vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300457 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 5 janvier 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 400 euros contractée au titre du revenu de solidarité active (INK 005) pour la période du 1er au 28 février 2017 et de sa dette de 12 021,14 euros contractée au titre du revenu de solidarité active (INK 004) pour la période du 1er février 2016 au 31 décembre 2018, dont le solde s'élevait alors à la somme de 5 983,18 euros, compte tenu des remboursements déjà effectués.
Elle soutient qu'elle ignorait devoir déclarer la pension alimentaire versée par sa mère et qu'elle est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2023, le département du Gard conclut au rejet de la requête de Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. A a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 26 février 2019, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a mis à la charge de Mme C un indu de 12 021,14 euros de revenu de solidarité active (INK 004) pour la période du 1er février 2016 au 31 décembre 2018 et un indu de 400 euros de revenu de solidarité active (INK 005) pour la période du 1er au 28 février 2017. Par un courrier du 13 novembre 2023, Mme C a sollicité une remise gracieuse de ses dettes. Par une décision du 5 janvier 2023, dont Mme C sollicite l'annulation, la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui octroyer une remise gracieuse de ses dettes.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C, et dont elle sollicite la remise gracieuse, résulte de l'absence de déclaration par celle-ci de la pension alimentaire versée par sa mère, d'un montant de 400 euros mensuel, qu'elle perçoit depuis 2015. En effet, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme C bénéficie d'une pension alimentaire d'un montant de 400 euros mensuel versée par sa mère. Si l'intéressée soutient qu'elle ignorait devoir déclarer cette ressource, cette circonstance n'est pas suffisante pour établir sa bonne foi dès lors que le formulaire de déclaration trimestrielle de ressources comporte une case " autres ressources ". Eu égard au montant et à la nature de l'information ainsi omise, Mme C ne saurait légitimement soutenir qu'elle ignorait que cette pension alimentaire devait faire l'objet d'une déclaration aux services de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. Dans ces conditions, au regard de la réitération de ces omissions déclaratives sur l'ensemble de la période litigieuse et de l'importance des sommes non déclarées, la requérante doit être regardée comme ayant sciemment procédé à de fausses déclarations. Par suite, elle ne satisfait pas à la condition de bonne foi, rappelée au point 3, à laquelle est subordonnée le bénéfice d'une remise gracieuse. Dès lors que l'indu litigieux trouve sa cause dans de fausses déclarations de Mme C, celle-ci ne saurait utilement faire valoir sa situation de précarité financière pour bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 janvier 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 400 euros contractée au titre du revenu de solidarité active (INK 005) pour la période du 1er au 28 février 2017 et une dette de 12 021,14 euros contractée au titre du revenu de solidarité active (INK 004) pour la période du 1er février 2016 au 31 décembre 2018, dont le solde s'élevait alors à la somme de 5 983,18 euros, compte tenu des remboursements déjà effectués.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le président,
C. A
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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