LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301684

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301684

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301684
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP CLEMENT-DELPIANO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B..., aide-soignant au centre hospitalier d’Avignon, qui demandait réparation pour harcèlement moral. Le tribunal a estimé que les éléments fournis par le requérant ne permettaient pas de présumer l’existence d’un harcèlement moral au sens de l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions indemnitaires et accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 mai 2023, 26 septembre 2024, 6 février et 28 juillet 2025, M. A... B..., représenté par Me Gambarelli, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier d’Avignon à lui verser la somme totale de 104 633,41 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis et résultant de faits de harcèlement moral ;

2°) d’enjoindre au centre hospitalier d’Avignon de communiquer le rapport d’enquête administrative établi à la suite du signalement dont il a fait l’objet au printemps 2019, y compris les procès-verbaux des personnes entendues sur son comportement, sauf si la communication de ces derniers est de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui ont témoigné ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier est engagée sur le terrain de la responsabilité pour faute du fait du harcèlement moral qu’il a subi depuis 2016 ;
- il a subi des troubles dans les conditions d’existence dont la réparation s’élève à 50 000 euros ;
- il a subi un préjudice financier dont la réparation s’élève à 54 633,41 euros.


Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 août 2024, le 7 janvier, le 10 juillet et le 19 août 2025, le centre hospitalier d’Avignon, représenté par la SELARL Clement-Delpiano, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en tant qu’elles portent sur son préjudice financier en l’absence de liaison du contentieux ;
- les moyens invoqués dans la requête de M. B... sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Mazars,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Delpiano, représentant le centre hospitalier d’Avignon.


Considérant ce qui suit :

M. A... B... est aide-soignant au centre hospitalier d’Avignon depuis 1998. Par un courrier reçu le 21 novembre 2022, il a demandé l’indemnisation des préjudices résultant de la situation de harcèlement moral qu’il estime subir depuis la reprise de ses fonctions à la suite d’un arrêt de travail en 2016. Par la présente requête, il demande au tribunal de condamner le centre hospitalier d’Avignon à lui verser la somme totale de 104 633,41 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

D’une part, aux termes de l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique, anciennement article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 : « Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

D’autre part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

Lorsqu’un agent est victime, dans l'exercice de ses fonctions, d'agissements répétés de harcèlement moral visés à l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, il peut demander à être indemnisé par l'administration de la totalité du préjudice subi, alors même que ces agissements ne résulteraient pas d'une faute qui serait imputable à celle-ci. Dans ce cas, si ces agissements sont imputables en tout ou partie à une faute personnelle d'un autre ou d'autres agents publics, le juge administratif, saisi en ce sens par l'administration, détermine la contribution de cet agent ou de ces agents à la charge de la réparation.

M. B... a été victime d’un accident imputable au service le 6 mars 2015. Son état de santé s’est consolidé le 31 mai 2017 puis il a de nouveau été arrêté en juin 2019 en raison d’un syndrome dépressif. Il a ensuite été placé en congé de longue durée du 28 septembre 2020 au 27 juin 2021 puis du 28 juin 2021 au 27 septembre 2022.

Il résulte de l’instruction que M. B... a fait l’objet d’une enquête administrative au terme de laquelle l’administration a décidé de ne prononcer aucune sanction disciplinaire le 28 mai 2025. Si M. B... soutient que ces accusations ont été portées à tort et relayées au sein du centre hospitalier par certains de ses collègues, traduisant un acharnement contre sa personne, il résulte de l’instruction que cette enquête a été diligentée par l’administration en raison du signalement par plusieurs agents de son service de faits de vol de médicaments et d’absences injustifiées et ayant donné lieu à des entretiens en décembre 2020 dont le centre hospitalier produit les comptes-rendus. En outre, s’il résulte de l’instruction que M. B..., initialement affecté au service des soins de suite et de rééducation, a été affecté au service des urgences, il ne démontre ni même n’allègue que ce changement d’affectation ait emporté une perte de responsabilité, un changement de résidence administrative, une atteinte aux droits et prérogatives qu’il tient de son statut ou qu’il ait emporté une quelconque incidence pécuniaire. Par suite, cette décision constitue un changement d’affectation qui n’a pas le caractère d’une mutation et ne saurait révéler des faits de harcèlement moral. Par ailleurs, M. B... ne démontre pas que son état de santé était incompatible avec cette nouvelle affectation, alors qu’il exerçait déjà ses fonctions en service de nuit dans sa précédente affectation.

S’il résulte de l’instruction et notamment d’une attestation d’une infirmière du service que la cadre supérieure de santé aurait conseillé à celle-ci de postuler sur le poste de M. B... durant son arrêt maladie afin de faire obstacle à sa reprise de fonctions, que cette même cadre supérieure de santé a invité le requérant à prendre du recul lors de sa notation 2018 et que celui-ci a évoqué les difficultés relationnelles rencontrées avec cette cadre de santé lors d’un entretien avec sa hiérarchie le 4 décembre 2019, ces seuls éléments ne sont pas susceptibles de faire présumer l’existence d’un harcèlement moral, alors au demeurant qu’il résulte de l’instruction que l’absence de suite donnée à l’entretien du 4 décembre 2019 se justifie par la situation du requérant, en position de congé de longue durée. Enfin, si M. B... soutient qu’il a fait l’objet, de la part de cette collègue ainsi que d’une infirmière et d’une aide-soignante, d’un comportement ostensiblement hostile à son égard et ayant pour but de l’isoler, il n’en démontre pas la matérialité.

Il résulte de ce qui précède que les faits énoncés par le requérant, pris ensemble ou séparément, ne caractérisent pas des faits répétés constitutifs de harcèlement moral. Par suite, et sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ni d’ordonner avant-dire droit la production du rapport d’enquête administrative et des procès-verbaux des personnes entendues lors du signalement de 2019, en l’absence de toute faute de nature à engager la responsabilité de l’administration, les conclusions présentées par M. B... à fin d’indemnisation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier d’Avignon qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre une somme à la charge de M. B... sur le fondement de ces dispositions.


D É C I D E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d’Avignon au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au centre hospitalier d’Avignon.



Délibéré après l'audience du 19 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,
Mme Mazars, conseillère,
M. Cambrezy, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.


La rapporteure,




M. MAZARS

La présidente,




C. CHAMOT







La greffière,




B. MAS-JAY


La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions