mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203432 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022, Mme A B et M. C D, représentés par Me Ghaem, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 23 août 2022 par laquelle la commission de médiation de Vaucluse a rejeté leur demande en vue d'une offre d'hébergement dans les conditions prévues au III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de les reconnaître comme étant prioritaire et devant être hébergée d'urgence au titre du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B et M. D, de nationalité géorgienne, soutiennent que :
-la décision attaquée est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen particulier de leur situation ;
-la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'ils ont accompli des démarches préalables auprès du centre d'appel 115 ;
-le motif de la décision attaquée est entaché d'une erreur de droit par violation du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ; la commission de médiation ne peut être dispensée d'un examen de leur situation ; leur demande d'asile ayant été rejetée, ils restent hébergés en toute illégalité dans le centre d'hébergement des demandeurs d'asile Pierre Valdo ; le fait qu'ils soient en situation irrégulière ne fait pas obstacle à leur hébergement d'urgence ;
-la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la vulnérabilité de leur famille, ayant deux enfants scolarisés âgés de 7 et 11 ans.
Le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 24 juillet 2013 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Après une première audience publique tenue le 11 avril 2023, au cours de laquelle, après rapport de M. Brossier, ont été entendues les observations Me Girondon substituant Me Ghaem pour les requérants, qui a conclu aux mêmes fins que celles de la requête par les mêmes moyens, l'instruction a été rouverte afin de communiquer le mémoire de la préfète de Vaucluse enregistré le 17 avril 2023.
Par ce mémoire enregistré le 17 avril 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience du 9 mai 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 9 mai 2023.
A été entendu au cours de l'audience publique du 9 mai 2023 le rapport de M. Brossier, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D et son épouse Mme B, ressortissants géorgiens entrés en France en 2021 avec leurs deux enfants mineurs afin de solliciter le bénéfice de l'asile, ont été hébergés par le centre d'hébergement pour demandeurs d'asile Pierre Valdo. Mme B a présenté devant la commission départementale de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse une demande d'hébergement, pour elle, son époux et leur deux enfants mineurs, sur le fondement des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Lors de la séance du 23 août 2022, par la décision attaquée, la commission départementale de médiation a rejeté cette demande.
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : "La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région () ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
4. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes tendant à être déclaré prioritaire et devant être logé d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il résulte des dispositions précitées que les conditions réglementaires d'accès à l'hébergement sont appréciées en prenant en compte la situation de l'ensemble des personnes du foyer et, au nombre de ces conditions, figure notamment celle que ces personnes séjournent régulièrement sur le territoire français.
5. Ainsi, les ressortissants étrangers qui font l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, ou dont la demande d'asile a été définitivement rejetée et qui doivent ainsi quitter le territoire, n'ont pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence, sauf si des circonstances exceptionnelles justifient qu'ils soient reconnus comme prioritaires et devant être hébergés en urgence.
6. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes utiles sur lesquels elle se fonde, notamment les articles L. 300-1 et L. 441-2-3, III du code de la construction et de l'habitation, et est motivée par le fait qu'il n'y a eu aucune démarche préalable d'hébergement, " notamment auprès du centre d'appel 115 ", et que l'association Pierre Valdo, qui les héberge, " devrait déposer une demande d'entrée en CHRS ". Dans ces conditions, la décision attaquée, qui ne révèle aucun défaut d'examen particulier, est suffisamment motivée en droit et en fait.
7. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le motif tiré de l'absence de démarche préalable d'hébergement peut être opposé par la commission de médiation sans erreur de droit, dès lors qu'en application des dispositions précitées de l'article R. 441-14-1, celle-ci se prononce " en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées ". Le moyen tiré d'une erreur de droit doit par suite être écarté.
8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D et Mme B ont vu leur demande d'asile rejetée le 4 août 2021 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, qu'ils ont fait l'objet chacun d'une obligation de quitter le territoire français le 7 décembre 2021, et qu'ils indiquent ne plus pouvoir bénéficier de l'hébergement prévu pour les demandeurs d'asile.
9. D'une part, si les requérants soutiennent que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'ils ont accompli des démarches préalables auprès du centre d'appel 115, en tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision au motif qu'à la date de la décision attaquée, ils étaient encore hébergés en centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA).
10. D'autre part, en invoquant leur situation de précarité et la scolarisation de leurs deux enfants âgés de 7 et 11 ans, les requérants n'établissent pas une circonstance exceptionnelle justifiant qu'ils soient reconnus comme prioritaires et devant être hébergés en urgence. Dans ces conditions, la commission de médiation n'a commis aucune erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées en ne les désignant pas comme prioritaires et devant être hébergés d'urgence.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B et M. D tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées. Par suite, leurs conclusions visées ci-dessus à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
13. Ces dispositions font obstacle à ce que la partie défenderesse, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamnée à payer à Mme B et à M. D la somme qu'ils demandent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2203432 de Mme B et M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. C D, à Me Ghaem et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la préfète de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le magistrat désigné,
J. B. BROSSIER
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026