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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2102238

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2102238

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2102238
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 juillet 2021, 27 septembre 2022 et 18 janvier 2023, la région Occitanie, représentée par Me Heymans, demande au tribunal :

1°) de condamner in solidum les sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, Echologos et Etamine ainsi que MM. B D et H A à lui verser la somme de 454 583,60 euros au titre des désordres affectant le lycée polyvalent Jacques Prévert à Saint-Christol-lez-Alès, liés à la couverture du restaurant scolaire, aux descentes d'eaux pluviales des patios, aux menuiseries en aluminium fixes et à la porte en acier du foyer de l'internat, aux menuiseries extérieures en aluminium, à l'installation photovoltaïque connectée et aux portes extérieures en acier, assorties des intérêts au taux légal, avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;

2°) de condamner la société Sogea Sud Bâtiment à lui verser la somme de 14 388 euros au titre des désordres affectant le revêtement du plateau sportif de ce même lycée polyvalent, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;

3°) de condamner in solidum les sociétés Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que MM. B D et H A à lui verser la somme de 80 082 euros au titre des désordres liés à l'éclairage du plateau sportif dudit lycée, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;

4°) de mettre à la charge solidaire des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que de MM. B D et H A la somme de 28 107,22 euros au titre des frais exposés dans le cadre des opérations d'expertise, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;

5°) de mettre à la charge des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que de MM. B D et H A la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- des désordres, liés à des infiltrations importantes et un excès d'humidité en toiture du restaurant scolaire, constatés depuis 2010 à chaque épisode pluvieux, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions de direction de l'exécution des travaux (DET) et d'assistance aux opérations de réception (AOR) et pour avoir levé les réserves pendant le délai de garantie de parfait achèvement suite aux travaux de reprise qui se sont avérés inefficaces ; son préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 38 620,80 euros ;

- des désordres liés aux dispositifs de fixation des descentes d'eaux pluviales des patios risquent, à terme, de rendre l'ouvrage impropre à sa destination ; et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR pour avoir validé, avant la réception de l'ouvrage, des travaux de reprise qui se sont avérés inefficaces ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 24 650 euros ;

- des désordres liés à des infiltrations provenant des fenêtres en aluminium fixes et de la porte en acier du patio du foyer de l'internat ont été constatés, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de ses deux sous-traitants, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR pour avoir validé, avant la réception de l'ouvrage, des travaux de reprise qui se sont avérés inefficaces ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 4 716 euros ;

- des désordres liés à la chute de sept fenêtres en salles C210, A101, A210 et A104 ainsi que dans le couloir de la vie scolaire, en salle de musique et près de la cafétéria, ont été constatés depuis la réception des travaux ; ces désordres, qui génèrent un risque pour la sécurité des élèves et des agents, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 230 668,80 euros ;

- des désordres constatés, liés à des infiltrations sur le doublage des menuiseries en aluminium fixes, dégradent de manière grave les murs des salles concernées, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 45 000 euros ;

- des désordres liés à l'installation photovoltaïque connectée ont été constatés en l'absence de mise en place du système de décharge des panneaux photovoltaïques en dépit de la demande du syndicat départemental d'incendie et de secours (SDIS) et le défaut de fonctionnement du panneau d'affichage didactique ; compte tenu du risque d'électrocution et de sécurité des usagers, ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination, et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre qui ont validé ces travaux ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 73 968 euros ;

- des désordres liés à l'arrachage de gonds de sept portes extérieures en acier ont été constatés, entraînant une dégradation progressive des paumelles et un descellement possible à terme des portes, avec un risque de chute et de sécurité pour les usagers, qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination ; ils engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 36 960 euros ;

- des désordres liés à de multiples fissures du revêtement de la piste d'athlétisme du plateau sportif ont été constatés et rendent l'ouvrage impropre à sa destination alors même qu'elles n'empêchent pas son utilisation ou n'entraineraient pas, à ce jour, de risque de chute ; ils engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment ayant réalisé les travaux, par l'intermédiaire de son sous-traitant ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 14 388 euros ;

- des désordres liés à un défaut de fonctionnement de certains candélabres assurant l'éclairage du plateau sportif ont été constatés après la réception des travaux, empêchant l'utilisation normale du plateau le soir du fait d'un niveau d'éclairement trop faible ; ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale des membres du groupement de maitrise d'œuvre au titre de leurs missions DET et AOR ; le préjudice a été chiffré par l'expert au montant de 80 082 euros ;

- les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 28 107,22 euros par une ordonnance n° 1603774, du 27 mai 2019, devront été mis à la charge solidaire des défendeurs ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juillet et 27 décembre 2022, les sociétés Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que MM. B D et H A, représentés par Me Lextrait, concluent :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que le montant des préjudices soit chiffré à 114 957,60 euros pour les désordres liés aux paumelles et limiteurs des menuiseries extérieures en aluminium, à ce que la région Occitanie conserve à sa charge 10 % des préjudices sur les désordres liés à l'éclairage du plateau sportif et 40 % des préjudices sur les désordres liés aux portes extérieures en acier ;

3°) à ce que la société Sogea Sud Bâtiment les garantisse intégralement des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés aux descentes d'eaux pluviales et aux infiltrations des menuiseries extérieures en aluminium, et à concurrence de 95 % de celles prononcées au titre des désordres liés aux paumelles des menuiseries extérieures en aluminium, 90 % de celles prononcées au titre des désordres liés aux menuiseries en aluminium fixes et porte en acier du foyer de l'internat, 85 % de celles relatives aux désordres liés à la couverture du restaurant scolaire et l'installation photovoltaïque, 80 % de celles relatives aux désordres liés au plateau sportif et 50 % des condamnations prononcées au titre des désordres liés aux portes extérieures en acier ;

4°) à ce que la société Bureau Veritas Construction les garantisse intégralement des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés aux paumelles des menuiseries extérieures en aluminium et à concurrence de 20 % de celles relatives aux désordres liés aux descentes d'eaux pluviales ;

5°) à ce que la société Multitec les garantisse à concurrence de 70 % des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés à l'éclairage du plateau sportif.

Ils font valoir que :

- à titre principal, la région n'établit pas que les désordres leur sont imputables en l'absence de toute précision sur leur mission respective, compte tenu du caractère conjoint du groupement de maitrise d'œuvre dont le mandataire n'était pas solidaire ; le caractère décennal des désordres liés aux descentes d'eaux pluviales n'est pas démontré en l'absence d'impropriété à la destination de l'ouvrage ; l'expert a retenu une part d'imputabilité à la région de 10 %, qui devra rester à sa charge, sur les désordres liés à l'éclairage du plateau sportif résultant de son choix en cours d'exécution d'une installation utilisant l'énergie solaire, une fois tous les aménagements extérieurs terminés, sans avoir été prévue au programme initial de l'opération et dont les caractéristiques ont été validées par elle dans le cadre de la conclusion du marché public de travaux avec la société Multitec sans objectif fixé à l'équipe de maitrise d'œuvre lui indiquant s'il devait s'agir d'un éclairage pour le loisir des internes ou pour la réelle pratique sportive pédagogique, ce dont dépendait l'intensité de l'éclairage à fournir ; l'expert a également retenu une part d'imputabilité à la région de 40 %, qui devra rester à sa charge, sur les désordres liés aux portes extérieures en acier résultant d'un défaut d'entretien et d'une utilisation anormale ; aucune responsabilité ne devra être retenue à leur égard sur les désordres liés au revêtement du plateau sportif qui résultent uniquement d'un défaut d'exécution isolé, non décelable par la maitrise d'œuvre, comme l'a relevé l'expert ;

- à titre subsidiaire, le chiffrage des travaux de reprise des désordres liés aux menuiseries extérieures en aluminium n'a pas été retenu par l'expert en l'absence de précision sur la nature des prestations réalisées ; à défaut de preuve de réalisation de travaux en lien avec ces désordres, la région ne peut réclamer l'indemnisation de la somme de 230 668,80 euros, sauf à la limiter à la somme retenue par l'expert de 114 957,60 euros ;

- ils sont fondés à appeler en garantie, sur le fondement de leur responsabilité quasi-délictuelle, les sociétés Sogea Sud Bâtiment et Multitec ayant réalisé les travaux en litige ainsi que la société Bureau Veritas Construction, en charge du contrôle technique, eu égard aux fautes respectives commises par celles-ci sur la base des taux d'imputabilité retenus par l'expert.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2022, la société Sogea Sud Bâtiment Bâtiment, représentée par Me Durand, conclut :

1°) à titre principal, au rejet des conclusions de la requête s'agissant des désordres liés aux menuiseries extérieures en aluminium et à l'installation photovoltaïque connectée et au rejet des appels en garantie formés à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que le montant des préjudices soit chiffré à 114 957,60 euros pour les désordres liés aux paumelles et limiteurs des menuiseries extérieures en aluminium et à ce que la région Occitanie conserve à sa charge 20 % des préjudices sur les désordres liés aux portes extérieures en acier ;

3°) à ce que les sociétés Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que MM. B D et H A la garantisse de toutes condamnations prononcées à son encontre à hauteurs de 25 % pour ce qui concerne les désordres liés à la couverture du restaurant scolaire et 20 % pour les désordres liés aux descentes d'eaux pluviales des patios, aux menuiseries en aluminium fixes et à la porte en acier du foyer de l'internat, aux menuiseries extérieures en aluminium, aux portes extérieures en acier et au revêtement du plateau sportif ;

4°) à ce que la société Bureau Veritas Construction la garantisse à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à son encontre au titre des désordres liés aux descentes d'eaux pluviales des patios et aux paumelles des menuiseries extérieures en aluminium ;

5°) de mettre à la charge de toute partie perdante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le chiffrage des travaux de reprise des désordres liés aux menuiseries extérieures en aluminium n'a pas été retenu par l'expert en l'absence de précision sur la nature des prestations réalisées ; à défaut de preuve de réalisation de travaux en lien avec ces désordres la région ne peut réclamer l'indemnisation de la somme de 230 668,80 euros, sauf à la limiter à la somme retenue par l'expert de 114 957,60 euros ;

- les désordres liés à l'installation photovoltaïque résultent de prestations inachevées apparentes à la réception, excluant la garantie décennale des constructeurs ;

- la région devra conserver à sa charge 20 % du montant des préjudices relatifs aux désordres liés aux portes extérieures en acier à raison du défaut d'entretien et d'utilisation normale des ouvrages retenus par l'expert ;

- elle est fondée à appeler en garantie les membres de l'équipe de maitrise d'œuvre et la société Bureau Veritas Construction, eu égard aux fautes respectives commises selon les taux d'imputabilité retenus par l'expert.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2024, la société Bureau Veritas Construction, représentée par Me Draghi-Alonso, conclut, à titre principal, au rejet de l'ensemble des conclusions formées à son encontre, à titre subsidiaire à ce que les sociétés Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que MM. B D et H A la garantissent de toutes condamnations prononcées à son encontre, à titre infiniment subsidiaire à ce que ses condamnations n'excèdent pas sa part de responsabilité, et à ce que soit mise à la charge des sociétés Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos et Etamine ainsi que de MM. B D et H A et tout succombant la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- elle n'a commis aucune faute dans la réalisation de sa mission au titre des deux désordres pour lesquels l'équipe de maitrise d'œuvre l'appelle en garantie ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à appeler en garantie intégrale les membres de l'équipe de maitrise d'œuvre et la société Sogea Sud Bâtiment pour les désordres liés aux descentes d'eaux pluviales des patios et aux menuiseries extérieures en aluminium, eu égard aux fautes respectives commises ;

- à titre infiniment subsidiaire, elle n'est pas tenue à une contribution à la dette conformément au deuxième alinéa de l'article L. 125-2 du code de la construction et de l'habitation et ses condamnations ne pourront excéder sa part de responsabilité.

M. F C, ès qualité de mandataire liquidateur de la société Multitec, à qui la requête a été communiquée le 9 avril 2024, n'a pas produit d'écritures en défense.

Par ordonnance du 15 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2024 à

12h00.

Un mémoire présenté pour la société Bureau Veritas Construction a été enregistré le 21 octobre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 27 mai 2019, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par Mme E G.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Vosgien, rapporteure,

- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,

- et les observations de Me Barnier, substitué à Me Heymans, représentant la région Occitanie, et de Me Benameur, substitué à Me Durand, représentant la société Sogea Sud Bâtiment.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 9 novembre 2007 la région Languedoc-Roussillon, devenue Occitanie, a confié un marché public de travaux à la société Sogea Sud Bâtiment pour la construction du lycée polyvalent Jacques Prévert à Saint-Christol-lez-Alès. La maitrise d'œuvre de l'opération a été confiée en 2006 à un groupement conjoint d'entreprises, constitué notamment de M. B D, mandataire dudit groupement, M. H A et des sociétés Chabanne et Partenaires, Best, VTB et Associés, Echologos et Etamine. La mission de contrôle technique a été confiée en 2006 à la société Bureau Veritas Construction. Les travaux ont été réceptionnés à effet du 31 décembre 2009. La région a conclu un marché public avec la société Multitec le 14 décembre 2010 pour réaliser des travaux supplémentaires dans le cadre d'un lot n° 4 " électricité - courants faibles " qui ont été réceptionnés le 18 octobre 2012. Suite à l'apparition de plusieurs désordres, un expert judiciaire, désigné sur demande de la région, a remis son rapport définitif en mai 2019. Par sa requête, la région Occitanie recherche la responsabilité décennale des constructeurs pour les préjudices consécutifs aux divers désordres affectant cet ouvrage.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.

En ce qui concerne la couverture du restaurant scolaire :

3. Il résulte de l'instruction que des infiltrations au niveau de six lanterneaux et du faîtage dans le restaurant scolaire et la cuisine du lycée Jacques Prévert de Saint-Christol-lez-Alès ont été constatées à partir de janvier 2010, sans qu'aucune réserve n'ait été émise sur ce point lors de la réception de cet ouvrage, le 31 décembre 2009. Des travaux de reprise ont été réalisés durant le délai de garantie de parfait achèvement consistant en la pose de joints complémentaires à l'arrière des lanterneaux au niveau du recouvrement transversal embase/plaque nervurée acier, sur le dessus, sans que cela ne permette de résoudre le problème des infiltrations qui, de par leur caractère généralisé, rendent l'ouvrage impropre à sa destination. Ces désordres résultent, selon le rapport d'expertise, de joints défaillants ou inexistants entre la tôle du bac acier et l'embase des lanterneaux, des fissurations au niveau de l'embase des lanterneaux probablement endommagés lors de leur pose et d'un recouvrement longitudinal des plaques nervurées acier par la plaque en partie basse de l'embase dans le sens de la pente au lieu d'être dans le sens opposé aux vents de pluie dominant côté sud. Ils engagent donc la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire d'un sous-traitant, et des membres de l'équipe de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions de direction de l'exécution des travaux (DET) et d'assistance aux opérations de réception (AOR) qui leur incombaient conformément à l'annexe 1 de leur acte d'engagement. Il ressort de cette annexe que seuls MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés sont intervenus dans le cadre de ces missions et peuvent, ainsi, voir leur responsabilité décennale engagée à ce titre. Il convient, en revanche, d'écarter celle des sociétés Etamine et Echologos eu égard au caractère conjoint dudit groupement et des seules missions de conception dont elles avaient la charge.

4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le montant des travaux de reprise de ces désordes s'élève à 38 620,80 euros. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser cette somme en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne les descentes d'eaux pluviales des patios :

5. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément n'est pas de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres ne rendent pas l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.

6. Il résulte de l'instruction que les désordres constatés sur les descentes d'eaux pluviales dans trois patios, la plupart ayant glissé, avec de nombreuses fixations déformées commençant à se détacher du mur, vont nécessairement défavorablement évoluer dans le temps au point de décaler l'écoulement des eaux pluviales récupérées à côté de la descente et ne plus permettre leur évacuation. Toutefois, alors que les membres de l'équipe de maitrise d'œuvre en contestent le caractère décennal, le maitre d'ouvrage n'établit ni même n'allègue que ces désordres affectant des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage, susceptibles de faire, à terme, obstacle au fonctionnement normal de ces éléments, présenteraient un risque pour la sécurité des usagers, alors qu'ils se trouvent dans des espaces non accessibles au public, ou auraient eu une quelconque incidence sur le fonctionnement de l'ouvrage depuis sa réception fin 2009, le rendant impropre à sa destination. Par suite, la région Occitanie n'est pas fondée à rechercher la responsabilité décennale des constructeurs au titre de ces désordres. Les prétentions qu'elle a formulées à ce titre devront être rejetées.

En ce qui concerne les menuiseries en aluminium fixes et la porte en acier du patio du foyer de l'internat :

7. Il résulte de l'instruction que des traces d'infiltrations ont été constatées sur la porte en acier et une menuiserie aluminium en châssis fixe du patio de la salle de détente de l'internat, confirmées par des tests de mise en eau en cours d'expertise. Le rapport d'expertise indique que ces désordres, apparus avant la réception, ont fait l'objet de travaux de reprise dont la région soutient, sans être contestée en défense, qu'ils ont été validés sur conseil du maitre d'œuvre en l'absence de toute proposition de réserve faite à la réception. Les ouvrages doivent donc être considérés comme définitivement réceptionnés sur ce point. Ces désordres, qui résultent d'un défaut de pente ou d'une contrepente au niveau des seuils, d'un niveau du sol en béton désactivé égal à celui du seuil au lieu d'être en-dessous de celui-ci et d'un défaut de pente aux abords des entrées, rendent l'ouvrage impropre à sa destination. Ils engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire d'un sous-traitant, et de MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés, membres du groupement conjoint de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions DET et AOR. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser la somme de 4 716 euros, correspondant au montant des travaux de reprises, en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne les paumelles et limiteurs d'ouverture des menuiseries extérieures aluminium :

8. D'une part, le juge, qui reconnaît la responsabilité des constructeurs à l'égard du maitre d'ouvrage et ne met pas en doute l'existence d'un préjudice, ne peut, sans méconnaître son office ni commettre une erreur de droit, rejeter les conclusions indemnitaires dont il est saisi en se bornant à relever que les modalités d'évaluation du préjudice proposées par la victime ne permettent pas d'en établir l'importance et de fixer le montant de l'indemnisation. Il lui appartient d'apprécier lui-même le montant de ce préjudice, en faisant usage, le cas échéant, de ses pouvoirs d'instruction. D'autre part, lorsque les conditions d'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs sont remplies, le maitre d'ouvrage a droit à la réparation des préjudices subis en lien avec ces désordres, incluant le coût des travaux strictement nécessaires à la reprise de ces derniers et visant à prévenir leur réapparition.

9. Il résulte de l'instruction qu'à partir de novembre 2010 et jusqu'en septembre 2016, sept fenêtres sont successivement tombées en salle C 210, dans le couloir de la vie scolaire, en salle de musique, dans le couloir près de la cafétéria et en salles A 101, A 104 et A 210. Aucune réserve à la réception n'a été faite sur ces parties d'ouvrage. Ces désordres, qui résultent d'un sous-dimensionnement du nombre de paumelles au regard de diverses caractéristiques de la fenêtre, rendent l'ouvrage impropre à sa destination. Ils engagent ainsi la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire de ses sous-traitants, et de MM. D et A ainsi que des sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés, membres du groupement conjoint de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions DET et AOR.

10. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que les travaux strictement nécessaires à la reprise des désordres en cause consistent, d'une part, à ajouter à chaque fenêtre une paumelle supplémentaire ou à remplacer le modèle posé initialement, à raison de trois paumelles par ouvrant, par un autre supportant une plus grande charge maximale et, d'autre part, à remplacer à l'identique les limiteurs d'ouverture, à raison de deux par ouvrant, sur l'ensemble des ouvrants de service. Sur la base du devis et du décompte produits par la région, établis dans le cadre d'un marché de travaux réalisés en 2017, après les premiers constats de l'expert et compte tenu de l'urgence à les effectuer face au risque que représentaient ces désordres pour les usagers, travaux qui se sont avérés de nature à les faire cesser, le coût du remplacement des paumelles peut être fixé à un montant unitaire de 62,14 euros hors taxes, représentant un coût total pour les 912 paumelles à remplacer sur les 304 ouvrants de service, de 56 680 euros hors taxes. Sur la base de ces mêmes éléments, dont les montants ne sont pas utilement contestés en défense, le coût du remplacement de deux limiteurs par ouvrant, au prix unitaire de 41,85 euros hors taxes sur 304 ouvrants, s'élève à la somme de 25 444,80 euros hors taxes. Par ailleurs, en l'absence de tout élément de nature à établir que les désordres en cause auraient entrainé la dégradation de cinquante serrures, il y a lieu de limiter ce poste d'indemnisation au coût du remplacement des sept serrures endommagées par la chute de fenêtres, pour un montant de 185,92 euros hors taxes. Enfin, à ces coûts des travaux de reprise doit être ajouté le montant forfaitaire non contesté de 1 200 euros hors taxes correspondant à l'installation du chantier, le nettoyage et la mise en service. Il s'ensuit que le montant total des travaux de reprise des désordres en cause doit être évalué à 83 510,72 euros hors taxes, soit 100 212,86 euros toutes taxes comprises. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser cette somme en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne les infiltrations sur les menuiseries extérieures aluminium :

11. Il résulte de l'instruction que des infiltrations ont été constatées sur le doublage sous les menuiseries aluminium, de façon récurrente à chaque extrémité, au niveau de la traverse basse dont la longueur est supérieure à 5,80 mètres sur le doublage à l'aplomb du joint, contre le dormant, et, de façon plus ponctuelle, au niveau de la jonction entre les plaques des bavettes et par le joint vertical entre la maçonnerie et le dormant de la menuiserie. Ces désordres, constatés à partir de juin 2016, n'ont fait l'objet d'aucune réserve à la réception. Résultant d'un problème de jonction entre la bavette, la cornière et la maçonnerie à l'angle, de défauts d'assemblage au niveau des coupes d'onglet et des traverses basse ainsi que d'une pente insuffisante et parfois inversée de la bavette, ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire de son sous-traitant, et de MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés, seuls membres du groupement conjoint de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions DET et AOR.

12. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût des travaux de reprise de ces désordres s'élève à la somme 45 000 euros. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser cette somme en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne l'installation photovoltaïque connectée :

13. Il résulte de l'instruction qu'aucun système de décharge des panneaux photovoltaïques n'a été mis en place et que le panneau d'affichage didactique du hall n'a jamais fonctionné. La société Sogea Sud Bâtiment fait valoir le caractère apparent à la réception de ces désordres résultant de prestations inachevées n'ayant fait l'objet d'aucune réserve. A cet égard, s'agissant du système de décharge, il ressort du rapport d'expertise qu'alors que la réalisation du système de décharge des panneaux photovoltaïque avait été demandée par la commission de sécurité, suite à son passage le 1er septembre 2009, l'effectivité de ce raccordement n'était pas facilement détectable pour un non sachant et le maitre d'ouvrage pouvait raisonnablement penser, suite à l'avis favorable rendu sur ces ouvrages par le contrôleur technique le 25 septembre suivant, que ces préconisations avaient été prises en compte, d'autant qu'aucune proposition de réserve sur ce point n'a été formulée par l'équipe de maitrise d'œuvre. Ce n'est que dans le cadre d'un compte-rendu du 10 mars 2010 que la région a finalement été informée de ce défaut de raccordement. Dans ces conditions, le désordre y afférent ne saurait être regardé comme ayant été apparent à la réception. Rendant l'ouvrage impropre à sa destination compte tenu des tensions supérieures aux normes de sécurité ainsi constamment générées, il engage la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire de son sous-traitant, et de MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés, seuls membres du groupement conjoint de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions DET et AOR. En revanche, s'agissant du panneau d'affichage, il résulte de l'instruction que le maitre d'ouvrage, représenté par ses équipes techniques lors des opérations préalables à la réception, pouvait facilement faire procéder à un test de mise en service pour vérifier l'affichage du panneau didactique dont le défaut de fonctionnement résulte uniquement de l'absence de branchement et de paramétrage, facilement détectable. Par conséquent, ce désordre doit être regardé comme apparent à la réception, faisant, ainsi, obstacle à l'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs pour les préjudices qui y sont consécutifs.

14. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût des travaux de reprise des seuls désordres liés à l'absence de mise en place du système de décharge électrique s'élève à la somme de 7 000 euros. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le défaut de production de l'attestation sur l'honneur du sous-traitant ayant réalisé ces travaux, nécessaire à la souscription d'un contrat de rachat d'électricité, résulterait des désordres liés à l'absence de système de décharge des panneaux photovoltaïques, qui ne présentent, dès lors, aucun lien avec le préjudice résultant de la souscription tardive d'un tel contrat. Par suite, la région Occitanie est seulement fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser la somme de 7 000 euros en réparation des préjudices consécutifs aux désordres liés à l'absence de système de décharge des panneaux photovoltaïques.

En ce qui concerne les portes extérieures en acier :

15. Il résulte de l'instruction que sept portes extérieures en acier comportent des problèmes d'arrachage de gonds sans qu'aucune réserve à la réception n'ait été faite sur ce point. Ces désordres résultent notamment, selon le rapport d'expertise, d'une sollicitation anormale des ouvrants, et donc des paumelles, du fait de l'effet " bras de levier " du butoir mal positionné. Ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent ainsi la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire de son sous-traitant, et des seuls membres de l'équipe de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions DET et AOR, compte tenu du caractère conjoint dudit groupement, soit, ainsi qu'il a été dit au point 3, MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés.

16. Si les défendeurs font valoir que le maitre d'ouvrage a commis des fautes exonératoires de responsabilité liées à un défaut d'entretien des ouvrants et leur utilisation anormale, il ressort du rapport d'expertise que cet entretien était rendu très difficile par le poids des ouvrants et la marge de manœuvre inexistante ou insuffisante pour leur indispensable dégondage. Par conséquent, le défaut d'entretien de ces ouvrages par la région ne peut être regardé comme étant directement à l'origine des désordres en cause et n'est pas susceptible d'exonérer les constructeurs de leur responsabilité. En revanche, le rapport précise que la plupart des désordres a été constaté sur des ouvrants semi-fixes, de nature à n'être ouverts qu'exceptionnellement et qui ne sont pas destinés à cet usage, qui comportent de nombreuses traces de coup sur la maçonnerie et sur la menuiserie témoignant d'une utilisation sans ménagement et anormale par les élèves. Il y a donc lieu, au regard de ces éléments et leur incidence sur la réalisation du dommage, de retenir sur ce point une faute du maitre d'ouvrage de nature à exonérer les constructeurs de leur responsabilité à hauteur de 20 %.

17. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût des travaux de reprise de ces désordres s'élève à la somme de 36 960 euros. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser 80 % de cette somme, soit un montant de 29 568 euros en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne le revêtement du plateau sportif :

18. Il résulte de l'instruction qu'une fissure transversale présentant un désaffleurement important a été constatée sur le revêtement du plateau sportif, sans qu'aucune réserve n'ait été émise à la réception sur ce point. Résultant de défauts ponctuels de mise en œuvre du produit de finition, ce désordre susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers, rend l'ouvrage impropre à sa destination et engage la responsabilité décennale de la société Sogea Sud Bâtiment, ayant réalisé ces travaux par l'intermédiaire de son sous-traitant, seule mise en cause.

19. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût des travaux de reprise de ces désordres s'élève à la somme de 14 388 euros. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation de la société Sogea Sud Bâtiment à lui verser cette somme en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

En ce qui concerne l'éclairage du plateau sportif :

20. Il résulte de l'instruction que les éclairages du plateau sportif ne fonctionnent plus, tel que cela a pu être constaté lors d'une réunion nocturne qui s'est tenue le 11 septembre 2017 dans le cadre des opérations d'expertise. La réception des travaux y afférents, le 18 octobre 2012, a été prononcée sans réserve. Ces désordres résultent d'incohérences dans les pièces du marché et la réalisation en ce qui concerne la hauteur des mâts, entraînant un risque de dégradation des éclairages par les ballons lors de la pratique du volley-ball et un niveau d'éclairement très insuffisant pour la pratique sportive de nuit ou en fin d'après-midi et en soirée l'hiver, ainsi que de l'absence de gaines de protection des batteries régulièrement inondées lors de fortes pluies. Ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination et engagent la responsabilité décennale des membres de l'équipe de maitrise d'œuvre intervenus dans le cadre des missions d'assistance à la passation du contrat de travaux (ACT) incluant la rédaction du cahier des clauses techniques particulières, DET et AOR, soit MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne et Partenaires, Best et VTB et Associés. Il convient, en revanche, et conformément à l'annexe 1 à l'acte d'engagement du marché de maitrise d'œuvre, eu égard au caractère conjoint dudit groupement, d'écarter la responsabilité des sociétés Etamine et Echologos qui ne sont intervenues en phase conception, pour la première que pour une mission spécifique dite " Haute Qualité Environnementale " et pour la seconde jusqu'à l'élément de projet.

21. Si les travaux à l'origine de ces désordres ont été confiés en 2012, par un nouveau marché public, à la société Multitec, alors que l'intégralité des aménagements extérieurs avaient déjà été réalisés par la société Sogea Sud Bâtiment dans le cadre de son propre marché, cette seule circonstance, qui n'empêchait pas de concevoir puis de réaliser des mâts suffisamment hauts pour éviter le risque de dégradation des éclairages par les ballons, un éclairement suffisant pour la pratique sportive de nuit et la protection des batteries, ne saurait constituer une faute exonératoire de responsabilité ayant contribué à l'apparition des désordres. En outre, à supposer même, comme les maitres d'œuvre l'ont fait valoir durant l'expertise, qu'ils n'auraient pas été destinataires du courrier du 18 mars 2010 de la région refusant leur proposition initiale d'une installation photovoltaïque considérée comme inadaptée pour l'éclairage nocturne d'un plateau sportif, ils ne justifient pas pour autant que le maitre d'ouvrage aurait effectivement validé une telle proposition. En revanche, il résulte de l'instruction que la région, qui disposait d'équipes techniques suffisamment qualifiées pour formuler des exigences techniques précises dans ce courrier, n'a émis aucune réserve, notamment sur le CCTP rédigé par les maitres d'œuvre préalablement à la consultation puis l'attribution du marché public de travaux en cause, alors que celui-ci n'était pas conforme à ses exigences formulées le 18 mars 2010 concernant tant la hauteur des mâts que le niveau attendu d'éclairage. Cette faute du maitre d'ouvrage est de nature à exonérer les constructeurs de leur responsabilité à hauteur de 10 %.

22. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût des travaux de reprise de ces désordres s'élève à la somme de 80 082 euros. Par suite, la région Occitanie est fondée à demander la condamnation in solidum de MM. D et A ainsi que des sociétés Chabanne Architecte, venant aux droits de la société Chabanne et Partenaires, et Chabanne Ingénierie, venant aux droits des sociétés Best et Chabanne énergétique, venant elle-même aux droits de la société VTB et Associés, à lui verser 90 % de cette somme, soit un montant de 72 073,80 euros en réparation des préjudices consécutifs à ces désordres.

Sur les intérêts et la capitalisation :

23. La région Occitanie a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité totale de 306 863,46 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal, le 9 juillet 2021, et à la capitalisation de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022, date à laquelle, pour la première fois, ces intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les appels en garantie :

En ce qui concerne la couverture du restaurant scolaire :

24. Ainsi qu'il a été dit au point 3, les désordres liés à des infiltrations au niveau de la couverture du restaurant scolaire résultent de joints défaillants ou inexistants entre la tôle du bac acier et l'embase des lanterneaux, des fissurations au niveau de l'embase des lanterneaux probablement endommagés lors de leur pose et d'un recouvrement longitudinal des plaques nervurées acier par la plaque en partie basse de l'embase dans le sens de la pente au lieu d'être dans le sens opposé aux vents de pluie dominants côté sud. Si la société Sogea Sud Bâtiment a commis une faute dans le suivi de l'exécution des travaux de son sous-traitant comme l'a relevé l'expert judiciaire, elle ne saurait être tenue à l'égard des maitres d'œuvre, sur le fondement de sa responsabilité quasi-délictuelle, des propres fautes commises par son sous-traitant dans l'exécution de ces travaux. Par suite, et alors qu'il résulte de l'instruction que les maitres d'œuvre ont eux-mêmes commis une faute dans la direction de l'exécution de ces travaux, il sera fait une juste appréciation de leur responsabilité respective en retenant que la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont fondés à s'appeler réciproquement en garantie à hauteur de 15 % de leur condamnation au titre de ces désordres.

En ce qui concerne les menuiseries en aluminium fixes et la porte en acier du patio du foyer de l'internat :

25. Ainsi qu'il a été dit au point 7, les désordres liés à des infiltrations sur les menuiseries en aluminium fixes et la porte en acier du patio du foyer de l'internat résultent d'un défaut de pente ou d'une contrepente au niveau des seuils, d'un niveau du sol en béton désactivé égal à celui du seuil au lieu d'être en-dessous de celui-ci et d'un défaut de pente aux abords des entrées. Par suite, il sera fait une juste appréciation de leur responsabilité respective en retenant que la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont fondés à s'appeler réciproquement en garantie à hauteur de 15 % de leur condamnation au titre de ces désordres eu égard aux fautes respectives commises par la première dans le cadre du suivi de l'exécution des travaux de son sous-traitant, et par les seconds, dans le cadre de leur propre mission de direction de l'exécution de ces travaux.

En ce qui concerne les paumelles et limiteurs d'ouverture des menuiseries aluminium extérieures :

26. Ainsi qu'il a été dit au point 9, les désordres liés à la chute de menuiseries aluminium extérieures résultent d'un sous-dimensionnement du nombre de paumelles compte tenu du modèle choisi au regard du poids des ouvrants plus ou moins important en fonction du type de vitrage et de la présence ou non de stores ainsi que de l'absence et/ou du décrochage des limiteurs d'ouverture permettant d'éviter un effet levier par l'intermédiaire des coffres des stores intérieurs, aggravés par le positionnement de ces derniers face à face plutôt qu'en quinconce. Si la société Sogea Sud Bâtiment a commis une faute dans le suivi de l'exécution des travaux de son sous-traitant comme l'a relevé l'expert judiciaire, elle ne saurait être tenue à l'égard des maitres d'œuvre, sur le fondement de sa responsabilité quasi-délictuelle, des propres fautes commises par son sous-traitant dans l'exécution de ces travaux, ni même de celles de son fabricant ou du fournisseur de logiciel de conception des paumelles. En outre, la société Bureau Veritas Construction, qui a émis un avis tendant à l'augmentation de l'angle d'ouverture des fenêtres avec les limiteurs d'origine en septembre 2009, comme l'a également relevé la commission de sécurité pour permettre le désenfumage, impliquant seulement un réglage différent de ces derniers, n'a pas commis de faute contribuant à l'apparition des désordres. Par suite, les conclusions d'appel en garantie formées à l'encontre de la société Bureau Veritas Construction doivent être rejetées. En revanche, il résulte de l'instruction que les maitres d'œuvre ont commis des fautes dans le suivi de l'exécution de ces travaux, notamment en ordonnant le retrait de certains limiteurs d'ouverture. Il sera donc fait une juste appréciation de leur responsabilité respective en retenant que la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont fondés à s'appeler réciproquement en garantie à hauteur de 15 % de leur condamnation au titre de ces désordres.

En ce qui concerne les infiltrations sur les menuiseries aluminium extérieures :

27. Ainsi qu'il a été dit au point 11, les désordres liés aux infiltrations sur les menuiseries aluminium extérieures résultent d'un problème de jonction entre la bavette, la cornière et la maçonnerie à l'angle, de défauts d'assemblage au niveau des coupes d'onglet et des traverses basse ainsi que d'une pente insuffisante et parfois inversée de la bavette. Comme pour les désordres précédents, la société Sogea Sud Bâtiment ne saurait être tenue à l'égard des maitres d'œuvre, sur le fondement de sa responsabilité quasi-délictuelle, des propres fautes commises par ses sous-traitants dans l'exécution de ces travaux. En outre, et comme l'a relevé l'expert judiciaire, aucune faute n'a été commise par cette société dans le suivi de l'exécution des travaux confiés à ses sous-traitants, ni par les maitres d'œuvre dans le cadre de leur mission de direction de l'exécution de ces travaux dès lors que les désordres comme les défauts de mise en œuvre n'étaient pas décelables. Par suite, les conclusions d'appel en garantie de la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et de MM. D et A ainsi que des sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, doivent être rejetées au titre de ces désordres.

En ce qui concerne l'installation photovoltaïque connectée :

28. Il résulte de ce qui a été dit au point 14 que MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie sont fondés à appeler la société Sogea Sud Bâtiment à les garantir à hauteur de 15 % de leur condamnation au titre des désordres liés à l'absence de système de décharge des panneaux photovoltaïques eu égard à leurs fautes respectives commises dans le suivi de l'exécution de ces travaux alors que la commission de sécurité avait relevé, en septembre 2009, la nécessité de mettre en place ce raccordement, sans que la société Sogea Sud Bâtiment n'ait à répondre des fautes commises par son sous-traitant dans l'exécution de ces travaux.

En ce qui concerne les portes extérieures en acier :

29. Ainsi qu'il a été dit aux points 15 et 16, les désordres liés à l'arrachage des gonds des portes extérieures en acier résultent d'une sollicitation anormale des ouvrants et donc des paumelles du fait de l'effet " bras de levier " du butoir mal positionné, de l'absence d'entretien des ouvrants, notamment dans le cadre d'un contrat avec un professionnel, d'une utilisation inappropriée des ouvrants semi-fixes et du choix de paumelles sans graisseur. Comme pour les désordres précédents, la société Sogea Sud Bâtiment ne saurait être tenue à l'égard des maitres d'œuvre, sur le fondement de sa responsabilité quasi-délictuelle, des propres fautes commises par son sous-traitant dans l'exécution de ces travaux. Par suite, la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont fondés à s'appeler réciproquement en garantie à hauteur de 10 % de leur condamnation au titre de ces désordres eu égard aux fautes respectives commises par la première dans le cadre du suivi de l'exécution des travaux de son sous-traitant et par les seconds dans le cadre de leur propre mission de direction de l'exécution de ces travaux, compte tenu par ailleurs des 20 % laissés à la charge de la région du fait de l'utilisation anormale des ouvrages.

En ce qui concerne le revêtement du plateau sportif :

30. Ainsi qu'il a été dit au point 18, les désordres liés à une fissure transversale du revêtement du plateau sportif résultent de défauts ponctuels de mise en œuvre du produit de finition, difficilement décelables comme l'a relevé l'expert judiciaire. Par suite, aucune faute ne saurait être imputée aux maitres d'œuvre dans le cadre de leur mission de direction de l'exécution des travaux, de même qu'à la société Sogea Sud Bâtiment dans le suivi de l'exécution de ces travaux confiés à son sous-traitant, dont elle n'a pas à répondre des fautes commises dans la réalisation des travaux à l'égard des maitres d'œuvre. Dès lors, les conclusions d'appel en garantie de la société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et de MM. D et A ainsi que des sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, doivent être rejetées au titre de ces désordres.

En ce qui concerne l'éclairage du plateau sportif :

31. Ainsi qu'il a été dit au point 20, les désordres liés au défaut d'éclairage du plateau sportif résultent d'incohérences dans les pièces du marché et la réalisation en ce qui concerne la hauteur des mâts, entraînant un risque de dégradation des éclairages par les ballons lors de la pratique du volley-ball et le niveau d'éclairement très insuffisant pour la pratique sportive de nuit ou en fin d'après-midi et en soirée l'hiver, ainsi que de l'absence de gaines de protection des batteries régulièrement inondées lors de fortes pluies. Par suite, MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie sont fondés à appeler en garantie la société Multitec, eu égard aux fautes respectives commises, par cette dernière dans la réalisation des travaux, et par les maitres d'œuvre dans leur mission de direction de l'exécution des travaux, à hauteur de 70 % des condamnations prononcées à leur encontre.

Sur les frais d'expertise :

32. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés au montant de 28 107,22 euros par une ordonnance du président du tribunal administratif de Nîmes n° 1603774 du 27 mai 2019. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre cette somme à la charge solidaire et définitive de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie. La région Occitanie a droit aux intérêts au taux légal sur le montant total de ces frais à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal, le 9 juillet 2021, et à la capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022, date à laquelle, pour la première fois, ces intérêts étaient dus pour une année entière.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la région Occitanie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que les sociétés Sogea Sud Bâtiment et Bureau Veritas Construction demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie une somme de 500 euros à verser chacun à la région Occitanie sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : MM. D et A ainsi que les sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie sont condamnés in solidum à verser à la région Occitanie les sommes de 38 620,80 euros au titre des désordres liés à la couverture du restaurant scolaire, 4 716 euros au titre des désordres liés aux menuiseries en aluminium fixes et la porte en acier du patio du foyer de l'internat, 100 212,86 euros au titre des désordres liés aux paumelles et limiteurs d'ouverture des menuiseries extérieures aluminium, 45 000 euros au titre des désordres liés aux infiltrations sur les menuiseries extérieures aluminium, 7 000 euros au titre des désordres liés à l'absence de système de décharge des panneaux photovoltaïques et 29 568 euros au titre des désordres liés aux portes extérieures en acier, assorties des intérêts au taux légal à compter du 9 juillet 2021, avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022.

Article 2 : La société Sogea Sud Bâtiment est condamnée à verser à la région Occitanie la somme de 14 388 euros au titre des désordres liés au revêtement du plateau sportif, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 juillet 2021, avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022.

Article 3 : MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie sont condamnés in solidum à verser à la région Occitanie la somme de 72 073,80 euros au titre des désordres liés à l'éclairage du plateau sportif, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 juillet 2021, avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022.

Article 4 : La société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont condamnés à se relever et se garantir réciproquement à hauteur de 15 % des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés à la couverture du restaurant scolaire, aux menuiseries en aluminium fixes et porte en acier du patio du foyer de l'internat, ainsi qu'aux paumelles et limiteurs d'ouverture des menuiseries aluminium extérieures.

Article 5 : La société Sogea Sud Bâtiment, d'une part, et MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, d'autre part, sont condamnés à se relever et se garantir réciproquement à hauteur de 10 % des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés aux portes extérieures en acier.

Article 6 : La société Sogea Sud Bâtiment est condamnée à relever et garantir MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie à hauteur de 15 % des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés à l'absence de système de décharge des panneaux photovoltaïques.

Article 7 : La société Multitec est condamnée à relever et garantir MM. D et A ainsi que les sociétés Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie à hauteur de 70 % des condamnations prononcées à leur encontre au titre des désordres liés à l'éclairage du plateau sportif.

Article 8 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 28 107,22 euros sont mis à la charge solidaire et définitive de MM. D et A ainsi que des sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 juillet 2021, avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 9 juillet 2022.

Article 9 : MM. D et A ainsi que les sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte et Chabanne Ingénierie verseront chacun à la région Occitanie une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 11 : Le présent jugement sera notifié à la région Occitanie, MM. B D, H A, F C, aux sociétés Sogea Sud Bâtiment, Chabanne Architecte, Chabanne Ingénierie, Echologos, Etamine et Bureau Veritas Construction ainsi qu'à Mme E G.

Délibéré après l'audience du 25 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Roux, président,

Mme Vosgien, première conseillère,

Mme Béréhouc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

S. VOSGIEN

Le président,

G. ROUX

La greffière,

B. ROUSSELET-ARRIGONI

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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