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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2202419

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2202419

vendredi 3 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2202419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre magistrat statuant seul

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, M. A B, représenté par Me Mourier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Gard a confirmé la mesure de récupération par compensation de ses droits au revenu de solidarité active d'une dette résultant d'un trop-perçu d'allocation aux adultes handicapés pour la période du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 ;

2°) de condamner le département du Gard à lui verser une indemnité de 2 500 euros en réparation de son préjudice moral ;

3°) de mettre à la charge du département du Gard une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le département du Gard ne pouvait pas, sans méconnaitre le jugement en date du 13 juin 2022 rendu par le pôle social près le tribunal judiciaire de Nîmes, compenser le trop-perçu d'allocation adulte handicapé avec ses droits au revenu de solidarité active sur la période du 1er octobre 2021 au 1er janvier 2022 ;

- cette faute du département lui a causé un préjudice moral, qui doit être évalué à la somme de 2 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le département du Gard conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient que :

- il n'est pas compétent pour présenter des observations relatives à l'allocation adulte handicapé ;

- les moyens de la requête de M. B ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'apprécier leur bien-fondé ;

- les moyens de la requête de M. B ne sont pas fondés ;

- le préjudice allégué n'est pas justifié.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2022.

Les parties ont été informées par un courrier du 30 janvier 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée du président du conseil départemental du Gard du 23 juin 2022, lesquelles sont devenues sans objet à la suite de l'intervention de la décision du 29 août 2022 par laquelle la même autorité doit être regardée comme ayant procédé à son retrait.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé à compter du 1er septembre 2016 et du revenu de solidarité active à compter du 1er octobre 2021. Par une décision du 25 janvier 2022, la maison départementale des personnes handicapées du Gard a refusé le renouvellement du droit à l'allocation aux adultes handicapés de M. B. Par un courrier du 29 mars 2022, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de M. B une dette de 1 533 euros résultant d'un trop-perçu d'allocation aux adultes handicapés pour la période du 1er septembre 2021 au 31 mars 2022 et a procédé à sa récupération par compensation de ses droits au revenu de solidarité active. Par un courrier du 25 mai 2022, M. B a formé un recours administratif pour contester le bien-fondé de cette mesure. Par une décision du 23 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, le président du conseil départemental du Gard a rejeté son recours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il résulte de l'instruction que, par un jugement du 13 juin 2022 du pôle social près le tribunal judiciaire de Nîmes, la maison départementale des personnes handicapées du Gard a été condamnée à verser à M. B l'allocation adultes handicapés rétroactivement à compter du 1er mars 2021, pour une durée de cinq ans. Afin de tirer les conséquences de ce jugement, par une décision du 29 août 2022, postérieure à l'introduction de l'instance, la caisse d'allocations familiales du Gard a procédé à la régularisation du dossier de M. B et lui a versé la somme de 3 322,66 euros au titre de l'allocation adultes handicapés qui lui était dû à compter du 1er septembre 2021. Dans ces conditions, M. B, qui n'a pas répliqué à ces indications contenues dans le mémoire en défense présenté par le département du Gard, doit être regardé comme ayant obtenu satisfaction. Les conclusions dirigées contre la décision du 23 juin 2022 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Si M. B demande réparation du préjudice moral qui résulterait de l'illégalité de la mesure de compensation prise par le département du Gard, il n'établit pas la réalité du préjudice ainsi allégué. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction, que le département du Gard ait traité le dossier de M. B avec une " précipitation " telle qu'elle serait constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité. Les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. D'une part, M. B, pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être réputées présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. B n'a pas demandé que lui soit versée par le département du Gard la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge du département du Gard une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 23 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental a confirmé la mesure de récupération par compensation de ses droits au revenu de solidarité active d'une dette de 1 533 euros résultant d'un trop-perçu d'allocation aux adultes handicapés pour la période du 1er septembre 2021 au 31 mars 2022.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Gard.

Copie en sera adressée, pour information, à la maison départementale des personnes handicapées du Gard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2023

Le président,

C. C

La greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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