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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2303982

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2303982

vendredi 24 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2303982
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre magistrat statuant seul
Avocat requérantTARTANSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er août 2023 et 27 août 2024, la SCI Oliann, représentée par Me Tartanson, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022, à raison d'un local situé 5473 chemin des tuileries sur le territoire de la commune de Théziers ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L 761-1 du Code de justice administrative.

:

Elle soutient que :

- le local de référence retenu par l'administration et servant de base au calcul de la valeur locative cadastrale ne doit pas être le local-type n°7 correspondant à un atelier mais le local-type n°11 correspondant à un hangar ;

- la valeur locative retenue par l'administration ne correspond pas à la réalité de la situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

II. Par une réclamation préalable présentée le 8 septembre 2023, au directeur départemental des finances publiques du Gard, transmise par ce dernier au tribunal par soumissions d'office en application des articles R.199-1 et R 200-3 du livre des procédures fiscales et valant requête enregistrée le 24 octobre 2023, sous le n°2303982, et un mémoire enregistré le 27 août 2024, la SCI Oliann, représentée par Me Tartanson, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, à raison d'un local situé 5473 chemin des tuileries sur le territoire de la commune de Théziers ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L 761-1 du Code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le local de référence retenu par l'administration et servant de base au calcul de la valeur locative cadastrale ne doit pas être le local-type n°7 correspondant à un atelier mais le local-type n°11 correspondant à un hangar ;

- la valeur locative retenue par l'administration ne correspond pas à la réalité de la situation factuelle.

Par des mémoires en défense enregistrés les 13 février 2024 et 11 septembre 2024, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M.Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de M. Joël Baccati , rapporteur public ;

- les observations de Me Berbiguier, représentant la SCI Oliann ;

- le directeur départemental des finances publiques du Gard n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Oliann dont l'activité principale est la fabrication de meubles en bois a été imposée à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022 pour un local à usage professionnel situé à Théziers, ZAC chemin des tuileries. Par réclamation contentieuse en date du 22 décembre 2022, la société a contesté la base d'imposition ayant servi au calcul de la taxe foncière et a demandé la décharge partielle de cette cotisation. L'administration n'ayant pas statué dans le délai de six mois, prévu à l'article R.198-10 du livre des procédures fiscales, la société requérante, par l'intermédiaire de son avocat, Me Tartanson, a introduit une requête enregistrée sous le n°2302880, auprès du tribunal administratif de Nîmes. Par la requête enregistrée sous le n°2303982, la SCI Oliann demande au tribunal de prononcer la décharge de cette même imposition au titre de l'année 2023.

Sur la jonction :

2. Ces deux requêtes présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne le cadre juridique :

3. Aux termes du II et du V de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010, désormais codifié au I et au C du II de l'article 1498 du code général des impôts : " II. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie () est déterminée en fonction de l'état du marché locatif ou, à défaut, par référence aux autres critères prévus par le présent article. Elle tient compte de la nature, de la destination, de l'utilisation, des caractéristiques physiques, de la situation et de la consistance de la propriété ou fraction de propriété considérée. / Les propriétés () sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, les propriétés sont, le cas échéant, classées par catégories, en fonction de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat () / La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. ".. Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III audit code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. "

4. En vertu de ces dispositions, le processus de révision de valeurs locatives cadastrales des locaux professionnels, notamment retenues pour l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui s'applique à compter du 1er janvier 2017, abandonne la méthode d'évaluation dite par comparaison avec des locaux-types au profit d'une méthode tarifaire consistant à appliquer à la surface pondérée du local un tarif représentatif du marché locatif.

5. Il résulte de l'instruction que, pour calculer les valeurs locatives, l'administration a appliqué la méthode issue du champ de révision des valeurs locatives des locaux professionnels selon laquelle la valeur est égale au produit de sa surface pondérée par un tarif au mètre carré, ajusté d'un coefficient de localisation.

6. En premier lieu, la société requérante se borne à soutenir que le local de référence retenu par l'administration et servant de base au calcul de la valeur locative cadastrale ne doit pas être le local type n°7 correspondant à un atelier, mais le local type n°11 correspondant à un hangar. Or, d'une part, depuis le 1er janvier 2017, l'évaluation des locaux professionnels repose sur une méthode tarifaire et non plus sur la méthode dite par comparaison avec des locaux-types et, d'autre part et en tout état de cause, il est constant que la destination principale des locaux est celle d'un atelier permettant l'exercice de l'activité de fabrication correspondant à l'objet social de la SCI Oliann. Par suite, le moyen tiré du choix du local-type est inopérant.

7. En deuxième lieu, l'administration, pour calculer la valeur locative, s'est fondée sur la déclaration 6660-REV, qu'elle produit, déposée par la SCI Oliann, auprès du centre des impôts fonciers de Saint-Germain-en-Laye le 2 avril 2013, aux termes de laquelle il est indiqué que la partie principale des locaux correspond à la catégorie ATE1-Atelier. Par suite, la société n'est pas fondée à contester les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties qui lui ont été assignées au titre des années 2022 et 2023. Ses conclusions à fin de décharge doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la SCI Oliann et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes N°s 2302880, 2303982 de la SCI Oliann sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Oliann et au directeur départemental des finances publiques du Gard.

Lu en audience publique le 24 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mandate et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2302880

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