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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2200974

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2200974

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2200974
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP ALLE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 février 2018, complétée par des mémoires enregistrés le 2 mai 2019 et le 12 juin 2023, la SCI Fortunio II, représentée par la SCP PVB avocats puis par la SCP Alle et Associés, a demandé au tribunal administratif de Nîmes de prononcer la décharge de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 dans les rôles de la commune de Nîmes, à raison d'un immeuble à usage commercial dont elle est propriétaire au 866 avenue du Maréchal Juin

Par un jugement n° 1800479 du 20 décembre 2019, le tribunal administratif de Nîmes a fixé, pour la détermination de la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de l'année 2016, la valeur locative unitaire du local à usage d'entrepôt dont la société Fortunio II est propriétaire au 866 avenue du Maréchal Juin à 2,65 euros par mètre carré, a déchargé la SCI Fortunio II de la taxe foncière à laquelle elle avait été assujettie au titre de l'année 2016 à raison de ce local, à hauteur de la différence entre la cotisation calculée sur la base d'une valeur locative unitaire de 2,65 euros par mètre carré et la cotisation initiale et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande en décharge.

Par un arrêt n° 438905 du 28 mars 2022, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par la SCI Fortunio II, a annulé l'article 4 du jugement du tribunal administratif de Nîmes du 20 décembre 2019 et lui a renvoyé, dans cette mesure, cette affaire.

Par une requête enregistrée le 13 février 2018, complétée par des mémoires enregistrés le 2 mai 2019 et le 12 juin 2023, la SCI Fortunio II, représentée par la SCP PVB avocats puis par la SCP Alle et Associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 dans les rôles de la commune de Nîmes, à raison d'un immeuble à usage commercial dont elle est propriétaire au 866 avenue du Maréchal Juin ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais exposés et non compris dans les dépens dont le montant s'élève à 2 500 euros.

Elle soutient que :

- la fiche de calcul de la valeur locative, qui doit être conforme à la doctrine, ne comporte pas le calcul aboutissant à la surface pondérée, ne précise pas la méthode de calcul découlant de l'application de l'article 1498 du code général des impôts, ni ne mentionne de prix au m2 conformément aux prescriptions de l'article 324 AA de l'annexe III au code général des impôts ;

- le local type C 143 a disparu ; le local type C 188 substitué par le service n'est pas davantage pertinent ;

- l'administration n'a pas respecté les zones de commercialité définies par procès- verbal de la commission communale de révision ; un bâtiment de la zone 1 correspondant au périmètre du centre-ville n'est pas pertinent pour un bâtiment en zone 3 périphérie.

- les éléments de comparaison ne sont pas pertinents au regard de la nature et de la localisation des immeubles de référence.

- il convient de relever l'existence d'un lot unique,

- le dégrèvement prononcé est frappé d'incohérence, de faiblesse, et d'absence de justification ; la méthode par comparaison est inapplicable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2018, complété par un mémoire enregistré le 22 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet des conclusions de la requête.

Il soutient que la requête est non fondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Philippe Parisien ;

- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Alle pour la SCI Fortunio II et de M. B, représentant la direction départementale des finances publiques du Gard.

Considérant ce qui suit :

Sur l'étendue du litige :

1. Par une décision du 27 décembre 2019, postérieure à la requête de la SCI Fortunio II, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement en droits et pénalités des cotisations mises à sa charge à hauteur d'une somme totale de 548 euros. Par suite, les conclusions en décharge sont devenues sans objet à hauteur des sommes correspondantes. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions tendant à la décharge :

2. Par une requête enregistrée le 13 février 2018 sous le n° 1800679, la SCI Fortunio II a demandé au tribunal administratif de Nîmes de prononcer la décharge de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 dans les rôles de la commune de Nîmes, à raison d'un immeuble à usage commercial dont elle est propriétaire au 866 avenue du Maréchal Juin. Par un jugement du 20 décembre 2019, le tribunal administratif de Nîmes a fixé, pour la détermination de la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de l'année 2016, la valeur locative unitaire du local à usage d'entrepôt dont la société Fortunio II est propriétaire au 866 avenue du Maréchal Juin à 2,65 euros par mètre carré, a déchargé la SCI Fortunio II de la taxe foncière à laquelle elle avait été assujettie au titre de l'année 2016 à raison de ce local, à hauteur de la différence entre la cotisation calculée sur la base d'une valeur locative unitaire de 2,65 euros par mètre carré et la cotisation initiale et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande en décharge. Par un arrêt n° 438905 du 28 mars 2022, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par la SCI Fortunio II, a jugé que le tribunal administratif de Nîmes avait omis de répondre au moyen contestant l'évaluation de la valeur locative de l'ensemble immobilier selon trois lots distincts eu égard aux caractéristiques physiques de cet immeuble et à son utilisation pour une unique activité de négoce de pneumatiques. Il a annulé l'article 4 du jugement du tribunal administratif de Nîmes du 20 décembre 2019 et a renvoyé, dans cette seule mesure, l'affaire au tribunal de céans. Par conséquent, les moyens complémentaires développés par la requérante et qui ne se rapportent pas à la division en trois lots de l'immeuble en litige sont inopérants et doivent être écartés.

3. Conformément aux dispositions de l'article 1415 du code général des impôts, la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ".

4. La valeur locative des trois locaux exploités par la SCI Fortunio II dans l'immeuble en litige a été déterminée par comparaison, pour l'entrepôt, avec le local-type n° C 143, pour le dépôt de matériel paysagiste, avec le local-type n° C 138 et pour l'atelier de mécanique auto, avec le local-type n° C 123, figurant au procès-verbal n° 6670 C de la commune de Nîmes.

5. La SCI Fortunio II conteste l'évaluation de la valeur locative de l'ensemble immobilier en cause en trois lots distincts eu égard aux caractéristiques physiques de cet immeuble et à son utilisation pour une unique activité de négoce de pneumatiques. Elle soutient que le bâtiment n'est pas découpé en trois parties, qu'il s'agit d'un seul et unique lot de copropriété, à usage d'entrepôt, utilisé à ce jour par un seul locataire pour ses activités de négoces de pneumatiques. Elle relève enfin que " dépôt de paysagiste " et " l'atelier de mécanique auto ", locataires à une époque lointaine dans ce hangar n'ont jamais constitué des parties distinctes, alors qu'elles étaient séparées par de simples cloisonnements. La société requérante en conclut que la division en trois catégories serait totalement artificielle. Toutefois, le service réplique sans être contredit qu'à la date du 1er janvier 2016, selon les informations communiquées par la SCI Fortunio II à l'administration, les trois lots composant le bien soumis à l'impôt étaient affectés, respectivement, à un usage d'entrepôt, à un dépôt de matériel pour une activité de paysagiste et à un atelier de mécanique auto. L'administration fiscale précise que la SCI Fortunio II a souscrit en 2013, pour le bâtiment en litige, trois déclarations n° 6660-RV K pièces jointes n° 3, 4 et 5), correspondant à trois locaux distincts, à savoir un local identifié sous le numéro d'invariant 030 189 034519 U, qui a fait l'objet d'une déclaration manuscrite le 8 avril 2013 et deux locaux identifiés sous les numéros d'invariant 030 189 0345196 P et 030 189 0345197 K, qui ont chacun fait l'objet d'une télédéclaration, transmise le 8 juillet 2013. Il résulte de l'instruction que postérieurement à ces déclarations souscrites en 2013, l'intéressée n'a déclaré aucun changement de consistance ou d'affectation de ces locaux. Le rapport d'architecte du 7 mars 2014 et le constat d'huissier établi le 9 novembre 2017, produits par la requérante, n'apportent aucun élément susceptible d'établir l'unicité des caractéristiques et de l'affectation des locaux en litige au 1er janvier 2016, dont l'évaluation procède de l'exploitation des propres déclarations de la SCI Fortunio II. Par conséquent, dès lors que l'unité physique du bâtiment s'accompagne d'une différenciation fonctionnelle et d'usage des locaux le composant, matérialisée par des invariants distincts dont la déclaration n'a fait l'objet d'aucune modification par la requérante, c'est à bon droit que la valeur locative des trois locaux exploités par la SCI Fortunio II dans l'immeuble en litige a été déterminée par comparaison avec trois locaux-type différents. Par conséquent, le surplus des conclusions de la requête de la SCI Fortunio II doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A, à concurrence du dégrèvement de la somme de 548 euros

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Fortunio II est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Fortunio II et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Bourjade, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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N°2200974

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