mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303704 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PRAETEOM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2022, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2022 par laquelle la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants de l'établissement régional de formation des professions paramédicales du groupement d'intérêt public des établissements de santé d'Avignon et du Pays de Vaucluse a prononcé son exclusion définitive de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du groupement d'intérêt public des établissements de santé d'Avignon et du pays de Vaucluse (GIPES).
Elle soutient que :
- la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière puisqu'elle n'a ni été informée de la procédure menée à son encontre, ni été auditionnée par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- le rapport circonstancié du 2 juin 2022 sur lequel se fonde la décision est antidaté ;
- elle est victime d'une calomnie ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard de la validation de ses unités d'enseignement et de son bilan intermédiaire de stage.
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard de la validation de ses unités d'enseignement et de son bilan intermédiaire de stage.
Par une ordonnance n° 2202556 du 13 décembre 2022, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Par un arrêt n°23TL00362 du 4 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Toulouse a annulé l'ordonnance du président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Nîmes n° 2202556 du 13 décembre 2022 et renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Nîmes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pumo,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 juin 2022, la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants de l'établissement régional de formation des professions paramédicales du groupement d'intérêt public des établissements de santé d'Avignon et du Pays de Vaucluse a prononcé l'exclusion définitive de Mme C, alors étudiante en troisième année, de l'institut de formation en soins infirmiers. Mme C demande l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
2. Aux termes de l'article 12 de l'arrêté du 21 avril 2007 susvisé : " La section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants est présidée par le directeur de l'institut de formation ou son représentant ". Aux termes de l'article 15 du même arrêté : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; / () / Le dossier de l'étudiant, accompagné d'un rapport motivé du directeur, est transmis au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section. / L'étudiant reçoit communication de son dossier dans les mêmes conditions que les membres de la section. La section entend l'étudiant, qui peut être assisté d'une personne de son choix. / L'étudiant peut présenter devant la section des observations écrites ou orales ()".
3. Si Mme C soutient qu'elle n'a pas été informée de la procédure menée à son encontre et qu'elle n'a pas été reçue par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, il ressort du procès-verbal établi le 24 juin 2022 par le directeur de l'institut de formation en soins infirmiers d'Avignon que, contrairement à ce qu'elle prétend, l'intéressée, qui était accompagnée de Mme A, infirmière au sein du service d'hémodialyse du centre hospitalier d'Avignon, a bien été entendue par la section compétente, ce qui tend à indiquer, d'une part, qu'elle avait été nécessairement informée de ce qu'une procédure était diligentée à son encontre et, d'autre part, qu'elle avait reçu une convocation la conduisant à se présenter le 24 juin 2022 devant la section compétente. Ainsi, et dans la mesure où elle ne soutient ni que son dossier ne lui aurait pas été communiqué ni qu'elle aurait été privée d'une garantie substantielle lui permettant de préparer utilement sa défense, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision qu'elle conteste est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
4. Aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2007 susvisé : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Cette section doit se réunir, au maximum, dans un délai d'un mois à compter de la survenue des faits. / Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : / - soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / - soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ".
5. Pour décider d'exclure définitivement Mme C de l'institut de formation aux soins infirmiers, la section compétente s'est fondée sur la circonstance que le stage qu'effectuait l'intéressée du 11 avril au 17 juin 2022 au service d'hémodialyse du centre hospitalier d'Avignon a dû être interrompu en raison de plusieurs actes commis par l'intéressée incompatibles avec la sécurité des personnes soignées. Bien que la requérante verse aux débats une attestation de Mme B, infirmière au sein du service d'hémodialyse, qui affirme qu'elle a acquis les compétences attendues, il ressort des pièces du dossier que les quatre autres infirmières du service ont exprimé une appréciation tout à fait différente, qu'elles ont justifiée en relatant un certain nombre de faits dans un rapport circonstancié. Il ressort en effet de ce rapport que, le 6 mai 2022, alors qu'elle débranchait un patient, Mme C a laissé le clamp de son cathéter central ouvert. Elle a reproduit cette erreur le 12 mai 2022, puis de nouveau à deux reprises le 18 mai suivant. L'embolie gazeuse qui aurait pu résulter de chacune de ces erreurs a pu être évitée par les interventions successives des autres infirmières du service. Il ressort aussi de ce rapport que, le 21 mai 2022, Mme C a commis une erreur de calcul qui aurait pu entrainer, sans l'intervention d'une infirmière du service, une chute de tension artérielle sévère chez le patient concerné. Le 25 mai suivant, alors qu'une alarme relative à la pression artérielle d'un patient s'est déclenchée, Mme C a arrêté cette alarme sans vérifier si elle n'avait pas retenti à juste titre en raison d'un problème de branchement. Alertée par une infirmière du service sur la nécessité de réaliser au préalable cette vérification élémentaire, Mme C a encore omis cette mesure de précaution lorsque l'alarme s'est à nouveau déclenchée. Après vérification, l'infirmière s'est rendue compte que Mme C n'avait pas correctement réalisé le branchement, occasionnant ainsi un début d'hémorragie chez le patient. Eu égard au caractère particulièrement circonstancié de ce rapport et aux risques que de tels actes ont fait encourir pour la vie des patients, l'attestation de Mme B n'est pas de nature à remettre en cause la matérialité des erreurs commises et leur incompatibilité avec la sécurité des personnes prises en charge par Mme C. Par suite, et nonobstant la validation de ses unités d'enseignement et le contenu de son bilan intermédiaire de stage, la section compétente n'a pas commis d'erreur de fait, ni effectué une inexacte application des dispositions citées au point 4, en prenant la décision attaquée.
6. Enfin, si Mme C soutient que le rapport circonstancié du 2 juin 2022 sur lequel se fonde la décision contestée est antidaté et qu'elle est victime d'une calomnie, ces considérations demeurent sans incidence sur la légalité de cette décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à contester la légalité de la décision du 24 juin 2022 prononçant son exclusion définitive de l'institut de formation en soins infirmiers.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Bouroumi, au groupement d'intérêt public des établissements de santé d'Avignon et du Pays de Vaucluse et à l'institut de formation aux soins infirmiers d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Pumo, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
J. PUMO
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026