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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301419

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301419

vendredi 4 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantACCARIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan contestant deux délibérations de la communauté de communes de Cèze Cévennes du 28 février 2023, relatives à ses attributions de compensation. Concernant la délibération n° 09-2023 sur un accord transactionnel, le tribunal l'a jugée irrecevable car il s'agit d'un acte préparatoire insusceptible de recours, le conseil municipal ayant refusé de signer l'accord. Pour la délibération n° 10-2023 fixant les attributions provisoires pour 2023, le tribunal a écarté le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, aucune disposition légale n'imposant une telle motivation. La solution retenue est fondée sur les principes généraux du contentieux administratif et le code général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2023, la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, représentée par Me Betrom, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, la délibération du conseil communautaire de la communauté de communes de Cèze Cévennes du 28 février 2023 prévoyant un " accord transactionnel " relatif à ses attributions de compensation des années 2017 à 2021 et, d'autre part, la délibération du 28 février 2023 par laquelle cette même assemblée délibérante a fixé le montant des attributions de compensation provisoires pour l'année 2023 ;

2°) d'enjoindre à la communauté de communes de Cèze Cévennes de procéder à nouveau au calcul des attributions de compensation litigieuses, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes de Cèze Cévennes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les délibérations litigieuses sont insuffisamment motivées ;

- elle méconnaissent l'article 1609 nonies C du code général des impôts et sont entachées d'un défaut de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2023, la communauté de communes de Cèze Cévennes, représentée par la SELAS Fidal, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération n° 10-2023 du 28 février 2023 sont irrecevables dès lors que le maire de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan ne dispose d'aucune délégation du conseil municipal pour agir en justice, la délibération du 3 juin 2020 prise sur le fondement de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales ne définissant pas les cas dans lesquels le maire est susceptible d'agir en justice ;

- les conclusions à fin d'annulation de la commune requérante sont irrecevables dès lors que les deux délibérations contestées constituent des actes préparatoires insusceptibles de recours ;

- la commune requérante n'est pas fondée à contester les délibérations litigieuses dès lors qu'elle n'a pas respecté les dispositions de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, ni celles de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens invoqués par la commune requérante ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 23 avril 2025.

Le mémoire présenté pour la communauté de communes de Cèze Cévennes, enregistré le 24 avril 2025, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mouret,

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,

- et les observations de Me Accaries, représentant la communauté de communes de Cèze Cévennes.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération n° 09-2023 du 28 février 2023, le conseil communautaire de la communauté de communes de Cèze Cévennes a approuvé le principe de la conclusion, avec la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, d'un accord transactionnel relatif aux attributions de compensation de cette commune pour les années 2017 à 2021. Par une délibération n° 10-2023 du même jour, cette assemblée délibérante a fixé le montant des attributions de compensation provisoires de chacune des communes membres pour l'année 2023. La commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan doit être regardée comme demandant, d'une part, l'annulation de la première de ces délibérations et, d'autre part, l'annulation de la seconde de ces délibérations en tant qu'elle fixe le montant de son attribution de compensation provisoire pour l'année 2023.

Sur la délibération n° 09-2023 du 28 février 2023 :

2. Sous réserve des cas où il en est disposé autrement par la loi, un requérant n'est pas recevable à attaquer par la voie du recours pour excès de pouvoir un acte préparatoire, telle une délibération à caractère préparatoire d'une collectivité territoriale.

3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération n° 09-2023 du 28 février 2023 a pour objet un " accord transactionnel sur les attributions de compensation " de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan pour les années 2017 à 2021. Cette délibération, qui subordonne la conclusion de cet accord transactionnel à l'adoption d'une délibération par le conseil municipal de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, ne produit pas, par elle-même, d'effets juridiques et constitue ainsi un acte préparatoire. Par suite, et alors au demeurant que le conseil municipal a refusé de signer l'accord transactionnel ainsi proposé par une délibération du 4 avril 2023 versée aux débats, la commune requérante n'est pas recevable à contester la délibération n° 09-2023 du 28 février 2023 du conseil communautaire de la communauté de communes de Cèze Cévennes.

Sur la délibération n° 10-2023 du 28 février 2023 :

4. En premier lieu, si la commune requérante soutient que la délibération litigieuse ne comporte " aucune mention relative aux textes applicables en matière de fixation des attributions de compensation ", elle ne se réfère à aucun texte à cet égard. Aucune disposition ni aucun principe n'impose au conseil communautaire de motiver une telle délibération. Par suite, et en tout état de cause, ce moyen ne peut qu'être écarté.

5. En second lieu, aux termes du 1° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts : " 1° L'établissement public de coopération intercommunale verse à chaque commune membre une attribution de compensation. Elle ne peut être indexée. / Lorsque l'attribution de compensation est négative, l'établissement public de coopération intercommunale peut demander à la commune d'effectuer, à due concurrence, un versement à son profit. / Les attributions de compensation fixées conformément aux 2°, 4°, 5° ou, le cas échéant, au 1° bis constituent une dépense obligatoire pour l'établissement public de coopération intercommunale ou, le cas échéant, les communes membres. Le conseil de l'établissement public de coopération intercommunale communique aux communes membres, avant le 15 février de chaque année, le montant prévisionnel des attributions au titre de ces reversements () ".

6. La délibération n° 10-2023 du 28 février 2023 indique notamment que les attributions de compensation provisoires de l'année 2023 " ont été établies par reprise du tableau des attributions de compensations définitives de 2022 ", lesquelles ont été fixées par une délibération du 27 septembre 2022, " diminuées des régularisations exceptionnelles 2022 ". La commune requérante, qui ne critique pas les données chiffrées figurant dans cette délibération du 27 septembre 2022, n'établit pas, en se bornant à produire les délibérations relatives aux attributions de compensation, provisoires ou définitives, des années 2017 à 2020 et à évoquer l'annulation contentieuse de ces précédentes délibérations, en quoi le montant prévisionnel fixé, en ce qui la concerne, par la délibération contestée, présenterait un caractère erroné. Par suite, la commune requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que cette délibération du 28 février 2023 méconnaît le 1° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, ni que cette délibération est entachée d'un " défaut de base légale ".

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées par la communauté de communes de Cèze Cévennes, que la requête de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes de Cèze Cévennes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes de Cèze Cévennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan et à la communauté de communes de Cèze Cévennes.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Mouret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2025.

Le rapporteur,

R. MOURETLe président,

P. PERETTI

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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