mardi 29 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203751 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARIJON-DILLENSCHNEIDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2022, M. E B, représenté par Me Dillenschneider, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 29 avril 2022 par la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône d'un montant de 10 965 euros correspondant à un trop-perçu de rémunération ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui reverser les sommes prélevées d'un montant actuel de 5 885,94 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le titre attaqué méconnaît l'article 4 de loi du 12 avril 2000 en ce qu'il ne comporte pas le nom, la qualité et la signature de son auteur ;
- il méconnaît les articles 81 et 82 du décret n° 62-1587 du 29 décembre 1962 dès lors qu'il est dépourvu de motivation en l'absence de toute indication sur les bases de liquidation de la créance ;
- il est infondé dès lors que les sommes réclamées ne sont pas dues ; en septembre la somme de 2 116,92 euros a déjà été prélevée, ce qui ne correspond pas au détail mentionné en dernier page du titre en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens visant à contester la validité du titre de perception sur le fond y compris en son montant ne relèvent pas de la compétence de la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, comptable en charge seulement du recouvrement ;
- le titre de perception est régulièrement signé.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2025, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête de M. B.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- la loi n° 2020-1658 du 29 décembre 2010 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarac-Deleigne,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B qui était surveillant pénitentiaire au centre de détention de Tarascon avant sa radiation des cadres du ministère de la justice à compter du 2 juin 2022, demande au tribunal d'annuler le titre de perception d'un montant de 10 965 euros émis à son encontre le 29 avril 2022 pour le recouvrement d'un trop-perçu de rémunération et d'enjoindre à l'administration de lui rembourser les sommes déjà prélevées d'un montant de 5 885,94 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration reprenant les dispositions de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions : " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qu'il l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
3. Il résulte de l'instruction que si le titre de perception attaqué mentionne en caractères lisibles le nom, le prénom et la qualité de l'ordonnateur, Mme A F, responsable de la recette, il n'est revêtu d'aucune signature. L'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement produit au dossier est pour sa part signé par M. D C, par délégation de l'ordonnateur. A supposer que M. C dispose d'une délégation de signature régulière, il résulte de ce qui a été dit précédemment que, dès lors que ce bordereau a été signé par M. C, le titre de perception attaqué devait mentionner le nom, le prénom et la qualité de ce dernier, et non ceux de Mme A. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'état exécutoire n'a pas été émis conformément aux dispositions précitées.
4. D'autre part, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Il résulte de ces dispositions qu'une personne publique ne peut mettre en recouvrement une recette sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables.
5. S'il résulte de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas contesté par M. B que celui-ci placé en congé de longue durée à demi traitement du 19 août 2019 au 15 juin 2021 a continué à percevoir un plein traitement sur cette période et que le titre de perception vise à régulariser ce trop perçu, le titre exécutoire émis le 29 avril 2022 mentionne en objet " indu sur rémunération issu de la paye de octobre 2021 " sans préciser la période concernée par le rappel de rémunération ni faire référence à aucun courrier ou état précisant les modalités de calculs qui aurait été communiqué préalablement au requérant. Par ailleurs, aucune des mentions du titre de perception en litige ne permet de comprendre les éléments de calcul appliqués par le ministère de de la justice pour fixer à la somme de 10 965 euros le montant total des sommes indûment perçues par le requérant. S'il résulte de l'instruction que M. B a été destinataire d'un état récapitulatif, celui-ci ne permet pas davantage de comprendre les éléments de calcul appliqués. Dans ces conditions, le titre exécutoire contesté, qui ne contient pas les bases de liquidation requises au sens des dispositions précitées, est insuffisamment motivé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que le titre de perception émis à l'encontre de M. B le 29 avril 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'annulation d'un titre de perception pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
8. Le présent jugement annule le titre de perception émis le 29 avril 2022 pour deux motifs de forme pouvant être régularisés par l'émission d'un nouveau titre de perception. Par suite, les conclusions de M. B tendant au remboursement de la somme de 5 885,94 euros doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dillenschneider, avocat de M. B, d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre de perceptions du 29 avril 2022 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Me Dillenschneider, avocat de M. B, une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Dillenschneider, au ministre de la justice et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
M. Cambrezy, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2025.
La rapporteure,
B. SARAC-DELEIGNE
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026