LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2201273

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2201273

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2201273
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL LEXEM CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 26 avril 2022, 30 janvier et 15 février 2023, M. F, représenté par Me Billet, demande au tribunal :

- la décharge des impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des prélèvements sociaux et des pénalités y afférents,

- la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'est ni bénéficiaire des sommes distribuées, ni associé ou gérant de la société ETA, n'ayant signé aucun document relatif à cette société ; par conséquent, aucun revenu distribué par la société ETA ne peut lui être attribué ; l'administration doit, conformément à la doctrine administrative, démontrer qu'il a été le bénéficiaire des sommes en cause, alors que le "réel" bénéficiaire s'est "dénoncé".

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, complété le 9 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est non fondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Lellig,

-les conclusions de Mme Lellig, rapporteure public ;

- et les observations de Me Billet pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Suite à la vérification de comptabilité de la SCI ETA, dont M. F était le gérant statutaire en 2017, la société a désigné l'intéressé comme bénéficiaire des revenus réputés distribués correspondant au bénéfice constaté dans la société. Dès lors, des conséquences fiscales ont été tirées par le vérificateur sur le revenu global de M. F, au titre de l'année 2017. M. F a contesté l'intégralité des impositions supplémentaires mises à sa charge par une réclamation du 25 août 2021. Une décision de rejet ayant été rendue par le service le 22 mars 2022, M. F demande au tribunal la décharge en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales correspondantes.

Sur la charge de la preuve :

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".

3. Il résulte de l'instruction que la société ETA a désigné M. F comme bénéficiaire des revenus réputés distribués correspondant au bénéfice constaté dans la société. L'administration fiscale en a tiré les conséquences en notifiant à M. F une proposition de rectification n° 2120 le 13 janvier 2020. M. B n'a pas refusé les rectifications qui lui ont été notifiées dans le délai de trente jours qui lui était imparti par l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales. Il doit par conséquent être regardé comme les ayant tacitement acceptées, alors même qu'il les conteste dans le cadre de la présente procédure. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, l'acceptation tacite des redressements qui lui ont été notifiés fait peser sur lui, en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'absence de revenus distribués par société ETA et de leur non-appréhension par M. F.

Sur l'appréhension des sommes réputées distribuées :

4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres, doit être regardé comme le seul maître de l'affaire. La qualité de seul maître de l'affaire suffit à faire regarder le contribuable comme bénéficiaire des revenus réputés distribués, en l'application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, par la société en cause, la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes étant sans incidence à cet égard.

5. Il résulte de l'instruction qu'aux termes de deux actes de cession de parts sociales datés du 13 janvier 2017 à Alès, tous deux enregistrés à la recette des impôts d'Alès le 19 janvier 2017, M. F a acquis de M. C, 153 parts et de M. et Mme D, 74 parts sociales de la société civile immobilière ETA. Aux termes d'une assemblée générale en date du 13 janvier 2017, tenue au siège, en présence de M. F, ce dernier a fait l'objet d'une nomination en qualité de gérant de ladite société. L'ensemble de ces actes a été déposé au greffe du tribunal de commerce de Nîmes. A l'issue de ces actes, M. F détenait 231 parts sur les 459 parts du capital de la société, tandis que M. E B détenait 228 parts. Aux termes d'un acte de cession de parts sociales en date à Nîmes du 12 avril 2018, enregistré à la recette des impôts de Nîmes le 4 mai 2018, M. F a cédé à son demi-frère M. E B la totalité des 227 parts acquises le 13 janvier 2017.

6. Par un courrier du 23 décembre 2019, la SCI ETA, par l'intermédiaire de M. A, son représentant légal à cette date, a désigné M. F comme bénéficiaire des revenus considérés comme distribués au titre de l'année 2017 pour le montant de 188 962 euros. M. F soutient de son côté qu'il n'est ni bénéficiaire des sommes distribuées, ni associé ou gérant de la société ETA, faisant valoir qu'il n'aurait signé aucun document relatif à cette société. Il produit à l'appui de ses allégations les signatures apposées sur les documents d'acquisition et de cession des parts de la société, qu'il confronte à la signature figurant sur sa carte d'identité, laquelle est différente des signatures litigieuses. Le requérant produit également un courrier du 7 novembre 2020 de son demi-frère, M. E B, confirmé par une attestation du 11 avril 2022, lequel reconnaît expressément auprès de l'administration avoir été bénéficiaire de l'ensemble des sommes attribuées par l'administration à son demi-frère M. F au titre des redressements relatifs à la société ETA. Enfin, il résulte des précisions mentionnées sur un arrêt de la Cour d'appel de Nîmes du 23 juillet 2020, dans une affaire opposant MM. B aux cédants des parts acquises le 13 janvier 2017, que la Cour a donné acte au requérant de ce que M. F avait dénié sa signature sur les pouvoirs donnés à son frère et annexés aux actes d'acquisition de la société ETA le 13 janvier 2017. Dans ces conditions, il n'est pas établi par les pièces du dossier que M. F serait associé de la SCI ETA.

7. En tout état de cause, à supposer même qu'il ait participé au capital social de la société ETA, la seule circonstance que M. F détiendrait en 2017, 50,3% des parts, ce dont d'ailleurs le service ne se prévaut pas, ne permettrait pas de le regarder comme maître de l'affaire, alors qu'au surplus il n'a pas contresigné le courrier du 23 décembre 2019 par laquelle la SCI ETA, interrogée en vertu de l'article 117 du code général des impôts, l'a désigné comme bénéficiaire des revenus considérés comme distribués au titre de l'année 2017. Ainsi, le requérant démontre ne pas avoir appréhendé les revenus distribués par la société ETA. Par suite, c'est à tort que le service a procédé aux rehaussements des revenus de capitaux mobiliers de l'intéressé.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. F est fondé à obtenir la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti ainsi que des prélèvements sociaux et des pénalités y afférentes résultant des revenus distribués en 2017 par la SCI ETA, à la suite du contrôle dont cette dernière a fait l'objet.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. F, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. F est déchargé des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti ainsi que des prélèvements sociaux et des pénalités y afférentes résultant des revenus distribués en 2017 par la SCI ETA.

Article 2 : L'Etat versera à M. F une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Baccati, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2201273

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions