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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2200080

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2200080

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2200080
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2022, M. C B demande au tribunal de lui accorder la décharge des contributions sociales et des majorations correspondantes qui lui ont été assignées au titre de l'année 2018, ainsi que le sursis de paiement.

Il soutient que :

- la plus-value de cession de titres, qu'il a réalisée le 31 décembre 2018, satisfait à l'ensemble des conditions posées par les dispositions du 3 du d du 2 du II de l'article 238 quindecies du code général des impôts ;

- elle aurait donc dû être imposée sur le fondement de ces dispositions.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient que la situation de M. B n'entre pas dans le champ d'application des dispositions qu'il invoque.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Baccati,

- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,

- et les observations de Mme A, représentant le directeur départemental des finances publiques du Gard.

Considérant ce qui suit :

1. Le 31 décembre 2018, M. B a cédé à la société à responsabilité limitée (SARL) Cryonic la totalité des 770 parts qu'il détenait dans la société par actions simplifiée (SAS) Pragaz, réalisant ainsi une plus-value qui a été imposée selon le régime applicable aux plus-values des particuliers. M. B demande au tribunal de lui accorder la décharge des contributions sociales et des majorations correspondantes qui lui ont été assignées au titre de l'année 2018.

Sur les conclusions en décharge :

2. Aux termes de l'article 238 quindecies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les plus-values soumises au régime des articles 39 duodecies à 39 quindecies et réalisées dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole à l'occasion de la transmission d'une entreprise individuelle ou d'une branche complète d'activité autres que celles mentionnées au V sont exonérées () II. - L'exonération prévue au I est subordonnée aux conditions suivantes : 1 L'activité doit avoir été exercée pendant au moins cinq ans ; 2 La personne à l'origine de la transmission est : a) Une entreprise dont les résultats sont soumis à l'impôt sur le revenu ou un contribuable qui exerce son activité professionnelle dans le cadre d'une société dont les bénéfices sont, en application des articles 8 et 8 ter, soumis en son nom à l'impôt sur le revenu ; b) Un organisme sans but lucratif ; c) Une collectivité territoriale, un établissement public de coopération intercommunale ou l'un de leurs établissements publics ; d) Une société soumise à l'impôt sur les sociétés qui répond cumulativement aux conditions suivantes () ".

3. Il est constant que la plus-value litigieuse satisfaisait aux conditions posées par les dispositions combinées des articles 150-0 A et 150-0 D ter du code général des impôts et qu'ainsi, elle a pu être imposée à bon droit sur leur fondement. M. B se prévaut cependant des dispositions plus favorables de l'article 238 quindecies du code général des impôts, citées au point précédent, selon lesquelles l'exonération qu'elles prévoient est accordée notamment lorsque la personne à l'origine de la transmission est une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Toutefois, si l'entreprise SAS Pragaz, dont les parts ont étés cédées, était une société soumise à l'impôt sur les sociétés, la personne à l'origine de la transmission n'était pas cette société, mais M. B, jusqu'alors propriétaire à titre personnel des parts cédées. Dès lors, la situation de M. B n'entre pas dans le champ des dispositions qu'il invoque. Son moyen doit donc être écarté.

Sur le sursis de paiement :

4. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. () ".

5. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions tendant au sursis de paiement se trouvent donc privées d'objet et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

6. Il résulte tout de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Baccati, premier conseiller.

M. Parisien, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le rapporteur,

J. BACCATI

Le président,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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