vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304189 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2023, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2022 et 2023 à raison d'un bien situé 8 rue du Vieux Moulin à Remoulins.
Il soutient que :
- depuis le décès de sa mère en date du 7 mars 2021, le bien objet du litige est resté vacant et vide de meubles ;
- malgré la mise en vente de ce bien depuis le 31 janvier 2022, tel qu'il en ressort des deux mandats de vente conclus le 31 janvier 2022 et le 10 janvier 2023, il n'est pas parvenu à le vendre, de sorte que la vacance dudit bien est indépendante de sa volonté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique a été entendu le rapport de M. Peretti.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A conteste les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties d'un montant total de 3 771 euros, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2022 et 2023 à raison d'un bien situé 8 rue du Vieux Moulin à Remoulins.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". En vertu de l'article 1415 du même code, la taxe foncière sur les propriétés bâties est établie pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition.
3. Aux termes du I de l'article 1389 de ce code : " " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ". Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
4. Il résulte de l'instruction que le bien litigieux n'a jamais été destiné à la location puisqu'il était utilisé à titre de résidence principale par la mère du requérant jusqu'à son décès et qu'il n'est pas démontré que depuis l'intégration du bien dans son patrimoine, le requérant a effectué des démarches pour trouver des locataires. Si le requérant fait valoir, pour contester les cotisations de taxe foncière, avoir mis en vente le bien depuis le 31 janvier 2022, cette circonstance n'est pas de nature à ouvrir droit à l'exonération prévue à l'article 1389 précité du code général des impôts. Le requérant n'établit ni même n'allègue avoir eu l'intention de mettre en location la maison dont il est devenu propriétaire. Dès lors, M. A ne remplissait pas les conditions requises pour bénéficier, en application du I de l'article 1389 du code général des impôts, d'une exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILe greffier,
D.BERTHOD
La République mandate et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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