vendredi 20 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302958 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ELLAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 août 2023 et 1er août 2024, M. C A B, représentée par la SELARL d'avocats Ellaw, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été irrégulièrement privé de sa faculté de voir son dossier examiné dans le cadre du recours hiérarchique prévu à l'article L 54 C du Livre des procédures fiscales ; le supérieur hiérarchique qui l'a reçu dans le cadre du recours aurait dû prendre position sur son dossier, ce qu'il n'a pas fait, tel que cela ressort du compte-rendu qui lui a été adressé le 8 septembre 2020 ;
- l'administration ne peut pas mettre à sa charge des rectifications par simple référence à la procédure conduite à l'égard de la société Media Système ; la proposition de rectification a été émise en violation du principe d'indépendance des procédures, s'agissant de contribuables distincts et ne satisfaisant pas aux exigences de motivations prévues par les articles L 55 et suivants du livre des procédures fiscales ;
- c'est à tort que l'administration entend justifier les rectifications en référence à de prétendues sommes mentionnées sur les déclarations de tiers, en violation des dispositions de l'article 12 du code général des impôts, disposant que le revenu taxable est le revenu annuel perçu par le contribuable ;
- s'agissant de la somme de 74 000 euros taxée par l'administration, la charge correspondant à cette avance en compte-courant faite par le contribuable, n'a pas été rejetée lors du contrôle de la société Media Système ; le service ne peut donc désormais prétendre que les sommes en cause ne seraient pas constitutives de remboursements ;
- les rappels étant injustifiés, les intérêts de retard et pénalités doivent être déchargés par voie de conséquence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 février et 22 août 2024, le directeur du contrôle fiscal Sud-est Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Parisien,
-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à la vérification de comptabilité de la SAS Media Système, dont M. A B est le représentant légal, ce dernier a fait l'objet de rappels d'impôt sur le revenu et de contributions sur les hauts revenus au titre des années 2016 et 2017, mis en recouvrement le 31 mai 2023. Par une réclamation du 31 décembre 2022 M. A B a contesté les impositions supplémentaires susvisées. En l'absence de réponse de l'administration fiscale, le requérant demande au tribunal la décharge des rappels d'impôt consécutifs à ce contrôle.
Sur la procédure d'imposition
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " Les dispositions contenues dans la charte des droits et obligations du contribuable vérifié mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 47 sont opposables à l'administration. ". Le paragraphe de cette charte intitulé " En cas de désaccord avec le vérificateur / Vous pouvez saisir l'inspecteur divisionnaire ou principal ", dans sa version applicable au litige, indique que " si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les rectifications envisagées, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l'inspecteur divisionnaire ou principal ", et le paragraphe intitulé " Vous pouvez faire appel à l'interlocuteur " mentionne que " si, après ces contacts, des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l'interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur ". Si la méconnaissance de l'exigence d'une rencontre avec le supérieur hiérarchique du vérificateur posée par la charte des droits et obligations du contribuable vérifié a le caractère d'une irrégularité substantielle portant atteinte aux droits et garanties reconnus par la charte du contribuable vérifié, celle-ci n'impose ni que le supérieur hiérarchique prenne position par écrit sur la demande du contribuable ni même qu'il l'informe des résultats de sa démarche. Dans le cas où le supérieur hiérarchique adresse au contribuable un compte rendu de leur rencontre, les dispositions précitées n'instituent pas davantage une obligation de motivation de la position de l'interlocuteur.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A B, accompagné de son conseil, a bénéficié le 4 septembre 2020 d'un entretien avec la cheffe de brigade de la vérificatrice, au cours duquel le contribuable a évoqué certains points discutés lors du contrôle. Dans son compte-rendu adressé à M. A B le 8 septembre 2020, le supérieur hiérarchique a rappelé à M. A B les points évoqués lors de l'entretien et l'a invité à produire les justificatifs dont il disposait à réception de l'avis de mise en recouvrement alors en cours d'édition. En procédant de la sorte, l'administration fiscale n'a méconnu ni les dispositions précitées, ni les droits de la défense. Le moyen correspondant doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 57 du code général des impôts : "L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation []". Conformément à l'article R. 57-1 du même livre : "La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée []". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Hormis le cas où elle se réfère à un document qu'elle joint à la proposition de rectification ou à la réponse aux observations du contribuable, l'administration peut satisfaire cette obligation en se bornant à se référer aux motifs retenus dans une proposition de rectification, ou une réponse à ses observations, consécutive à un autre contrôle et qui lui a été régulièrement notifiée, à la condition qu'elle identifie précisément la proposition ou la réponse en cause et que celle-ci soit elle-même suffisamment motivée.
5. Il résulte de l'examen de la proposition de rectification du 27 novembre 2019, que celle-ci désigne de manière suffisante les impositions et les années concernées, en indiquant de manière détaillée et circonstanciée les motifs de fait et de droit lesquels l'administration s'est fondée pour regarder les sommes versées par les sociétés Media Système et Multicop comme imposables entre les mains de M. A B, lequel est le représentant légal et principal associé de ces deux sociétés. Ainsi, il est précisé qu'à l'occasion du contrôle, le vérificateur a pu rapprocher les éléments comptables de la société Media Système et les déclarations d'impôt sur le revenu faites par le requérant. C'est dans le cadre de ce rapprochement qu'il a pu constater une insuffisance de déclaration à l'impôt sur les revenus, des salaires versés au bénéfice de M. A B. Tous les éléments constatés au cours de la vérification de comptabilité ont été détaillés dans la proposition de rectification. De même, les éléments constatés dans les déclarations de la société " Groupe Multicop " ont été portés dansle même document. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification doit donc être écarté, étant observé que la doctrine administrative citée par le requérant, au demeurant non opposable au service s'agissant d'une instruction relative à la procédure d'imposition, ne comporte pas d'interprétation différente de celle des dispositions susvisées. Enfin, étant précisé que le contrôle de la SAS Media Systeme s'est conclu par un avis d'absence de rectification, le moyen tiré de la violation du principe d'indépendance des procédures, à le supposer opérant, doit en tout état de cause être écarté, compte tenu de ce qui vient d'être dit s'agissant de la motivation de la proposition de rectification adressée au requérant.
6. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année ". Il résulte de l'instruction que les sommes rappelées au titre de l'impôt sur le revenu et des contributions sur les hauts revenus pour les années 2016 et 2017, ont été perçues par M. A B en tant que gérant de la SAS Media Système et la SARL Multicop, mais non déclarées par celui-ci sursa déclaration des revenus. Les sommes ont donc été rappelées à bon droit en application de l'article 62 du code général des impôts. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
7. Il résulte de l'instruction, notamment des précisions apportées à la page 5 de la proposition de rectification, qu'au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016, la SAS Media Systeme a versé au requérant des rémunérations, figurant au compte 64115000 et imposables dans la catégorie des traitements et salaires, à hauteur de 213 000 euros. Toutefois, une écriture d'opérations diverses a été passée par la société le 31 décembre 2016, transférant depuis ce compte un montant de 74 000 euros au débit du compte courant d'associé n° 45517000 ouvert au nom de M. A B et diminuant d'autant les salaires déclarés par l'intéressé. M. A B a indiqué lors du contrôle que ce montant était destiné à rembourser la dette de la société que celle-ci avait envers lui. Toutefois, en l'absence de tout justificatif de cette dette et par voie de conséquence du virement litigieux, c'est à bon droit que le service a réintégré cette somme dans les traitements et salaires imposables au nom de M. A B. La circonstance que le vérificateur n'a pas, lors du contrôle de la société, rectifié cette somme en tant que passif injustifié, lors du contrôle de la société Media Système, ne fait pas obstacle à sa taxation en tant que salaires perçus par le requérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A B doivent être rejetées, en ce compris, en l'absence de moyen spécifique, celles relatives aux majorations appliquées, ainsi, par voie de conséquence que celles formées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au directeur du contrôle fiscal Sud-est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2025.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302958
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026