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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2300389

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2300389

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2300389
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMANSART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2023, M. B A, représentée par Me Mansart, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2022 de la direction générale des finances publiques rejetant sa réclamation relative à l'annulation de la majoration de 40 % pour manquements délibérés appliquée sur les redressements liés à son logement de fonction ;

2°) la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.

Il soutient que la gratuité de l'appartement mis à la disposition M. A par la SARL Bowling Saint Barth ne constitue ni un avantage en nature, ni une rémunération déguisée, dès lors que ce logement était nécessaire à son activité ; le caractère intentionnel de l'opération n'est pas avéré.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Parisien,

-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet de rappels en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2017 à 2019, conséquences de la vérification de comptabilité de la SARL Bowling Saint Barth initiée par la 1ère brigade départementale de vérification du Vaucluse. Cette vérification de comptabilité a permis d'établir l'existence de sommes désinvesties devant être considérées comme des revenus distribués au profit de M. A, en application de l'article 111-c du code général des impôts (CGI), concernant des frais non engagés dans l'intérêt de la société et provenant de loyers et autres frais d'eau et d'électricité non déductibles. Ces sommes ont été imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers avec application sur les rappels correspondants de la majoration de 40 % pour manquement délibéré visée à l'article 1729-a du CGI. La réclamation présentée par l'intéressé ayant fait l'objet d'une décision de rejet de la part de l'administration le 5 décembre 2022, M. A demande au tribunal la décharge de la majoration de 40% pour manquement délibéré appliquée aux rectifications dont il a fait l'objet.

2. Aux termes de l'article 1729 a. du code général des impôts, " les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré ".

3. Il résulte de l'instruction que lors de la vérification de la SARL Bowling Saint Barth, il a été établi, au titre des exercices clos le 30 juin 2017, le 30 juin 2018 et le 30 juin 2019, des revenus distribués correspondant à des frais non engagés dans l'intérêt de la SARL Bowling Saint Barth, provenant de loyers, de frais d'eau et d'électricité non déductibles, engagés pour un appartement faisant partie de l'ensemble immobilier pris à bail par la société auprès de la SCI Lauramane, elle-même détenue par la SARL Bowling Saint Barth et ses dirigeants. M. B A a été reconnu comme le bénéficiaire de ces distributions dans la mesure où il a occupé, sur la période du 1er juillet 2016 au 30 juin 2019, ce logement de 150 m² mis à sa disposition gratuitement alors qu'il était salarié à temps partiel de la société en tant que responsable du bar et de l'accueil du bowling jusqu'au 2 janvier 2019 avant de devenir propriétaire du fonds de commerce " bar et restauration rapide " exploité par la SAS Brasserie du Bowling.

4. Pour établir le caractère délibéré des manquements, le service a relevé que l'intéressé, qui avait déclaré 12 912 à 14 872 euros de revenus par an au titre de la période litigieuse, et qui n'était pas imposable à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales avant la vérification, a éludé sur la même période entre 8 732 et 9 112 euros par an de revenus de capitaux mobiliers. L'importance de ces rehaussements, en regard de ces revenus déclarés, caractérise le caractère volontaire des manquements qui lui sont reprochés, alors même que la société fait valoir, sans l'établir, que le logement disposait d'un déport d'alarme, et soutient que le logement est situé dans une zone commerciale et que l'assureur de la société Bowling Saint Barth a regardé la présence d'une personne sur place comme une cause déterminante dans son acceptation d'assurer l'établissement. Par ailleurs, la circonstance que la nature de logement de fonction est confirmée par les actes d'urbanisme est, en tant que telle, sans influence sur le bien-fondé des majorations appliquées. Par conséquent, le service établit le caractère délibéré des manquements.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête, en ce compris, celles formées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Mouret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300389

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