jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200216 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 janvier 2022 et 30 octobre 2023, le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), représenté par son directeur général, ayant pour avocat la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 215 667, 93 euros en remboursement des sommes qu'il a versées à Mme A en réparation des conséquences dommageables ayant résulté pour elle des violences dont elle a été victime au cours d'une sortie scolaire le 13 mars 2008 ;
2°) d'assortir la somme réclamée des intérêts au taux légal à compter du 22 septembre 2021, date de réception de la réclamation préalable, et des intérêts capitalisés ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est subrogé dans les droits de Mme A, parent d'élève, victime d'une agression à laquelle il a versé la somme réclamée ; il est ainsi subrogé dans ses droits et doit obtenir le remboursement par l'Etat de ces sommes, dues au titre d'un préjudice que l'Etat était tenu de réparer en application des dispositions de l'article 11 de la loi n° 83-634 du 11 juillet 1983 ;
- le montant des indemnités qu'il réclame n'est pas excessif au regard des sommes habituellement allouées par les juridictions administratives et des circonstances de l'espèce relevées par la commission d'indemnisation des victimes d'infractions pénales.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mars et 24 novembre 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la créance dont se prévaut le FGTI à son encontre était prescrite avant l'introduction de la requête en application de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État, les départements, les communes et les établissements publics ;
- l'évaluation du préjudice par le juge administratif est indépendante de celle fixée par le juge judiciaire et les sommes réclamées ne sont pas justifiées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- la loi n° 83-634 du 11 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cambrezy,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, représentant le ministre de l'éducation nationale.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, parent d'élève, a été agressée le 14 mars 2008 au cours d'une sortie en classe verte par le directeur de l'école primaire de sa fille. Par un jugement correctionnel du 20 janvier 2009, le tribunal de grande instance de Marseille a, sur le volet pénal, reconnu l'auteur de cette agression coupable de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours et ordonné, sur la partie civile, une expertise médicale. Par une décision du 6 février 2018, la commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI), statuant au vu du rapport d'expertise remis le 9 octobre 2014, a alloué à Mme A des indemnités d'un montant total de 47 344, 90 euros et 500 euros au titre des frais de procédure à la charge du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI). Cette somme a été portée à 156 323, 03 euros au titre de la perte des gains professionnels futurs, 30 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et 1 500 euros au titre des frais de procédure par un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 20 juin 2019. Par un courrier du 20 septembre 2021, le FGTI a demandé au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse le remboursement de la somme de 215 667,93 euros versée à Mme A. Du silence gardé par l'administration est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, le FGTI demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser cette somme.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la subrogation :
2. D'une part, aux termes de l'article 706-3 du code de procédure pénale : " Toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère matériel d'une infraction peut obtenir la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes à la personne () ". Aux termes de l'article 706-4 du même code : " L'indemnité est allouée par une commission instituée dans le ressort de chaque tribunal de grande instance. Cette commission a le caractère d'une juridiction civile qui se prononce en premier ressort ". Aux termes de l'article 706-11 du code : " Le fonds est subrogé dans les droits de la victime pour obtenir des personnes responsables du dommage causé par l'infraction ou tenues à un titre quelconque d'en assurer la réparation totale ou partielle, le remboursement de l'indemnité ou de la provision versée par lui, dans la limite du montant des réparations à la charge desdites personnes () ". Il résulte de ces dispositions que le Fonds de garantie, lorsqu'il a indemnisé un dommage causé par une infraction, peut exercer un recours subrogatoire à l'encontre non seulement de l'auteur de cette infraction mais également de toute personne tenue de réparer le dommage dans la limite du montant des réparations à la charge de ces personnes.
3. D'autre part, il résulte d'un principe général du droit que, lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe à la collectivité dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet. Ce principe général du droit s'étend à toute personne à laquelle la qualité de collaborateur occasionnel du service public est reconnue.
4. L'autorité de la chose jugée appartenant aux décisions des juges répressifs devenues définitives, qui s'impose aux juridictions administratives, s'attache à la constatation matérielle des faits mentionnés dans le jugement et qui sont le support nécessaire du dispositif. En l'espèce, il résulte du jugement correctionnel du 20 janvier 2009 du Tribunal de grande instance de Marseille et du rapport d'expertise médical établi le 9 octobre 2014 qu'à la suite de l'agression survenue le 13 mars 2008, Mme A a souffert d'un ébranlement global du rachis avec entorse cervicale, de contusions ecchymotiques au niveau du sternum, de la pommette gauche et de la cuisse gauche et de manifestations anxio-phobiques avec syndrome de répétition sans état dépressif constitué évoluant sous forme anxio-névrotique.
5. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que Mme A a subi des dommages alors que, en tant que parent d'élève, elle accompagnait un séjour en classe verte auquel participait sa fille. Par suite, elle doit être regardée comme ayant exercé, au moment de l'agression dont elle a été victime, une activité de collaborateur occasionnel du service public engageant la responsabilité sans faute de la collectivité publique chargée de ce service. L'Etat, employeur du directeur d'établissement scolaire, est ainsi tenu d'assurer la juste réparation des préjudices subis par Mme A. Par suite, le FGTI, subrogé dans les droits de Mme A à hauteur des indemnités qu'il a versées à cette dernière en vertu des dispositions précitées de l'article 706-11 du code de procédure pénale, est en droit d'exercer les droits de la victime à l'encontre de l'État.
En ce qui concerne l'exception de prescription quadriennale :
6. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis./ Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par () / Tout recours formé devant une juridiction relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance./ Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ". En vertu de ces dispositions, une constitution de partie civile tendant à l'obtention de dommages et intérêts effectuée dans le cadre d'une instruction pénale déjà ouverte, interrompt le cours de la prescription quadriennale dès lors qu'elle porte sur le fait générateur, l'existence, le montant ou le paiement d'une créance sur une collectivité publique.
7. Il résulte de l'instruction, notamment de la décision prononcée par le tribunal de grande instance de Marseille le 20 janvier 2009, que Mme A s'est constituée partie civile dans l'instance engagée à l'encontre de l'auteur de faits dont elle a été victime. Cette constitution a interrompu la prescription quadriennale de la créance indemnitaire de Mme A à l'encontre de l'État jusqu'à la date de la décision de la CIVI du 6 février 2018, date à laquelle les droits à indemnisation de Mme A ont été acquis. L'appel de cette décision, interjeté par Mme A, a de nouveau interrompu le délai de prescription, qui n'a recommencé à courir qu'une fois les voies de recours contre l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 20 juin 2019 définitivement closes. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un pourvoi en cassation ait été formé contre cet arrêt. Par suite, un nouveau délai de prescription a débuté à compter du 1er janvier 2020. Dans le cours de ce nouveau délai de prescription, le FGTI a présenté au ministre de l'éducation nationale une première demande indemnitaire préalable, partiellement acceptée par une décision, non définitive, du 12 août 2020 et une seconde demande indemnitaire préalable le 22 septembre 2021, restée sans réponse. Dans ces conditions, la requête introduite à la suite de la décision implicite de rejet de la demande du 22 septembre 2021 n'est pas prescrite et il y a lieu d'écarter l'exception de prescription quadriennale opposée en défense.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
8. La nature et l'étendue des réparations incombant à une collectivité publique du chef d'un accident dont la responsabilité lui est imputée, ne dépendent pas de l'évaluation du dommage faite par l'autorité judiciaire dans un litige où elle n'a pas été partie et n'aurait pu l'être mais doivent être déterminées par le juge administratif, compte tenu des règles afférentes à la responsabilité des personnes morales de droit public et indépendamment des sommes qui ont pu être exposées par le requérant à titre d'indemnité ou d'intérêts.
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant à la perte de gains professionnels actuels :
9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire du 9 octobre 2014, que Mme A a subi, du fait de sa cessation d'activité, une perte de revenus correspondant aux périodes d'arrêt maladie du 14 mars 2008 au 31 janvier 2009 puis de la reprise de son activité professionnelle à temps partiel thérapeutique à 50 % du 1er février 2009 au 30 juin, date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de la perte de ses gains professionnels actuels en l'évaluant à la somme non contestée de 5 600 euros.
Quant aux frais divers :
10. Les frais et dépens qu'a définitivement supportés une personne en raison d'une instance judiciaire dans laquelle elle était partie, sont au nombre des préjudices dont elle peut obtenir réparation devant le juge administratif de la part de l'auteur du dommage, sauf dans le cas où ces frais et dépens sont supportés en raison d'une procédure qui n'a pas de lien de causalité directe avec le fait de cet auteur. Par suite, le FGTI a droit au remboursement de la somme de 1 200 euros au titre des frais d'assistance à expertise exposés par la victime dans le cadre de la procédure devant la CIVI et mis à la charge du fonds par cette instance.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant à l'incidence professionnelle :
11. Il résulte du rapport d'expertise médicale du 9 octobre 2014 et du rapport d'expertise psychiatrique du 26 mars 2014 établi par le sapiteur psychiatre que Mme A suit un traitement anxiolytique et hypnotique ainsi qu'une thérapie mensuelle dont il résulte une perte de chance d'évolution professionnelle et une augmentation de la pénibilité de son emploi occasionnées par son déficit fonctionnel permanent estimé au taux de 8 %. En sollicitant la somme de 12 000 euros, le FGTI n'a pas fait une évaluation excessive de ce poste de préjudice qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'État.
Quant à la perte de gains professionnels futurs :
12. Il résulte de l'instruction qu'au terme d'un mi-temps thérapeutique du 1er février au 31 décembre 2009, Mme A a exercé son activité professionnelle du 1er février 2009 au 31 décembre 2009 à 80 % dans le cadre d'un temps partiel parental. La médecine du travail l'a déclarée apte en août 2010 à un poste de conseillère en clientèle trois jours par semaine et son employeur lui a proposé un aménagement à temps partiel correspondant à 60 % d'un temps plein. Il ne résulte toutefois ni des pièces du dossier ni du rapport d'expertise du 9 octobre 2014 que postérieurement à la consolidation de son état de santé arrêtée au 30 juin 2010 les séquelles de l'accident du 14 mars 2008 aurait fait obstacle à une reprise de travail à temps plein. En outre, le FGTI n'établit pas que la perte de gains professionnels futurs consécutifs à l'incapacité permanente dont Mme A est désormais affectée ne serait pas intégralement réparée par la pension d'invalidité de 1ère catégorie perçue depuis le mois d'août 2010. Dès lors, le fonds requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de l'État à lui verser une indemnité au titre de ce chef de préjudice.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
13. Il résulte du rapport d'expertise médicale du 9 octobre 2014 et du rapport d'expertise psychiatrique du 26 mars 2014 établi par le sapiteur psychiatre que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 25 % du 14 mars 2008 au 31 janvier 2009 et à 10 % du 1er février 2009 au 30 juin 2010, date de consolidation de son état. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 300 euros.
Quant aux souffrances endurées :
14. L'expert a évalué à 3 sur 7 les souffrances endurées. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation en fixant leur indemnisation à la somme de 4 000 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
15. En premier lieu, Mme A reste atteinte, après consolidation, de manifestations anxio-phobiques avec syndrome de répétition sans état dépressif constitué évoluant sous forme anxio-névrotique. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, qu'il subsiste un déficit fonctionnel permanent fixé à 8 %, qu'il y a lieu de retenir. Compte tenu de son âge, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent en allouant une somme de
12 000 euros.
16. En second lieu, il résulte de l'instruction que la décision de la CIVI, mentionnée au point 1, a mis à la charge du FGTI la somme de 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile correspondant aux frais exposés par Mme A pour obtenir réparation des préjudices subis du fait de l'infraction dont elle a été victime. Une somme de 1 500 euros lui a été allouée sur le même fondement par la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Conformément aux principes rappelés au point 10, et contrairement à ce que soutient le ministre, ces frais et dépens doivent par suite être compris dans le montant de la somme dont le FGTI est fondé à demander le remboursement à l'État. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
17. Il résulte de tout ce qui précède, que le FGTI, subrogé dans les droits de Mme A, est fondé à demander la condamnation de l'État à lui verser la somme de 39 100 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
18. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". L'article 1343-2 du même code dispose que : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
19. Le FGTI demande que les indemnités allouées soient assorties des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 22 septembre 2021, date non contestée en défense de réception de la demande préalable. Le Fonds requérant demande également la capitalisation des intérêts. Il y a lieu de faire droit à cette demande à la date de chaque échéance annuelle à compter 30 octobre 2023, date à laquelle cette demande a été présentée, s'agissant d'intérêts échus depuis au moins un an.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions précitées et de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par le fonds de garantie et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :L'État est condamné à verser au fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions la somme de 39 100 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter 22 septembre 2021, en remboursement des indemnités servies à Mme A. Les intérêts échus le 22 septembre 2021 seront capitalisés à compter du 30 octobre 2023 puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 :L'État versera au fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions et à la ministre de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
M. Cambrezy, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
G. CAMBREZY
La présidente,
C. CHAMOTLa greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026