mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201936 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | URIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 24 juin, 3 et 9 août et 16 septembre 2022, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre communal d'action sociale (CCAS) d'Avignon à lui verser la somme de 6 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du harcèlement moral dont elle aurait été victime ;
2°) de condamner le CCAS d'Avignon à lui verser le montant de sa prime d'inflation non perçue en janvier 2022 et les sommes dues au titre des quinze heures supplémentaires réalisées en 2021, des cinq jours et demi de congés payés et des trois jours d'aménagement et réduction du temps de travail (A) dont elle n'a pas pu bénéficier en raison de ses arrêts maladie pour l'année 2022 ;
3°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis à son encontre le 10 décembre 2021 par la présidente du conseil d'administration du CCAS d'Avignon en vue du recouvrement de la somme de 637,30 euros au titre d'un trop-perçu sur son traitement du mois de novembre 2021 et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
Elle soutient que :
- elle a été victime d'une situation de harcèlement moral de la part de son responsable de service qui est à l'origine de ses arrêts de travail à compter du 20 octobre 2021 et jusqu'au 7 mars 2022, ce dont sa hiérarchie a été informée, sans qu'il ne soit pris de mesure pour la protéger du comportement de cet agent mettant en péril son état de santé et sa vie ;
- elle a subi un préjudice lié à une perte de traitement à compter du 19 novembre 2021, date à partir de laquelle elle n'a plus perçu que les indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie, aux coûts des soins et des frais médicaux et de transport restés à sa charge durant cette période, qui doit être indemnisé à hauteur de 6 000 euros ;
- elle a droit au versement du montant de la prime d'inflation non perçue en janvier 2022 et des sommes dues au titre des quinze heures supplémentaires réalisées en 2021, validées par sa hiérarchie, ainsi que des cinq jours et demi de congés payés et des trois jours A dont elle n'a pas pu bénéficier en raison de ses arrêts maladie pour l'année 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2023, le CCAS d'Avignon, représenté par Me Urien, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable ayant lié le contentieux ;
- subsidiairement, la requérante n'apporte aucun élément susceptible de faire présumer d'une situation de harcèlement moral, le seul compte rendu d'évaluation professionnelle comportant une appréciation mitigée de ses capacités professionnelles ne pouvant être regardé comme révélant un acte excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique ;
- la requérante ne conteste pas le montant de sa dette tirée de ce qu'un plein traitement lui a été indûment versé en novembre 2021, alors qu'elle avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire avec maintien du traitement ; elle ne peut utilement invoquer l'existence d'autres créances à l'égard du CCAS en l'absence de texte autorisant une compensation entre créances avec une personne publique ;
- en tout état de cause, la requérante n'avait aucun droit au maintien de son salaire à compter du 18 novembre 2021 en application de l'article 7 du décret du 15 février 1988 ;
- sa prime d'inflation lui a bien été versée en janvier 2022 ;
- elle ne justifie pas que les quinze heures supplémentaires dont elle réclame l'indemnisation auraient été validées par sa hiérarchie conformément à l'article 2.4 du règlement intérieur du CCAS ;
- la requérante n'ayant pas repris ses fonctions ni perçu de rémunération en 2022, elle n'avait aucun droit à ce titre et n'est, dès lors, pas fondée à réclamer l'indemnité compensatrice de congés payés qui ne lui a pas été versée en fin de contrat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien, rapporteure,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Urien, représentant le CCAS d'Avignon.
Une note en délibéré présentée pour le CCAS d'Avignon a été enregistrée le 16 mai 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée au bénéfice d'un contrat à durée déterminée pour la période du 8 mars 2021 au 7 mars 2022 afin d'exercer les fonctions de référente du secteur maintien à domicile de la direction " ville amie des seniors " au sein du centre communal d'action sociale (CCAS) d'Avignon. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire pour des troubles anxiodépressifs mineurs à compter du 20 octobre 2021, prolongé à plusieurs reprises jusqu'au terme de son contrat. Estimant que cette dégradation de son état de santé et ces conséquences seraient imputables à une situation de harcèlement moral, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le CCAS d'Avignon à indemniser sa perte de revenus, à lui verser le montant de la prime d'inflation qu'elle n'aurait pas perçue en janvier 2022 ainsi que les sommes qui lui seraient dues au titre des heures supplémentaires réalisées en 2021, de ses congés payés et de A dont elle n'a pas pu bénéficier en raison de ses arrêts maladie pour l'année 2022. Elle demande également au tribunal d'annuler l'avis des sommes à payer émis à son encontre le 10 décembre 2021 par la présidente du conseil d'administration du CCAS d'Avignon en vue du recouvrement de la somme de 637,30 euros correspondant à un trop-perçu sur son traitement du mois de novembre 2021 et de la décharger de son obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
3. En se bornant à affirmer avoir fait l'objet, de la part de son supérieur hiérarchique, de propos humiliants, d'emportements, de critiques systématiques de son organisation de travail, de reproches injustifiés, notamment en la tenant responsable des difficultés rencontrées dans la gestion des congés des intervenants du service d'aide à domicile et de la facturation durant l'été 2021, qu'elle n'aurait pas été la seule victime de ces comportements au sein du service et que les critiques de sa manière de servir figurant dans son compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle seraient infondées, alors que ni les appréciations mentionnées sur ce document ni le courriel collectif produit, dans lequel son responsable de service lui rappelle la nécessité de réaliser une tâche en lien avec le dossier évoqué, n'excèdent l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, Mme C n'apporte pas les éléments suffisants permettant de présumer de l'existence de la situation de harcèlement moral dont elle fait état.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité du CCAS d'Avignon pour les préjudices dont elle demande réparation au titre d'un harcèlement moral. Ses conclusions tendant à la condamnation du CCAS d'Avignon à l'indemniser à hauteur de 6 000 euros à ce titre doivent, dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, être rejetées.
Sur les conclusions tendant au versement de sommes dues au titre de sa rémunération et de ses congés :
En ce qui concerne la prime d'inflation :
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions portées sur le bulletin de paye de la requérante du mois de janvier 2022, que le montant de la prime d'inflation de 100 euros à laquelle elle avait droit a bien été crédité en sa faveur, nonobstant le salaire brut négatif qui y figure après déduction des retenues opérées sur sa rémunération. Les conclusions de Mme C tendant à la condamnation du CCAS d'Avignon à lui verser le montant de cette prime d'inflation au titre de l'année 2022 sont donc infondées et doivent, en tout état de cause, être rejetées.
En ce qui concerne les heures supplémentaires réalisées en 2021 :
6. Aux termes de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, alors en vigueur : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. ". Aux termes de l'article 1 du décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de cet article : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail applicables aux agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant sont déterminées dans les conditions prévues par le décret du 25 août 2000 susvisé sous réserve des dispositions suivantes. ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement détermine, après avis du comité social territorial compétent, les conditions de mise en place des cycles de travail prévus par l'article 4 du décret du 25 août 2000 susvisé. / Pour l'application du cinquième alinéa dudit article 4, les modalités de la compensation horaire sont fixées par décret. ". Aux termes de l'article 4 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " Pour les agents relevant d'un régime de décompte horaire des heures supplémentaires, celles-ci sont prises en compte dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. Elles font l'objet d'une compensation horaire dans un délai fixé par arrêté du ministre intéressé, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, après avis du comité social d'administration ministériel. A défaut, elles sont indemnisées. ". Enfin, aux termes de la section 2.4 du règlement intérieur du personnel, dans sa dernière version modifiée ne 17 décembre 2013 : " En cas de surcharge ponctuelle de l'activité, des heures peuvent, à la demande de l'autorité hiérarchique ou validée a posteriori par celle-ci, être effectuées au-delà de la durée définie pour une période donnée du cycle. / () En vertu de l'article 4 du décret du 25/08/2000, la règle de compensation des heures supplémentaires est la récupération horaire () opérée sur la base d'une heure pour une heure. () ".
7. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point précédent que les heures supplémentaires réalisées par un agent font l'objet d'une compensation horaire sous la forme de récupération ou, à défaut, d'une indemnisation, notamment lorsque celui-ci a été privé de la possibilité de récupérer ces heures avant la fin de sa relation d'emploi, du fait de son placement en congé de maladie, à la condition d'avoir été effectuées à la demande de l'autorité hiérarchique ou validées, a postériori, par cette dernière. En l'espèce, Mme C n'a produit aucune pièce de nature à établir que les quinze heures supplémentaires dont elle demande l'indemnisation auraient été effectuées en 2021 à la demande de sa hiérarchie ou auraient été validées a posteriori par celle-ci. Les conclusions tendant à l'indemnisation de ces heures supplémentaires doivent, dès lors, être rejetées.
En ce qui concerne les jours de congés payés non pris au titre de l'année 2022 :
8. Aux termes de l'article 5 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'agent contractuel en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires. ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : / 1° Après quatre mois de services, un mois à plein traitement et un mois à demi-traitement ; / () ". Aux termes de l'article 1 du décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux : " Tout fonctionnaire territorial en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés. / () / Les congés prévus à l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, à l'article 57 et au troisième alinéa de l'article 74 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 sont considérés, pour l'application de cette disposition, comme service accompli. ".
9. L'article 7 de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, tel qu'interprété par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) dans son arrêt C-350/07 et C-520-06 du 20 janvier 2009, fait obstacle, d'une part, à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période, parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de la période en cause, s'éteigne à l'expiration de celle-ci et, d'autre part, à ce que, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, tout droit à indemnité financière soit dénié au travailleur qui n'a pu, pour cette raison, exercer son droit au congé annuel payé. Ce droit au report ou, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, à indemnisation financière, s'exerce toutefois, en l'absence de dispositions sur ce point dans le droit national, dans la limite de quatre semaines prévues par l'article 7 de la directive.
10. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, et notamment pas de celles visées au point 8 ou du règlement intérieur du personnel du CCAS d'Avignon, ni des principes consacrés par le droit et la jurisprudence de l'Union européenne en matière de report et d'indemnisation financière des congés annuels explicités au point 9, qu'un agent contractuel placé en congé de maladie ordinaire continuerait d'acquérir des droits à congés annuels à l'issue de la période de ce congé pendant laquelle il a droit au maintien de sa rémunération, ni qu'il devrait être regardé comme étant toujours en activité au sens et pour l'application de l'article 5 du décret n° 88-145 du 15 février 1988.
11. Il résulte de l'instruction que Mme C a été placée en congé de maladie ordinaire à plein traitement sur la période allant du 6 septembre au 5 octobre 2021, puis à demi-traitement sur la période allant du 20 octobre au 18 novembre 2021. Elle a ensuite été maintenue en congé de maladie ordinaire non rémunéré du 19 novembre 2021 au 7 mars 2022, date de fin de son contrat de travail. La requérante, qui ne pouvait être regardée comme étant en activité au sens et pour l'application de l'article 5 du décret du 15 février 1988 précité sur cette dernière période couvrant l'année 2022 n'y a donc acquis aucun droit à congés annuels, même proratisé. Elle n'est, dès lors, pas fondée à demander une indemnité correspondant à quatre jours de congés payés acquis en 2022 et qu'elle n'aurait pas pu poser avant la fin de son contrat de travail.
En ce qui concerne les jours " A " au titre de l'année 2022 :
12. Aux termes de l'article 1 du décret du 25 août 2000 : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. ". Aux termes de l'article 2 du décret du 12 juillet 2001: " L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement peut, après avis du comité social territorial compétent, réduire la durée annuelle de travail servant de base au décompte du temps de travail défini au deuxième alinéa de l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé pour tenir compte de sujétions liées à la nature des missions et à la définition des cycles de travail qui en résultent, et notamment en cas de travail de nuit, de travail le dimanche, de travail en horaires décalés, de travail en équipes, de modulation importante du cycle de travail ou de travaux pénibles ou dangereux. ". La section 3.3 du règlement intérieur du personnel du CCAS d'Avignon prévoit à ce titre que les agents à temps complet, exerçant leurs fonctions au-delà des trente-cinq heures hebdomadaires prévues par la réglementation, bénéficient de six jours d'aménagement et de réduction du temps de travail dit " A ". Il y est toutefois précisé qu'en cas d'absence, notamment pour maladie, le nombre total de jours crédités sera calculé au prorata du temps de présence en déduisant une demi-journée par tranche de trente jours calendaires d'absence.
13. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à son cycle horaire de travail, Mme C qui avait bénéficié de jours A en 2021, aurait pu, en application des dispositions citées au point précédent, voir crédité un jour A au prorata de la période allant du 1er janvier au 7 mars 2022 pendant laquelle elle a exercé ses fonctions au sein du CCAS. Toutefois, ayant été absente pour maladie durant cette même période, ses droits devaient être minorés d'une demi-journée par tranche de trente jours calendaires, soit d'un total d'une journée sur la période concernée. La requérante, qui n'a ainsi acquis aucun droit à A en 2022, n'est pas fondée à demander la condamnation du CCAS d'Avignon à lui verser une indemnité à ce titre.
Sur les conclusions relatives à l'avis des sommes à payer du 10 décembre 2021 :
14. Aux termes de l'article 9 du décret du 15 février 1988 : " L'agent contractuel en activité bénéficie en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle d'un congé pendant toute la période d'incapacité de travail jusqu'à la guérison complète, la consolidation de la blessure ou le décès. / L'intéressé a droit au versement par l'autorité territoriale de son plein traitement dans les limites suivantes : / 1. Pendant un mois dès son entrée en fonctions ; / 2. Pendant deux mois après un an de services ; / 3. Pendant trois mois après trois ans de services. ".
15. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 11, Mme C, placée en congé de maladie ordinaire du 6 septembre au 5 octobre 2021, a été de nouveau placée dans cette position à compter du 20 octobre suivant et de manière continue jusqu'au 7 mars 2022. Ayant déjà ainsi bénéficié d'un mois de congé de maladie rémunéré à plein traitement puis d'un autre mois à demi-traitement, elle ne pouvait plus, compte tenu de son ancienneté, prétendre au maintien de son salaire à compter du 19 novembre 2021 en application de l'article 7 du décret du 15 février 1988 précité. Dès lors qu'elle ne conteste pas avoir effectivement perçu l'intégralité de son salaire du mois de novembre 2021, c'est à bon droit que la présidente du conseil d'administration du CCAS d'Avignon a émis le titre exécutoire en litige en vue du recouvrement du trop-perçu de rémunération d'un montant de 637,30 euros qui lui a été indûment versé pour la période allant du 19 au 30 novembre 2021. D'autre part, à supposer même que la requérante ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article 9 du même décret, applicables en cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, il résulte de ce qui a été dit au point 3, qu'en l'absence de tout harcèlement moral, et alors qu'il n'est ni établi ni même allégué que l'intéressée aurait sollicité de son employeur la reconnaissance d'un tel accident du travail ou d'une maladie professionnelle, elle ne pouvait prétendre au maintien de sa rémunération au-delà du 19 novembre 2021, ces dernières dispositions ne prévoyant en tout état de cause, compte tenu de son ancienneté, le maintien de son plein traitement que pendant un mois.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est fondée à demander ni l'annulation de l'avis des sommes à payer émis à son encontre le 10 décembre 2021 par la présidente du conseil d'administration du CCAS d'Avignon, ni la décharge de l'obligation de payer à laquelle il correspond. Les conclusions présentées à ces fins doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C le versement de la somme de 800 euros au titre des frais exposés par le CCAS d'Avignon et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera au CCAS d'Avignon une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au CCAS d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.
La rapporteure,
S. VOSGIEN
Le président,
G. ROUX
La greffière,
B. ROUSSELET-ARRIGONI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026