jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201190 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 avril et 4 août 2022 et les 4 et 25 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Bonnet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle le maire de Mormoiron l'a mise en demeure de réaliser, dans un délai de quatre-vingt-dix jours, des travaux de réparation du mur de soutènement longeant sa propriété au droit de la route départementale 14 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mormoiron la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la totalité des frais d'expertise.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la mise en demeure en litige constitue une décision faisant grief ;
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée en droit ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- le maire, qui s'est à tort placé sur le terrain juridique de la législation relative aux immeubles menaçant ruine, n'a pas respecté les garanties applicables en cas d'urgence, prévues par les articles L. 511-19 et suivants du code de la construction et de l'habitation ;
- la décision est inexistante juridiquement et ne se rattache à aucune procédure légale ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure ;
- en tout état de cause, cette décision est illégale dès lors que les frais de réparation mis à sa charge incombent au propriétaire de la voie publique bordant sa propriété ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 10 septembre 2022, le 4 mars 2024 et le 5 avril 2024, la commune de Mormoiron, représentée par Me Hequet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'acte en litige ne constitue pas une décision faisant grief ;
- en tout état de cause, le mur de soutènement en litige étant situé sur la propriété de Mme A, il appartient à cette dernière d'en assumer l'entretien et le maire était fondé, compte tenu du risque pour la sécurité des usagers de la voie publique, à faire usage des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,
- les observations de Me Bonnet, représentant Mme A, et celles de Me Hequet, représentant la commune de Mormoiron.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'un terrain situé sur le territoire de la commune de Mormoiron et composé des parcelles cadastrées section AP nos 22 et 27. Par un courrier du " 11 janvier 2021 ", daté en réalité du 11 janvier 2022, le maire de Mormoiron a mis en demeure l'intéressée d'effectuer, dans un délai de quatre-vingt-dix jours, les travaux de réparation du mur de soutènement situé sur la parcelle cadastrée section AP n° 22 et bordé par la route départementale 14, avant de l'informer que les mesures de sécurité mises en place seraient maintenues le temps des travaux. Mme A demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cet acte du 11 janvier 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Mormoiron :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par le courrier litigieux, le maire de Mormoiron a demandé à Mme A de procéder, dans un délai déterminé, à la réalisation de travaux de réparation du mur de soutènement situé sur sa propriété. Eu égard aux termes comminatoires dans lesquels elle est rédigée, cette lettre, qui est d'ailleurs intitulée " mise en demeure " et dont il n'apparaît pas qu'elle constituerait une étape préalable à l'intervention d'une autre décision administrative, produit des effets juridiques qui lui sont propres. Par suite, contrairement à ce que fait valoir la commune défenderesse, ce courrier doit être regardé, en tant qu'il porte mise en demeure, comme contenant une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Sur la légalité de la décision litigieuse :
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 3° () imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision litigieuse, qui porte mise en demeure de réaliser des travaux de réparation d'un mur bordé par une voie publique, est au nombre des décisions imposant des sujétions au sens du 3° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être motivée en application des dispositions citées au point précédent. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse ne se réfère, même en substance, à aucun texte ni à aucun principe. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la décision litigieuse est insuffisamment motivée en droit.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués par Mme A, que la décision litigieuse doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mormoiron, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la commune de Mormoiron soit mise à la charge de Mme A, laquelle n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par ailleurs, en l'absence de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Mormoiron du 11 janvier 2022 est annulée.
Article 2 : La commune de Mormoiron versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Mormoiron.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026