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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2300926

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2300926

jeudi 23 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2300926
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBARRIONUEVO DANIEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de la société SCI Cuxac, qui contestait des impositions et demandait la déduction de charges locatives pour les années 2018 et 2019. La société n’a pas produit, dans le délai imparti, la décision de l’administration statuant sur sa réclamation préalable obligatoire ni justifié de l’impossibilité de le faire, en méconnaissance des articles R. 190-1 du livre des procédures fiscales et R. 412-1 du code de justice administrative. La demande de régularisation est restée sans effet, la réclamation présentée après l’introduction de la requête ne pouvant couvrir cette irrecevabilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mars et 26 octobre 2023, la société SCI Cuxac, représentée par Me Barrionuevo, demande au tribunal :

1°) d'admettre, pour l'année 2018, en déduction de ses dépenses la somme de 22 239 euros au titre des charges relatives aux travaux d'amélioration ;

2°) de procéder à une rectification des loyers perçus par elle à hauteur de 40 euros, soit un revenu global pour les loyers perçus à 8 600 euros pour l'année 2019 ;

3°) d'admettre pour l'année 2019, en déduction de ses dépenses, la somme de 411 261 euros au titre des charges relatives aux travaux d'amélioration ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre et 7 novembre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le livre des procédures fiscales,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code, " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".

2. L'article R* 190-1 du livre des procédures fiscales prévoit que " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () dont dépend le lieu de l'imposition. ". En vertu de l'article R. 772-1 du code de justice administrative, " Les requêtes en matière d'impôts directs et de taxe sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées dont l'assiette ou le recouvrement est confié à la direction générale des impôts sont présentées, instruites et jugées dans les formes prévues par le livre des procédures fiscales. / Les requêtes relatives aux taxes dont le contentieux ressortit à la juridiction administrative et autres que celles qui sont mentionnées à l'alinéa 1 sont, sauf disposition spéciale contraire, présentées et instruites dans les formes prévues par le présent code. ". Aux termes de l'article R. 772-2 de ce code, " Les requêtes mentionnées au deuxième alinéa de l'article précédent doivent être précédées d'une réclamation adressée à la personne morale qui a établi la taxe. ". Enfin, aux termes de l'article R. 412-1 du même code, " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. Suite à la demande de régularisation qui lui a été adressée par le greffier en chef et dont l'accusé de réception " télérecours " a été signé le 22 mars 2023, la société SCI Cuxac ne peut être regardée comme ayant produit, à l'expiration du délai de 15 jours qui lui était imparti, ni la décision de l'administration statuant sur la réclamation préalable que la requérante lui aurait adressée ni la preuve de dépôt d'une telle réclamation et n'a pas justifié de l'impossibilité de produire l'un ou l'autre de ces documents. La demande préalable que la société requérante a présenté, postérieurement à l'introduction de la requête, ne saurait régulariser sa demande. Dès lors, la requête de la société SCI Cuxac, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n°2300926 de la société SCI Cuxac est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SCI Cuxac et à la directrice départementale des finances publiques du Gard.

Fait à Nîmes, le 23 janvier 2025.

Le président de la 3ème chambre,

P. PERETTI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présentée décision.

N°2300926

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