mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301668 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 25 avril 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé la décision du 24 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder le bénéfice rétroactif de la prime d'activité à compter du mois d'octobre 2016.
Elle soutient que :
- elle a multiplié les demandes de prime d'activité depuis 2016 ;
- les services de la caisse d'allocations familiales du Gard l'ont induite en erreur dès lors qu'ils lui ont confirmé qu'elle devait cocher la case " oui " à la question " êtes-vous propriétaire ' " ;
- le formulaire permettant de bénéficier de la prime d'activité n'est pas suffisamment clair ;
- elle estime que ses droits à la prime d'activité depuis le mois d'octobre 2016 s'élèvent environ à 5 205,72 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard conclut au rejet de la requête de Mme A.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A bénéficie de la prime d'activité depuis le 1er janvier 2023. Par un courrier en date du 10 janvier 2023, Mme A a sollicité le versement rétroactif de la prime d'activité à compter du mois d'octobre 2016. Par une décision du 24 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de faire droit à sa demande. Par un courrier du 27 janvier 2023, Mme A a contesté cette décision. Par une décision du 25 avril 2023, dont Mme A sollicite l'annulation, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé la décision du 24 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder le bénéfice rétroactif de la prime d'activité à compter d'octobre 2016.
2. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. () ". Aux termes de l'article L. 843-2 de ce code : " Sous réserve du respect des conditions fixées au présent titre, le droit à la prime d'activité est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande. ". Aux termes de l'article R. 846-2 du même code : " L'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée conformément à l'article R. 846-1. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a déposé sa demande de prime d'activité le 6 janvier 2023 et a bénéficié de la prestation en litige à compter du 1er janvier 2023 conformément aux dispositions citées au point 2 du code de la sécurité sociale. Ces mêmes dispositions font dès lors obstacle à ce que Mme A puisse percevoir rétroactivement la prime d'activité à compter du mois d'octobre 2016. Si Mme A soutient qu'elle remplissait les conditions lui permettant de bénéficier d'une telle aide à compter de 2016, elle ne produit toutefois aucun justificatif de nature à attester du dépôt d'une demande de prime d'activité antérieurement à janvier 2023, sans que puisse s'analyser en une telle demande les renseignements que Mme A a sollicités au mois d'octobre 2019 auprès de la caisse d'allocations familiales du Gard qui lui a indiqué en réponse les démarches à suivre pour déposer une demande de prime d'activité, sans toutefois que la requérante y donne suite. Il s'ensuit que c'est à bon droit que la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de procéder au versement rétroactif des sommes dues au titre de la prime d'activité à compter du mois d'octobre 2016.
5. Si la requérante soutient qu'elle est dans une situation financière difficile, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité du refus de la caisse d'allocations familiales de lui accorder le bénéfice de la prime d'activité rétroactivement à compter du mois d'octobre 2016.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 avril 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Gard a confirmé la décision du 24 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Gard a refusé de lui accorder le bénéfice rétroactif de la prime d'activité à compter d'octobre 2016.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le président,
C. CLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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