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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2300701

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2300701

vendredi 25 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2300701
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantRUBIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 février 2023 puis les 15 mars et 30 octobre 2024, M. D B et Mme A C doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'enjoindre à la société Enedis de déplacer en dehors de leur propriété la ligne électrique aérienne surplombant irrégulièrement celle-ci, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) d'ordonner une mesure d'expertise ;

3°) de condamner la société Enedis à leur verser la somme totale de 529 000 euros, assortie des intérêts au taux légal, en réparation des divers préjudices qu'ils estiment avoir subis, ainsi qu'une indemnité d'occupation d'un montant de 100 euros par jour de retard à compter de leur demande tendant au déplacement de la ligne électrique aérienne en cause ou, à titre subsidiaire, une indemnité correspondant à 20 % de la valeur vénale de leur propriété ;

4°) de mettre à la charge de la société Enedis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable et ils justifient être propriétaires des parcelles en cause qui sont closes ;

- une ligne électrique appartenant à la société Enedis surplombe irrégulièrement leur propriété bâtie et ils ont refusé de signer la convention de servitude proposée par cette société à laquelle aucune servitude n'a été consentie ;

- cette ligne électrique implantée sans droit ni titre, et en méconnaissance des dispositions applicables du code de l'énergie, présente une dangerosité avérée ;

- la régularisation de l'ouvrage public litigieux est impossible et le déplacement de cet ouvrage, qui alimente en électricité un seul riverain, ne porterait pas une atteinte excessive à l'intérêt général ;

- la responsabilité pour faute de la société Enedis est engagée, en raison de cette emprise irrégulière portant atteinte à leur droit de propriété, et les préjudices qu'ils subissent présentent un caractère direct et certain ;

- leur demande, présentée le 14 mai 2019, tendant au déplacement de ce câble électrique ayant été prise en compte plus de cinq ans plus tard par la société Enedis, ils sollicitent la réparation du préjudice lié au retard dans la réalisation des travaux de déplacement ainsi qu'un " dédommagement pour les travaux devant être réalisés afin de faire cesser l'atteinte à (leur) droit de propriété " ;

- la présence de l'ouvrage public litigieux a engendré une " perte de potentiel constructible " de leur terrain, ainsi que " des surcoûts de construction " et une modification de leur projet de construction, et ils subissent une perte de jouissance, un préjudice moral et des troubles dans leurs conditions d'existence, un préjudice d'agrément, un préjudice esthétique, ainsi qu'un préjudice consistant en la perte de valeur vénale de leur bien ;

- une indemnité d'un montant de 100 000 euros devra leur être versée en réparation de la perte de jouissance qu'ils subissent ;

- une somme de 299 000 euros devra leur être versée en réparation de la " perte de chance d'avoir pu construire (leur) projet sans avoir à tenir compte de manière impérieuse de la présence illégale du câble litigieux " ;

- une indemnité d'occupation d'un montant de 100 euros par jour, à compter du 14 mai 2019 et jusqu'à la " libération " de leur propriété, devra leur être versée ;

- leur préjudice moral devra être réparé à hauteur de la somme de 100 000 euros ;

- le préjudice d'agrément et les troubles dans leurs conditions d'existence devront être réparés à hauteur de la somme de 30 000 euros ;

- ils n'ont pas été informés par la société Enedis de la date de l'ouverture du chantier sur leur propriété.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 février et 3 octobre 2024, la société Enedis, représentée par Me Rubin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier de leur qualité de propriétaire ;

- dans l'hypothèse où aucune convention de servitude n'aurait été signée en vue de l'implantation de la ligne électrique litigieuse, elle n'est pas opposée au déplacement de cet ouvrage public ;

- elle a proposé, dès le 23 juin 2022, le déplacement de l'ouvrage en cause, qui ne présente aucune dangerosité, et s'est heurtée à un refus des intéressés dont les agissements présentent un caractère dilatoire ;

- elle était fondée à solliciter la prise en charge financière des coûts du déplacement par les intéressés et a néanmoins proposé, à titre transactionnel, de déplacer l'ouvrage à ses frais ;

- la situation pourrait être régularisée et le déplacement de l'ouvrage public en cause porterait atteinte à l'intérêt général ;

- l'ouvrage public n'a pas été implanté sans autorisation et les préjudices allégués liés à la présence de cet ouvrage ne sont pas établis et ne présentent pas un caractère actuel, direct et certain.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ;

- le décret n° 67-886 du 6 octobre 1967 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mouret,

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,

- les observations de Mme C et celles de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme C sont propriétaires, depuis le 23 avril 2019, des parcelles cadastrées section CA nos 973 et 1711 situées impasse de l'Aurore sur le territoire de la commune de Nîmes. Une ligne électrique aérienne appartenant à la société Enedis surplombe la première de ces parcelles. Après avoir sollicité en vain le déplacement de cet ouvrage public auprès des services de la société Enedis, les intéressés ont, par un courrier du 15 janvier 2022, refusé de signer la convention de servitude proposée par la société Enedis et présenté une demande indemnitaire préalable. M. B et Mme C demandent au tribunal d'enjoindre à la société Enedis de procéder au déplacement de la ligne électrique en cause, sous astreinte, et de condamner cette société à leur verser une indemnité d'occupation et à réparer les préjudices qu'ils estiment avoir subis.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la société Enedis :

2. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'attestation notariale et de l'acte authentique de vente produits par les requérants, que M. B et Mme C sont propriétaires des deux parcelles mentionnées au point 1, dont l'une est surplombée par la ligne électrique aérienne litigieuse. Les intéressés justifient, en leur qualité de propriétaire, d'un intérêt leur donnant qualité pour agir. Par suite la fin de non-recevoir opposée par la société Enedis doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

3. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition ou le déplacement d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition ou le déplacement à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, en tenant compte de l'écoulement du temps, de prendre en considération, d'une part, les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition ou du déplacement pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition ou le déplacement n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.

4. Aux termes de l'article L. 323-3 du code de l'énergie, reprenant les dispositions du premier et du deuxième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie : " Les travaux nécessaires à l'établissement et à l'entretien des ouvrages de la concession de transport ou de distribution d'électricité peuvent être, sur demande du concédant ou du concessionnaire, déclarés d'utilité publique par l'autorité administrative () ". Selon l'article L. 323-4 du même code, reprenant les dispositions du troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie : " () / La déclaration d'utilité publique confère () au concessionnaire le droit : / 1° D'établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens d'électricité, soit à l'extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments, à la condition qu'on y puisse accéder par l'extérieur, étant spécifié que ce droit ne pourra être exercé que sous les conditions prescrites, tant au point de vue de la sécurité qu'au point de vue de la commodité des habitants, par les décrets en Conseil d'Etat prévus à l'article L. 323-11. Ces décrets doivent limiter l'exercice de ce droit au cas de courants électriques tels que la présence de ces conducteurs d'électricité à proximité des bâtiments ne soient pas de nature à présenter, nonobstant les précautions prises conformément aux décrets des dangers graves pour les personnes ou les bâtiments ; / 2° De faire passer les conducteurs d'électricité au-dessus des propriétés privées, sous les mêmes conditions et réserves que celles spécifiques au 1° ci-dessus () ". L'article 1er du décret du 6 octobre 1967 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie et de la loi du 16 octobre 1919 relative à l'utilisation de l'énergie hydraulique dispose que : " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, d'ébranchage ou d'abattage prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article. / Cette convention produit, tant à l'égard des propriétaires et de leurs ayants droit que des tiers, les effets de l'approbation du projet de détail des tracés par le préfet, qu'elle intervienne en prévision de la déclaration d'utilité publique des travaux ou après cette déclaration, ou, en l'absence de déclaration d'utilité publique, par application de l'article 298 de la loi du 13 juillet 1925 susvisée ". Il résulte de ces dispositions que les servitudes mentionnées par l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, codifié aux articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie, peuvent être instituées par une convention passée entre le concessionnaire d'un service de distribution d'énergie et le propriétaire de la parcelle concernée.

5. En premier lieu, le procès-verbal de constat produit par M. B et Mme C fait apparaître qu'une ligne électrique aérienne surplombe la parcelle cadastrée section CA n° 973 dont ils sont propriétaires. Il ne résulte pas de l'instruction, et notamment pas de la copie authentique de l'acte de vente du 23 avril 2019, que l'installation de cette ligne électrique aurait été précédée de la conclusion d'une convention de servitude autorisant cette implantation avec l'un des anciens propriétaires de cette parcelle. Dans ces conditions, et en l'absence de déclaration d'utilité publique ou d'une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire, l'ouvrage public en cause est irrégulièrement implanté sur la propriété des intéressés.

6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'aucune régularisation de l'implantation de l'ouvrage public en cause n'est possible à la date du présent jugement, dès lors, d'une part, que M. B et Mme C ont, par leur courrier du 15 janvier 2022, refusé de conclure une convention de servitude avec la société Enedis dans les conditions proposées par celle-ci et, d'autre part, que cette société - qui n'a d'ailleurs pas donné son accord nécessaire à l'engagement du processus de médiation proposé par le président de la 3ème chambre dans le cadre de la présente instance - ne se prévaut pas de son intention d'engager une procédure visant à l'institution de la servitude d'utilité publique prévue par les dispositions citées ci-dessus des articles L. 323-3 et L. 323-4 du code de l'énergie, alors au demeurant que la propriété de M. B et Mme C est bâtie et clôturée.

7. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que la société Enedis n'est, ainsi qu'elle l'indique elle-même dans ses écritures, pas opposée à la réalisation des travaux de déplacement de la ligne électrique aérienne surplombant irrégulièrement la propriété de M. B et Mme C et qu'elle avait d'ailleurs programmé la réalisation de ces travaux au cours de l'année 2024. Si la société Enedis, qui se prévaut du coût élevé des travaux de déplacement sans fournir aucun élément chiffré à cet égard, argue d'une atteinte excessive à l'intérêt général, elle n'assortit pas ses allégations sur ce point de précisions suffisantes, alors que les requérants soutiennent, sans contredit sérieux, que l'ouvrage en cause, dont ils soulignent le caractère dangereux, assure l'alimentation en électricité d'une seule propriété riveraine. Dans ces conditions, et alors que la société Enedis ne produit aucun élément permettant d'apprécier l'impact réel des travaux requis sur la continuité du service public et ne justifie pas d'un motif d'intérêt général susceptible de faire obstacle à une modification de l'implantation de cet ouvrage, le déplacement de la ligne électrique aérienne en cause ne saurait être regardé comme portant une atteinte excessive à l'intérêt général, eu égard aux inconvénients de sa présence pour M. B et Mme C.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de diligenter une mesure d'expertise, qu'il y a lieu d'ordonner à la société Enedis de procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, au déplacement de l'ouvrage public litigieux. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir d'une astreinte cette injonction dont l'exécution implique nécessairement que les agents de la société Enedis puissent accéder à la propriété de M. B et Mme C.

Sur les conclusions indemnitaires :

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B et Mme C ont déposé, plusieurs mois avant de faire l'acquisition de leur propriété, une demande de permis de construire comportant notamment un plan de masse et un document graphique faisant clairement apparaître la ligne électrique litigieuse. Le permis de construire ainsi sollicité, en vue de l'édification d'une maison individuelle et d'une piscine, a été délivré aux intéressés par un arrêté du maire de Nîmes du 20 mars 2019, ainsi que l'indique l'acte de vente du 23 avril 2019 produit par les requérants. Si M. B et Mme C demandent au tribunal de condamner la société Enedis à leur verser une somme " en réparation de la perte de chance d'avoir pu construire (leur) projet sans avoir à tenir compte de manière impérieuse de la présence illégale du câble litigieux ", il ne résulte pas de l'instruction, et notamment pas des termes de l'attestation établie le 1er mars 2024 par l'architecte du projet, que la présence de la ligne électrique aérienne en cause aurait contraint les intéressés à modifier le lieu d'implantation ou les caractéristiques des constructions dont l'édification a été autorisée par le permis de construire du 20 mars 2019. Dans ces conditions, le préjudice ainsi allégué n'est, en tout état de cause, pas établi.

10. En deuxième lieu, si les requérants réclament l'indemnisation d'un préjudice de jouissance, résultant de la présence irrégulière de la ligne électrique aérienne litigieuse en surplomb de leur propriété, la réalité du préjudice ainsi allégué n'est aucunement établie, alors qu'il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point précédent, que les intéressés étaient pleinement informés de l'existence de cet ouvrage lors de l'acquisition du terrain. De même, la réalité du préjudice moral, du préjudice d'agrément ainsi que des troubles dans les conditions d'existence allégués par M. B et Mme C n'est pas davantage établie par les éléments versés aux débats.

11. En troisième lieu, si M. B et Mme C sollicitent le versement d'une indemnité d'occupation d'un montant de 100 euros par jour à compter de leur demande tendant au déplacement de l'ouvrage public en cause, ils ne se réfèrent à cet égard à aucune disposition législative ou réglementaire et n'assortissent pas leurs allégations sur ce point de précisions suffisantes. Par suite, et alors que les intéressés ont acquis leur propriété en ayant connaissance de la présence d'une ligne électrique en surplomb, cette demande ne saurait, en tout état de cause, être accueillie.

12. En quatrième et dernier lieu, la demande, présentée à titre subsidiaire par M. B et Mme C, tendant au versement d'une indemnité correspondant à 20 % de la valeur vénale de leur propriété ne saurait être accueillie, les intéressés ne pouvant se prévaloir d'une perte de valeur vénale de leur terrain dont le prix d'acquisition tenait compte de la présence de la ligne électrique aérienne litigieuse.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité ni de diligenter une mesure d'expertise, que les conclusions indemnitaires présentées par M. B et Mme C doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il est enjoint à la société Enedis de procéder au déplacement de la ligne électrique aérienne surplombant la propriété de M. B et Mme C dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et Mme A C ainsi qu'à la société Enedis.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2025, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Mouret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2025.

Le rapporteur,

R. MOURETLe président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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