vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103911 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MENVIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 novembre 2021 et le 21 juin 2022, M. B A, représenté par Me Menvielle, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu qui lui a été assignée au titre de l'année 2017 à raison d'une plus-value immobilière ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le service n'était pas fondé à remettre en cause le caractère de résidence principale du bien cédé ; ce caractère est attesté par son assurance, l'analyse des consommations d'eau et d'électricité,
- subsidiairement, l'existence d'une éventuelle plus-value doit être déterminée sur le fondement d'un coût de la construction de 2 595 euros par mètre carré, déterminé par référence à la parution " La cote annuelle des valeurs vénales immobilières et foncières au 1er janvier 2017 " ; sur ce fondement aucune plus-value n'est à imposer.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 avril et le 4 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Des mémoires présentés pour M. A ont été enregistrés le 13 octobre et le 29 décembre 2023, postérieurement à la clôture immédiate de l'instruction intervenue le 3 juillet 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Menvielle, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a acquis le 20 novembre 2015 un terrain à bâtir situé au 6 chemin de la Garrigue sur le territoire de la commune de Castillon du Gard sur lequel il a édifié une maison d'habitation dont l'achèvement a été déclaré le 5 janvier 2017. M. A a cédé ce bien immobilier par un acte authentique du 26 juin 2017 en entendant bénéficier de l'exonération de l'imposition sur les plus-value prévue au bénéfice des résidences principales. A la suite d'une vérification sur pièces de son dossier fiscal, l'administration a remis en cause le bénéfice de cette exonération et imposé le plus-value réalisée par M. A à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales. M. A demande la décharge de ces impositions.
Sur la demande de décharge :
En ce qui concerne le bénéfice de l'exonération :
2. En vertu de l'article 150 U du code général des impôts, sont exclus de l'imposition sur les plus-values immobilières les immeubles " qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ". Pour l'application de ces dispositions, la résidence principale doit s'entendre du lieu où le contribuable réside habituellement pendant la majeure partie de l'année. Il doit s'agir de sa résidence effective. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A, qui résidait jusqu'alors au 25 chemin des Perrières sur le territoire de la commune de Castillon-du-Gard, a demandé le 14 septembre 2015 l'autorisation de construire une maison au 6 chemin de la Garrigue, à 1,3 km environ sur le territoire de la même commune. Il a acquis le 20 novembre 2015 le terrain à bâtir correspondant, puis réalisé la construction par ses propres moyens et déclaré son achèvement le 5 janvier 2017. M. A fait valoir qu'il a occupé ce logement à titre de résidence principale à partir du mois de décembre 2016 et que, sa conjointe ne s'étant pas adaptée à ce nouvel environnement, il a été décidé de rejoindre l'ancien logement du chemin des Perrières, ce qui l'a conduit à la cession du 26 juin 2017. Toutefois, alors que le service a relevé que ce bien a fait l'objet d'un mandat de vente dès le 26 janvier 2017, soit moins d'un mois après son achèvement, l'examen des facturations d'eau et d'électricité, significatives pour l'un comme pour l'autre des deux logements, et au demeurant incomplètes s'agissant du chemin des Perrières, n'attestent pas de l'usage de la maison litigieuse à titre de résidence principale. Les circonstances que ce bien a été assuré à titre de résidence principale, que M. A s'y est déclaré domicilié dans sa déclaration d'impôt sur le revenu souscrite au titre de l'année 2016, qu'il y a fait immatriculer son nouveau véhicule, ou que des voisins ont témoigné de l'insatisfaction de la compagne de M. A face à son nouvel environnement, sont en l'espèce insuffisantes pour considérer que ce bien a constitué la résidence effective de M. A au jour de la cession. C'est donc à bon droit que le service a remis en cause le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions citées au point 2.
En ce qui concerne l'existence et le montant de la plus-value :
4. Aux termes de l'article 150 VA du code général des impôts : " I . -Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu'il est stipulé dans l'acte. (). II. - Le prix de cession est majoré de toutes les charges et indemnités mentionnées au deuxième alinéa du I de l'article 683. (). III. - Le prix de cession est réduit, sur justificatifs, du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais, définis par décret, supportés par le vendeur à l'occasion de cette cession. ". Selon l'article 150 VB du même code : " II. - Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : () 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. (). ".
5. Pour établir le montant de la plus-value réalisée par M. A, l'administration a pris en compte le prix de la cession, d'un montant non contesté 557 790 euros, et le coût d'acquisition du terrain ainsi que les frais d'acquisition fixés forfaitairement, pour les montants, respectivement, de 151 000 euros et de 11 325 euros qui ne sont pas plus contestés. Au titre des dépenses de construction, en l'absence de toute justification apportée par M. A, l'administration s'est fondée sur une valeur par mètre carré de 1 622,25 euros, correspondant à la moyenne des cinq indices trimestriels du coût de la construction publiés par l'INSEE entre la date de l'acquisition du terrain et celle de l'achèvement de la construction, incluant nécessairement le coût des normes " RT 2012 " alors en vigueur. L'administration a ensuite a rapporté cette valeur unitaire à la surface de 154 mètres carrés, pour en déduire un coût de construction de 249 919 euros, et, de là, une plus-value de 145 546 euros. M. A n'apporte pas davantage devant le tribunal que devant l'administration la justification des dépenses de construction. Il fait valoir que pour déterminer ce coût, il y a lieu de se référer à la valeur unitaire publiée aux éditions Callon sous le titre " La cote annuelle des valeurs vénales immobilières et foncières au 1er janvier 2017 ", pour le montant de 2 595 euros correspondant à la catégorie des logements de standing situés dans le département du Gard, ce dont il déduit qu'aucune plus-value n'est à constater. Toutefois, M. A n'apporte aucun élément, qu'il est seul à même de détenir, de nature à établir que la construction litigieuse appartiendrait comme il le soutient à la catégorie des logements de standing, laquelle n'est pas définie, au demeurant, par les documents qu'il produit. Dès lors, l'estimation proposée ne peut être regardée comme apportant une précision meilleure que celle retenue par l'administration à partir de l'indice INSEE du coût de la construction. M. A n'est donc pas fondé à contester la valeur retenue par le service.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en décharge de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Baccati, premier conseiller.
M. Parisien, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026