vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2022, complétée par des mémoires enregistrés les 8 mars, 3 juillet, 25 septembre et 15 décembre 2023 ainsi que le 21 février 2024, la SCI 7 A Route de Pertuis, représentée par son gérant M. B C, demande au tribunal le dégrèvement des pénalités de retard d'un montant de 9046,54 €, appliquées au paiement de la taxe sur la valeur ajoutée mise à sa charge au titre de la période courant d'août 2006 à juin 2008.
Elle soutient que :
- elle a scrupuleusement respecté le plan de remboursement établi par l'administration fiscale elle-même et apuré sa dette ; l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts, a été payé dans le cadre du plan de règlement de la dette fiscale dont elle a bénéficié ; dès lors que les sommes réclamées par l'administration fiscale sont des pénalités de recouvrement, il lui appartenait dés lors de les faire figurer au plan de règlement, ces pénalités étant connues lors de la rédaction du plan ;
- ces pénalités représentent une somme considérable .
- les intérêts dus ne pouvaient porter que sur la période de novembre 2017 à février 2018.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2023, complété par des mémoires enregistrés les 3 mai, 31 juillet et 2 novembre 2023, ainsi que le 5 février 2024, le directeur départemental des finances publiques de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A Parisien ;
- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. La SCI 7 A Route de Pertuis a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période d'août 2006 à juin 2008. À l'issue du contrôle fiscal, une proposition de rectification a été notifiée le 13 novembre 2008 et a mis à sa charge la somme de 49 816 euros au titre de la taxe sur la valeur ajoutée éludée. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et majorations ont été authentifiés par un avis de mise en recouvrement n°081200044 du 22 décembre 2008. Suite au paiement total des droits en 2018, des intérêts de retard complémentaires ont été calculés, dans la mesure où la créance de nature fiscale n'avait pas été acquittée dans le délai légal. Le paiement de ces intérêts de retard complémentaires prévus à l'article 1727 du code général des impôts a été réclamé suivant avis de mise en recouvrement, lequel avis a été suivi de plusieurs mises en demeure de payer, notamment par une mise en demeure de payer du 28 juin 2019 pour un montant de 9 046,45 euros, dont la régularité a été confirmée par le tribunal de céans le 17 décembre 2021.
2. Dans la présente instance, la SCI 7 A conteste la mise en demeure de payer la somme de 9 046,45 euros qui lui a été notifiée le 21 décembre 2021 par le Comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de Vaucluse. Cette somme correspond à l'intérêt de retard complémentaire qui a été liquidé au moment du paiement de la totalité des droits dus au titre de la taxe sur la valeur ajoutée pour la période d'août 2006 à juin 2008. La SCI 7 A demande la décharge de l'obligation de payer cette somme.
3. La SCI 7 A soutient qu'elle aurait scrupuleusement respecté le plan de remboursement établi par l'administration fiscale elle-même et apuré sa dette, l'intérêt de retard, prévu à l'article 1727 du code général des impôts, ayant été payé dans le cadre du plan de règlement de la dette fiscale dont elle a bénéficié. Elle estime que dès lors que les sommes réclamées par l'administration fiscale sont des pénalités de recouvrement, il lui appartenait de les faire figurer au plan de règlement, ces pénalités étant connues lors de la rédaction du plan. Elle ajoute que ces " pénalités " représentent une somme considérable.
4. Toutefois, il résulte de l'instruction que si le comptable du Trésor public a accepté d'accorder à la SCI 7 A une remise de 6 000 euros au titre de l'intérêt de retard restant dû, qui s'élevait au 17 septembre 2019 à 9 012,07 euros, il conditionnait cette remise au paiement du reliquat à savoir 3 012,07 euros. La SCI 7 A ne justifiant pas s'être acquitté en temps utile dudit reliquat, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la remise envisagée ne lui a pas été accordée.
5. Ainsi que le relève le service, les intérêts de retard complémentaires demandés à la SCI ne pouvaient pas figurer au plan de règlement qui lui a été consenti, dans la mesure où ils ne sont calculés qu'à l'issue du paiement entier des droits dus, et que leur montant varie en fonction de la date et du montant des règlements effectués.
6. En se bornant à relever que les intérêts dus ne pouvaient porter que sur la période de novembre 2017 à février 2018 et que le montant réclamé est considérable, la requérante ne justifie pas des paiements effectués en règlement de sa dette et n'apporte aucun élément probant laissant présumer l'inexactitude de la quotité réclamée par le comptable du Trésor.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SCI 7A ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI 7 A Route de Pertuis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI 7 A Route de Pertuis et au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ez ici]
N°2201390
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