mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300744 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | TOURNIER BARNIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 mars 2023 et le 22 septembre 2023, Mme B E et M. D A, représentés par Me Tournier-Barnier, dans le dernier état de leurs écritures, forment opposition à la contrainte émise le 20 février 2023 par la caisse d'allocations familiales du Gard pour le recouvrement de la somme de 4 972,11 euros indûment versée au titre de la prime d'activité pour la période du 1er octobre 2018 au 31 décembre 2020 et demandent au tribunal de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Gard la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont contesté le bien-fondé des indus mis à leur charge par leur courrier du 24 février 2021 et ils sont, dès lors, recevables à former opposition à la contrainte émise par la caisse d'allocations familiales du Gard ;
- leur requête est motivée conformément à l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale ;
- ils sont de bonne foi ;
- les sommes réclamées ne reposent sur aucun fondement et qu'ils n'ont pas omis de déclarer la réalité de leur situation personnelle, matérielle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme E et de M. A et à ce que la somme de 500 euros soit mise à leur charge au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'opposition à contrainte formée par les requérants est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un recours administratif visant à contester le bien-fondé des indus litigieux ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucune motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale ;
- les moyens soulevés par M. A et Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 mai 2020, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge de M. A et de Mme E un indu de 1 709,19 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité (IM3 002) au titre de la période du 1er octobre 2018 au 31 mars 2019. Par une décision du 22 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Gard a mis à la charge des requérants un indu de 4 674,45 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité (IM3 003) au titre de la période du 1er avril 2019 au 31 décembre 2020. Par un courrier du 24 février 2021, Mme E a sollicité une remise gracieuse de ces dettes qui a été rejetée par une décision de la caisse d'allocations familiales du Gard du 26 mars 2021. M. A et Mme E forment opposition à la contrainte émise le 20 février 2023 par la caisse d'allocations familiales du Gard pour le recouvrement de la somme de 4 972,11 euros indûment versée au titre de la prime d'activité pour la période du 1er octobre 2018 au 31 décembre 2020.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () ". Aux termes de l'article L. 845-2 de ce code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ".
3. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-15 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 2.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le 29 mai 2020 et le 22 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Gard a notifié à M. A et à Mme E, des indus de prime d'activité pour un montant total de 6 383,64 euros. Par une réclamation préalable du 24 février 2021, Mme E s'est bornée à solliciter une remise gracieuse de ses dettes. Par une décision du 26 mars 2021, qui n'est pas l'objet de la présente requête, la caisse d'allocations familiales du Gard a rejeté sa demande. Il résulte de l'instruction, et ainsi que le fait valoir la caisse d'allocations familiales du Gard, que M. A et Mme E n'ont pas contesté, contrairement à ce qu'ils soutiennent, préalablement à l'introduction de leur requête le 2 mars 2023, le bien-fondé des indus mis à leur charge. Dans ces conditions, M. A et Mme E ne peuvent utilement contester le bien-fondé de cet indu à l'occasion d'un recours contre la contrainte litigieuse.
6. En second lieu, M. A et Mme E ne peuvent utilement se prévaloir, à l'appui d'une opposition à contrainte,de leur bonne foi. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut de motivation de la requête de M. A et Mme E, l'opposition à contrainte formée par les requérants doit être rejetée. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la caisse d'allocations familiales du Gard, qui n'a d'ailleurs pas eu recours au ministère d'un avocat.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E et de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales du Gard présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à M. D A, et à la caisse d'allocations familiales du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
Le président,
C. CLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026