lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200315 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES NEVEU ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2022, la société SAUR, représentée par la SELARL Cabanes Avocats, demande au tribunal d'homologuer le protocole transactionnel signé les 28 juillet et 24 septembre 2021 avec la communauté d'agglomération Nîmes métropole.
Elle soutient que les parties ont abouti à un accord transactionnel, dont l'objet est licite, dès lors qu'il fixe les conditions d'évaluation d'une concession de service public en tenant compte des contraintes particulières subies par le titulaire dans le cadre de l'exécution de sa mission ; cet accord, qui ne constitue pas une libéralité, ne méconnait aucune règle d'ordre public et a pour contrepartie le désistement dans les instances n°1900354, 2001199, 2001200, 2001201, 2001202, 2001203, 2001204, 2001205, 2001207, 2001208, 2001209, 2001210, 2001211, 2001212, 2001213 et 2001214, doit être homologué par le tribunal.
La requête a été communiquée à la communauté d'agglomération Nîmes métropole et à la préfète du Gard.
Vu :
- l'ordonnance du 9 février 2021, par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. A en tant que médiateur ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Michaud, représentant la société SAUR.
Considérant ce qui suit :
1. Par trois contrats, déposés respectivement en préfecture du Gard les 20 décembre 2007, 28 mars 2013 et 28 décembre 2010, la communauté d'agglomération Nîmes métropole a concédé à la société SAUR l'exploitation du service d'eau potable sur le territoire de la commune de Marguerittes et des communes des secteurs Sud et Est de Nîmes. Par un courrier du 4 septembre 2018, la communauté d'agglomération Nîmes métropole a notifié à la société SAUR 3 titres de recettes au titre de pénalités pour non-respect de ses obligations contractuelles en matière d'indice linéaire de perte (ILP) et de rendement sur le contrat du secteur Sud de Nîmes pour l'exercice 2017. Par une requête enregistrée au tribunal administratif de Nîmes sous le n°1900354 le 28 janvier 2019, la société SAUR a demandé l'annulation des pénalités P7.1 et P7.2 appliquées au titre de l'exercice 2017 en ce qui concernent la commune de Saint-Gilles et du titre de recette n°1275 émis le 30 août 2018. Par des courriers du 9 décembre 2019, la communauté d'agglomération Nîmes métropole a fait part à la société SAUR de son intention de lui appliquer des pénalités en raison du non-respect de ses obligations contractuelles en matière d'ILP et de rendement pour l'exercice 2018. Par des courriers du 13 janvier 2020, la société SAUR a contesté les modalités de calcul de ces pénalités. Toutefois, la communauté d'agglomération Nîmes métropole a notifié à la société SAUR plusieurs titres de recettes émis le 25 février 2020 faisant application de ces pénalités pour les communes de Bezouce, Marguerittes, Poulx, Saint-Gervasy, Caissargues, Manduel, Redessan, Générac, Rodihan, Saint-Gilles, Bouillargues et Garons. Par des requêtes enregistrées au tribunal administratif de Nîmes sous les n°2001199, 2001200, 2001201, 2001202, 2001203, 2001204, 2001205, 2001207, 2001208, 2001209, 2001210, 2001211, 2001212, 2001213 et 2001214, la société SAUR a demandé l'annulation de ces pénalités et des titres de recettes correspondants. Par des courriers du 3 novembre 2020, la communauté d'agglomération Nîmes métropole a fait part à la société SAUR de son intention de lui appliquer des pénalités en raison du non-respect de ses obligations contractuelles en matière d'ILP et de rendement pour l'exercice 2019. Par une ordonnance du 9 février 2021, le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. A en qualité de médiateur dans les 16 litiges pendants entre la communauté d'agglomération Nîmes métropole et la société SAUR. Les 28 juillet et 24 septembre 2021, les deux parties ont conclu un protocole transactionnel afin de mettre fin à ces litiges. Par la présente requête, la société SAUR demande au tribunal d'homologuer la transaction conclue les 28 juillet et 24 septembre 2021.
2. Aux termes de l'article 2044 du code civil : " La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître. Ce contrat doit être rédigé par écrit ". Aux termes de l'article 2052 du même code : " La transaction fait obstacle à l'introduction ou à la poursuite entre les parties d'une action en justice ayant le même objet ".
3. Aux termes de l'article L. 423-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Ainsi que le prévoit l'article 2044 du code civil et sous réserve qu'elle porte sur un objet licite et contienne des concessions réciproques et équilibrées, il peut être recouru à une transaction pour terminer une contestation née ou prévenir une contestation à naître avec l'administration. La transaction est formalisée par un contrat écrit ". Selon l'article L. 213-3 du code de justice administrative, " l'accord auquel parviennent les parties ne peut porter atteinte à des droits dont elles n'ont pas la libre disposition ".
4. Il appartient au juge administratif, qui se prononce en tant que juge de l'homologation, de vérifier que les parties consentent effectivement à la transaction, que l'objet de celle-ci est licite, qu'elle ne constitue pas de la part de la collectivité publique une libéralité et ne méconnaît pas d'autres règles d'ordre public.
5. Il résulte de l'instruction que le protocole transactionnel a été régulièrement signé les 28 juillet et 24 septembre 2021 entre la société SAUR et la communauté d'agglomération Nîmes métropole, qui y consentent effectivement. Cette transaction, dont la signature a été autorisée par l'organe délibérant de la personne publique, porte engagement de cette dernière à réduire de 50% des pénalités appliquées au titre des prestations exécutées par la société SAUR sur le territoire de la commune de Saint-Gilles pour les exercices 2017, 2018 et 2019, à retirer trois titres de recettes n°1275, 35 et 36 et à émettre un nouveau titre de recette faisant application de la réduction de 50% du montant des pénalités appliquées spécifiquement pour la commune de Saint-Gilles. En contrepartie, la requérante s'engage à se désister des instances précitées. Eu égard à l'ensemble des pièces du dossier, ce protocole transactionnel auquel les parties ont librement consenti et dont l'objet est licite, n'apparaît ni constitutif d'une libéralité de la part de la communauté d'agglomération Nîmes métropole, ni contraire à une règle d'ordre public. Par suite, il y a lieu de l'homologuer.
D E C I D E :
Article 1er : Le protocole d'accord transactionnel conclu les 28 juillet et 24 septembre 2021 entre la société SAUR et la communauté d'agglomération Nîmes métropole est homologué.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SAUR, à la communauté d'agglomération Nîmes métropole et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
C. CANTIE
La greffière,
F. GARNIER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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