jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202939 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2022, complétée par des mémoires enregistrés les 15 mars, 13 avril, 27 juin et 1er août 2023, M. A B demande au tribunal :
- le reclassement de son bien immobilier en catégorie 5M, subsidiairement en catégorie 5 ;
- la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de reclassement de sa maison ne prend en compte ni ses caractéristiques architecturales, ni la qualité de sa construction ;
- les locaux types retenus par l'administration ne sont pas comparables à son logement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, complété par des mémoires enregistrés les 25 mai, 12 juillet et 3 août 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est non fondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Par une lettre du 9 octobre 2024, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité d'une part, des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant changement de catégorie d'un bien immobilier, en raison de l'existence d'une voie de recours parallèle, le recours pour excès de pouvoir formé contre la décision de classement de la maison de M. B ne constituant pas un acte détachable de la procédure d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties, et d'autre part, des conclusions tendant à la décharge des cotisations en l'absence de réclamation préalable visant à ladite décharge.
Par un mémoire enregistré le 10 octobre 2024, M. B a présenté ses observations en réponse aux moyens relevés d'office, précisant notamment qu'il ne présente pas de conclusions tendant à la décharge de cotisations auxquelles il n'a pas été assujetti.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Parisien,
-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Suite au dépôt spontané par M. B d'une déclaration modèle H1, consécutivement à la réunion en un seul logement de deux appartements distincts, la maison d'habitation dont est propriétaire le requérant à Nîmes, 12 rue Frédéric Paullhan, parcelle HE 67, a fait l'objet, du fait de sa distribution et de ses éléments de confort, d'un changement de catégorie matérialisé par son classement en catégorie 4M. M. B conteste la nouvelle évaluation effectuée par le service et demande, à titre principal, le classement en catégorie 5 de sa maison comme l'étaient les locaux avant la mise à jour où, à titre subsidiaire, son classement en catégorie 5M.
2. Aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement () ". Aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au code général des impôts : " I. La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation ou à usage professionnel existant dans la commune ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I- Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après () III. Dans les cas deux cas prévus aux I et II, il peut toutefois être procédé à la création de catégories intermédiaires combinant, dans des proportions simples, deux catégories-types. IV- Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision ". Aux termes de l'article 324 I de la même annexe : " I. La classification communale des maisons individuelles et des locaux situés dans un immeuble collectif est établie en fonction des caractéristiques générales de leur partie principale () ". Enfin, aux termes de l'article 324 J de la même annexe : " Des locaux de référence sont choisis par nature de construction pour illustrer chacune des catégories de la classification communale et servir de termes de comparaison. Le choix porte, pour chaque catégorie, sur un ou plusieurs locaux particulièrement représentatifs de la catégorie, comprenant, le cas échéant, des dépendances bâties et non bâties d'importance moyenne par rapport à la généralité des locaux de même nature de la catégorie. La liste des locaux de référence est inscrite au procès-verbal des opérations de la révision ".
3. Il ressort du procès-verbal complémentaire de mise à jour des valeurs locatives servant de base aux impositions directes locales de la commune de Nîmes, que les caractéristiques des immeubles relevant de la sous-catégorie 4 M à laquelle a été rattachée la maison individuelle du requérant sont ainsi identifiées : " Construction de bonne apparence à l'aide matériaux de bonne qualité, généralement hétérogènes, assurant de bonnes conditions d'habitabilité. En général disposition simple mais commode. Pièces spacieuses notamment le salon et la salle à manger. Grande cuisine ; bons dégagements et entrée. Confort moderne, eau, gaz et électricité. WC intérieur, salle de bains et en général, chauffage central () " à la différence des caractéristiques des immeubles relevant de la catégorie 5 qui sont les suivantes : " Bonne apparence mais aspect plus banal de la façade ", " matériaux de bonne qualité, assurant des conditions d'habitabilité satisfaisantes, Plan simple, pièces de dimensions suffisantes dans les locaux anciens, dégagements de moyenne importance eau, gaz et électricité. WC intérieur, salle de bains et en général, chauffage central dans les immeubles récents. Confort parfois plus réduit dans les immeubles anciens. Simple cabinet de toilette avec eau courante () ". La catégorie 5 M concerne pour sa part des constructions " d'apparence très simple ", édifiées à l'aide de " matériaux de qualité courante assurant des conditions d'habitabilité ordinaire ", ne comportant " pas de salon mais une salle à manger de bonne dimension servant de séjour ", avec au final " des conditions d'habitabilité qui laissent à désirer en raison de la légèreté de la construction ".
4. Il résulte de l'instruction que la construction en cause, telle que décrite par le géomètre du cadastre le 28 novembre 2022, à l'occasion d'une visite qui s'est déroulée en présence de l'usufruitier, est une construction en pierre, comportant un salon de 30 m², une salle à manger de 13 m², une cuisine de 11 m², 4 chambres, une salle d'eau, 1 WC, une baignoire, une douche, 3 lavabos, avec un garage, une buanderie, une chaufferie et une véranda, et un total de 6 annexes.
5. M. B soutient que si la suppression d'une salle d'eau et d'une cuisine ont permis d'avoir effectivement des pièces plus spacieuses tout en maintenant la présence d'une seule pièce d'hygiène, ce seul critère est insuffisant pour justifier une augmentation de 3 catégories. Toutefois, les caractéristiques intrinsèques de sa maison sont, compte tenu notamment des sanitaires présents dans le logement et de l'absence d'éléments laissant supposer une absence de confort moderne, les plus proches de la catégorie 4M.
6. Si M. B soutient par ailleurs que les locaux type retenus par le service pour illustrer la catégorie retenue pour son logement ne seraient pas comparables à ce dernier, compte tenu notamment de leur année d'édification très antérieure et de la médiocre isolation de son habitation, les éléments qu'il relève, alors que le choix des locaux-type a une vocation essentiellement illustrative s'agissant du classement des immeubles, ne sont pas de nature entant que tels à remettre en cause l'adéquation du classement retenu pour sa maison.
7. M. B n'est par conséquent pas fondé à soutenir que le classement de sa maison dans la sous-catégorie 4 M est erroné. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation du reclassement de son bien immobilier doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais de procès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D.BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202939
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