vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104297 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TERTIAN-BAGNOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2021, complétée par des mémoires enregistrés les 30 mai et 29 août 2022, M. B C, représenté par Me Preziosi, demande au tribunal :
- de condamner la commune de Camaret-sur-Aigues à réparer les préjudices subis à la suite de l'accident dont il a été victime le 20 août 2020,
- de désigner un expert avec pour mission d'évaluer les séquelles consécutives à cet accident,
- de condamner la commune de Camaret-sur-Aigues à lui verser une provision de 100 000 euros,
- de dire que les sommes accordées seront assorties des intérêts à compter de la date de la demande préalable avec capitalisation des intérêts,
- de mettre à la charge de la commune de Camaret-sur-Aigues les entiers dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le ralentisseur de vitesse en cause sur lequel il a été blessé, n'est pas conforme au décret du 27 mai 1994, les ralentisseurs ne devant pas dépasser 10 cm de hauteur.
- en l'absence de peinture de signalisation visible, le défaut d'entretien est également caractérisé ;
- le ralentisseur implanté par la commune est équipé de part et d'autre d'une barrière métallique sur laquelle il a chuté et qui lui a sectionné le bras, alors qu'il aurait dû comporter un passage-piéton qui en aurait amélioré considérablement la visibilité et n'aurait pas dû être bordé d'une barrière métallique mais d'un trottoir abaissé, ce qui aurait évité la section de son bras.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Vaucluse, représentée par sa directrice, qui expose ne pas entendre intervenir et réserver ses droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, complété le 30 juin 2022 et le 29 juin 2023, la commune de Camaret-sur-Aigues et la société Groupama-Méditerranée, représentées par Me Tertian, concluent à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la condamnation de la société Braja Vesigne à les garantir de l'intégralité des condamnations prononcées à son encontre et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 21 février 2023, la SA Braja Vesigne, représentée par Me Georges Gomez, conclut au rejet de la requête et de sa mise en cause par la commune de Camaret-sur-Aigues et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Camaret-sur-Aigues sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'appel en garantie de la commune de Camaret-sur-Aigues doit être rejeté en l'état d'une réception sans réserve,
- les demandes de M. C doivent être rejetées en l'absence de démonstration de l'anormalité de la chose et de la faute de la victime.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne et de type trapézoïdal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Parisien,
-les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gibelin pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 août 2020, aux alentours de 15 heures, alors qu'il circulait en scooter sur la route départementale (RD) 43 en provenance du sud, M. C a été victime d'un accident au moment du franchissement d'un ralentisseur situé avenue Louis Pasteur, sur le territoire de la commune de Camaret-sur-Aigues. Imputant son accident à un défaut d'entretien normal de cette voie communale qui résulterait selon lui d'irrégularités affectant l'implantation de ce ralentisseur, il demande au tribunal la réparation des préjudices résultant de cet accident.
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal, lequel inclut notamment la conception de l'ouvrage, la signalisation de ses caractéristiques et de son éventuelle dangerosité, ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne et de type trapézoïdal : " Les ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal sont conformes aux normes en vigueur. Les modalités techniques d'implantation et de signalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal doivent être conformes aux règles édictées en annexe du présent décret ". Au nombre des normes en vigueur visées à l'article 1er du décret du 27 mai 1994 figure la norme AFNOR NF P 98-300 du 16 mai 1994, fixant les caractéristiques géométriques et les conditions de réalisation de ces deux types de ralentisseurs routiers, qui définit le ralentisseur de type trapézoïdal comme étant un ouvrage de forme trapézoïdale convexe aménagé sur la chaussée dont le profil en long comporte un plateau surélevé et deux parties en pente, dénommés rampants, la hauteur du plateau étant de 10 centimètres, avec une tolérance de construction de plus ou moins 1 centimètre, sa longueur comprise entre 2,50 et 4 mètres, à 5 % près, la saillie d'attaque du rampant inférieure ou égale à 5 millimètres et la pente des rampants comprise entre 7 % et 10 %.
4. Le requérant produit un constat d'huissier du 7 décembre 2020 dont il ressort que le ralentisseur en cause serait d'une hauteur de 14 cm de hauteur à minima " du haut du ralentisseur au caniveau ", en soutenant que cette hauteur serait supérieure à celle autorisée de 11 cm pour les ralentisseurs de type trapézoïdal. Toutefois, alors que les mesures dont se prévaut le requérant sont imprécises et calculées à partir du caniveau, la commune de Camaret-sur-Aigues produit de son côté un procès-verbal de constat d'huissier établi le 10 janvier 2022, assorti d'un plan topographique réalisé par deux géomètres expert qui a été annexé au procès verbal de constat du 10 janvier 2022 et qui comporte les mesures précises du ralentisseur, dont il ressort que la hauteur du plateau est comprise entre 0,08 m et 0,09 m, en deçà donc du seuil fixé à 0,10 m, tandis que sa longueur et celle des rampants sont conformes aux prescriptions posées par la norme. Par conséquent, M. C n'est pas fondé à se plaindre d'un défaut de conception du ralentisseur sur lequel il a chuté.
5. Il résulte également de l'instruction, notamment du procès-verbal de constat d'huissier établi le 10 janvier 2022, que l'avenue Louis Pasteur empruntée par le requérant comportait deux ralentisseurs successifs, qu'entre le chemin de Vacqueyras et le ralentisseur Sud, soit sur une distance d'environ 65 m, l'huissier a constaté que quatre poteaux métalliques sont plantés en bordure Est de la chaussée dans le sens Sud - Nord, soit en direction du centre-ville de la commune de Camaret-sur-Aigues. Au sommet du premier poteau, le plus au Sud, un panneau indicateur de vitesse, fonctionnant à l'énergie solaire, a été installé. Au sommet du second poteau, trois panneaux de signalisation routière sont fixés : un panneau de limitation de vitesse à 30 km/h, un panneau de danger ralentisseur, et un panonceau d'indication avertissant l'existence de " 2 ralentisseurs successifs ". Au sommet du troisième poteau est fixé un panneau d'intersection " cédez le passage aux véhicules arrivant à votre droite ". Il est situé à environ 16 m du ralentisseur. Un panneau de distance, posé en- dessous, renseigne la distance de 150 m. A sommet du quatrième poteau, le plus au Nord, et le plus proche du ralentisseur, est fixé un panneau d'indication de conduite de forme carré et de couleur bleue, annonçant un ralentisseur. Le panneau d'indication de conduite " Ralentisseur " implanté au Sud du ralentisseur Nord est visible. L'huissier relève que de part et d'autre de l'ouvrage un panneau d'indication de conduite " Ralentisseur " de couleur bleue a été fixé au sommet d'un poteau métallique. Par conséquent, alors même que le marquage au sol de ce second ralentisseur était partiellement effacé, ledit ralentisseur, alors que l'accident s'est produit en plein jour, était parfaitement visible. La circonstance que le ralentisseur ne comportait pas de passage piéton, en méconnaissance de l'article 5 du décret de 1994, est sans lien de causalité avec la survenue de l'accident. Par suite, les défauts de marquage au sol et de passage piéton du ralentisseur ne sont pas à l'origine de l'accident du requérant.
6. Enfin, M. C fait valoir que le ralentisseur implanté par la commune est équipé de part et d'autre d'une barrière métallique sur laquelle il a chuté et qui lui aurait sectionné le bras, alors que le ralentisseur aurait dû comporter un passage-piéton qui en aurait amélioré considérablement la visibilité et n'aurait pas dû être bordé d'une barrière métallique mais d'un trottoir abaissé, ce qui aurait évité la section de son bras. Toutefois, il ressort des constatations effectuées dans le constat d'huissier du 10 janvier 2022 que les barrières contre lesquelles le requérant a été projeté se situent à plus de 28 mètres de la sortie du ralentisseur litigieux, de sorte que la présence de barrières au droit du même ralentisseur, à la supposer inadaptée, n'a eu aucune influence sur son accident et les conséquences de celui-ci.
7. Dans ces conditions, la commune de Camaret-sur-Aigues doit être regardée comme apportant la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage public. M. C, dont l'accident ne peut résulter que d'un défaut de contrôle lié à une faute de conduite, n'est par conséquent pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Camaret-sur-Aigues. Ses conclusions indemnitaires, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, ne peuvent par suite qu'être rejetées.
Sur les frais et dépens :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Camaret-sur-Aigues, à la société Groupama-Méditerranée, à la SA Braja Vesigne et à la caisse primaire d'assurance maladie du Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104297
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026