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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2303440

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2303440

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2303440
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPOUJADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 septembre 2023 et 14 décembre 2023, le syndicat professionnel " Union des personnels Administratifs, Techniques et Spécialisés " (UATS-UNSA), représenté par son secrétaire général en exercice, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2023 portant répartition des sièges à la commission locale d'action sociale du Gard.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté n'a pas été régulièrement publié ;

- l'article 6 de l'arrêté prévoit 10 sièges pour FO, 1 siège pour la CFE-CGC, de nouveau 5 sièges pour la CFE-CGC et 1 siège pour l'UNSA-FASMI. Il en résulte la création de listes concurrentes de la CFE-CGC en méconnaissance de l'article L.211-3 du code général de la fonction publique ;

- la répartition des sièges doit s'établir à 9 sièges pour FO, 6 sièges pour la CFE-CGC et 2 sièges pour l'UNSA-FASMI dès lors que les résultats de listes concurrentes doivent être agrégés ;

- le préfet n'a pas pris en compte les résultats de huit comités sociaux d'administration (CSA) en contradiction avec l'article 4 de son décret ;

- la circulaire ne peut aller à l'encontre de l'état du droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que c'est donc sans erreur de droit et par une exacte application tant de l'arrêté du 17 octobre 2022 relatif aux commissions locales d'action sociale du ministère de l'intérieur et des outre-mer que de la circulaire du 22 mars 2023 de la DRH du ministère de l'intérieur et de l'outre-mer que la répartition des sièges de la CLAS du Gard a été calculée.

Par un mémoire en observation enregistré le 12 décembre 2023, le syndicat CFE CGC, représenté par Me Poujade, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2023 portant répartition des sièges de la commission locale d'action sociale du Gard et qu'une somme de 4 000 euros lui soit versée par l'Etat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L.211-3 du code général de la fonction publique ;

- l'arrêté devait prendre en compte de manière globale des listes d'organisations syndicales affiliées en application de l'article 6 du protocole pré-électoral applicable à ses listes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-1427 du 20 novembre 2020 relatif aux comités sociaux d'administration dans les administrations et établissements publics de l'Etat ;

- l'arrêté relatif aux commissions locales d'action sociale et au réseau local d'action sociale du ministère de l'intérieur et des outre-mer en date du 17 octobre 2022 ;

- la circulaire de la directrice des ressources humaines du ministère de l'intérieur du 22 mars 2023 ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boyer,

- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,

- et les observations de Mme B représentant le syndicat UATS-UNSA, de Mme C représentant le préfet du Gard, et de M. A, représentant le syndicat CFE CGC.

Considérant ce qui suit :

1. Le syndicat professionnel " Union des personnels Administratifs, Techniques et Spécialisés " (UATS-Unsa), et le syndicat CFE-CGC en qualité d'observateur demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2023 portant répartition des sièges de la commission locale d'action sociale du Gard.

2. En premier lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté n'aurait pas fait l'objet d'une publication régulière est sans incidence sur sa légalité.

3. En troisième lieu, aux termes de l'article L.211-3 du code général de la fonction publique : " Les organisations syndicales affiliées à une même union ne peuvent présenter des listes concurrentes à une même élection. ". En l'absence de contestation des opérations électorales, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant et doit être écarté.

4. En quatrième lieu, aux termes de la circulaire du 23 mars 2023 prise pour l'application de l'arrêté du 17 octobre 2022 relatif aux commissions locales d'action sociale et au réseau local d'action sociale du ministère de l'intérieur et des outre-mer : " Conformément à l'article 41 du décret n° 2020-1427 du 20 novembre 2020 relatif aux comités sociaux d'administration dans les administrations et les établissements publics de l'État et à l'article 4 de l'arrêté du 17 octobre 2022 relatif aux CLAS, la répartition des sièges s'effectue selon la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. () ; Il convient de souligner que, pour un certain nombre de CSA, la fédération des services publics CFECGC et UNSA-FASMI ont présenté des listes communes dont les compositions et les protocoles diffèrent selon les CSA. S'agissant au cas présent de deux blocs syndicaux distincts qui ont présenté des listes et des protocoles différents, il ne peut y avoir d'agrégation. C'est la raison pour laquelle les 10 listes présentées par CFE-CGC et UNSA-FASMI doivent être considérées et traitées indépendamment les unes des autres. ".

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les listes CFE-CGC et UNSA-FASMI regroupent différentes organisations syndicales dont les protocoles diffèrent selon les CSA et qui n'appartiennent pas aux mêmes fédérations ou unions mais se sont uniquement rapprochés en vue d'établir des listes communes. La circonstance que certains protocoles pré-électoraux aient prévu une telle agrégation, en contradiction avec ce qui est prévu par les textes visés au point précédent, est sans incidence sur la légalité de ces derniers. Par suite, le moyen tiré de ce que les résultats des listes dans lesquelles la CFE-CGC, comme l'UNSA-FASMI, étaient respectivement candidates devaient être agrégés, doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré, à le supposer soulevé de l'exception d'illégalité de la circulaire du 23 mars 2023.

6. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les résultats des différentes CSA n'auraient pas été pris en compte pour l'affectation des sièges.

7. Il résulte de tout ce qui précède que le syndicat UATS-UNSA n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2023 portant répartition des sièges de la commission locale d'action sociale du Gard. Sa requête doit être rejetée. Il en va de même des conclusions présentées par le syndicat CFE-CGC.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat UATS-UNSA est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du syndicat CFE-CGC sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat UATS-UNSA, au syndicat CFE-CGC et au préfet du Gard.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente,

M. Chaussard, premier conseiller,

M. Chevillard, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

La présidente rapporteure,

C. BOYER

L'assesseur le plus ancien,

M. CHAUSSARD

La greffière,

F. DESMOULIÈRES

La présidente,

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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