mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201987 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 1er juillet 2022 et 18 janvier, 2 février, 26 février, 28 mars et 10 avril 2024 et un mémoire récapitulatif enregistré le 21 mai 2024 et non communiqué, Mme B A, représentée par la SCP Dillenschneider demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'université de Nîmes à lui verser une somme globale de 98 480 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 mai 2022 et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant du harcèlement moral dont elle aurait été victime ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Nîmes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision implicite de rejet de sa demande préalable est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a fait l'objet d'un harcèlement systématique auquel a contribué, par son " hostilité ", l'Université ; celle-ci n'a pris aucune mesure de nature à le faire cesser, méconnaissant son obligation de sécurité ;
- cette situation lui a causé un préjudice professionnel à hauteur de 65 480 euros, un préjudice lié au trouble dans ses conditions d'existence à hauteur de 18 000 euros et un préjudice moral s'élevant à 15 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 décembre 2023 et 30 janvier, 20 février, 15 mars et 11 avril 2024 et un mémoire récapitulatif enregistré le 17 mai 2024 et non communiqué, l'université de Nîmes, représentée par la SELARL Blanc, Tardivel, Bocognano conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que sa responsabilité n'est pas engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Dillenschneider pour Mme A et celles de Me Soulier pour l'université de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, inscrite pour l'année universitaire 2017-2018 en master 2 de sciences humaines et sociales, mention psychologie clinique, psychopathologie santé, psychologie clinique et psychopathologie en thérapie cognitivo-comportementale et émotionnelle au sein de l'université de Nîmes, demande au tribunal, après que sa demande préalable du 4 mai 2022 a été implicitement rejetée, de condamner cette université à lui verser une somme globale de 98 480 euros en réparation des préjudices résultant du comportement fautif qu'aurait eu l'université de Nîmes à son égard.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, la requérante ne peut utilement soutenir, au soutien de ses conclusions à fin d'indemnisation, que la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire serait insuffisamment motivée. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que, comme évoqué au point 1, Mme A a suivi un cursus de psychologie, composé d'une licence puis d'un master, au sein de l'université de Nîmes. Au cours de ce cursus, et principalement à partir de l'année universitaire 2016-2017, une situation conflictuelle est née entre M. C, responsable du master, et la requérante. Celle-ci s'est manifestée par la saisine par M. C de la section disciplinaire de l'Université concernant la requérante pour des faits de " propos irrespectueux envers une camarade et un enseignant sur un réseau social ", laquelle a donné lieu à une sanction d'exclusion d'un an avec sursis prononcée le 3 avril 2017. Cette situation a perduré durant l'année universitaire 2017-2018, au cours de laquelle M. C s'est opposé à ce que Mme A participe à des ateliers qu'il organisait à destination des étudiants de master. Il l'a également informée, à l'issue des épreuves de fin d'année et avant la proclamation des résultats correspondants, qu'elle n'avait pas obtenu la moyenne à deux épreuves et lui a conseillé de s'y représenter l'année suivante. M. C a par ailleurs déposé en juillet 2018, au nom de l'Université et à l'encontre de la requérante, une plainte pour des faits d'usage de faux en écriture. Ces différents éléments ont conduit à l'annulation de la délibération du jury de master 2 prononçant l'ajournement de la requérante par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Marseille n° 20MA01981 au motif que cette décision avait été adoptée en méconnaissance du principe d'impartialité du jury, qui avait été présidé par M. C.
4. Mme A fait valoir, dans le cadre de la présente instance, qu'en contribuant à la situation de harcèlement dont elle estime avoir fait l'objet et en ne prenant aucune mesure visant à la faire cesser, l'université de Nîmes a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité.
5. A ce titre, d'une part, la requérante soutient que l'Université elle-même a commis à son encontre des actes constitutifs de harcèlement moral. Sur ce point, il résulte de l'instruction que l'Université de Nîmes a, le 6 septembre 2018, déposé à l'encontre de la requérante une plainte pour usage de faux en écriture faisant suite à la plainte déposée par M. C, qui n'avait pas été habilité pour ce faire. Cette plainte a été classée sans suite par le procureur de la République. L'université défenderesse a, parallèlement, ouvert une nouvelle procédure disciplinaire pour ces mêmes faits à l'encontre de Mme A, laquelle a été transmise au Conseil supérieur national de la recherche et conduit à la relaxe de la requérante. Ces seuls faits ne sont toutefois pas de nature à caractériser l'existence d'une situation de harcèlement moral. Par ailleurs, si Mme A soutient qu'elle a fait l'objet de manière constante d'un traitement défavorable et inéquitable par rapport aux autres étudiants au cours de sa scolarité, les pièces qu'elle produit ne permettent pas de l'établir. De la même manière, la seule circonstance que les membres du second jury nommé par le président l'université de Nîmes, qui ont de nouveau délibéré sur l'admission de Mme A au diplôme de master 2 en 2022, entretiendraient ou auraient entretenu des relations professionnelles avec les membres du premier jury ayant statué en 2018, ne permet pas de démontrer la partialité de ce second jury et l'existence d'un comportement " hostile " de la part de l'Université.
6. D'autre part, Mme A soutient que l'Université n'a pas pris les mesures nécessaires à faire cesser le harcèlement qu'elle subissait de la part de M. C et des autres enseignants du master, méconnaissant ainsi l'obligation pesant sur elle d'assurer la sécurité des étudiants. Cependant, les dispositions du code du travail qu'elle invoque sur ce point, qui sont relatives aux obligations des employeurs envers leurs salariés, sont inopérantes en l'espèce. Il résulte, en outre, de l'instruction qu'en 2019, le président de l'Université a diligenté, en réponse notamment aux différents avertissements dont l'a saisi Mme A, une enquête administrative concernant M. C, dont il n'est pas ressorti que les faits reprochés à ce dernier étaient établis ou fondés. Il ne résulte, en revanche, pas de l'instruction que la situation conflictuelle existant entre Mme A et M. C, aussi regrettable soit-elle, nécessitait la mise en place par l'Université d'autres mesures sans lesquelles l'obligation de sécurité pesant sur le chef de l'établissement vis-à-vis des étudiants aurait été méconnue. Par ailleurs, la requérante ne démontre pas, par les éléments qu'elle produit, que d'autres enseignants du master auraient été responsables d'actes de harcèlement à son égard. Elle n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que l'Université aurait fait preuve d'une inertie fautive à son égard.
7. Eu égard à ce qui précède, il ne résulte de pas de l'instruction que l'université de Nîmes aurait commis à l'encontre de Mme A une faute de nature à engager sa responsabilité. Les conclusions indemnitaires de la requête doivent, par conséquent, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions formées par l'université de Nîmes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'université de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026