vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200711 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BENHADJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés le 11 mars 2022, le 11 mai 2022, le 28 juillet 2022 et le 17 février 2023, Mme A C, représentée par Me Benhadj, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021 et un indu d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) d'un montant de 370,31 euros au titre de la même période ;
2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge et à celle de M. E B un indu de revenu de solidarité active (INK 002), d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) et de prime de Noël (ING 001) d'un montant total de 8 010,60 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021 ;
3°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros, au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021 et d'un indu d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) d'un montant de 370,31 euros au titre de la même période ;
4°) d'annuler la décision du 17 février 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse lui a infligé, sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative d'un montant de 1 072 euros ;
5°) de mettre à la charge du département de Vaucluse une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions du 20 et 25 octobre 2021 méconnaissent les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas établi que l'agent assermenté ayant diligenté le contrôle de sa situation disposait d'un agrément et avait fait l'objet d'une assermentation ;
- elle est séparée de M. B depuis 2016 ;
- elle n'a pas repris de vie commune avec M. B et demeure seulement hébergée temporairement et à titre gratuit chez lui dans l'attente d'une solution pour un logement ; dès lors aucun caractère de stabilité et de continuité ne peut être reconnu à la relation qu'elle entretient avec M. B ;
- elle ne bénéficie pas des revenus de M. B ;
- les charges du logement ne sont pas mises en commun et restent à la charge intégrale de M. B ;
- elle n'a jamais dissimulé son adresse à la caisse d'allocations familiales dès lors qu'elle leur a déclaré spontanément son changement d'adresse ;
- la somme de 5 000 euros correspond aux arriérés de pension alimentaire qui lui était due par M. B ;
- elle a été honnête avec la caisse d'allocations familiales en déclarant tout changement dans sa situation ; dès lors, l'amende administrative mis à sa charge est infondée.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 26 avril 2022, le 19 janvier 2023 et le 15 mars 2023, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2023, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse conclut au rejet de la requête de Mme C.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis le 1er juin 2016. Par une décision du 20 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 1er septembre 2021 et un indu d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) d'un montant de 370,31 euros au titre de la même période. Par une décision du 25 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge et à celle de M. E B un indu de revenu de solidarité active (INK 002), d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) et de prime de Noël (ING 001) d'un montant total de 8 010,60 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021. Par un courrier du 1er novembre 2021, Mme C a formé un recours administratif pour contester le bien-fondé de ces dettes. Par une décision du 11 janvier 2022, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a rejeté son recours. Par un courrier du 7 janvier 2022, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a informé la requérante qu'une amende administrative d'un montant de 1 072 euros pourrait lui être infligée. Par une décision du 17 février 2022, cette amende a été infligée et notifiée à Mme C. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal, en premier lieu, d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 1er septembre 2021, en deuxième lieu, d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge et à celle de M. E B un indu de revenu de solidarité active (INK 002), d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) et de prime de Noël (ING 001) d'un montant total de 8 010,60 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021, en troisième lieu, d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros, au titre de la période du 1er septembre 2020 au 1er septembre 2021 et d'un indu d'allocation de rentrée scolaire (IN1 007) d'un montant de 370,31 euros au titre de la même période et, enfin, d'annuler la décision du 17 février 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 072 euros.
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 1er novembre 2021, Mme C a formé le recours préalable obligatoire prévu par ces dispositions. La décision du 11 janvier 2022 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse prise à la suite de ce recours s'est substituée à la décision initiale du 20 octobre 2021 et à la décision du 25 octobre 2021 en tant qu'elles ont mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active. Ainsi, les conclusions présentées par Mme C en contestation des décisions du 20 octobre 2021 et du 25 octobre 2021 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 1er septembre 2021, doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a rejeté son recours formé le 1er novembre 2021, celle-ci s'y étant substituée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 11 janvier 2022 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ".
5. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 262-3 du même code : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, () ". Aux termes du troisième aliéna de l'article L. 262-9 du même code : " () Est considérée comme isolée, une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment en met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil et de solidarité ses ressources et ses charges. ". Selon l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. (). ". Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ". Aux termes de l'article 515-4 du même code : " Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s'engagent à une vie commune, ainsi qu'à une aide matérielle et une assistance réciproques. Si les partenaires n'en disposent autrement, l'aide matérielle est proportionnelle à leurs facultés respectives. ".
7. D'une part, il résulte de l'ensemble de ces dispositions que pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges. Pour permettre à l'organisme chargé du versement revenu de solidarité active et déterminer ses droits, l'allocataire doit déclarer les informations relatives à sa situation familiale et, s'agissant des membres du foyer, l'ensemble des ressources qu'ils perçoivent.
8. D'autre part, il résulte des dispositions des articles L. 262-2 et L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles que le revenu de solidarité active a pour objet de porter les ressources de l'ensemble du foyer à un montant forfaitaire. Par suite, alors même qu'un seul des membres du foyer a été désigné comme allocataire, les sommes qui ont été indument perçues au titre de l'allocation peuvent en principe être récupérées, en tout ou partie, tant auprès de l'allocataire que de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, lorsque cette personne a été prise en compte pour le calcul de l'allocation. En effet, en cas de mariage ou de pacte civil de solidarité, chacun des époux ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité peut être, le cas échéant, appelé à répondre solidairement d'une telle dette sur le fondement, respectivement, des articles 220 et 515-4 du code civil.
9. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point 6 que pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges. Pour permettre à l'organisme chargé du versement du revenu de solidarité active et déterminer ses droits, l'allocataire doit déclarer les informations relatives à sa situation familiale et, s'agissant des membres du foyer, l'ensemble des ressources qu'ils perçoivent.
10. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C, qui a déclaré être en situation d'isolement depuis le 22 avril 2016 dans sa demande de revenu de solidarité active, trouve son origine dans l'absence de déclaration par la requérante de sa vie maritale et par suite, de l'intégralité des ressources du foyer devant être prises en compte pour déterminer ses droits au revenu de solidarité active. Pour mettre à la charge de Mme C les indus de revenu de solidarité active litigieux, l'administration s'est fondée sur les éléments figurant au rapport d'enquête établi le 6 octobre 2021 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, faisant apparaître que Mme C et M. B, séparés depuis le 22 avril 2016, partagent le même logement depuis le 1er août 2020, que les factures sont toutes au nom de M. B, que Mme C prend à sa charge uniquement les frais de bouche, qu'ils ont des intérêts financiers communs, comme l'atteste le virement de 5 000 euros en juillet 2021 dont Mme C a bénéficié de la part de M. B et qu'ils ont un enfant ensemble. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C et M. B mettent en commun leurs ressources et leurs charges. Il ressort également du rapport d'enquête que les intéressés ont déjà fait l'objet d'un premier contrôle de situation en octobre 2019 lequel n'avait alors pas constaté de vie maritale entre eux. En outre, il ressort des pièces produites en défense, notamment de la reconnaissance de dette établit le 25 octobre 2021 par M. B, que le virement de 5 000 euros correspond aux arriérés de pension alimentaire dus par M. B à Mme C. Ainsi, la circonstance que Mme C ait pu avancer des éléments contradictoires quant à la justification de l'utilisation de cet argent, n'est pas de nature à établir une vie maritale entre M. B et Mme C et à remettre en cause le caractère certain de la dette reconnue par M. B. Dans ces circonstances, les éléments du rapport d'enquête sont insuffisants et ne permettent pas de considérer que Mme C, qui a d'ailleurs spontanément déclaré son déménagement le 1er août 2020 aux services de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse et a déposé une demande de logement social le 17 septembre 2019 afin de trouver une autre solution que l'hébergement par son ex-conjoint pour se loger, et M. B sont en situation de concubinage notoire. Il suit de là que la poursuite d'une vie de couple stable et continue entre Mme C et M. B sur la période à prendre en considération pour apprécier le droit de cette dernière au revenu de solidarité active ne peut être regardée comme établie.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros, au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 octobre 2022 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
12. Aux termes de l'article 3 du décret du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. () ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " I. - Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. () ".
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que Mme C ne doit pas être regardée comme ayant vécu maritalement avec M. B au cours de la période litigieuse. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 25 octobre 2022 en tant que la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de la période du 1er au 30 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 février 2022 de la présidente du conseil départemental de Vaucluse :
14. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième et huitième alinéas du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. () ". Aux termes du septième alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction alors applicable : " Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Tout fait ayant donné lieu à une sanction devenue définitive en application du présent article peut constituer le premier terme de récidive d'un nouveau manquement sanctionné par le présent article. Cette limite est doublée en cas de récidive dans un délai fixé par voie réglementaire. Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé en lui indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir ".
15. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.
16. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 10, que Mme C a spontanément déclaré son changement d'adresse à compter du 1er août 2020 aux services de la caisse d'allocations familiales et qu'elle ne peut être regardée comme ayant vécu maritalement avec M. B au cours de la période litigieuse. En conséquence, en l'absence de fausse déclaration ou d'omission déclarative délibérée de la part de Mme C, la présidente du conseil départemental de Vaucluse ne pouvait prononcer une amende administrative à l'encontre de Mme C. Par suite, la décision du 17 février 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a infligé à Mme C, sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative d'un montant de 1 072 euros doit être annulée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de Vaucluse une somme de 1 200 euros à verser à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a confirmé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active (INK 002) d'un montant de 7 144,62 euros, au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 septembre 2021 est annulée.
Article 2 : La décision du 25 octobre 2022 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse est annulée en tant qu'elle met à la charge de Mme C un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de la période du 1er au 30 décembre 2020.
Article 3 : La décision du 17 février 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a infligé à Mme C une amende administrative d'un montant de 1 072 euros est annulée.
Article 4 : Le département de Vaucluse versera à Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au département de Vaucluse et à la caisse d'allocations familiales de Vaucluse..
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le président,
C. D
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026