vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202375 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | FUGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2022, complétée par un mémoire enregistré le 9 novembre 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) la décharge de la somme de 25 926,61 euros correspondant aux impositions qui lui sont réclamées en matière de taxe sur la valeur ajoutée et de cotisation foncière des entreprises, telles que reprises dans un courrier avant poursuites daté du 3 mai 2022.
Il soutient que :
- le droit de reprise de l'administration, prévu à l'article L. 176 alinéa 1 du livre des procédures fiscales, s'exerçant jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible, le délai de recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée et de la cotisation foncière des entreprises des années 2011 à 2017 est expiré et la créance prescrite ;
- il a effectivement cessé toute activité individuelle à compter du 1er juillet 2011 dans le but de s'installer au Maroc ; il n'est donc plus redevable de la cotisation foncière des entreprises et de la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période allant de 2011 à 2018, en l'absence de toute activité taxable au sens de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) " Apple and Pear development Council " du 8 mars 1988, étant placé hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée selon cette même jurisprudence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, complété le 10 novembre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable car tardive et que pour le surplus, elle est non fondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Parisien,
-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
- et les observations de Me Fugier pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a créé une entreprise individuelle exerçant une activité d'import-export, vente en gros, en demi-gros et au détail de produits de consommation pour la personne, la maison et le loisir. Par un courrier du 3 mai 2022, M. B a été informé de la prochaine mise en œuvre effective d'une saisie de ses meubles à défaut de règlement comptable des impositions dont il restait redevable avant le 19 mai 2022. La réclamation contentieuse présentée par M. B suite à ce courrier d'information pour obtenir la décharge des cotisations de taxe sur la valeur ajoutée et de cotisation foncière des entreprises émises au cours des années 2011 à 2013 a fait l'objet d'une décision de rejet le 31 mai 2022. Le requérant demande au tribunal la décharge des sommes correspondantes.
Sur la prescription du droit de reprise et du délai de mise en recouvrement
2. Aux termes de l'article L. 176 du livre des procédures fiscales : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts. () ". Aux termes de l'article L. 174 du livre des procédures fiscales : " Les omissions ou les erreurs concernant la cotisation foncière des entreprises peuvent être réparées par l'administration jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due ".
3. Il résulte de l'instruction que les cotisations en litige ont été mises en recouvrement, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, le 31 mai 2011 pour la taxe sur la valeur ajoutée afférente à l'année 2010, les 29 juin 2012, 14 août 2012 et 14 septembre 2012 pour la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux années 2011 et 2012 et les 28 juin, 16 septembre, 16 décembre 2013 et 14 février 2014 pour la taxe sur la valeur ajoutée afférente à l'année 2013. S'agissant de la cotisation foncière des entreprises, les cotisations relatives à l'année 2011 ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2011, les cotisations relatives à l'année 2012, le 31 octobre 2011 et les cotisations relatives à l'année 2013, le 31 octobre 2013. Ces cotisations ont par conséquent fait l'objet d'une mise en recouvrement conformément au délai dont disposait l'administration. Les mêmes cotisations ont ensuite fait l'objet de mises en demeure de payer, en dernier lieu le 4 juin 2021. Par conséquent, en l'état des pièces du dossier, M. B n'est pas fondé à soutenir que la prescription du délai de mise en recouvrement et du droit de reprise de l'administration lui était acquise en 2022.
Sur la cessation d'activité
4. Il résulte de l'instruction que l'activité individuelle a débuté le 1er janvier 2002. L'entreprise individuelle de M. B était soumise au régime simplifié d'imposition (RSI) tant en matière de taxe sur la valeur ajoutée, qu'en matière de bénéfices industriels et Commerciaux (BIC). La cessation juridique d'activité, ainsi que la fermeture du siège social, ont été déclarées et publiées au Registre du commerce et des sociétés le 5 juillet 2021, avec une date d'effet rétroactive mentionnée au 1er juillet 2011. De même, la radiation auprès du greffe du tribunal de commerce d'Avignon a été déclarée et publiée au registre du commerce et des sociétés le 9 juillet 2021, avec une date d'effet rétroactive mentionnée au 1er juillet 2011.
5. M. B soutient qu'il aurait effectivement cessé toute activité individuelle à compter du 1er juillet 2011 dans le but de s'installer au Maroc. Il en déduit qu'il n'est donc plus redevable de la cotisation foncière des entreprises et de la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période allant de 2011 à 2018, en l'absence de toute activité taxable au sens de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) " Apple and Pear development Council " du 8 mars 1988, étant placé hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée selon cette même jurisprudence.
6. Toutefois, il ne verse à l'instance aucune pièce justifiant du caractère effectif de sa cessation d'activité le 1er juillet 2011, soit dix ans avant la publication de ladite cessation d'activité. Par ailleurs, si M. B se prévaut dans le dernier état de ses écritures d'une correspondance qui lui a été adressée le 8 octobre 2018 par la sécurité sociale des indépendants, ce document fait seulement état, sans autre précision, de ce que l'intéressé a été radié de l'agence Provence-Alpes, à la date, d'ailleurs différente de celle qu'il allègue, du 31 décembre 2011. Par conséquent, en l'état des pièces du dossier, il ne peut se prévaloir d'un arrêt de ses opérations imposables antérieur à la date du 5 juillet 2021, correspondant à la publication au registre du commerce et des sociétés de sa cessation d'activité. Par conséquent, ses conclusions tendant à la décharge des cotisations susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
La greffière,
I. MASSOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202375
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026