mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201283 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | DEBUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 avril 2022, M. C A, représenté par Me Debureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active avec effet rétroactif à compter du 7 juin 2019 ;
2°) d'enjoindre au département de Vaucluse de lui attribuer le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du 7 juin 2019 ;
3°) de mettre à la charge du département de Vaucluse la somme de 1500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature;
- la décision contestée méconnaît les dispositions des articles L. 262-18, R. 262-33 et L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il a déposé une demande de bénéfice du revenu de solidarité active le 7 juin 2019 et que la protection subsidiaire lui a été accordée par la Cour nationale du droit d'asile le 22 juin 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. B a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité afghane, est entré en France en 2019 et a sollicité l'asile le 1er mars 2019. Il a sollicité le bénéfice du revenu de solidarité active le 3 juin 2019. Par une décision du 22 mai 2020, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a classé sans suite sa demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active, au motif tiré de l'absence de réponse à la demande de renseignements qui lui a été adressée. Par une décision du 9 septembre 2021, la Cour nationale du droit d'asile a accordé à M. A le bénéfice de la protection subsidiaire. M. A a formé une demande de bénéfice du revenu de solidarité active le 9 juillet 2021 qui lui a été accordé à compter du 1er juillet 2021. Par un courrier du 4 octobre 2021, M. A a sollicité le versement rétroactif du revenu de solidarité active à compter du 3 juin 2019. Par un courrier du 23 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Vaucluse a refusé de faire droit à sa demande. Par un courrier du 29 novembre 2021, M. A a contesté le bien-fondé de cette décision. Par une décision du 20 décembre 2021, dont M. A demande l'annulation, la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder rétroactivement le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du 1er juin 2019.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme inopérant.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / () ". Aux termes de l'article L. 262-4 de ce code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ; () ". Aux termes de l'article L. 262-18 du même code : " Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande". Enfin, aux termes de l'article R. 262-33 de ce code : " Sans préjudice des dispositions particulières prévues aux articles L. 262-37 et L. 262-38, l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée auprès d'un des organismes mentionnés à l'article D. 262-26 ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " d'une durée maximale de quatre ans. / Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. ". Aux termes de l'article R. 424-7 de ce code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 424-9 ou L. 424-11 dans un délai de trois mois à compter de la décision d'octroi de la protection subsidiaire par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. Ce délai n'est pas applicable aux membres de famille visés à l'article L. 561-2".
6. En vertu des dispositions du 2° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, l'attribution du revenu de solidarité active à une personne à laquelle le statut de réfugié a été reconnu ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été accordé n'est pas subordonnée à la condition que le demandeur détienne, depuis cinq ans, un titre de séjour l'autorisant à travailler. Toutefois, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de dispenser le demandeur auquel le statut de réfugié a été reconnu ou la protection subsidiaire accordée, de satisfaire aux autres conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles, notamment par les articles L. 262-18 et R. 262-33 précités, lesquels ne permettent pas aux ressortissants français de bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active avant la date de leur demande d'allocation, même s'ils remplissent antérieurement les conditions pour l'obtenir.
7. Il résulte de l'instruction qu'après s'être vu accorder le 22 juin 2021 par la Cour nationale du droit d'asile le bénéfice de la protection subsidiaire, M. A a formé une demande de bénéfice du revenu de solidarité active le 9 juillet 2021 qui lui a été accordé, en application des dispositions des articles L. 262-18 et R. 262-33 du code de l'action sociale et des familles, à compter du 1er juillet 2021. Si M. A soutient que la protection subsidiaire qui lui a été accordée le 22 juin 2021 présente un caractère recognitif et qu'ayant sollicité une première fois le bénéfice du revenu de solidarité active le 3 juin 2019, alors qu'il était demandeur d'asile, il est en droit d'obtenir le versement de l'allocation rétroactivement à compter de cette dernière date, il résulte toutefois de l'instruction que cette première demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active a été rejetée par une décision du 22 mai 2020 de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse et qu'à la date de cette dernière décision, il ne remplissait pas les conditions prévues par l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles pour pouvoir bénéficier du revenu de solidarité active.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active rétroactivement à compter du 1er juin 2019. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au département de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
Le président,
C. BLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026