mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104028 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AUDOUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 novembre 2021 et le 7 octobre 2022, M. et Mme C B, représentés par la SELARL Schneider Associés, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Jean-du-Pin à leur verser la somme de 62 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait des agissements fautifs commis par cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-du-Pin la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la commune de Saint-Jean-du-Pin a commis plusieurs agissements fautifs dès lors que, en signant le procès-verbal de bornage dressé le 23 septembre 1997, elle les a induits en erreur, que la commune s'est abstenue de procéder à la régularisation de la cession des parcelles B 990 et B 988 postérieurement à leur acquisition des parcelles B 986, B 987 et B 989, que l'arrêté du maire de la commune portant permis de construire les a trompés, que la commune n'a pas pris un arrêté d'alignement pour que la propriété de la bande de terrain jouxtant le chemin de la Souque leur soit transférée, et que la délibération du conseil municipal en date du 11 décembre 2017 n'a pas reçu d'exécution ;
- en raison des fautes commises par la commune de Saint-Jean-du-Pin, ils ont subi un préjudice financier de 42 000 euros et un préjudice moral de 20 000 euros ;
- la prescription quadriennale opposée en défense par la commune de Saint-Jean-du-Pin est infondée dès lors que l'entièreté des préjudices subis a été figée par l'arrêt rendu le 1er août 2019 par la cour d'appel de Nîmes et que le point de départ de la prescription doit ainsi être fixée à cette date du 1er août 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, la commune de Saint-Jean-du-Pin, représentée par Me Audoin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la présente requête est irrecevable en application de la prescription quadriennale prévue par la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- les fautes que lui reprochent les requérants sont infondées, alors que ces derniers ont fait preuve d'imprudence et de mauvaise foi ;
- les préjudices allégués ne sont pas établis ;
- la réclamation préalable ne mentionnait aucun préjudice moral afin de lier le contentieux ;
- le lien de causalité entre les prétendues fautes reprochées et les préjudices allégués fait défaut.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, des conclusions indemnitaires fondées sur les agissements fautifs tirés de ce que la commune de Saint-Jean-du-Pin, en signant le procès-verbal de bornage dressé le 23 septembre 1997, a induit en erreur les requérants, de ce que la commune s'est abstenue de procéder à la régularisation de la cession des parcelles B 990 et B 988 postérieurement à l'acquisition par les requérants des parcelles B 986, B 987 et B 989, de ce que l'arrêté du maire de la commune portant permis de construire les a trompés, et de ce que la commune n'a pas pris un arrêté d'alignement pour que la propriété de la bande de terrain jouxtant le chemin de la Souque leur soit transférée, en raison de l'absence de demande préalable fondée sur ces faits générateurs.
M. et Mme C B, représentés par la SELARL Schneider Associés, ont produit le 25 mars 2024 des observations en réponse à ce moyen d'ordre public, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aymard,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Schneider représentant M. et Mme B et E représentant la commune de Saint-Jean-du-Pin.
Considérant ce qui suit :
1. Les époux B sont propriétaires, depuis le 23 janvier 1998, des parcelles cadastrées B 986, B 987 et B 989 situées sur la commune de Saint-Jean-du-Pin (Gard). Le 27 juillet 2021, les intéressés ont présenté auprès de la commune précitée une demande indemnitaire, qui a été rejetée le 29 septembre 2021. M. et Mme B demandent au tribunal de condamner la commune de Saint-Jean-du-Pin à leur verser la somme de 62 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait des agissements fautifs commis par cette commune.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires fondées sur les agissements fautifs autres que le défaut d'exécution de la délibération du 11 décembre 2017 :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. Il résulte de l'instruction que la seule faute que les requérants imputent à la commune de Saint-Jean-du-Pin dans leur demande préalable du 27 juillet 2021 porte sur l'absence d'exécution de la délibération du 11 décembre 2017 du conseil municipal de Saint-Jean-du-Pin. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires fondées sur les autres agissements fautifs mentionnés dans la requête, qui ont trait au procès-verbal de bornage dressé le 23 septembre 1997, à l'absence de régularisation de la cession des parcelles B 990 et B 988 postérieurement à l'acquisition par les requérants des parcelles B 986, B 987 et B 989 intervenue le 23 janvier 1998, au permis de construire accordé en avril 1998 et à l'absence d'édiction d'un arrêté d'alignement sont irrecevables en l'absence de demande préalable fondée sur ces faits générateurs de responsabilité, distincts de celui figurant dans la demande préalable. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires fondées sur le défaut d'exécution de la délibération du 11 décembre 2017 :
4. Aux termes de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal () ".
5. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 11 décembre 2017, le conseil municipal de la commune de Saint-Jean-du-Pin a approuvé le principe de l'acquisition des parcelles B 988 et B 990 appartenant à M. A D, a fixé le prix de vente à 672 euros pour les deux parcelles et a autorisé le maire à effectuer toutes les diligences nécessaires afin d'aboutir à l'acquisition de ces parcelles. Si les requérants soutiennent que le maire de la commune de Saint-Jean-du-Pin n'a pas exécuté cette délibération en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des courriers des 25 juillet 2018 et 14 avril 2020 adressés par le maire de Saint-Jean-du-Pin aux époux B, qu'en dépit des démarches engagées par ce dernier, M. D n'a pas donné suite à la proposition d'acquisition par la commune des parcelles en cause. Dans ces conditions, et alors que le maire ne pouvait que prendre acte du souhait de M. D de ne pas vendre les parcelles B990 et B988, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération du 11 décembre 2017 n'aurait pas été exécutée et que le maire de la commune de Saint-Jean-du-Pin aurait méconnu l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur le caractère prescrit des créances dont se prévalent les requérants, que ces derniers ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de la commune de Saint-Jean-du-Pin au titre du défaut d'exécution de la délibération du 11 décembre 2017. Par suite, les conclusions indemnitaires fondées sur ce fait générateur de responsabilité doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Saint-Jean-du-Pin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des mêmes dispositions au bénéfice de la commune de Saint-Jean-du-Pin.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Jean-du-Pin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et à la commune de Saint-Jean-du-Pin.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026