son médecin conseil, de dépenses exposées pour son assurée et consistant en des frais hospitaliers, au titre de la période du 14 au 27 juin 2019, compte non tenu d'une hospitalisation de 5 jours au mois d'août 2018, regardée par l'expert comme non imputable, et de frais médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et de transport, au titre de la période du 22 mars 2018 au 3 mars 2019, pour le montant total de 38 064,40 euros. Il y a donc lieu de condamner le centre hospitalier d'Alès Cévennes à verser au pôle inter-caisses de l'Hérault la somme de 38 064,40 euros au titre de ses débours.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, que Mme A a subi un déficit temporaire partiel au taux de 50 % du 22 janvier au 14 juin 2018, dont il convient de déduire 3 mois correspondant aux suites normales de ce type d'intervention. Elle a ensuite subi un déficit total jusqu'au 26 juin 2018, puis à nouveau partiel au taux de 50 % du 27 juin au 19 août 2018. A raison de 13 euros par jour et des durées précédemment mentionnées, le préjudice pour déficit fonctionnel temporaire subi par Mme A sera justement réparé en lui allouant une somme de 880 euros.
9. Les souffrances endurées ont été évaluées par l'expert à 3,5 sur une échelle de 5. Le préjudice subi à ce titre sera justement réparé en allouant à Mme A une somme de 5 400 euros.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier d'Alès Cévennes doit être condamné à verser une somme de 38 064,40 euros au pôle inter-caisses de l'Hérault au titre de ses débours et une somme de 6 280 euros à Mme A en réparation de ses préjudices.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
11. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. () . En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu () ". Selon l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024. ".
12. En application de ces dispositions et eu égard au montant de la somme allouée au pôle inter-caisses de l'Hérault au titre de ses débours, il y a lieu d'accorder à cette dernière une somme de 1 191 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier d'Alès Cévennes.
Sur les frais liés au litige :
13. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
14. Les frais de l'expertise ont été liquidés et taxés au montant de 990 euros et de 1 440 euros, soit au total 2 430 euros, par ordonnances du président du tribunal du 12 août 2020. Dans les circonstances de l'espèce, ces frais doivent être mis à la charge du CH d'Alès Cévennes pour leur montant total de 2 430 euros.
15. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
16. D'une part, Mme A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de Mme A n'a pas demandé que lui soit versée par le CH d'Alès Cévennes la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à sa cliente si cette dernière n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
17. En application de ces dispositions il y a lieu de mettre à la charge du CH d'Alès, dans les circonstances de l'espèce, une somme de 900 euros à verser au pôle inter-caisses de l'Hérault et une somme de 1 500 euros à verser au Dr C.
D E C I D E :
Article 1 er : Les conclusions de Mme A dirigées contre le Dr C sont rejetées.
Article 2 : Le centre hospitalier d'Alès Cévennes est condamné à verser à la Mme A une somme de 6 280 euros en réparation de ses préjudices.
Article 3 : Le centre hospitalier d'Alès Cévennes versera au pôle inter-caisses de l'Hérault une somme de 38 064,40 euros au titre de ses débours.
Article 4 : Le centre hospitalier d'Alès Cévennes versera au pôle inter-caisses de l'Hérault une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 5 : Les frais de l'expertise d'un montant total de 2 430 euros sont mis à la charge du centre hospitalier d'Alès Cévennes.
Article 6 : Au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative le centre hospitalier d'Alès Cévennes versera une somme de 900 euros au pôle inter-caisses de l'Hérault et une somme de 1 500 euros au Dr C.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme I A, à Me Racaud, au Dr E C, au pôle inter-caisses de l'Hérault et au centre hospitalier d'Alès Cévennes.
Copie pour information sera adressé au Dr D H et au Dr G B, experts.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026