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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2103858

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2103858

mardi 27 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2103858
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP LEMOINE CLABEAUT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le n° 2103858, par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 novembre 2021 et 14 novembre 2023, M. A B, représenté par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au tribunal :

1°) d'annuler la mise en demeure de payer la somme de 13 882,88 euros émise à son encontre le 25 août 2021 par la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes- Côte d'Azur, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux formé le 3 septembre 2021 à l'encontre de cette mise en demeure ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont dépourvues de base légale dès lors que, en vertu du jugement rendu le 16 juillet 2021 par le tribunal administratif de Nîmes, son état de santé a été reconnu comme étant une rechute de son accident de service survenu le 11 novembre 2011 et que le traitement qu'il a perçu au titre de la période en cause lui était effectivement dû ;

- la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud est infondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes- Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas présenté de recours administratif préalable obligatoire et que le présent litige ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Nîmes ;

- les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

II. Sous le n° 2103859, par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 novembre 2021 et 14 novembre 2023, M. A B, représenté par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 16 septembre 2021 portant rejet de son recours gracieux formé le 16 mars 2021 à l'encontre du titre de perception émis le 16 octobre 2020 pour un montant de 12 620,88 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est dépourvue de base légale dès lors que, en vertu du jugement rendu le 16 juillet 2021 par le tribunal administratif de Nîmes, son état de santé a été reconnu comme étant une rechute de son accident de service survenu le 11 novembre 2011 et que le traitement qu'il a perçu au titre de la période en cause lui était effectivement dû ;

- la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud est infondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes- Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le livre des procédures fiscales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Aymard,

- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,

- les observations de Me Lorion représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

Sur les faits et la procédure :

1. Les deux requêtes visées ci-dessus concernent la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. B, brigadier de police, a été affecté à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Nîmes du 1er juillet 2011 au 31 décembre 2017 puis à la CSP d'Alès à compter du 1er janvier 2018. Le 11 novembre 2011, l'intéressé a été victime d'un accident reconnu imputable au service.

3. M. B, qui a été placé en arrêt maladie du 30 mars 2018 au 10 septembre 2019, a présenté le 30 mars 2018 une demande de reconnaissance d'une rechute de son accident de service survenu le 11 novembre 2011. Par un arrêté du 2 juillet 2019, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud a rejeté cette demande et a placé l'intéressé en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 30 mars 2018 au 29 mars 2019. Par des arrêtés ultérieurs du 20 septembre 2019, la même autorité a placé M. B en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 6 mars 2018 au 5 mars 2019, puis en disponibilité d'office pour raisons de santé du 6 mars 2019 au 10 septembre 2019. Les trois arrêtés précités ont été annulés par un jugement rendu le 16 juillet 2021 par le tribunal administratif de Nîmes.

4. Au titre d'un indu de rémunération opéré sur la paie de M. B du mois d'octobre 2019, un titre exécutoire d'un montant de 12 602,88 euros a été émis le 16 octobre 2020 à l'encontre de l'intéressé, la date-limite de paiement de cette somme ayant été fixée au 15 décembre 2020. Ce titre exécutoire ayant été contesté le 16 mars 2021 par M. B, ce dernier demande au tribunal, par la requête n° 2103859, d'annuler la décision portant rejet de cette contestation.

5. En l'absence de paiement du titre exécutoire précité du 16 octobre 2020, la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes- Côte d'Azur a émis à l'encontre de M. B une mise en demeure de payer la somme totale de 13 882,88 euros correspondant à l'indu de rémunération précité de 12 602,88 euros et à une majoration de 1 262 euros. A la suite du recours administratif formé le 3 septembre 2021 à l'encontre de cette mise en demeure, M. B demande au tribunal, par la requête n° 2103858, d'annuler cette mise en demeure.

Sur les conclusions dirigées contre la décision portant rejet de la contestation formée le 16 mars 2021 à l'encontre du titre exécutoire du 16 octobre 2020 :

En ce qui concerne l'objet du litige et des conclusions du requérant :

6. Aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : / 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; / 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. / Les contestations du titre de perception ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". Aux termes de l'article 118 de ce même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent. ". Aux termes de l'article 119 de ce décret : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre. / Les demandes en revendication d'objets saisis formées par des tiers sont effectuées conformément aux modalités prévues aux articles L. 283 et R. 283-1 du livre des procédures fiscales. ".

7. Il résulte de l'instruction que, par un courriel du 16 mars 2021, le conseil de M. B a contesté le titre exécutoire d'un montant de 12 620,88 euros en date du 16 octobre 2020. Par un courriel du 16 août 2021 adressé au conseil de M. B, le secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur de la zone Sud (SGAMI Sud) a considéré que l'intéressé demeurait redevable de la somme de 12 620,88 euros en l'absence de document annulant l'arrêté du 20 septembre 2019 portant placement en disponibilité d'office pour raison de santé, de sorte que l'administration doit être regardée comme ayant, par une décision expresse du 16 août 2021, rejeté la réclamation formée le 16 mars 2021 par M. B contre le titre exécutoire du 16 octobre 2020. Dans ces conditions, et eu égard aux dispositions précitées au point 6 et à l'office du juge administratif en matière de titres exécutoires, les conclusions de la requête dirigées contre la décision implicite portant rejet de la contestation formée le 16 mars 2021 à l'encontre du titre exécutoire du 16 octobre 2020 doivent être regardées comme tendant à l'annulation de ce titre exécutoire et de la décision du 16 août 2021 portant rejet de la réclamation formée le 16 mars 2021 par M. B contre ce titre exécutoire.

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :

8. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

9. Le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur font valoir que les conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 16 octobre 2020 sont tardives. Ils soutiennent que, à la date d'enregistrement de la requête n° 2103859, avait expiré le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 et décompté à partir du 16 août 2021, date à laquelle le conseil de Me B avait été informé du rejet explicite de la réclamation formée le 16 mars 2021 contre le titre exécutoire en litige. Toutefois, les défendeurs ne justifient pas de ce que le courrier électronique du 16 août 2021 avait été effectivement réceptionné par le conseil de Me B. En tout état de cause, ce courrier électronique en date du 16 août 2021 ne comporte pas la mention des voies et délais de recours, de sorte qu'en application des dispositions précitées de l'article R. 421-5 du code de justice administrative le délai de recours n'est pas opposable à M. B. Dans ces conditions, les conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 16 octobre 2020 ne sont pas tardives et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être rejetée.

En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire du 16 octobre 2020 :

10. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire en litige, qui porte sur un indu de rémunération opéré sur la paie de M. B du mois d'octobre 2019, résulte du placement de l'intéressé en disponibilité d'office pour raison de santé tel qu'acté par un arrêté du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud en date du 20 septembre 2019. Dès lors que cet arrêté a été annulé par un jugement du 16 juillet 2021 du tribunal administratif de Nîmes pour erreur d'appréciation, le tribunal ayant enjoint au préfet de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service des arrêts de travail prescrits depuis le 30 mars 2018 au titre de la rechute de l'accident de service du 11 novembre 2011, et que ce jugement est revêtu de l'autorité de la chose jugée, le titre exécutoire du 16 octobre 2020 est dépourvu de base légale et doit, dès lors, être annulé. Est indifférente, à cet égard, la circonstance dont se prévaut l'administration selon laquelle elle aurait, lors de l'établissement de la paie du mois de novembre 2021, régularisé la situation financière de M. B, en tirant les conséquences du jugement précité du 6 juillet 2021 et de l'arrêté subséquent du 15 octobre 2021 portant reconnaissance de la rechute de l'accident de service du 11 novembre 2011 et bénéfice de l'intégralité du traitement à temps plein, de l'indemnité de résidence et des primes et indemnités de toutes natures afférentes à son grade à l'échelon auquel l'intéressé est parvenu, et en lui versant la somme de 9 005,96 euros.

Sur les conclusions dirigées contre la mise en demeure de payer la somme de 13 882,88 euros émise à son encontre le 25 août 2021 par la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes- Côte d'Azur, et la décision portant rejet de la contestation formée le 3 septembre 2021 à l'encontre de cette mise en demeure :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense :

11. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; / b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".

12. En premier lieu, si le directeur régional des finances publiques de Provence Alpes Côte d'Azur oppose le défaut de réclamation préalable, le requérant produit toutefois à l'instance le courriel du 3 septembre 2021 par lequel il a contesté la mise en demeure en litige en date du 25 août 2021 auprès de la direction régionale des finances publiques de Provence Alpes Côte d'Azur, ce courriel ayant été transmis le même jour par cette direction au secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) de la zone de défense et de sécurité Sud. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de réclamation préalable doit être rejetée.

13. En deuxième lieu, le directeur régional des finances publiques de Provence Alpes Côte d'Azur fait valoir que les conclusions dirigées contre la mise en demeure du 25 août 2021 ne relèvent pas de la juridiction administrative. Toutefois, eu égard à la contestation portée par M. B, qui ne concerne pas la régularité en la forme de cette mise en demeure, il résulte des dispositions précitées aux points 6 et 11 que le présent litige, ayant trait à une créance non fiscale de l'Etat constitué par un indu de rémunération d'un agent public de l'Etat, relève de la compétence du juge administratif. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'incompétence de la juridiction administrative doit être rejetée.

14. En troisième lieu, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud soutient que les conclusions dirigées contre la mise en demeure du 25 août 2021 sont irrecevables en raison de leur tardiveté. Toutefois, alors que la mise en demeure contestée en date du 25 août 2021 a fait l'objet, de la part de M. B, d'une contestation portée le 3 septembre 2021 devant la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et que cette contestation a été rejetée le 29 octobre 2021 par le SGAMI de la zone de défense et de sécurité Sud, ainsi qu'il ressort du courriel adressé ce jour-là par le SGAMI à la direction régionale des finances publiques de Provence Alpes Côte d'Azur, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud n'est pas fondé à soutenir que les conclusions dirigées contre la mise en demeure du 25 août 2021, qui ont été enregistrées le 11 novembre 2021, seraient tardives. Ainsi, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigées contre la mise en demeure du 25 août 2021 doit être rejetée.

15. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être rejetées.

En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions :

16. Eu égard à ce qui a été dit au point 10, la mise en demeure du 25 août 2021 émise à l'encontre de M. B doit être annulée par voie de conséquence. Par suite, la décision portant rejet de la réclamation formée le 3 septembre 2021 contre cette mise en demeure doit également être annulée.

Sur les frais liés au litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre exécutoire du 16 octobre 2020 émis à l'encontre de M. B, ainsi que la décision portant rejet de la réclamation formée le 16 mars 2021 contre ce titre exécutoire, sont annulés.

Article 2 : La mise en demeure du 25 août 2021 émise à l'encontre de M. B, ainsi que la décision portant rejet de la réclamation formée le 3 septembre 2021 contre cette mise en demeure, sont annulés.

Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2103858 et n° 2103859 est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et au directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.

Le rapporteur,

F. AYMARD

La présidente,

C. CHAMOT

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pouvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2103859

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