vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300645 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2023, M. A B demande au tribunal de prononcer l'exonération de la taxe sur les ordures ménagères à laquelle il a été soumis au titre de l'année 2022 pour un bien situé 361, chemin de la Préfecture à Nîmes (30000).
Il soutient que :
- son bien situé 361, chemin de la Préfecture à Nîmes est le seul qu'il possède ; il ne constitue pas sa résidence secondaire ;
- il n'occupe pas ce bien et ne dépose pas de poubelles ;
- il touche une petite retraite et ses revenus sont insuffisants pour payer la redevance contestée qui s'élève à 478 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est opérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022 pour sa propriété située 361, chemin de la Préfecture à Nîmes. Par une réclamation du 29 septembre 2022, M. B a contesté la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Par courrier du 23 janvier 2023, le directeur général des finances publiques du Gard a rejeté sa réclamation. M. B demande au tribunal l'exonération de la taxe sur les ordures ménagères à laquelle il a été assujetti.
2. Aux termes de l'article 1520 du code général des impôts : " I. Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service () ". Aux termes de l'article 1521 du même code : " I. La taxe porte sur toutes les propriétés soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties ou qui en sont temporairement exonérées ainsi que sur les logements des fonctionnaires ou employés civils et militaires visés à l'article 1523 / () ". En vertu de l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales, les communes peuvent, alternativement, instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu lorsqu'elles assurent au moins la collecte des déchets de ménage.
3. Il résulte de ces dispositions que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères prévue par le code général des impôts a, contrairement à la redevance du même nom susceptible d'être instituée en vertu du code général des collectivités territoriales, le caractère d'une imposition de toute nature et non celui d'une redevance pour services rendus. La circonstance que le propriétaire d'un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties situé dans une zone desservie par le service éliminerait lui-même les déchets ménagers produits par cet immeuble, sans recourir à l'utilisation du service, n'est pas, par elle-même, de nature à justifier une absence d'assujettissement. Dès lors, M. B ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il n'a pas recours à l'utilisation du service pour obtenir l'exonération de la taxe.
4. M. B soutient également que contrairement à ce qu'a indiqué l'administration dans la décision par laquelle elle a rejeté sa réclamation préalable, il n'a pas de résidence secondaire dès lors qu'il ne possède qu'un seul bien, situé 361, chemin de la Préfecture à Nîmes. Ce moyen est toutefois inopérant. En tout état de cause, le fait que M. B ne soit propriétaire que d'un seul bien n'empêche pas de le regarder comme revêtant le caractère de résidence secondaire dès lors que ce bien ne constitue pas sa résidence principale. Si M. B soutient enfin que ses revenus sont insuffisants et qu'il ne perçoit aucune aide, cela n'est pas non plus de nature à permettre l'exonération de la taxe sur les ordures ménagères à laquelle il a été assujetti.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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