mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103824 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre 2021 et 24 juillet 2022, M. D C et Mme A B, représentés par Me Gonzalez, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 7 septembre 2021 par laquelle le directeur départemental des territoires et de la mer du Gard a rejeté leur réclamation préalable visant à contester la part communale de la taxe d'aménagement exigée au titre de l'exécution d'un permis de construire délivré le 12 février 2020 ;
2°) d'ordonner la décharge des sommes mises à leur charge par les titres de perception du 28 avril 2020 et du 15 mars 2021 en tant que leur montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1 % ;
3°) d'ordonner la restitution de la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à leur charge et celui résultant de l'application d'un taux de 1% pour la part communale de cette taxe ;
4°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 2 000 euros au titre des préjudices subis ;
5°) de mettre à la charge du directeur départemental des territoires et de la mer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que leur réclamation a été introduite dans les délais prévus par les dispositions des articles L. 331-31 et R. 331-14 du code de l'urbanisme ;
- la part communale de la taxe d'aménagement mise à leur charge est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la délibération en date du 20 novembre 2014 du conseil municipal de Beauvoisin :
o l'exception d'illégalité étant perpétuelle, et le tribunal administratif de Nîmes ayant déjà jugé illégale cette délibération par un jugement du 3 décembre 2019, celle-ci s'applique à leur taxe d'aménagement ;
o elle est, en effet, insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme ;
o la commune ne justifie pas quels aménagement publics, effectivement réalisés, auraient rendu nécessaires la majoration à 8% de la part communale de la taxe d'aménagement dans le secteur B ; la voirie est d'ailleurs mal entretenue ;
- le fait qu'ils aient dû régler la participation pour le financement de l'assainissement collectif et la taxe d'aménagement majorée alors qu'il existe une interdiction de cumul de ces deux contributions, démontre que cette dernière est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, la préfète du Gard conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire, à ce qu'elle soit rejetée.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors d'une part que la lettre informative du 28 avril 2020 n'est pas susceptible de recours et d'autre part, que la réclamation préalable n'a pas été adressée au directeur départemental des finances publiques du Tarn, comme indiqué sur le titre de perception et prévu par l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le jugement du 3 décembre 2019 rendu par le tribunal administratif de Nîmes n'est pas transposable à la situation des requérants ;
- les requérants n'établissent pas en quoi le taux majoré de 8% ne serait pas justifié.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 6 et 10 mai 2022, la commune de Beauvoisin, représentée par Me Allegret-Dimanche, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable puisque les requérants n'ont pas adressé de contestation du titre de perception au comptable chargé du recouvrement dans un délai de deux mois à compter de sa notification ainsi que le prévoit l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le jugement du 3 décembre 2019 rendu par le tribunal administratif de Nîmes n'est pas transposable à la situation des requérants ;
- l'émission du titre de perception relève de la direction départementale des finances publiques du Gard, seule à pouvoir procéder à son retrait ;
- les autres moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- livre des procédures fiscales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonzalez, représentant M. C et Mme B, qui reprend son argumentation et demande le prononcé d'une astreinte, et de Me Allegret-Dimanche, représentant la commune de Beauvoisin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 février 2020, le maire de la commune de Beauvoisin a délivré à M. C et Mme B un permis de construire une maison individuelle d'habitation sur un terrain situé chemin de l'Estagnol à Beauvoisin. Un premier titre de perception d'un montant de 3 150 euros, correspondant à la moitié de la taxe d'aménagement due au titre de cette opération de construction a été émis le 15 mars 2021 par le directeur départemental des finances publiques du Tarn. Par un courrier en date du 31 juillet 2021, M. C et Mme B ont adressé une réclamation au directeur départemental des territoires et de la mer du Gard. Par un courrier en date du 7 septembre 2021, le directeur départemental des territoires et de la mer a rejeté cette réclamation. M. C et Mme B demandent au tribunal la décharge de la part communale de cette taxe d'aménagement, en tant qu'elle excède le montant résultant de l'application du taux de 1%.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme relatif à la taxe d'aménagement, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fait générateur de la taxe est, selon le cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle de délivrance du permis modificatif () ". Aux termes de l'article L. 331-20 du même code, alors en vigueur : " La taxe d'aménagement est liquidée selon la valeur et les taux en vigueur à la date soit de la délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager ou du permis modificatif () " Aux termes de l'article L. 331-24 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " La taxe d'aménagement et la pénalité dont elle peut être assortie en vertu de l'article L. 331-23 sont recouvrées par les comptables publics compétents comme des créances étrangères à l'impôt et au domaine. / Le recouvrement de la taxe fait l'objet de l'émission de deux titres de perception correspondant à deux fractions égales à la moitié de la somme totale à acquitter, ou de l'émission d'un titre unique lorsque le montant n'excède pas 1 500 €. / Le titre unique ou le premier titre est émis à compter de quatre-vingt-dix jours après la date d'exigibilité de la taxe. Le second titre est émis six mois après la date d'émission du premier titre. () ". En application de l'article L. 331-30 de ce code, dans sa version alors en vigueur : " Le redevable de la taxe peut en obtenir la décharge, la réduction ou la restitution totale ou partielle : () 6° Si une erreur a été commise dans l'assiette ou le calcul de la taxe ". Selon l'article L. 331-31 du même code alors en vigueur : " En matière d'assiette, les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception ou du titre unique. () / Les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière d'impôts directs locaux ". Enfin, aux termes de l'article L. 255 A du livre des procédures fiscales : " Les parts communale, départementale et régionale de la taxe d'aménagement prévues par les articles L. 331-1 à L. 331-4 du code de l'urbanisme () sont assis, liquidés et recouvrés en vertu d'un titre de recettes individuel ou collectif délivré par le responsable chargé de l'urbanisme dans le département. Ce responsable peut déléguer sa signature aux agents placés sous son autorité ".
3. En premier lieu, si le courrier du 28 avril 2020, qui se borne à informer les requérants de l'émission prochaine de deux titres de perception à leur encontre, revêt le caractère d'une simple lettre informative et ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours, les requérants fournissent et contestent également le premier titre de perception, émis le 15 mars 2021, d'un montant de 3 150 euros, correspondant à la moitié de la taxe d'aménagement due au titre de l'opération de construction, qui leur fait grief. Par suite, il y a lieu de regarder les conclusions de la requête, concernant la décharge de la somme mise à leur charge, comme dirigées uniquement contre le titre de perception émis le 15 mars 2021, en tant que son montant résulte de l'application d'un taux de part communale qui excède 1%. En revanche, les conclusions des requérants tendant à la décharge de la somme mise à leur charge par la lettre informative du 28 avril 2020, sont irrecevables. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir partiellement la fin de non-recevoir soulevée par la préfète du Gard, et de rejeter les conclusions dirigées contre la lettre informative du 28 avril 2020, qui n'est pas une décision faisant grief.
4. En deuxième lieu, M. C et Mme B ont formé le 31 juillet 2021, soit avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception le 15 mars 2021, ainsi que le prévoit l'article L. 331-31 du code de l'urbanisme, et non l'article R. 331-14 du même code, qui n'a ni pour objet, ni pour effet de déroger aux règles posées à l'article L. 331-31, une réclamation préalable à l'encontre de la part communale de la taxe d'aménagement mise à leur charge. Le directeur départemental des territoires et de la mer du Gard, ordonnateur de la taxe d'aménagement, a rejeté cette réclamation par une décision en date du 7 septembre 2021. Dès lors, la commune de Beauvoisin ne peut utilement se prévaloir des dispositions réglementaires de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012, relatives à l'opposition à l'exécution du titre de perception, qui relève du contentieux du recouvrement, pour soutenir que la réclamation d'assiette, présentée par les requérants le 31 juillet 2021 aurait été tardive et qu'elle n'aurait pas interrompu le cours du délai de recours contentieux.
5. En troisième lieu, M. C et Mme B ont saisi la direction départementale des territoires et de la mer d'une réclamation préalable tendant à la décharge de la somme mise à leur charge par le titre de perception en litige émis par les agents compétents de la direction départementale des territoires et de la mer. En application des dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, selon lesquelles : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ", il appartient à la préfète, saisie d'une demande, d'apprécier si celle-ci relève ou non de sa compétence, et, dans le cas où elle considère qu'elle n'en relève pas, de la transmettre à l'administration compétente. Par suite, la préfète du Gard ne peut utilement se prévaloir de ce que la réclamation préalable introduite par le requérant n'a pas été adressée, conformément à ce qui était indiqué sur les titres de perception contestés, à la direction départementale des finances publiques du Tarn. Par ailleurs, c'est en tout état de cause, et en sa qualité d'ordonnateur, la direction départementale des territoires et de la mer qui est compétente pour connaître de la réclamation préalable faite par les requérants à l'encontre des titres de perception contestés.
6. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir soulevées en défense doivent être écartées sous réserve de ce qui a été dit au point 3.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
7. Aux termes de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : 1° Le versement de la taxe d'aménagement prévue par l'article L. 331-1 () ". En application de l'article L. 331-1 de ce code alors en vigueur : " En vue de financer les actions et opérations contribuant à la réalisation des objectifs définis à l'article L. 101-2, les communes () perçoivent une taxe d'aménagement. () ". Selon l'article L. 331-2 du même code : " La part communale () de la taxe d'aménagement est instituée : 1° De plein droit dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme () ". L'article L. 331-14 du même code prévoit que : " Par délibération adoptée avant le 30 novembre, les communes () bénéficiaires de la part communale () de la taxe d'aménagement fixent les taux applicables à compter du 1er janvier de l'année suivante. / Les communes () peuvent fixer des taux différents dans une fourchette comprise entre 1% et 5 %, selon les aménagements à réaliser, par secteurs de leur territoire définis par un document graphique figurant, à titre d'information, dans une annexe au plan local d'urbanisme (). En l'absence de toute délibération fixant le taux de la taxe, ce dernier est fixé à 1% dans les communes () où la taxe est instituée de plein droit. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme dans sa version alors en vigueur : " Le taux de la part communale () de la taxe d'aménagement peut être augmenté jusqu'à 20 % dans certains secteurs par une délibération motivée, si la réalisation de travaux substantiels de voirie ou de réseaux ou la création d'équipements publics généraux est rendue nécessaire en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans ces secteurs. / Il ne peut être mis à la charge des aménageurs ou constructeurs que le coût des équipements publics à réaliser pour répondre aux besoins des futurs habitants ou usagers des constructions à édifier dans ces secteurs ou, lorsque la capacité des équipements excède ces besoins, la fraction du coût proportionnelle à ceux-ci. / () ".
8. Il résulte de ces dispositions que la réalisation des équipements susceptibles d'être pris en compte dans les délibérations prises en application de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme doit être rendue nécessaire pour le fonctionnement du secteur urbain considéré et que seule la part du coût de la fraction de l'équipement utile au secteur peut être mise à la charge des aménageurs ou constructeurs. Il appartient donc aux communes qui entendent augmenter leur taux de taxe d'équipement au-delà de 5% dans un secteur du territoire communal de chiffrer ce coût ou cette fraction du coût, sur la base d'estimations justifiées, et de déterminer l'augmentation nécessaire de ce taux pour couvrir cette dépense.
9. Il résulte de l'instruction que par délibération du 20 novembre 2014, le conseil municipal de Beauvoisin a augmenté le taux de la part communale de la taxe d'aménagement dans plusieurs secteurs de la commune au-delà de 5%, en application de l'article L. 313-15 du code de l'urbanisme. Cette délibération détermine notamment un " secteur B " dans lequel est appliqué un taux de 8%, où il est constant que se situe le terrain d'assiette sur lequel M. C et Mme B ont bénéficié d'un permis de construire le 12 février 2020, et qui correspond aux zones à urbaniser du plan local d'urbanisme, soit des zones insuffisamment équipées dont l'urbanisation implique l'extension ou le renforcement des infrastructures, outre un quartier excentré de Beauvoisin au Nord de la voie ferrée.
10. Pour justifier la majoration de la part communale de la taxe d'aménagement sur certaines parties du territoire de la commune, le conseil municipal de Beauvoisin a motivé la délibération contestée du 20 novembre 2014 par " la situation des finances de la commune et le besoin de mise à niveau des infrastructures et des superstructures et de leur extension, pour satisfaire les attentes et ·les besoins des nouvelles populations ". Il ne ressort ni des débats du conseil municipal, ni de cette délibération, qui se borne à exposer que " plusieurs facteurs peuvent être pris en considération pour justifier le choix de ces secteurs : la centralité, 1'état des infrastructures les desservant, 1'altitude qui pèse sur le dimensionnement des ouvrages, non seulement les réseaux d'eau potable et usée, mais aussi le système pluvial de surface " quels travaux substantiels de voirie ou de réseaux ou quels équipements publics généraux rendraient nécessaire, en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans le secteur B, la majoration de la part communale de la taxe d'aménagement dans ledit secteur. Il n'en ressort pas davantage en quoi le taux de 8% financerait seulement la quote-part des équipements publics nécessaires aux futurs habitants de ce secteur.
11. Si la commune de Beauvoisin soutient que le secteur B correspond à des " opérations d'ensemble de type lotissement " nécessitant un aménagement conséquent, et que des travaux, notamment de renforcement et de renouvellement des réseaux humides ainsi que de restructuration des réseaux d'eau potable et d'assainissement ont été réalisés, les pièces qu'elle produit, si elles font état de divers travaux effectivement réalisés et pouvant vraisemblablement justifier l'augmentation du taux de part communale de la taxe d'aménagement sur le secteur B, ne permettent pas de démontrer, malgré une mesure d'instruction en ce sens, en quoi le taux de 8% choisi était proportionné, à la date de la délibération, au coût prévisionnel de ces travaux.
12. Si la commune verse, en pièce 3, le décompte général définitif du marché des eaux usées des chemins du Roc des Camps et de la Guiranne, dressé le 24 mai 2019 pour un montant total de 94 558,80 euros, ces travaux ne concernent pas le secteur B, et la note technique interne également produite aux débats, n'indique pas ce que le taux de 8% de la part communale de la taxe d'aménagement a rapporté. Il en résulte que ces pièces ne permettent pas de démontrer que la majoration du taux de part communale taux à 8% aurait été proportionnée aux besoins des futurs habitants et usagers dudit secteur.
13. La commune de Beauvoisin fait également état de travaux d'assainissement dans le quartier de l'Esquillon en 2013 et d'assainissement et d'eau potable dans le quartier de la Passeronne en 2014, et verse au dossier le décompte général définitif du marché des réseaux humides du quartier de l'Esquillon dressé le 24 février 2011 pour un montant de 164 196,23 euros, quartier classé en secteur D, puis celui de la Passeronne, établi le 23 octobre 2014 pour un montant de 62 146,64 euros. Toutefois, ces travaux étaient déjà réalisés à la date de la délibération du 20 novembre 2014 et ne sauraient donc pas justifier la majoration du taux de la part communale de la taxe d'aménagement qu'elle a décidée.
14. La commune de Beauvoisin se prévaut enfin de la convention de servitude de tréfonds conclue le 9 janvier 2018, pour desservir une propriété privée, ainsi que le mentionne une autre délibération du 20 novembre 2014, mais cette servitude a été consentie par un autre propriétaire privé à la commune à titre gratuit et ne saurait donc justifier la majoration de la part communale de la taxe d'aménagement.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et Mme B sont fondés à soutenir que la délibération du 20 novembre 2014 a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme.
16. La délibération du 20 novembre 2014, en tant qu'elle majore dans le secteur B à 8% le taux de la part communale de la taxe d'aménagement, précédemment fixé à 5% par la délibération du 25 octobre 2011 doit être écartée comme illégale. Cette illégalité prive de base légale le taux majoré à 8% de la part communale de la taxe d'aménagement qui a été appliqué au permis de construire de M. C et Mme B. Par suite, les requérants sont fondés à demander la décharge de la part communale de la taxe d'aménagement pour le montant qui excède l'application du taux de 5%, qui pouvait légalement leur être appliqué en application de la délibération précédente. A supposer même qu'ils entendent contester l'application de ce taux de 5%, ils ne développent aucun moyen à son encontre. La somme correspondant à cette différence entre l'application du taux de 8% de part communale de la taxe d'aménagement et celle du taux de 5% devra être restituée à M. C et Mme B.
17. Il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que le titre de perception du 15 mars 2021 doit être annulé en tant qu'a été appliqué à la taxe d'aménagement de M. C et Mme B un taux de part communale de 8% au lieu d'un taux de 5%.
En ce qui concerne la Participation au Financement de l'Assainissement Collectif :
18. Si les requérants soutiennent qu'ils ont été illégalement soumis, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme susmentionné, à une double taxation en raison du cumul la taxe d'aménagement et de la participation au financement de l'assainissement collectif, ce moyen est inopérant à l'encontre des décisions contestées et doit être écarté.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
19. M. C et Mme B sollicitent la somme de 2 000 euros au titre du préjudice financier qu'ils estiment avoir subi du fait du crédit à la consommation qu'ils ont dû contracter pour payer la taxe d'aménagement contestée, ainsi que des frais supplémentaires engendrés par le taux d'intérêt de remboursement de ce crédit. S'ils produisent à l'appui de ces allégations, un document bancaire indiquant qu'ils bénéficient d'un prêt d'un montant de 15 000 euros, l'existence d'un tel prêt ne suffit pas à justifier de la nécessité d'y recourir. Par suite, les requérants ne justifient pas d'un préjudice autre que celui réparé par la restitution des sommes indument versées. Les conclusions à fin d'indemnisation doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C et Mme B, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Beauvoisin demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat, qui a la qualité de partie à la présente instance, une somme de 1 000 euros à verser à M. C et Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : Le titre de perception du 15 mars 2021 est annulé en tant qu'il applique un taux majoré de 8% à la part communale de la taxe d'aménagement au lieu d'un taux de 5%.
Article 2 : M. C et Mme B sont déchargés de la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à leur charge résultant de l'application d'un taux de part communale de 8% et celui résultant de l'application d'un taux de part communale de 5%, la somme correspondant à cette différence, si elle a déjà été recouvrée, doit leur être restituée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C et Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et Mme A B, à la commune de Beauvoisin et à la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie pour information en sera transmise à la préfète du Gard et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le magistrat désigné,
P. E
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires chargée des collectivités territoriales en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026