jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203498 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VINSONNEAU-PALIES-NOY-GAUER ET ASSOCIES (VPNG) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2103415 du 16 novembre 2022 enregistrée le 18 novembre 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par le centre hospitalier de Béziers.
Par cette requête et des mémoires, enregistrés au greffe du tribunal de Montpellier le 1er juillet 2021, le 11 janvier 2022 et le 10 octobre 2022 et un mémoire enregistré au greffe du tribunal le 11 décembre 2023, le centre hospitalier de Béziers, représenté par Me Bezard de la SCP VPNG avocats associés, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la société Schindler à lui verser la somme de 14 827, 37 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) de condamner la société Schindler à lui verser la somme de 16 498, 46 euros au titre des frais d'expertise ;
3°) de prendre acte du désistement de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte de délivrance du certificat " CE " du monte-malade UK437 ;
4°) de mettre à la charge de la société Schindler la somme de 10 583, 20 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il appartient au tribunal administratif de Montpellier de transmettre sans délai la requête au tribunal administratif de Nîmes ;
- sa requête est recevable dès lors que son directeur est, sur le fondement de l'article
L. 6143-7 du code de la santé publique compétent pour agir en justice au nom du centre hospitalier de Béziers ;
- la faute commise par la société Schindler dans la maintenance du monte-malade UK438 engage sa responsabilité contractuelle ;
- la faute commise par la société Schindler a entrainé la mise à l'arrêt pendant 28 mois du monte-malade UK438, laquelle est à l'origine d'un préjudice matériel d'un montant total de 13 519, 79 euros correspondant, d'une part, au préjudice subis du fait de la mise à l'arrêt du monte-malade UK438 et, d'autre part, de la réduction de la durée de vie du monte-malade UK437 qui a dû suppléer à la mise à l'arrêt du ;
- la remise en service du monte-malade UK438 a été subordonnée à l'intervention préalable de la société DEKRA, en sa qualité de contrôleur technique, pour un montant de 1 308 euros TTC qu'il convient de mettre à la charge de la société Schindler au titre de sa responsabilité contractuelle ;
- les frais d'avocats pour solliciter une expertise auprès du juge des référés puis assurer son suivi s'élèvent à 12 000 euros qu'il convient de mettre à la charge de la société Schindler au titre de sa responsabilité contractuelle ;
- les frais et honoraires de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier ont donné lieu à une ordonnance de liquidation et de taxation du 18 février 2021 de la présidente dudit tribunal pour un montant de 16 498, 46 euros réglé par le centre hospitalier de Béziers qu'il convient de mettre à la charge de la société Schindler au titre de sa responsabilité contractuelle ;
- il convient d'enjoindre à la société Schindler, au titre de ses obligations de maintenance, de communiquer le certificat CE du monte-malade UK437 ainsi que le rappelle le rapport d'expertise du 8 février 2021.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 25 mars 2022 et le 2 septembre 2022, ainsi qu'un mémoire enregistré le 2 avril 2024 mais non communiqué, la société Schindler, représentée par la SCP de Angelis - Semidei - Vuillquez - Habart Melki-Bardon - de Angelis, conclut à l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Montpellier, à l'irrecevabilité ainsi qu'au rejet de la requête et à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'article 18 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) prévoit que les litiges relatifs à l'exécution du marché relèvent de la compétence territoriale du tribunal administratif de Nîmes ;
- le marché de maintenance en litige lui a été confié par le centre hospitalier Alès Cévennes et le requérant ne produit pas l'acte donnant à son directeur délégation pour ester en justice ;
- sa responsabilité contractuelle ne serait être engagée dès lors que :
* contrairement aux conclusions du rapport d'expertise les disfonctionnements du monte-malade UK438 ne sont pas liés à un défaut de maintenance du contacteur auxiliaire 2 BY mais du frein de sécurité ;
* lors de l'expertise amiable la société CFA DIVISION NSA, titulaire du marché d'installation des appareils élévateurs du centre hospitalier de Béziers, a indiqué, d'une part, ne pas remettre en cause le constat de la société Schindler sur le fait que les dysfonctionnements étaient imputables au frein de sécurité et, d'autre part, ne pas solliciter une expertise complémentaire
* le manuel de maintenance du monte-malade précise qu'aucune opération de maintenance n'est nécessaire et autorisé sur le frein de sécurité ;
* le frein de sécurité n'est plus fabriqué et son remplacement n'était donc pas possible ;
* le remplacement, le 31 juillet 2018 à titre préventif et pour faire suite aux recommandations du constructeurs, du contacteur auxiliaire 2 BY n'a pas empêché le frein de sécurité de dysfonctionner à nouveau quelques jours plus tard ;
* si l'expertise judiciaire a relevé une défaillance du contacteur auxiliaire 2 BY, cette dernière est la conséquence du dysfonctionnement progressif et rapide du frein de sécurité et non l'inverse ;
* c'est uniquement le remplacement du groupe moteur qui a permis de diagnostiquer une déficience du contacteur auxiliaire 2 BY.
- l'évaluation des préjudices par l'expertise judiciaire pour évaluer le montant des préjudices ne s'appuie sur aucune documentation technique de telle sorte qu'elle sera revue à de plus juste proportion ;
- à compter du 1er avril 2020, la maintenance des élévateurs du centre hospitalier de Béziers a été confiée à la société Thyssen à laquelle il appartient de fournir au requérant le certificat CE du monte-malade UK437.
Vu :
- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Montpellier du 18 février 2021 portant taxation des frais et honoraires d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 19 janvier 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de fournitures courantes et de services ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chaussard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Heurtebise, représentant le centre hospitalier de Béziers, et de Me Marguet, représentant la société Schindler.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché de travaux sous sa maitrise d'ouvrage, le centre hospitalier de Béziers a procédé à l'extension et à la restructuration de ses installations situées sur le site de Montimaran. Le lot n°22 de ce marché " appareil élévateurs " a été confié à la société CFA division de NSA. Le marché a été réceptionné avec réserves le 9 décembre 2010 et les réserves ont été levées le 26 avril 2012. A compter du 1er janvier 2014 et jusqu'au 31 mars 2020, le marché de maintenance préventive et corrective des appareils élévateurs du centre hospitalier de Béziers a été confié à la société Schindler. D'abord et pour la période comprise entre le 1er janvier 2014 et le 31 mars 2016, par un marché passé en procédure adaptée conclut, sur le fondement de l'article 28-1 du code des marchés publics dans sa rédaction applicable, par le centre hospitalier de Béziers en qualité de pouvoir adjutateur. Ensuite et pour la période comprise entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2020, par un marché de services à bon de commande conclut par le centre hospitalier Ales-Cevennes en sa qualité de pouvoir adjudicateur et de coordinateur pour le groupement de commandes régional dont le centre hospitalier de Béziers était membre. En raison de dysfonctionnements des monte-malades UK437 et UK 438, une expertise a été ordonnée par une ordonnance n° 1901797 du 8 août 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier. Le champ de cette expertise a été étendue par une ordonnance n°1905139 du 5 novembre 2019 du juge des référés de ce même tribunal. L'expert désigné a déposé son rapport le 8 février 2021. Par sa requête, le centre hospitalier de Béziers recherche la responsabilité contractuelle de la société Schindler afin d'obtenir la réparation de ses préjudices.
Sur le désistement partiel :
2. Dans le dernier état de ses écritures, le centre hospitalier de Béziers indique que la société Schindler lui a communiqué le certificat " CE " du monte-malade UK437 et que, par voie de conséquence, il déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable : " Le directeur, président du directoire, conduit la politique générale de l'établissement. Il représente l'établissement dans tous les actes de la vie civile et agit en justice au nom de l'établissement. ". Aux termes du préambule du CCAP du marché en litige : " En application de l'article 8 VII du code des marchés publics et conformément à la convention constitutive, le centre hospitalier Alès-Cévennes a été désigné en tant que coordinateur. () Le coordinateur est, par ailleurs , compétent dans la phase d'exécution des marchés dans le cadre du groupement pour : / procéder à la passation, à la signature et à la notification des avenants de toute nature pouvant intervenir dans le cadre du marché ; / établir les certificats administratifs ; / décider des reconductions de marché ; / prendre la décision de résiliation au nom et pour le compte des établissements membres, et notamment de l'ensemble des marchés du groupement " Maintenance des ascenseurs ". / L'exercice des autres compétences relève des établissements membres du groupement de commandes. ".
4. La société Schindler soutient que le marché de maintenance en litige lui a été confié par le directeur du centre hospitalier Ales Cévennes en sa qualité de coordinateur du groupement de commandes régional et que le centre hospitalier de Béziers ne produit pas l'acte donnant à son directeur délégation pour ester en justice.
5. D'une part, il résulte des stipulations précitées du CCAP du marché en litige que la mise en cause de la responsabilité contractuelle du titulaire du marché ne figure pas au nombre des mesures relavant de la compétence exclusive du coordinateur du groupement de commandes mais de celle des établissements membres, dont le centre hospitalier de Béziers, de ce groupement.
6. D'autre part, en application des dispositions précitées de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique, le directeur du centre hospitalier est seul compétent, à l'exclusion du conseil d'administration dont il n'a pas à obtenir d'autorisation préalable, pour agir en justice au nom de l'établissement.
7. Il résulte de ce qui précède que la société Schindler n'est ainsi pas fondée à soutenir que le directeur du centre hospitalier requérant n'aurait pas qualité pour représenter l'établissement en justice.
Sur la responsabilité contractuelle :
8. Les collectivités publiques sont recevables à demander au juge du contrat la condamnation de leur cocontractant, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à les indemniser des dommages nés de l'exécution du contrat.
9. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport du 8 février 2021 rédigé par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, que l'immobilisation du monte-malade UK 438 du 4 juillet 2018 au 5 octobre 2020 trouve son origine dans la défaillance de l'ensemble constitué par le moteur et le frein à disque de sécurité. Il est précisé que la motorisation du monte-malade est assurée par une machine sans réduction, dite " Gearless ", située en partie haute de la gaine, fixée à l'une des parois latérales de celle-ci à l'aide d'un ensemble métallique formant support. Le monte-malade comporte à frein à disque de sécurité destiné à maintenir la cabine en position verrouillée stable lors de son arrêt au pallier, empêchant toute dérive de celle-ci pendant cet arrêt. Le frein à disque de sécurité est alimenté électriquement et est mis sous tension par l'intermédiaire d'un contacteur situé dans l'armoire de commande.
10. La société Schindler soutient dans ses écritures en défense que la mise à l'arrêt du monte-malade UK438 est uniquement imputable au frein à disque de sécurité et que la défaillance du contacteur auxiliaire 2 BY est la conséquence du dysfonctionnement progressif et rapide du frein de sécurité et non l'inverse. La société Schindler ajoute, ce qui n'est pas contesté par le centre hospitalier de Béziers et qui résulte effectivement des pièces du dossier, d'une part, que le remplacement du frein à disque de sécurité n'était pas possible car il n'était plus fabriqué par le constructeur et, d'autre part, avoir proposé des travaux consistant à remplacer le moteur du monte-malade en adaptant le châssis de ce dernier. Elle soutient enfin que le frein à disque de sécurité ne relevait pas de ses obligations de maintenance prévues par le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) dès lors que la documentation technique du monte-malade indique, non seulement qu'aucune opération de maintenance n'est nécessaire mais surtout qu'une telle opération n'est pas autorisée. A cet égard, il résulte de ce rapport, et la société Schindler ne le conteste d'ailleurs pas dans ses écritures, que saisie d'une demande en ce sens, l'expert lui a proposé qu'elle fasse procéder en laboratoire à des analyses du frein de sécurité. Or par une note du 25 janvier 2021 adressée à l'expert, le conseil de la société Schindler a indiqué que cette dernière renonçait à cette demande. Enfin, l'entretien du contacteur 2 BY relevait des obligations de maintenance et de remplacement de la société Schindler telles qu'elles étaient définies par les stipulations de l'annexe 3.3 du CCTP du marché en litige. Par suite, la mise à l'arrêt du monte-malade UK438 pendant vingt-huit mois doit être regardée comme trouvant son origine dans le défaut d'entretien du contacteur 2 BY qui relevait des obligations de maintenance et de remplacement de la société Schindler.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Béziers est fondé à engager la responsabilité contractuelle de la société Schindler pour obtenir l'indemnisation de ses préjudices nés de la mauvaise exécution du contrat de maintenance.
Sur les préjudices :
12. En premier lieu, le centre hospitalier de Béziers soutient que la mise à l'arrêt du monte-malade UK438, du 4 juin 2018 au 5 octobre 2020, est à l'origine d'un préjudice de jouissance. Il résulte effectivement de l'instruction, et il n'est pas contesté en défense, que les monte-malades UK437 et UK438 permettent l'accès aux blocs opératoires, au bloc stérilisation, à la pharmacie ainsi qu'au service anatomopathologie et que la mise à l'arrêt de ces appareils élévateurs est de nature à paralyser l'activité du centre hospitalier de Béziers sur le site de Montimaran. L'arrêt pendant vingt-huit mois du monte-charge UK438 est ainsi à l'origine d'un préjudice de jouissance, ayant entrainé une désorganisation de l'exercice du service public de santé, dont le centre hospitalier de Béziers est fondé à demander l'indemnisation. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, ainsi que le demande le centre hospitalier de Béziers qui reprend la méthode d'évaluation du préjudice proposée par l'expert désigné, en l'évaluant à la somme de 7 420 euros correspondant à l'amortissement linéaire du monte-malade pendant la durée de l'immobilisation, soit un montant de 265 euros par mois d'immobilisation. Montant duquel il convient de déduire les coûts de maintenance non supportés durant cette période et dont il résulte de l'instruction qu'ils s'élèvent à 3 448, 63 euros. Par suite, il y a lieu de retenir la somme de 3 979, 63 euros au titre du préjudice de jouissance résultant de l'immobilisation du monte-malade UK438.
13. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté en défense que la remise en service du monte-malade UK438 a été subordonnée à un contrôle technique assuré par la société Dekra pour un montant de 1 308 euros TTC réglé par le centre hospitalier de Béziers et dont ce dernier est fondé à demander le remboursement par la société Schindler.
14. En dernier lieu, le centre hospitalier de Béziers demande l'indemnisation du préjudice lié à la réduction de la durée de vie du monte-malade UK437 qui a dû suppléer l'immobilisation du monte-malade UK438. Si dans ses écritures en défense la société Schindler conteste les modalités de calcul de l'usure anormale du monte-malade UK 437, elle ne conteste pas que la mise à l'arrêt du monte-malade UK438 a entrainé un report du flux des utilisateurs sur le monte-malade UK437 ayant accéléré son usure. Par ailleurs, ni durant les opérations d'expertise ni dans ses écritures la société Schindler n'a proposé une méthode de calcul de nature à infirmer le chiffrage du préjudice établi par l'expert désigné et que reprend le centre hospitalier dans ses écritures. Dans ces conditions, l'évaluation de la réduction de la durée totale du cycle de fonctionnement du monte-malade UK437 à 10% en raison de l'immobilisation du monte-charge UK438 n'apparaît pas excessive. Le cycle de vie du monte-charge UK437 étant de 30 ans, une réduction de sa durée de vie de 10 % correspond à trois années, soit, eu égard à sa la durée d'amortissement linéaire de 265 euros par mois, un montant de 9 540 euros dont le centre hospitalier de Béziers est fondé à demander que la société Schindler soit condamnée à le lui verser.
15. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Béziers est fondé à demander la condamnation de la société Schindler à lui verser la somme de 14 827,37euros TTC.
Sur les dépens :
16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. ".
17. Il résulte de l'instruction que les frais et honoraires d'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 16 498, 46 euros TTC par une ordonnance du 18 février 2021 de la présidente du tribunal administratif de Montpellier qui les a mis à la charge du centre hospitalier de Béziers. Il y a lieu, en application de ces dispositions et de tout ce qui précède, de les mettre à la charge définitive de la société Schindler.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Béziers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Schindler demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge la société Schindler le versement au centre hospitalier de Béziers d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'injonction sous astreinte du centre hospitalier de Béziers.
Article 2 : La société Schindler est condamnée à verser au centre hospitalier de Béziers la somme de 14 827,37 euros.
Article 3 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 16 498,46 euros TTC par une ordonnance du 18 février 2021 de la présidente du tribunal administratif de Montpellier, sont mis à la charge définitive de la société Schindler.
Article 4 : La société Schindler versera la somme de 2 000 euros au centre hospitalier de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier de Béziers et à la société Schindler.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
M. CHAUSSARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
I. LOSA
La République mande et ordonne à le préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203498
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026