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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2201588

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2201588

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2201588
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP MARGALL D'ALBENAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mai 2022, complétée par un mémoire enregistré le 10 juillet 2023, M. A B demande au tribunal de condamner la commune de Bernis à l'indemniser des préjudices subis par lui du fait d'un accident sur la voie publique.

Il soutient que :

- alors qu'il empruntait le chemin du Pont de la Roque, une succession de trous et de bosses en terre a endommagé son véhicule, entrainant la casse du moteur ; il demande la réparation du préjudice résultant du défaut d'entretien de chemin communal ;

- aucune signalisation n'avait été mise en place.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2023, la commune de Bernis, représentée par la SCP d'avocats Margall d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable et, au surplus, non fondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la voirie routière ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Parisien,

-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;

- et les observations de Me d'Audigier pour la commune de Bernis.

Considérant ce qui suit :

1. M. B expose avoir emprunté, le 25 février 2022, aux alentours de 16h00, le chemin du Pont de la Roque, situé sur le territoire de la commune de Bernis, en direction du chemin des garrigues. Il soutient que, en raison de l'état du chemin, le bas de caisse son véhicule a heurté le sol, endommageant le carter de son véhicule, ce qui a entrainé, par la suite, le casse du moteur. Estimant que le dommage causé à son véhicule est dû au mauvais état de la voirie, il recherche la responsabilité de la commune de Bernis sur le fondement du défaut d'entretien normal de ce chemin communal.

2. La responsabilité du maître de l'ouvrage public est engagée en cas de dommages causés aux usagers par cet ouvrage dès lors que la preuve de l'entretien normal de celui-ci n'est pas apportée, sans que le maître de l'ouvrage puisse invoquer le fait d'un tiers pour s'exonérer de tout ou partie de cette responsabilité. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour s'exonérer de sa responsabilité, soit établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit démontrer que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. Il résulte des dispositions combinées de l'article L. 141-8 du code de la voirie routière, de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime et de l'article L. 2321-2 du code général des collectivités territoriales que les dépenses obligatoires pour les communes incluent les dépenses d'entretien des seules voies communales, dont ne font pas partie les chemins ruraux. S'il appartient au maire de faire usage de son pouvoir de police afin de réglementer et, au besoin, d'interdire la circulation sur les chemins ruraux et s'il lui incombe de prendre les mesures propres à assurer leur conservation, les dispositions de l'article L. 161-5 du code rural et de la pêche maritime n'ont, par elles-mêmes, ni pour objet ni pour effet de mettre à la charge des communes une obligation d'entretien de ces voies, sauf dans le cas où, postérieurement à leur incorporation dans la voirie rurale, elles auraient exécuté des travaux destinés à en assurer ou à en améliorer la viabilité et ainsi accepté d'en assumer, en fait, l'entretien. Au cas d'espèce, la commune soutient sans être contredite que le chemin litigieux ne figure pas parmi les voies classées au sein du tableau des voiries de la commune. Par ailleurs, il ne résulte d'aucun des éléments de l'instruction que la commune aurait réalisé, sur ce chemin, des travaux de viabilité, qui auraient ainsi révélé son acceptation d'en assumer en fait l'entretien. Dès lors, la commune ne peut pas voir sa responsabilité engagée à raison du défaut d'entretien de ce chemin rural. Au surplus, les seules captures d'écran, photographies et constat d'huissier du 6 juillet 2023 produits n'établissent pas le lieu exact de l'accident.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B ne peuvent qu'être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Bernis, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. B demande sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B une somme au titre des frais d'instance exposés par la commune de Bernis.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Bernis au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Bernis.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Mouret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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