jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102636 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERTHIAUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 août 2021, 22 mai et 7 juin 2023, le syndicat mixte des Gorges du Gardon, représenté par Me Margall, demande au tribunal :
1°) à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, de condamner in solidum ou, à défaut, chacune pour la part de responsabilité qui lui incombe, les sociétés Eibat, venant aux droits de l'Agence Jean-Paul Poissonnier, Imago Architecture, Bancel H, venant aux droits de la société Menuiseries Bancel, et Paperon Peintures à lui verser les sommes de 43 392,84 euros au titre du coût des travaux de reprise des désordres affectant les menuiseries extérieures de la Maison du Grand Site des Gorges du Gardon, 35 685 euros au titre des frais de relogement provisoire de son personnel durant ces travaux et 1 540 euros au titre des frais engagés en cours d'expertise, assorties des intérêts légaux à compter du 12 juin 2019 avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;
2°) à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, de condamner in solidum ou, à défaut, chacune pour la part de responsabilité qui lui incombe, les sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France, venant aux droits de la société Apave Sud Europe, à lui verser les mêmes sommes, assorties des intérêts légaux à compter du 12 juin 2019 avec capitalisation annuelle de ceux-ci ;
3°) de mettre à la charge solidaire ou, à défaut, de chacune pour la part de responsabilité qui lui incombe, des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures à titre principal, et, à titre subsidiaire, des mêmes sociétés ainsi que de la société Apave Infrastructures et Construction France, la somme de 11 733,85 euros au titre des frais d'expertise ;
4°) de mettre à la charge solidaire ou, à défaut, de chacune pour la part de responsabilité qui lui incombe, des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures à titre principal et, à titre subsidiaire, des mêmes sociétés ainsi que de la société Apave Infrastructures et Construction France, la somme de 6 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- après la prise de possession des ouvrages de la maison du Grand Site des Gorges du Gardon en mai 2015 et suite à de fortes intempéries survenues le 24 novembre 2016, d'importantes infiltrations ont été constatées à l'intérieur du bâtiment en provenance des menuiseries situées aux premier et deuxième étages, qui se sont renouvelées et amplifiées à chaque nouvel épisode pluvieux intense, rendant l'ouvrage impropre à sa destination ;
- ces désordres engageant la garantie décennale des constructeurs auxquels ils sont imputables, à savoir la société Imago Architecture, en sa qualité de maitre d'œuvre en charge de la conception et du suivi d'exécution des travaux ainsi que de la mission d'ordonnancement, de pilotage et de coordination du chantier, la société Eibat, en sa qualité de bureau d'études techniques ayant participé à la conception des menuiseries extérieures et les sociétés Bancel H et Paperon Peintures, respectivement chargées des travaux de menuiseries extérieures et de peinture ;
- il n'a commis aucune faute exonératoire de responsabilité dès lors qu'il n'est pas établi que ses décisions ou ses choix auraient joué un rôle important dans la survenue des désordres alors qu'il incombait en tout état de cause aux intervenants de l'opération d'analyser les conséquences de son choix de modifier la nature du bois des menuiseries et de lui faire des préconisations en ce sens ;
- à titre subsidiaire, ces désordres engagent la responsabilité contractuelle des mêmes entreprises ainsi que de la société Apave Infrastructures et Construction France, en sa qualité de bureau de contrôle, à raison des fautes commises par chacune d'elles dans l'exercice de leur mission à l'origine de ces désordres, comme l'a relevé l'expert judiciaire, et susceptibles, pour les sociétés Bancel et Paperon, de caractériser une fraude ou un dol au sens des articles 1137 et 1139 du code civil ;
- il est fondé à demander l'indemnisation des préjudices subis à raison du coût des travaux de reprise de ces désordres évalués au montant de 43 392,84 euros, des frais de déménagement et de location de six bungalows et d'un sanitaire pour reloger son personnel sur une durée de deux mois pendant la période des travaux évalués au montant de 7 955 euros, des frais de raccordement électrique, informatique et des sanitaires de ces bungalows évalués au montant de 20 530 euros, des frais de raccordement provisoire en fibre optique de ces bungalows évalués à 7 200 euros et des frais avancés en cours d'expertise pour un montant total de 1 540 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 mai et 6 juin 2023, la société Apave Infrastructures et Construction France, représentée par Me Martineu, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et de tout appel en garantie formé contre elle et, à titre subsidiaire, à l'absence de condamnation in solidum, à ce que le montant des préjudices, hors travaux de reprise, soit limité à la somme de 1 263,60 euros, à ce que les sociétés Imago Architecture, Eibat, Bancel H et Paperon Peintures la garantissent solidairement de toutes condamnations ou, à défaut, à hauteur de 95 % et à ce que soit mis à la charge du syndicat mixte des Gorges du Gardon la somme de 3 000 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les travaux des lots " menuiseries " et " peintures " à l'origine des désordres ont été réceptionnés définitivement après levée des réserves respectivement les 21 octobre et 10 décembre 2015 ; cette réception fait obstacle à ce que le syndicat mixte puisse rechercher sa responsabilité sur le fondement de la responsabilité contractuelle dans le cadre de l'exercice de sa mission de contrôleur technique ;
- à titre subsidiaire aucune part de responsabilité lui incombant n'a été retenue par l'expert dans la mesure où les désordres affectant les menuiseries extérieures proviennent uniquement du retard dans la mise en œuvre de la lasure qui n'était, elle-même, pas adaptée et a été confiée au lot " peinture " dont les travaux ne relevaient pas de sa mission de contrôle technique ; aucun manquement à son devoir de conseil ne peut donc lui être reproché ; sa mission n'incluait pas davantage le contrôle des phases provisoires du chantier, en particulier les conditions de stockage des menuiseries sur le chantier, son gardiennage et le suivi, la direction et la surveillance de celui-ci incombant au maitre d'œuvre ; à supposer qu'elle ait commis un manquement à son devoir de conseil en ne relevant pas l'état dégradé des menuiseries, celles-ci ont été réparées et protégées avant la réception, de sorte que le désordre avait été repris comme en atteste l'absence de réserve faite à la réception ;
- les désordres résultent pour partie des fautes commises par le maitre d'ouvrage tenant à l'absence de prise en compte des observations de la société Bancel sur le choix inadapté du bois de chêne et d'entretien de ces menuiseries depuis la réception, justifiant que soit laissé à sa charge une part de responsabilité de 15 % ;
- elle ne pourra faire l'objet d'une condamnation in solidum avec les autres constructeurs en application de l'article L. 125-2 du code de la construction et de l'habitation ;
- l'expert n'a pas retenu la nécessité de relogement provisoire du personnel, de sorte que seuls les frais de déménagement et de stockage du mobilier pourront éventuellement faire l'objet d'une indemnisation dans la limite du montant retenu par l'expert de 1 263,60 euros ;
- elle est fondée à appeler en garantie solidaire les sociétés Imago Architecture, Eibat, Bancel H et Paperon Peintures à raison des fautes commises par chacune d'elles à l'origine des désordres pour la totalité des condamnations ou, à défaut, à hauteur de 95 % ;
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2023, la société Bancel H, venant aux droits de la société Menuiseries Bancel, représentée par Me de Angelis, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et de tout appel en garantie formé contre elle et, à titre subsidiaire, à ce que le montant des préjudices soit limité au coût des travaux de reprise, à ce que les sociétés Imago Architecture, Eibat, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France la garantissent solidairement de toutes condamnations, ou à défaut à hauteur de 80 % et à ce que soit mise à la charge de toutes parties perdantes la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité ne peut être retenue dans la survenance des dommages d'infiltration liées à un vieillissement prématuré du bois des menuiseries extérieures sur lequel elle a, à plusieurs reprises, alerté le maitre d'ouvrage et le maitre d'œuvre tant sur les inconvénients du changement d'essence de bois que sur les contraintes liées à son entretien nécessitant un traitement périodique qui n'ont pas été suivies d'effets alors qu'elle n'a commis aucune faute dans la réalisation des travaux dont elle avait la charge en appliquant, comme le prévoyait son cahier des clauses techniques particulières, une lasure d'imprégnation adaptée aux bois durs comme le mentionne la fiche technique afférente, et ne pouvait prendre l'initiative de réaliser des travaux supplémentaires en appliquant une nouvelle couche de finition qui incombait à un autre lot, sans décision du maitre d'œuvre et du maitre d'ouvrage de lui confier ces travaux ;
- l'expert a considéré que les désordres résultent pour partie des fautes commises par le maitre d'ouvrage tenant à l'absence de prise en compte de ses observations sur le choix inadapté du bois de chêne et d'entretien de ces menuiseries depuis la réception, justifiant que soit laissée à sa charge une part de responsabilité de 15 % ;
- l'expert n'a pas retenu la nécessité d'un déménagement et relogement du personnel du syndicat mixte, par conséquent les demandes d'indemnisation afférentes devront être rejetées ;
- elle est fondée à appeler en garantie solidaire les sociétés Imago Architecture, Eibat, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France à raison des fautes commises par chacune d'elles à l'origine des désordres pour la totalité des condamnations et, à défaut, sa part de responsabilité ne saurait excéder 20 % comme l'a retenu l'expert ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 mai et 17 juillet 2023, la société Paperon Peintures, représentée par la SELARL Delran, Bargeton Dyens Sergent, B, conclut au rejet de la requête et de tout appel en garantie formé contre elle et, à titre subsidiaire, à ce que le montant de sa condamnation soit limité à la somme de 1 745 euros, à ce que les sociétés Imago Architecture, Eibat et Bancel H la garantissent solidairement de toutes condamnations et à ce que soit mise à la charge solidaire de ces sociétés ainsi que du syndicat mixte des Gorges du Gardon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité ne peut être retenue dans la survenance des désordres qui ne présentent aucun lien direct avec sa prestation dès lors qu'elle n'avait pas initialement à sa charge la pose de la lasure de protection des menuiseries ;les infiltrations étaient déjà présentes avant le début de sa prestation et la lasure finalement appliquée, comme le prévoyait l'avenant à son marché, était bien adaptée aux bois durs tel qu'en atteste la fiche produit ; elle a, ainsi, respecté l'ensemble de ses engagements contractuels, aucun dol ou faute ne peut lui être reprochée en l'absence de dispositions en ce sens dans le code de la commande publique ;
- à titre subsidiaire, sa condamnation devra être limitée à la somme de 1 745 euros correspondant au coût des travaux prévus dans le devis du 24 novembre 2024 annexé à l'avenant n° 08-01 ;
- elle est fondée à appeler en garantie solidaire les sociétés Imago Architecture, Eibat et Bancel H à raison des fautes commises par chacune d'elles à l'origine des désordres pour la totalité des condamnations.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 mai, 15 juin et 16 août 2023, la société Imago Architecture, représentée par Me L'Hostis, conclut au rejet de toute condamnation sur le fondement de la responsabilité contractuelle, au rejet de toute condamnation excédant les sommes de 39 266,97 euros au titre des préjudices et 9 973,77 euros au titre des frais et dépens de l'instance et, pour ce qui la concerne, 10 % de celles-ci et, à titre subsidiaire, au rejet de tout appel à garantie formé contre elle, à ce que les sociétés Bancel H, Eibat, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France la garantissent solidairement de toutes condamnations à hauteur de 90 % ou, à défaut, chacune à hauteur respective de 35 %, 20 %, 25 % et 10 % et à ce que soit mise à la charge de toutes parties perdantes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle ne conteste pas le fondement de la garantie décennale invoqué à titre principal par le maitre d'ouvrage dès lors que l'impropriété à destination résultant des désordres est établie ; il ne peut, en revanche, engager sa responsabilité contractuelle compte tenu de la levée définitive des réserves faites à la réception, le 21 octobre 2015, du règlement de l'intégralité des honoraires de l'équipe de maitre d'œuvre et du caractère définitif du décompte général de son marché ;
- l'expert n'a pas retenu la nécessité de relogement provisoire du personnel puisque le phasage des travaux, qui ne concernent que trois bureaux et pourront être réalisés dans chacun, l'un après l'autre, ainsi que l'existence d'espaces vacants offrent des solutions de réaménagement sur site ; le maitre d'ouvrage ne justifie pas du nombre de ses agents et de leurs horaires par rapport au nombre et à la capacité des salles et bureaux disponibles ; le montant total des préjudices devra donc être limité à la somme de 46 196,44 euros ;
- l'expert a considéré que les désordres résultent pour partie des fautes commises par le maitre d'ouvrage tenant à son choix de modifier la nature du bois des menuiseries qui s'avère inadaptée et à l'absence de prise en compte des observations de la société Bancel pour en limiter les effets et d'entretien de ces menuiseries depuis la réception, justifiant que soit laissé à sa charge une part de responsabilité de 15 % ;
- la même part de responsabilité devra être laissée à sa charge sur les frais et dépens de l'instance ;
- sa responsabilité ne saurait excéder 10 % des condamnations alors qu'elle n'avait aucun motif de s'opposer à la variante demandée par le maitre d'ouvrage qui avait fait l'objet d'une analyse par la société Bancel et n'avait donné lieu à aucune observation négative du contrôleur technique ; il ne lui revenait pas davantage de prescrire le traitement des menuiseries dans le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) des marchés publics de travaux eu égard à la répartition des missions au sein du groupement de maitrise d'œuvre, cette mission incombant à la société Eibat ; elle n'est pas non plus responsable du défaut de traitement ou de sélection des bois par la société Bancel et n'est pas intervenue dans le choix de la lasure finalement appliquée par la société Paperon ; la principale faute retenue par l'expert consiste en l'absence de réaction pour faire appliquer le traitement par lasure des menuiseries qui incombait à la société Eibat, en sa qualité d'économiste, et aux entreprises de travaux, alors qu'aucun retard ne peut lui être imputé et que, dès qu'elle en a été informée par la société Bancel en octobre 2024, elle a immédiatement sollicité la société Paperon, qui a produit un devis le 3 novembre suivant conduisant à proposer une solution au maitre d'ouvrage dans un délai qui n'a pas excédé trois semaines et a été rapidement mise en œuvre après la réception du devis ;
- à titre subsidiaire, elle est fondée à appeler en garantie solidaire les sociétés Bancel H, Eibat, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France à raison des fautes commises par chacune d'elles à l'origine des désordres à hauteur de 90 % de toutes condamnations ou, à défaut, chacune à hauteur respective de 35 %, 20 %, 25 % et 10 %.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 juin et 17 juillet 2023, les sociétés Eibat et L'Auxiliaire, représentée par Me Vrignaud, concluent au rejet de la requête et de tout appel en garantie formé contre la société Eibat et, à titre subsidiaire, à ce que le montant des condamnations soit limité aux sommes de 39 266,97 euros au titre des préjudices et 9 973,77 au titre des frais et dépens de l'instance, à ce que les sociétés Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France la garantissent solidairement de toutes condamnations, ou à défaut, à hauteur respective de 40 %, 30 %, 25 % et 5 %, à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de toutes parties adverses perdantes ainsi que la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- l'intangibilité de son décompte général devenu définitif fait obstacle à toute condamnation sur le fondement de sa responsabilité contractuelle ;
- elle n'a commis aucun manquement à ses obligations contractuelles ; l'absence de prescription initiale d'un traitement des menuiseries extérieures était justifiée par la nature du bois exotique qui n'en nécessitait pas ; elle a toutefois par précaution, en cas de variante sur le matériau choisi, mentionné dans le CCTP du lot " menuiseries " la nécessité de s'en rapporter au lot " peinture " dont le CCTP prévoyait lui-même l'application d'un traitement de protection ; à supposer que ce document n'ait pas été suffisamment précis, cela résulte uniquement de l'absence de fiche technique fournie par l'entreprise de travaux au soutien de son offre et de l'absence d'études d'exécution ; en ce qui concerne la protection du bois, cette prestation figurant dans le marché de la société Bancel, celle-ci ne peut utilement soutenir qu'elle aurait méconnu les règles de la commande publique en prenant l'initiative de réaliser de tels travaux qui n'étaient pas nécessairement soumis à la prescription d'un ordre de service et qui, en tout état de cause, ne lui incombait pas dès lors qu'elle n'était pas en charge de la mission de direction de l'exécution des travaux ; à supposer qu'elle ait commis une omission dans la prescription de cette prestation, cette faute ne présente pas de lien direct avec les désordres survenus sur les menuiseries compte tenu de la succession des manquements des différents intervenants à l'acte de construire qui ont conduit à la survenance de ces derniers ;
- l'expert a considéré que les désordres résultent pour partie de la faute commise par le maitre d'ouvrage tenant à son choix de modifier la nature du bois des menuiseries qui s'avère inadaptée justifiant que soit laissée à sa charge une part de responsabilité de 15 % ;
- la même part de responsabilité devra être laissée à sa charge sur les frais et dépens de l'instance ;
- l'expert n'a pas retenu la nécessité de relogement provisoire du personnel puisque le phasage des travaux, qui ne concernent que trois bureaux et pourront être réalisés dans chacun, l'un après l'autre, ainsi que l'existence d'espaces vacants offrent des solutions de réaménagement sur site ; ses demandes d'indemnisation pour un montant total de 34 121,40 euros devront ainsi être rejetées.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société L'auxiliaire, en sa qualité d'assureur de la société Eibat, tendant à ce que les sociétés Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France garantissent la société Eibat solidairement de toutes condamnations, ou à défaut, à hauteur respective de 40 %, 30 %, 25 % et 5 % en l'absence de toute subrogation dans les droits de son assuré lui donnant intérêt à agir en son nom.
Par un mémoire enregistré le 20 décembre 2024, la société Apave Infrastructures et Construction France a présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Un mémoire présenté pour la société Apave Infrastructures et Construction France a été enregistré le 3 janvier 2025 et n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 6 janvier 2021 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A C.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien, rapporteure,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Chatron, substitué à Me Margall, représentant le syndicat mixte des Gorges du Gardon, de Me Petit, substitué à Me de Angelis, représentant la société Bancel H et de Me Drimaracci, substitué à Me Vrignaud, représentant la société Eibat.
Considérant ce qui suit :
1. Par actes d'engagement des 17 mai et 11 juin 2013, le syndicat mixte des Gorges du Gardon a attribué le lot n° 8 " peinture " à la société Paperon Peintures et le lot n° 6 " menuiseries bois " à la société Menuiseries Bancel, devenue Bancel H, pour la création de la maison du Grand Site des Gorges du Gardon. La maitrise d'œuvre de l'opération a été confiée à un groupement conjoint d'entreprises, constitué notamment de la société Imago Architecture, mandataire dudit groupement, et de l'Agence Jean-Paul Poissonnier, devenue la société Eibat. Les travaux ont été réceptionnés sous réserves qui ont été expressément levées le 10 décembre 2015. Des infiltrations sur les menuiseries extérieures du bâtiment ont été constatées à la suite d'intempéries le 24 novembre 2016 et ont persisté depuis. L'expert judiciaire, désigné à la demande du maitre d'ouvrage, a déposé son rapport définitif le 22 décembre 2020. Par sa requête, le syndicat mixte des Gorges du Gardon demande la condamnation, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale, des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, des mêmes sociétés ainsi que de la société Apave Infrastructures et Construction France, à lui verser diverses sommes en réparation des préjudices résultant de ces désordres.
Sur les conclusions présentées par la société l'Auxiliaire :
2. La société L'auxiliaire a présenté, en sa qualité d'assureur de la société Eibat, des conclusions tendant à ce que les sociétés Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France relèvent et garantissent solidairement la société Eibat de toutes condamnations, ou à défaut, à hauteur respective de 40 %, 30 %, 25 % et 5 %. En l'absence de toute subrogation de la société L'auxiliaire dans les droits de son assuré, lui donnant intérêt à agir en son nom dans la présente instance, ces conclusions sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la garantie décennale :
3. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément n'est pas de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres ne rendent pas l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que des infiltrations sur les châssis des menuiseries du bâtiment de la Maison du Grand Site des Gorges du Gardon ont été constatées par huissier, le 24 novembre 2016,suite à un fort épisode pluvieux et sont devenues récurrentes depuis, à chaque épisode pluvieux comme l'ont confirmé des tests de mise en eau réalisés pendant l'expertise judiciaire au cours de laquelle il a, par ailleurs, été constaté un état fortement dégradé de vingt-quatre châssis des menuiseries dans différentes pièces des niveaux R+1 et R+2 du bâtiment, des fissures traversantes, un vieillissement prématuré, des problèmes d'étanchéité en lien avec les joints périphériques, des pièces basses en rejet d'eau très abîmées, des assemblages d'angle ouverts et une détérioration conséquente des doublages plâtre, des plinthes et du revêtement de sol. Ces désordres, eu égard à leur nature et leur importance, rendent l'ouvrage impropre à sa destination. A supposer que la société Paperon Peintures oppose le caractère apparent des désordres à la réception au motif que la pose d'une lasure de protection des menuiseries, qui n'était pas prévue dans son marché initial, a été ajoutée en cours d'exécution, par voie d'avenant, après l'apparition de premières infiltrations, cette intervention complémentaire qu'elle ne conteste pas avoir réalisée sur les ouvrages avait justement pour objectif de remédier à ces désordres, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'ils seraient réapparus, notamment après les tests d'infiltrométrie négatifs réalisés en avril 2015 et la levée définitive des réserves en décembre suivant, de telle sorte que ces désordres ne peuvent être considérés comme étant apparents à la réception. Ils engagent, ainsi, la responsabilité des constructeurs de l'ouvrage sur le fondement de la garantie décennale. Par suite, le syndicat mixte des Gorges du Gardon est fondé à demander la condamnation des sociétés Imago architecture et Eibat, venant aux droits de la société Jean-Paul Poissonnier, en leur qualité respective de membre du groupement de maitrise d'œuvre en charge notamment des missions de conception du projet, d'assistance à la passation des contrats de travaux (ACT) et d'assistance aux opérations de réception (AOR), ainsi que pour la société Imago Architecture au titre de sa mission de direction de l'exécution des travaux, tel que cela ressort de l'annexe à leur acte d'engagement relative à la répartition des honoraires par élément de mission, ainsi que celle de la société Bancel H, venant aux droits de la société Menuiseries Bancel en charge des travaux de fourniture et pose des menuiseries bois et de la société Paperon Peintures en charge des travaux de peinture incluant, après conclusion d'un avenant en cours d'exécution, le traitement de protection de ces menuiseries.
5. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que les désordres relevés au point précédent, résultent pour partie d'une modification par le maitre d'ouvrage du choix de l'essence de bois utilisée pour les menuiseries, initialement prévues en bois exotique et finalement demandées en bois de chêne, dont l'essence s'avère particulièrement mal adaptée aux ouvrages extérieurs soumis aux conditions climatiques locales, sujettes à de brusques et importantes variations de température et d'hydrométrie avec des risques de gerces et de fissures, en dépit des avertissements de la société Menuiseries Bancel ayant relevé ces éléments dans son document de synthèse du 17 mai 2013, choix qui contrairement à ce que soutient le maitre d'ouvrage a nécessairement eu une importance décisive dans la survenance des désordres. Dans ces conditions, les défendeurs sont fondés à se prévaloir d'une faute du syndicat mixte des Gorges du Gardon de nature à les exonérer partiellement de leur responsabilité et dont il sera fait une juste appréciation de sa contribution à la survenue des désordres en fixant à hauteur de 15 % la part qui lui est imputable. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que le défaut d'entretien des menuiseries par le maitre d'ouvrage ait été à l'origine des désordres ou de leur aggravation. Aucune faute du syndicat exonératoire de responsabilité ne pourra être retenue sur ce second point.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le coût des travaux de reprise des désordres s'élève au montant, non contesté en défense, de de 43 392,84 euros auquel s'ajoute les frais engagés en cours d'expertise, qui ont été nécessaires à la réalisation de celle-ci, incluant la recherche des fuites d'eau et l'étude faisabilité du changement des menuiseries, d'un montant total de 1 540 euros. En revanche, la nécessité de reloger le personnel durant les travaux, estimés à une durée de deux mois, alors que seuls trois bureaux sont concernés par un changement complet des châssis et que les interventions successives du plaquiste, du menuisier et de l'entreprise en charge de la pose du revêtement de sol peuvent se faire de manière coordonnée sur une durée maximum de six jours, avec des solutions provisoires de réaménagement en interne compte tenu de la disponibilité d'autres espaces n'est pas établie Par suite, le montant de l'indemnisation des préjudices consécutifs aux désordres en cause doit être fixé à la somme de 44 932,84 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que, compte tenu de la part de 15% de responsabilité dont elles sont exonérées, il y a lieu de condamner in solidum les sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures à verser au syndicat mixte des Gorges du Gardon la somme de 38 192,91 euros au titre des désordres affectant les menuiseries extérieures de la maison du Grand Site des Gorges du Gardon.
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle :
8. La réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. La réception interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation. Il en va ainsi, s'agissant des dommages causés aux tiers, et sauf clause contractuelle contraire, alors même que le maître de l'ouvrage entendrait exercer une action en garantie à l'encontre des constructeurs à raison de condamnations prononcées contre lui au profit de ces tiers, sauf dans le cas où la réception n'aurait été acquise à l'entrepreneur qu'à la suite de manoeuvres frauduleuses ou dolosives de sa part.
9. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 3, si de premières infiltrations ont été constatées en cours d'exécution, les tests d'infiltrométrie réalisés en avril 2015 se sont avérés tous négatifs sans qu'il ne résulte de l'instruction que d'autres infiltrations aient été constatées avant la levée définitive des réserves à la réception en décembre 2015, de telle sorte que les désordres en litige ne peuvent être regardés comme ayant été apparents à la réception. D'autre part, la réception définitive des ouvrages fait obstacle à ce que le syndicat mixte des Gorges du Gardon se prévale de fautes affectant la conception et la réalisation de l'ouvrage pour engager la responsabilité contractuelle des sociétés Eibat, Imago Architecture, Paperon Peintures, Apave Sud Europe et Menuiseries Bancel. Enfin, la seule circonstance que les sociétés Menuiseries Bancel et Paperon Peintures aient commis des fautes dans l'exécution de leur mission respective, ne suffit pas à révéler l'existence de manœuvres frauduleuses ou dolosives de leur part permettant de mettre en jeu leur responsabilité contractuelle postérieurement à la réception définitive des ouvrages.
10. Il résulte de ce qui précède que le syndicat mixte des Gorges du Gardon n'est pas fondé à rechercher la condamnation des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France sur le fondement de leur responsabilité contractuelle. Le surplus des conclusions indemnitaires présentées sur ce fondement devra, ainsi, être rejeté.
Sur les appels en garantie :
11. Il résulte de l'instruction que la société Eibat, en omettant de prescrire un traitement de protection des menuiseries bois, après leur revêtement de peinture, dans le CCTP du lot n° 8 des travaux correspondants, a commis une faute dans l'exécution de ses missions. Il sera fait une juste appréciation de la part des désordres en cause imputable à cette faute en la fixant à hauteur de 10%. Par suite, les sociétés Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures sont fondées à demander à être relevées et garanties à hauteur de 10% des condamnations prononcées à leur encontre par la société Eibat.
12. Il résulte de l'instruction que la société Menuiseries Bancel, en faisant usage d'un bois d'une qualité hétérogène et non adaptée à des menuiseries extérieures, assorti de plusieurs défauts majeurs liés à une pente de fils résultant d'un sciage non parallèle au sens des fibres, des nœuds et nœuds tranchés, ainsi que des fentes et gerces résultant, probablement d'un séchage trop rapide, et un retrait des bois au niveau des assemblages récurrent posant la question de leur humidité intrinsèque lors de leur usinage et leur assemblage, et en ayant également utilisé une lasure d'imprégnation non adaptée aux bois durs, comme en atteste la fiche technique qu'elle a produite, relevant que la seule couche réalisée en l'espèce n'était pas suffisante et que la pose d'une deuxième couche dans un délai maximum d'un mois maximum s'avérait nécessaire. Elle a ainsi commis des fautes dans l'exécution de ses missions dont il sera fait une juste appréciation de la part des désordres survenus qui lui est imputable en la fixant à hauteur de 30%. Par suite, les sociétés Imago Architecture, Eibat et Paperon Peintures sont fondées à demander à être relevées et garanties à hauteur de 30% des condamnations prononcées à leur encontre par la société Bancel H.
13. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que ces désordres résultent également d'une faute de la société Paperon Peintures qui a choisi une lasure de protection déconseillée sur le bois de chêne, comme en atteste la fiche technique qu'elle produit, recommandant l'usage d'une autre lasure pour les bois tanniques dont le chêne fait partie, dont il sera fait une juste appréciation de la part des désordres en cause lui étant imputable en la fixant à hauteur de 20%. Par suite, les sociétés Bancel H, Imago Architecture et Eibat sont fondées à demander à être relevées et garanties à hauteur de 20% des condamnations prononcées à leur encontre par la société Paperon Peintures.
14. Il résulte de l'instruction et, notamment du rapport d'expertise, que la société Imago Architecture, en sa qualité de maitre d'œuvre chargé du suivi d'exécution des travaux, a tardé à confier les prestations omises et à relancer les entreprises sur la nécessité de protéger rapidement les menuiseries bois avant novembre 2014 en dépit des premiers avertissements de l'entreprise Menuiseries Bancel effectués un an auparavant. Elle et a ainsi commis une faute dont il sera fait une juste appréciation de la part des désordres qui lui est imputable en la fixant à hauteur de 30%. Par suite, les sociétés Bancel H, Eibat et Paperon Peintures sont fondées à demander à être relevées et garanties à hauteur de 30% des condamnations prononcées à leur encontre par la société Imago Architecture.
15. Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la société Apave Sud Europe a manqué à son devoir de conseil en sa qualité de contrôleur technique, pour n'avoir émis aucun avis ou observation sur l'état dégradé visible des menuiseries en cours d'exécution et le caractère inadapté des produits choisis par les entreprises, et ce, nonobstant la circonstance qu'elle n'était pas en charge du contrôle des phases provisoires du chantier, de son gardiennage, du suivi de l'exécution des travaux et des conditions de stockage des menuiseries ou que ces désordres aient été repris en cours d'exécution, puisque l'application d'une lasure de protection, elle-même inadaptée, et réalisée tardivement, s'est avérée insuffisante pour y remédier. Elle a ainsi commis une faute dont il sera fait une juste appréciation de la part des désordres survenus qui lui est imputable en la fixant à hauteur de 10%. Par suite, les sociétés Bancel H, Imago Architecture et Eibat sont fondées à demander à être relevées et garanties à hauteur de 10% des condamnations prononcées à leur encontre par la société Apave Infrastructures et Construction France.
Sur les frais d'expertise :
16. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés au montant de 11 533,85 euros et mis à la charge provisoire du syndicat mixte des Gorges du Gardon par une ordonnance n° 1803832 du 6 janvier 2021 du président du présent tribunal. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de mettre ces frais à la charge solidaire et définitive des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du syndicat mixte des Gorges du Gardon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement des sommes que les sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge solidaire des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures une somme de 2 000 euros à verser au syndicat mixte des Gorges du Gardon sur le fondement des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : Les sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures sont condamnées in solidum à verser au syndicat mixte des Gorges du Gardon une somme de 38 192,91 euros au titre des désordres affectant les menuiseries extérieures de la maison du Grand Site des Gorges du Gardon.
Article 2 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 11 533,85 euros sont mis à la charge solidaire et définitive des sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures.
Article 3 : Les sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H et Paperon Peintures sont condamnées in solidum à verser au syndicat mixte des Gorges du Gardon une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La société Eibat est condamnée à relever et garantir les sociétés Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peinture à hauteur de 10 % des condamnations prononcées à leur encontre.
Article 5 : La société Imago Architecture est condamnée à relever et garantir les sociétés Bancel H, Eibat et Paperon Peinture à hauteur de 30 % des condamnations prononcées à leur encontre.
Article 6 : La société Paperon Peinture est condamnée à relever et garantir les sociétés Bancel H, Imago Architecture et Eibat à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à leur encontre.
Article 7 : La société Bancel H est condamnée à relever et garantir les sociétés Imago Architecture, Eibat et Paperon Peintures à hauteur de 30 % des condamnations prononcées à leur encontre.
Article 8 : La société Apave Infrastructures et Construction France est condamnée à relever et garantir les sociétés Imago Architecture, Eibat et Bancel H à hauteur de 10 % des condamnations prononcées à leur encontre.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié au syndicat mixte des Gorges du Gardon, aux sociétés Eibat, Imago Architecture, Bancel H, Paperon Peintures et Apave Infrastructures et Construction France ainsi qu'à M. A C.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Lu en audience publique le 23 janvier 2025.
La rapporteure,
S. VOSGIEN
Le président,
G. ROUX
La greffière,
B. ROUSSELET-ARRIGONI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026