jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103346 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES NEVEU ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 octobre 2021, 31 mai et 22 juin 2023, la région Occitanie, représentée par le cabinet Cabanes avocats, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
A titre principal, sur le fondement de la garantie décennale :
1°) de condamner solidairement la société Structures Bois Couverture et la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib à lui verser la somme de 117 821, 32 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de la reprise des désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D du lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon ;
2°) de condamner solidairement la société Structures Bois Couverture et la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib à lui verser la somme de 16 821, 60 euros TTC au titre des frais avancés se rattachant directement aux désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D du lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon ;
A titre subsidiaire, sur un fondement contractuel :
3°) de condamner la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib à lui verser la somme de 117 821, 32 euros TTC au titre de la reprise des désordres affectant les façades des bâtiments B, C et D du lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon ;
4°) de condamner la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib à lui verser la somme de 16 821, 60, 32 euros TTC au titre des frais avancés se rattachant directement aux désordres affectant les façades des bâtiments B, C et D du lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon ;
En toutes hypothèses :
5°) de condamner solidairement la société Structures Bois Couverture et la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib à lui verser la somme de 9 138,12 euros TTC au titre des entiers dépens de l'instance ;
6°) de mettre à la charge solidaire de la société Structures Bois Couverture et de la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ainsi que le constate l'expert, les désordres caractérisés par l'inefficacité de la fixation des panneaux en fibrociment sur les façades des bâtiments B, C et D, qui entraîne un risque de décrochage et de chute, rendent les ouvrages impropres à leur destination et sont de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs ;
- le délai de prescription de la garantie décennale a été interrompu le 20 juillet 2017, date à laquelle elle a présenté sa requête en référé-expertise ; le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes y ayant fait droit et l'expert judiciaire ayant remis son rapport le 29 juillet 2019, le délai de garantie décennale a été prolongé jusqu'au 29 juillet 2029 ; elle est par conséquent recevable à engager la responsabilité décennale des constructeurs pour les désordres dont il s'agit ;
- ainsi que le constate l'expert, la responsabilité décennale des sociétés Structure Bois Couverture, titulaire du lot n°4, et Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib, architecte, est engagée ;
- elle est fondée à demander la réparation du préjudice tenant à la reprise des désordres dont il s'agit à hauteur de la somme de 117 821, 32 euros TTC qu'il conviendra de mettre à la charge solidaire des sociétés Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib et Structure Bois Couverture ;
- elle est également fondée à demander la réparation du préjudice tenant au frais qu'elle a avancés et qui sont en lien avec les désordres à hauteur de la somme de 16 821,60 euros TTC qu'il conviendra de mettre à la charge solidaire des sociétés Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib, et Structure Bois Couverture ;
- la société Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib a engagé sa responsabilité contractuelle en raison d'un manquement à son devoir de conseil dès lors qu'elle n'a pas alerté le maître d'ouvrage d'un défaut d'exécution dans le dispositif de fixation des panneaux en fibrociment sur les façades.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 septembre 2022, 9 mai et 9 juin 2023, la société BPA Architecture, anciennement dénommée société Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib, représentée par la SCP Albertini Alexandre L'Hostis, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet des conclusions présentées contre elle par la région Occitanie sur le fondement de la responsabilité contractuelle, au rejet des conclusions de la région Occitanie excédant 10% des préjudices qui seraient reconnus, à titre subsidiaire, à la condamnation de la société Structures Bois Couvertures à la garantir à hauteur de 90% des condamnations qui serait prononcées à son encontre et, en tout état de cause, au rejet des conclusions présentées par la société Structures Bois Couvertures à son encontre et à ce que le somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la partie perdante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les désordres n'étaient pas apparents à la date de la réception de l'ouvrage ;
- elle ne conteste pas le fondement juridique de l'action en garantie décennale exercée par la région Occitanie, non plus que l'obligation des constructeurs impliqués à réparer en l'état les désordres entrainant l'impropriété de l'ouvrage à sa destination ;
- dans le cadre de sa mission de direction de l'exécution des travaux, qui implique généralement une visite hebdomadaire du chantier, l'architecte ne peut pas tout voir ni tout surveiller de leur réalisation par les diverses entreprises présentes, a fortiori lorsque, comme c'est le cas ici, le chantier est très étendu et les entreprises nombreuses ; par conséquent les demandes de la région Occitanie présentées à son encontre et excédant 10% des préjudices retenus devront être rejetées ;
- sa responsabilité contractuelle ne peut être retenue dès lors que les désordres relèvent de la garantie décennale de la société Structure Bois Couverture et que le caractère définitif du décompte général sans réserve interdit au maître de l'ouvrage de rechercher la responsabilité contractuelle de droit commun du maître d'œuvre, y compris lorsque le préjudice résulte de désordres apparus postérieurement à l'établissement du décompte ; la faute de la région Occitanie, qui se trouvait assistée de services techniques étoffés et compétents, dans la réception sans réserve de désordres apparents, est de nature à exclure, ou au moins à réduire, le droit à indemnisation de la collectivité ;
- très subsidiairement, la faute qu'elle aurait commise ne saurait conduire à mettre à sa charge plus de 10% des dommages ; elle est donc fondée à solliciter que les demandes de la région Occitanie excédant 5% des dommages soient rejetées ;
- elle est fondée à demander la condamnation de la société Structure Bois Couverture à la garantir à hauteur de 90% des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre et le rejet des conclusions présentées à son encontre par cette société.
Par des mémoires en défense, enregistrées les 16 septembre 2022 et 31 mai 2023, la société Structure Bois Couverture, représentée par la SELARL Favre De Thierrens Barnouin Vrignaud Mazars Drimarcci, conclut, à titre principal, au rejet de toutes les conclusions formulées à son encontre et à la condamnation de la région Occitanie et de la société BPA Architecture à lui verser la somme de 2 000 euros, à titre subsidiaire, à ce que toute condamnation prononcée à son encontre soit limitée à hauteur de 80% de la condamnation totale, à ce que la société BPA Architecture soit condamnée à la garantir de toute condamnation prononcée son encontre et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la région Occitanie et de la société BPA Architectures au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité décennale ne peut être engagée dès lors que les désordres étaient apparents à la date de la réception de l'ouvrage prononcée sans réserve et il est incompréhensible que ces désordres n'aient pas été considérés comme non décelables lors des opérations de réception ;
- aucun document ne permet d'établir qu'elle n'aurait pas respecté une quelconque règle de l'art ; la carence dans la définition du besoin du maître d'ouvrage n'a pas été suffisamment examinée par l'expert qui s'est contenté de faire état d'un avis technique, postérieur à la survenance du désordre et non applicable aux travaux réalisés, pour retenir des malfaçons ; si la discontinuité dans la réalisation des joints n'est ici pas contestée, le lien avec le pourrissement du bois n'est pas établi en l'absence d'un manquement de sa part dans le traitement du bois ; ces causes ne peuvent justifier un pourcentage d'imputabilité de 90%, et ce, au surplus, compte tenu de l'importance, dans la survenance du désordre, du déficit de contrôle et de surveillance par l'équipe de maîtrise d'œuvre;
- en raison des fautes du maître d'œuvre, il conviendra de cantonner son éventuelle condamnation à la proportion proposée par l'expert, à laquelle il conviendra de soustraire 10% supplémentaires ;
- elle est fondée à demander à être garantie de toute condamnation prononcée à son encontre par la société BPA Architectures et le rejet de l'appel garantie formulé par cette dernière.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance prescrivant une expertise à la demande la région Occitanie et désignant comme expert M. B ;
- le rapport de l'expert, déposé le 29 juillet 2019 ;
- l'ordonnance du 29 août 2019 par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a liquidé et taxé les honoraires et frais d'expertise à la somme de 36 522,48 euros toutes taxes comprises (TTC).
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- les observations de Me Habibi Alaoui, représentant la région Occitanie et de Me Lhostis, représentant la société BPA Architecture.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 21 janvier 2004, la région Occitanie a confié au groupement conjoint composé de la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib, mandataire du groupement, de Bernard Poisonnier, de la SARL INGE+ BETS, de la société ADRET, de la SARL SERI, de Gui Jourdan, de la SARL INGECOR et de la SARL Securisk un marché de maîtrise d'œuvre pour un montant de 1 892 042, 10 euros toutes taxes comprises (TTC), comportant une tranche ferme et une tranche conditionnelle, pour la construction d'un nouveau lycée à Villeneuve-lès-Avignon. Par un acte d'engagement du 23 octobre 2003, la région Occitanie a confié une mission de contrôle technique à la société Sud-Est Prévention comportant une tranche ferme et une tranche conditionnelle, pour un montant 59 920 euros TTC. Lot n°4 " charpentes bois/ protections solaires bois " a été confié à la société Structure Bois Couverture par un acte d'engagement du 24 décembre 2004. Ces travaux ont fait l'objet d'une réception avec réserves en date du 21 août 2017 suivie d'une levée de réserves le 20 mars 2008 avec effet au 25 juillet 2007. Rapidement après la réception des travaux sont apparus des désordres généralisés sur les panneaux de vêture des façades et coursives des bâtiments B, C et D, dont les fixations se sont dévissées entraînant un risque d'arrachement des plaques du support en ossature de bois. Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2017, la région Occitanie a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes à fins de désignation d'un expert. Par deux ordonnances du 12 septembre 2017, M. B a été désigné en qualité d'expert. Le rapport d'expertise a été déposé le 29 juillet 2019. Par la présente requête, la région Occitanie demande au tribunal de condamner la société d'architectes Boyer-Gibaud-Percheron-Assus-Shertenleib et la société Structure Bois Couverture à réparer ses préjudices résultant des désordres affectant l'ouvrage.
Sur la garantie décennale des constructeurs :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans et affectant l'ouvrage dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, même dissociable, engagent la responsabilité de ces constructeurs au titre de la garantie décennale s'ils sont de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, qui n'est pas contesté sur ce point, que les désordres dont il s'agit sont caractérisés par l'inefficacité de la fixation des panneaux de façade en fibrociment, qui entraîne un risque de décrochage et de chute, et qu'après la dépose de ces panneaux la détérioration évolutive en cours des pièces en bois constituant l'ossature du bardage a été constatée contradictoirement. Il résulte également de l'instruction, et notamment de l'expertise, que ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination et représentent un danger pour les personnes.
4. En deuxième lieu, la société Structures bois couverture se prévaut du caractère apparent des désordres à la date de la réception des travaux. Il résulte toutefois de l'instruction que, si le procès-verbal des opérations préalables à la réception du 25 juillet 2007, établi en l'absence du représentant de cette société, mentionne en annexe une liste de réserves dont la " la reprise de fixation des panneaux minéralis ", l'ensemble des réserves a été levé, ainsi qu'il ressort du procès-verbal de levée des réserves du 28 novembre 2007, signé par le maître d'œuvre. En outre, l'expert ne mentionne pas que les désordres en cause auraient été apparents à la date de la levée des réserves, ainsi que le confirme l'architecte dans ses écritures. Ainsi, il résulte de l'instruction que les vices dont il s'agit ne se sont révélées qu'après la réception de l'ouvrage. Par suite, la société Structures Bois Couverture n'est pas fondée à se prévaloir du caractère apparent des désordres.
5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que ces désordres trouvent leur origine dans le non-respect des préconisations de l'avis technique AT 2/06-1196 " plaques en fibre ciment : Mineralis NT et Urbanis NT ossature bois ", valide jusqu'au 30 avril 2009, et un défaut de conception par l'entreprise de la charpente d'ossature ayant abouti à l'absence d'évacuation des eaux collectées et de ventilation efficace derrière les panneaux de fibrociment. Pour contester sa participation effective à l'acte de construction, la société Structures bois Couverture ne saurait utilement se prévaloir du respect des règles de l'art ou de la carence de l'expert dans la définition du besoin du maître d'ouvrage. Par suite, la responsabilité décennale de la société Structures bois couverture est engagée au titre des désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D de l'ouvrage.
6. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, que ces mêmes désordres trouvent leur cause dans un déficit de contrôle et de surveillance par le maître d'œuvre. Pour contester sa participation effective aux travaux, la société BPA Architecte ne peut donc utilement se prévaloir de ce qu'elle ne peut pas tout voir ni tout surveiller, a fortiori lorsque le chantier est très étendu et les entreprises fort nombreuses. Par suite, la responsabilité décennale de la société BPA Architecte est engagée au titre des désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D de l'ouvrage.
7. Il résulte de ce qui précède que les sociétés BPA Architecture et Structures Bois Couvertures ont participé de manière directe et effective à l'acte de construction. Par suite, la responsabilité solidaire de ces deux sociétés est engagée au titre des désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D de l'ouvrage.
Sur les préjudices et la réparation :
En ce qui concerne la reprise des désordres :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le montant des travaux de reprise de ces désordres s'élève à la somme de 98 006,10 euros HT, soit 117 821, 32 euros TTC, qui n'est contestée ni par l'architecte ni par la société Structures Bois Couvertures. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en fixant à ce montant, dû solidairement par les sociétés BPA Architecture et Structures Bois Couverture, la somme destinée à le réparer.
En ce qui concerne les frais exposés par la région :
9. Il résulte de l'instruction que la région Occitanie justifie avoir engagé des frais en lien avec les désordres en litige, correspondant aux travaux d'urgence de revissage des panneaux, à la constitution d'une note de calcul pour vérifier leur résistance, aux honoraires de maîtrise d'œuvre pour la solution de reprise des panneaux, à l'intervention d'une société tierce pour cette dernière et au contrôle technique, pour un montant de 16 821, 60 euros TTC. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en fixant à ce montant, dû solidairement par les sociétés BPA Architecture et Structures Bois Couverture la somme destinée à le réparer.
Sur les appels en garantie :
10. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, d'une part, que les désordres dont il s'agit résultent d'une faute de la société Structures Bois Couverture caractérisée par un défaut d'exécution généralisé. Il en résulte d''autre part, que la société BPA architecture a commis une faute dans le contrôle et la surveillance du chantier. Ainsi, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que la part d'imputabilité des diverses fautes commises dans la survenue des désordres en cause doit être évaluée à 90% pour la société Structures Bois Couverture et à 10% pour la société BPA architecture. Par suite, ces deux sociétés doivent être condamnées à se garantir mutuellement des sommes de 117 821, 32 euros TTC et de 16 821, 60 euros TTC à hauteur respectivement de 90% et 10%.
Sur la charge définitive des dépens :
11. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre un quart des frais et honoraires de l'expertise, liquidée et taxée à la somme de 36 522,48 euros TTC, soit la somme de 9 138, 12 euros TTC, à parts égales, à la charge définitive des sociétés BPA Architecture et Structures Bois Couverture.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la région Occitanie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par les sociétés BPA Architecture et Structures Bois Couverture ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces deux dernières sociétés la somme de 500 euros chacune à verser à la région Occitanie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les sociétés BPA Architecture et Structure Bois Couverture sont condamnées in solidum à verser à la région Occitanie les sommes de 117 821, 32 euros et de 16 821, 60 euros au titre des travaux de reprise des désordres affectant les façades sud des bâtiments B, C et D du lycée Jean Vilar à Villeneuve-lès-Avignon.
Article 2 : Les sociétés BPA Architecture et Structure Bois Couverture sont condamnées à se garantir des sommes mentionnées à l'article 1er à hauteur respectivement de 90% et 10 %.
Article 3 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 9 138, 12 euros sont mis à parts égales, à la charge définitive des sociétés BPA Architecture et Structures Bois couverture.
Article 4 : Les sociétés BPA Architecture et SETSB et Structures Bois Couverture verseront chacune la somme de 500 euros à la Région Occitanie en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la région Occitanie, aux sociétés BPA Architectes et Structures Bois Couverture.
Copie en sera adressée aux sociétés Sogea Sud Bâtiments, INGE+ BETS, Sud-Est prévention, CIM, SETSB, SMABTP, AXA Iard, COVEA Risk, MMA IARD, MMA IARD Assurances mutuelles, Spagnolo Stephan et à M. C A.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
Le président,
G. ROUX
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026